Simple – Julie Estève

Titre : Simple
Auteur : Julie Estève
Editeur : Stock
Nombre de pages : 208
Date de parution :  22 août 2018

Dans ce petit village corse, c’est le jour de l’enterrement d’Antoine Orsini, un homme que personne ne regrettera, surtout pas la mère Biancarelli crachant sur sa tombe. Elle a toujours vu en ce « mongole » l’assassin de Florence, sa fille  retrouvée morte alors qu’elle n’avait  que seize ans.

Mais c’est Antoine, le « baoul », l’idiot du village qui va nous raconter son histoire dans son langage de simple d’esprit. Et ce langage c’est bien sûr la force et l’originalité du récit. Dans la bouche d’Anto, tout est normal, évident, sans filtre. Aucun jugement, aucune colère. Sa famille l’a toujours rendu responsable de la mort de sa mère lors de l’accouchement. Son père, un alcoolique violent n’hésite pas à l’en punir. Il trouverai presque ça normal. Ses seuls amis et confidents sont une vieille institutrice bien trop vite disparue, une peluche et parfois la jeune Florence.

De l’enfance à l’âge adulte, chacun se joue de lui, le moque et bien évidemment l’accuse lorsque l’on retrouve le corps de Florence avec sa peluche dans les bois. Il fera quinze ans de prison. L’auteur déploie le récit gardant toujours le mystère sur les circonstances de l’accident.

Derrière la langue du baoul, Julie Estève peint la méchanceté envers un bouc émissaire. Les habitants de ce petit village corse ne sont pourtant pas irréprochables. Mais il est toujours plus facile de rejeter le mal sur un pauvre innocent. Un village malsain qui tue aussi l’innocence de Florence, jeune adolescente, prête à tout vivre ses rêves de liberté. 

Bien évidemment, l’histoire du baoul et de Florence ne peuvent qu’émouvoir. Pourtant la langue du baoul ne m’y aide pas du tout. J’ai surtout ressenti de la pitié pour cet homme, regrettant l’insistance sur la saleté, la bêtise du personnage. 

Simple, cette histoire l’est peut-être trop pour moi ( c’est aussi peut-être la difficulté de passer derrière un grand roman comme celui de Richard Powers). Le langage ne fut pas une originalité suffisante pour faire de cette simple histoire une lecture mémorable.

Mais je vous conseille de lire l’excellente chronique de Nicolas Houguet ou de Nicole.

La révolte – Clara Dupont-Monod

Titre : La révolte
Auteur : Clara Dupont-Monod
Éditeur : Stock
Nombre de pages : 240
Date de parution : 22 août 2018

Aliénor d’Aquitaine vaut bien plus d’un roman. Après Le roi disait que j’étais diable qui opposait  le besoin de puissance de la jeune Aliénor à la douceur et la piété de son mari, le roi Louis VII, Clara Dupont-Monod continue le récit avec celle qui fut ensuite reine d’Angleterre.

«  Aliénor, la femme qui voulut être roi, échoua et devint bien plus encore. »

C’est ici davantage Richard Cœur de Lion, son fils qui prend la parole, évoquant tout ce dont il prendra la charge pour l’amour de sa mère. Mais la voix et la force d’Aliénor marquent aussi le récit.

Aliénor quitte le roi de France pour rentrer sur ses terres d’Aquitaine. Elle espère bien séduire le jeune et puissant roi d’Angleterre. Si son mariage avec le roi français fut stérile, elle aura huit enfants avec Henri Plantagenet. 

Le roman commence au moment où Aliénor demande à trois de ses fils, Henri, Geoffroy et Richard de s’allier au roi de France pour renverser leur père. Aliénor ne supporte plus l’ingérence de Plantagenet en Aquitaine, ses combats pour annexer le Languedoc et surtout son amour pour Rosemonde Clifford. 

