Le neveu d’Anchise – Maryline Desbiolles

Titre : Le neveu d’Anchise
Auteur : Maryline Desbiolles
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 144
Date de parution : 7 janvier 2021

 

 

Aubin peine à trouver ses marques au sein de sa famille. Il y a déjà ce prénom, un peu trop chic pour son milieu. Et puis sa corpulence. Il est le seul à ne pas avoir d’embonpoint dans cette famille de « gros ». Toutefois, les rondeurs de sa mère étaient apaisantes dans l’enfance, surtout après l’abandon du père. Aujourd’hui, Laurence a tant maigri depuis son opération. Elle n’est plus si attentionnée. Elle ne s’occupe que de Maxence, son nouveau compagnon.

Rien n’est plus comme avant. Depuis la mort d’Anchise, son grand-oncle, un apiculteur taiseux, vivant dans une maison délabrée depuis le décès de sa femme, son grand amour.

Aubin traîne dans la colline, sur les lieux de la maison d’Anchise rasée pour construire une déchèterie. Là, il rêve qu’il court derrière le gros chien noir de sa tante, un Bas-rouge qui doit rester en cage.

« Nous sommes au temps des déchets. »

Les maisons sont à vendre, les magasins ferment mais il y a la déchèterie. Et surtout, Adel, son gardien. Il habite la banlieue de Nice et il est si différent des habitants du village.

Avec lui, Aubin découvre le jazz, Chet Baker et l’émoi amoureux. Il apprend à jouer de cette trompette retrouvée chez Anchise, seul, dans le silence des collines, attendant Adel.

« L’enfance ne passe pas, l’été non plus

C’est le temps ultime de glaner les traces du passé, de se découvrir grâce à Adel, de sentir aussi le racisme des gens du village. Le temps des prises de conscience, de l’apprentissage mais la douceur est-elle possible dans cette maison de l’enfance?

J’ai beaucoup aimé le style de Maryline Desbiolles. Le lyrisme, la simplicité procurent une émotion naturelle, de la nostalgie. Les sentiments effleurent un texte imprégné de la nature des lieux, de l’évolution lente de la vie de village. Un roman tout en nuances, une belle découverte d’auteur.