Triangle isocèle – Elena Balzamo

Titre : Triangle isocèle
Auteur : Elena Balzamo
Éditeur : Marie Barbier
Nombre de pages :128
Date de parution : 4 janvier 2018

 

Née à Moscou, Elena Balzamo se définit comme une femme de lettres européenne.
Élevée dans l’ambiance de l’endoctrinement, malgré des grand-parents paternels considérés comme ennemis au régime et emprisonnés pendant de longues années, Elena Balzamo considère étrangement ne pas avoir été confrontée aux membres du Parti.

 » dans mon éducation, les silences ont finalement été plus importants que les paroles prononcées. »

Dans cet essai, elle s’intéresse au passé des derniers siècles entre l’Atlantique et l’Oural. Ce sont les deux côtés du triangle de même longueur. La base les reliera par le biais de la littérature.

Douée pour les langues, poussée par ses parents prompts à ouvrir son horizon grâce à la lecture et à des cours particuliers ( l’école en URSS loin de la grande ville était un peu pauvre), Elena a étudié à l’Université de Moscou. Interprète, traductrice, elle accompagne les  visiteurs étrangers , notamment des suédois.

Grâce à plusieurs rencontres, le père instituteur communiste d’une amie française ou le père journaliste de Marina, une amie étudiante de l’Université de Moscou, l’auteure tente de comprendre son rapport à l’endoctrinement ou la sincérité de ces hommes pour l’idéologie du Parti.

Personnellement, ce ne sont pas ces exemples qui ont attiré mon intérêt. Le récit de la vie du père de Marina, entre France, Norvège, URSS et Amérique du Sud est un peu long et perturbant.
Par contre, les perceptions d’Elena sont particulièrement intéressantes afin de comprendre la vie en URSS, le choc entre le visuel, le monde réel et ce qu’elle imaginait depuis ses lectures. On y glane des détails intéressants sur la vie au quotidien, on partage sa surprise lors de son arrivée à Paris ou lors de son retour à Moscou en 1990. Dans les deux cas, la lumière supplante la grisaille, il y a surabondance d’impressions.

La littérature russe semble obnubilée par le passé, c’est sûrement parce qu’il a été si longtemps occulté. Profitons maintenant de cet œil neuf de la littérature contemporaine.