Avec le repli de Louis VII, Plantagenet gagne l’allégeance de ses fils et enferme Aliénor dans la tour de Salisbury, privée de ses enfants pendant plusieurs années. Les rumeurs du monde lui parviennent assourdies mais elle suit les trahisons, les guerres de ses fils pour posséder l’Aquitaine et les alliances, notamment par le mariage de sa fille de onze ans au roi de Sicile.

Mère sans effusion de sentiments, elle n’en reste pas moins marquée par la mort de ses enfants. Depuis la mort du petit Guillaume à l’âge de trois ans, elle garde le cœur sec.

«  N’aime jamais. Admire, dévore, enchante mais n’aime jamais, où tu seras dépouillé. »

A la mort de Plantagenet, Richard prend sa place et part délivrer l’Orient du jihad de Saladin. Aux côtés du valeureux Mercadier, Richard prend Saint-Jean d’Acre et affronte son ennemi aux portes de Jérusalem.

De l’Histoire, l’auteure garde les épopées mais dégage de ses personnages des sentiments universels, intemporels. Elle y puise aussi des éléments pour éclairer le présent. 

«  Voilà, Richard, pourquoi j’estime la foi et déteste la religion. La première grandit l’homme, la seconde l’affole. »

Clara Dupont-Monod fait d’Aliénor une visionnaire des futures dérives du jihad.

«  En règle générale, la folie ne naît jamais d’un texte, mais de celui qui le lit. Or Saladin et ses hommes savent lire. Que se passera-t-il avec les autres? »

Outre l’excellence du style, la facilité de narration, l’auteure décortique les sentiments, analyse les situations pour tirer des leçons d’histoire des enseignements contemporains et universels. Et avec Aliénor, Clara Dupont-Monod tient une personnage de femme hors du commun qu’elle sait particulièrement bien mettre en valeur.

Gabriële – Anne et Claire Berest

Titre : Gabriële
Auteur : Anne et Claire Berest
Éditeur : Stock
Nombre de pages : 450
Date de parution : 23 août 2017

Avec ce livre, Anne et Claire Berest souhaitent réhabiliter leur arrière-grand-mère qu’elles n’ont pas connue.
Parce que cette femme à l’intelligence rare a sacrifié sa vie, sa carrière prometteuse de compositrice pour la carrière de son mari, Francis Picabia.
 » Cette femme déplace des montagnes pour les autres, mais il lui manque la force de pousser une porte pour elle-même. »

Son amour inconditionnel pour le peintre avant-gardiste, avide de reconnaissance, frôlant la mort pour se sentir vivant, la pousse à l’abnégation et même parfois à la compromission.
Car, elle aussi, ne se sent vivante que dans l’action, délaissant trop souvent  ses enfants, dont on n’entend plus parler dans le récit sitôt leur naissance.

Au-delà du récit d’une passion réciproque, parfois destructrice, ce document nous plonge dans le Paris bohème, dans le milieu artistique du début du XXe siècle. Nous découvrons les débuts controversés de l’art non figuratif, des peintres comme Marcel Duchamp ou des écrivains comme Guillaume Apollinaire. Milieu foisonnant, intellectuel, vivant, enivrant et opiacé. Ici « la banalité et l’ordinaire n’existent pas. »
Escapades dans le Jura, terre de stabilité pour Gabriële, dans le Midi, en Espagne, à Berlin ou plus largement à New York où les mentalités sont plus réceptives à l’Art moderne.
Gabriële est une femme extraordinaire, étonnamment moderne pour l’époque. Son abnégation pour un homme enfant est d’autant plus  intéressante. Elle rêvait de liberté et s’enferme sous l’emprise d’un homme caractériel. Toute la complexité féminine.

Nous sommes donc en présence d’un document foisonnant parfaitement documenté, rythmé par les cycles enjoués puis dépressifs de Picabia. On frise parfois l’anecdotique. Je me suis de temps en temps lassée des inconstances répétitives de Picabia. Fort heureusement, sans jamais être invasives, les sœurs Berest viennent parfois confier leurs états d’âme sur cette femme qu’on leur a cachée.

 

La rentrée littéraire 2017, panorama par éditeur

Quelques annonces deci delà, on commence à en parler de la rentrée littéraire! Et je sais que vous attendez cet article avec impatience. Après cinq mois très riches en parutions, je me demandais quelles surprises nous pouvions encore attendre. C’était sans compter la richesse de notre panorama littéraire. Les nouveaux auteurs viennent rejoindre les talents confirmés.

Sorj Chalandon, Lola Lafon, Jean-Michel Guenassia, Véronique Olmi, Thomas Vinau, Marc Dugain, Eric Reinhardt, Yanick Haenel, Gaëlle Nohant, Joy Sorman, Patrick Deville, Stéphane Audeguy, Jean-Philippe Toussaint, Leonor de Recondo, Jean-Marie Blas de Roblès, Jean-Luc Seigle, Philippe Jaenada… pour les auteurs français.

Kamel Daoud, Kaouther Adimi, Don de Lillo, Douglas Coupland, Anna Hope, Santiago Gamboa, Jonathan Safran Foer, Ron Rash, Juan Gabriel Vasquez, Charif Majdalani, Richard Russo, Ali Zamir… côté Littérature étrangère.

Et les incontournables Amélie Nothomb et Joyce Carol Oates.

Vous en avez maintenant l’habitude, cet article s’enrichira au fil des jours.

Actes Sud:
Zabor de Kamel Daoud
Imago de Cyril Dion
L’invention des corps de Pierre Ducrozet
Les bourgeois d’Alice Ferney
La beauté des jours de Claudie Gallay
Mercy, Mary, Patty de Lola Lafon
De l’ardeur de Justine Augier
Le peuple de bois d’Emanuele Trevi
Polaris de Fernando Clemot
Zero K de Don de Lillo
Les bijoux bleus de Katharina Winckler
Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy
Les femmes sont des guitares (…) de Clemens J. Setz
Mischling de Affinity K.
L’archipel  des Solovki de Zakhar Prilepine
Brandebourg de Juli Zeh
Pour en finir avec la question juive de Jean-Claude Grumberg
Soie et fer, du Mont Liban au canal de Suez  de Fawwaz Traboulsi

Albin Michel:
Sangliers de Aurélien Delsaux
La gloire des maudits de Nicolas d’Estienne d’Orves
Le courage qu’il faut aux rivières de Emmanuelle Favier (1e roman)
De l’influence de Bowie sur la destinée des jeunes filles de Jean-Michel Guenassia
Un dissident de François-Régis de Guényveau (1e roman)
La tour abolie de Gérard Mordillat
Frappe-toi le cœur de Amélie Nothomb
Bakhita de Véronique Olmi
La nuit des enfants qui dansent de Franck Pavloff
Le songe du photographe de Patricia Reznikov
Vous connaissez peut-être de Joann Sfar
Cox ou la course du temps de Christophe Ransmayr
Les sables de l’Amargosa de Claire Vaye Watkins
Underground railroad de Colson Whitehead
La vengeance du pardon de Eric-Emmanuel Schmitt
Allary :
L’ascension du Mont-Blanc de Ludovic Escande
Leur séparation de Sophie Lemp

Alma:
Le camp des autres de Thomas Vinau
La société des faux visages de Xavier Mauméjean
Luwak de Pierre Derbé

L’Archipel:
Qu’est-il arrivé à Baby Jane? de Henry Farrell
Agnus dei de Catherine Scapula
Sissi,impératrice malgré elle de Allison Pataki
Echange fatal de Shioban Macdonald

Arlea:
Un vertige d’Hélène Gestern
Son absence de Emmanuelle Grangé
L’année prochaine à New York de Antoine Billot

Belfond :
La ville sans juifs de Hugo Bettauer
Système de Agnès Michaux
Le mal des ardents de Frédéric Aribit
Le dernier violon de Menuhin de Xavier-Marie Bonnot
Max et la grande illusion d’Emanuel Bergman (PR)
La tanche d’Inge Schiperoord
Le sympathisant de Viet Thanh Nguyen

Buchet-Chastel:
Écrit dans le noir de Michel Schneider
La sélection de Aravind Adiga
Nos vies de Marie-Hélène Lafon
La fuite de Paul-Bernard Moracchini
Dimanche de révolution de Wendy Guerra
Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner de Etienne Deslaumes
Manège de Daniel Parokia

Calman-Levy:
Le  triangle d’incertitude de Pierre Brunet
Mon voisin de Pascal Voisine
Où cours-tu William? de Denis Jeambar
Un astronaute en bohème de Jaroslav Kalfar (PR)

Anne Carrière:
Le triomphe de Thomas Zins de Matthieu jung

Le castor astral:
Une douceur de chloroforme de Patrice Delbourg
Gazoline Tango de Franck Balandier
Fleuve de Jonathan Buckley

Denoël:
Tu riras moins quand tu connaîtras les hommes de Florent Bottero
Gabrielle ou le jardin retrouvé de Stéphane Jougla
Treize jours de Roxane Gay
La bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins
Aux confins du monde de Karl Ove Knausgaard

Au Diable Vauvert:
La vie sauvage de Thomas Gunzig
Miss Wyoming de Douglas Coupland
Contes du soleil noir de Alex Jestaire
Tout sur le zéro de Pierre Bordage
Sur l’écriture de Charles Bukowski
Dans le désert de Julien Blanc-Gras

Don Quichotte:
La muette de Alexandre Lacroix
Petits remèdes à la dépression politique de Jean-Christophe Brocher ( récit)

Elyzad:
Les lendemains d’hier de Ali Becheur

Les Escales :
Et soudain la liberté de Evelyne Pisier et Caroline Laurent
Mille ans après la guerre de Carine Fernandez
La maison des Turner de Angela Flournoy (1er roman)

Éditions de Fallois:
Abus de faiblesse de Eric Deschodt

Fayard :
Le ciel ne parle pas de Morgan Sportès
Presqu’île de Vincent Jolit
Une histoire trop française de Fabrice Pliskin
Au nom des nuits profondes de Dorothée Werner
Je m’appelle Lucy Barton de Elizabeth Strout
Nitro Mountain de Lee Clay Johnson

Éditions Finitude :
Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pourchet

Flammarion :
L’ombre du Golem de Eliette Abécassis illustré par Benjamin Lacombe
American war de Omar El Akkad
L’enfant-mouche de Philippe Pollet-Villard
Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud
Un amour d’espion de Clément Benech
Parmi les miens de Charlotte Pons
Femme à la mobylette de Jean-Luc Seigle
L’art de perdre de Alice Zeniter
Le dossier M de Grégoire Bouillier
Eloge de la politique de Alain Badiou
Avec D.H. Lawrence de Catherine Millet
Requiem pour le rêve américain de Noam Chomsky
La féroce de Nicola Lagioia
Bonjour,c’est l’infirmière de Charline Gall
Une odyssée.Un père, un fils, une épopée de Daniel Mendelsohn
J’aime le sexe mais je préfère la pizza de Thomas Raphaël
Les crayons de couleur de Jean-Gabriel Causse

Aux Forges de Vulcain:
Un funambule sur le sable de Gilles Marchand

Gaïa:
Tangvald de Olivier Kemeid
Le pianiste blessé de Maria Ernestam
L’esclave islandaise- livre 2 de Steinunn Johannesdottir
Le vent l’emportera de Gunnar Staalesen

Gallimard :
Un certain M. Piekielny de François-henri Désérable
Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain
Survivre de Frederika Amalia Finkelstein
Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel
Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill
La salle de bal de Anna Hope
Comment vivre en héros de Fabrice Humbert
La chambre des époux de Eric Reinhardt
Des châteaux qui brulent de Arno Bertina
Sauver les meubles de Céline Zufferey
L’ombre sur la lune de Agnès Mathieu-Daudé
Les rêveuses de Frédéric Verger
Un élément perturbateur de Olivier Chantraine
Comme une rivière bleue de Michèle Audin
Ascension de Vincent Delecroix
La louve de Paul-Henry Bizon
Le cénotaphe de Newton de Dominique Pagnier
La rivière de Ether Kinsky
Les fantômes du vieux Pays de Nathan Hill
La fin de Mame Baby de Gaël Octavia
Cette chose étrange en moi de Orhan Pamuk

Gallmeister:
Une histoire des loups de Emily Fridlund
Le diable en personne de Peter Farris
L’envers du temps de Wallace Stegner
Tout est brisé de William  Boyle

 

Grasset:
Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls de Eivind Hofstad Evjemo
Demain sans toi de Baird Harper
Sur les traces de Paul  Gauguin de Jean-Luc Coatalem
Minuit, Montmartre de Julien Delmaire
Le déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus
Une fille dans la jungle de Delphine Coulin
Innocence de Eva Ionesco ( 1er roman)
La fille à la voiture rouge de Philippe Vilain
Kong de Michel Le Bris
Le jour d’avant de Sorj Chalandon
Mina Loy, éperdument de Mathieu Terence
Les peaux rouges de Emmanuel Brault (1er roman)
Tous les âges me diront bienheureuses de Emmanuelle Caron (1er roman)
Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau
La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez
Sur les traces de Paul Gauguin de Jean-Luc Coatalem
La nostalgie de l’honneur de Jean-René Van der Plaetsen (récit)

Harper Collins:
Les tempêtes de Meg Little Reilly

Héloïse d’Ormesson:
Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant
Le Sans Dieu de Virginie Caillé-Bastide
Je peux me passer de l’aube de Isabelle Alonso
Le monde flottant de Alan Spence
Ce que nous ne saurons jamais de Marcus du Sautoy (essai)

 

 

L’Iconoclaste:
Un bruit de balançoire de Christian Bobin
Je me promets d’éclatantes revanches de Valentine Goby
Ma reine de Jean-Baptiste Andréa
Neverland de  Thimothée de Fombelle

Joëlle Losfeld:
Les hommes de Richard Morgiève

Julliard:
Un personnage de roman de Philippe Besson
La part des anges de Laurent Bénégui
Être tellement de Jean-Luc Marty
La serpe de Philippe Jaenada
L’insoumise de la porte de Flandre de Foaud Laroui

Michel Lafon:
Sens dessus dessous de Chantal Thomass
Motel lorraine de Brigitte Pilote
La nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aube de Géraldine Danon

Robert Laffont :
Le sacrifice des dames de jean-Michel Delacomptée
David Bowie n’est pas mort de Sonia David
Tu seras ma beauté de Gwenaele Robert
Une apparition de Sophie Fontanel
Cet autre amour de Dominique Dyens
Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull de Claire Barré
C’est le coeur qui lâche en dernier de Margaret Atwood
L’écliptique de Benjamin Wood
Une colonne de feu de Ken Follet
Le zoo de Gin Phillips
L’empire de sable de Kayla Olson

JC Lattès:
Le presbytère de Ariane Monnier
Toutes les familles heureuses de Hervé Le Tellier
Trois verres de vodka de Dominique Schneidre
Les vents noirs de Arnaud de la Grange
Summer de Monica Sabolo

Léo Scheer:
Ma vie sans moi, roman de Nathalie Rheims

Liana Levi:
La nuit des béguines de Aline Kiner
Là où l’histoire se termine d’Alessandro Piperno

Louison Éditions:
Aristonomia de Boris Akounine

Éditions de la Martinière:
L’embaumeur d’Isabelle Duquesnoy
Mademoiselle, à la folie! de Pascale Lécosse (1er roman)
Les panthères grises de Patrick Eudeline
Le club des pendus de Tony Parsons

Mercure de France:
Ton père de Christophe Honoré
Une fille au bois dormant de Anne-Sophie Monglon
Indocile de Yves Bichet
Perdre la tête de Bertrand Leclair
Qui ne dit mot consent de Alma Brami
La sœur du menuiser de Mira Maguen

Métailié:
Les buveurs de lumière de Jenni Fagan
Retourner dans l’obscure vallée de Santiago Gamboa
Le fils du héros de Karla Suarez
Otages de Sherko Fatah
Les ombres de l’Araguaia de Guiomar de Grammont
Ce qui n’a pas de nom de Piedad Bonnett
Mo a dit de James Kelman

Éditions de Minuit :
Sigma de Julia Deck
Une chance folle de Anne Godard
Trois jours chez ma tante de Yves Ravey
Made in China de Jean-Philippe Toussaint

Éditions Noir sur Blanc:
Surface de réparation de Olivier El Khoury
L’été infini de Madame Nielsen
Zouleikha ouvre les yeux de Gouzel Iakhina
Défense de Prosper Brouillon de Eric Chevillard

Éditions de l’Observatoire :
Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer (1e roman)
Les jouisseurs de Sigolène Vinson
L’absente de Noël de Karine Silla
N’écrire pour personne de A.L. Snijders

Éditions de l’Olivier:
L’histoire de mes dents de Valeria Luiselli
L’avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic
Ostwald de Thomas Flahaut
L’île aux poissons venimeux de Barlen Pyamootoo
Sauver les meubles de Marion Vernoux
Me voici de Jonathan Safran Foer

Pauvert:
Les désordres du monde de Sébastien Rongier

Payot Rivages :
Sucre noir de Miguel Bonnefoy
Sous les serpents du ciel de Emmanuel Ruben

Editions Philippe Picquier:
Parce que je déteste la Corée de Kang-Myoung Chang
Mariage contre nature de Yukiko Motoya
Mémoires d’une fleur de Jacques Pimpaneau
La vie du bon côté de Keisuke Hada

PLON:
Pour te perdre un peu moins de Martin Diwo (1er roman)
La colère de Kurathi Amman de Meena Kandasamy (1er roman)
L’héritier de Joost de Vries

Éditions Philippe Rey:
Les terres dévastées de Emiliano Monge
Les complicités involontaires de Nathalie Bauer
Un jour tu raconteras cette histoire de Joyce Maynard (récit)
Le paysage perdu de Joyce Carol Oates ( mémoires)
Corn maiden de Joyce Carol Oates

P.O.L.:
Gratitude de Charles Juliet
Tout un monde lointain de Célia Houdart
Les vacances de Julie Wolkenstein
Les histoires de Franz de MartinWinckler
Notre vie dans les forêts de Marie Darrieusecq
La fonte des glaces de Joël Baqué

Editions du Rouergue:
Une mer d’huile de Pascal Morin
Les attachants de Rachel Corenblit
Encore vivant de Pierre Souchon
Assassin d’avant de Elisa Vix
Tango fantôme de Tove Alsterdal
Enfants de la meute de Jérémy Bouquin

Éditions Séguier:
Musique russe de Anne-Marie Mitterrand
Je suis l’autre de Berta Vias Mahou

Le Serpent à plumes:
Leçons de grec de Han Kang
Avant tout, se poser les bonnes questions de Ginevra Lamberti
L’enfant de l’oeuf de Amin Zaoui
Un moustique dans la ville de Erlom Akhvlediani
Les temps anciens de Niroz Malek ( octobre)

Seuil:
Nos richesses de Kaouther Adimi
Taba-Taba de Patrick Deville
Fief de David Lopez
L’empereur à pied de Charif Majdalani
Sciences de la vie de Joy Sorman
Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas
Ce qu’on  entend quand on écoute chanter les rivières de Barney Norris
Par le vent pleuré de Ron Rash
Le corps des ruines de Juan Gabriel Vasquez
Une mère de Stéphane Audeguy
Le goût de la belle vie de Maryse Wolinski
La fille à histoires de Irène Frain
Octobre 17 de Patrick Rotman et benoît Blary ( roman graphique)
Soufre de José Luis Peixoto
Mourir sous ton ciel de Juan Manuel De Prada
Mémoires secrets d’un valet de cœur de Brigitte Aubert
Danser dans la poussière de Thomas H. Cook
O ma mémoire, la poésie, ma nécessité de Stéphane Hessel

Sonatine :
Nulle part sur la terre de Michael Farris Smith
Ne fais confiance à personne de Paul Cleave
Addict de James Renner
En marche vers la mort de Gérald Seymour

Stock:
La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens
Mon autopsie de Jean-Louis Fournier
Je suis Jeanne Hebuterne de Olivia Elkaim
Gabriële de Anne et Claire Berest
Les violettes de l’avenue Foch de Simon Liberati
Demain sera tendre de Pauline Perrignon
Mes pas vont ailleurs de Jean-Luc Coatalem
Sa mère de Saphia Azzedine
Colombe sous la lune de Laurence Campa
Les rameaux noirs de Simon Liberati
Mon père, ma mère et Sheila de Eric Romand
Les talons rouges de Antoine de Baecque
La Fontaine: une école buissonnière de Erik Orsenna
Les huit montagnes de Paolo Cognetti
Les pleureuses de Katie M. Kitamura

La Table Ronde:
Jeux de dame de Thierry Dancourt
A malin, malin et demi de Richard Russo
Monarques de Philippe Rahmy
La princesse de Bakounine de Lorenza Foschini
La Bolchevique amoureuse et autres récits de Manuel Chaves Nogales

Le Tripode:
L’amour est une maladie ordinaire de François Szabowski
Mon étincelle de Ali Zamir
Les aventures de Ruben Jablonski de Edgar Hilsenrath

Verticales:
Les fils conducteurs de Guillaume Poix

Viviane Hamy:
Niels de Alexis Ragougneau
Hotel Waldheim de François Vallejo

Sabine Wespieser:
Climats de France de Marie Richeux
Point cardinal de Leonor de Recondo
Les belles de Halimunda de Eka Kurnawian

Zulma:
By the rivers of Babylon de Kei Miller
Belle merveille de James Noël
Dans l’épaisseur de la chair de Jean-Marie Blas de Roblès

La plume – Virginie Roels

Titre : La plume
Auteur : Virginie Roels
Éditeur: Stock
Nombre de pages : 315
Date de parution : 2017

Dans la lecture je cherche avant tout la découverte, l’éloignement du quotidien, parfois le moyen de réfléchir sur notre société. Avec La plume, nous plongeons dans le fameux débat actuel sur la morale et la politique. Le roman de Virginie Roels est une satire, le reflet des affaires sordides auxquelles les politiques nous habituent depuis quelques mois.
Ce roman ne va nullement redorer cette fonction, si, toutefois, cela était possible. A tous les étages, président, ministres, conseillers, industriels, les personnages sont foncièrement corrompus, suffisants, magouilleurs. Un poil caricaturés? L’actualité m’en fait douter. En tout cas, du langage au comportement, ils sont de véritables machos détestables. Effectivement, il n’y a pas de femmes parmi les politiques de ce livre. Les femmes sont reléguées au titre de compagne idiote ( comme Catherine Maillet, la partenaire comédienne du Président. Comédienne, chanteuse, cela vous rappelle quelque chose? ), de superbes accompagnatrices pour les cocktails, de prostituées.
Sauf cette journaliste qui fleure le scoop lors du débat télévisé d’entre deux tours de l’élection présidentielle et va nous entraîner sur une enquête ( bien menée) dans les bas-fond du pouvoir.

Jean Debanel, actuel président en chute libre dans les sondages affronte son adversaire  » coriace et colérique » Yves Cranchon lors d’un débat auquel assiste un auditoire restreint d’intervenants triés sur le volet par le ministre de l’Intérieur, Tarrand. Un intervenant, Julien le Dantec, étudiant à Nanterre, va pourtant faire trembler et tomber le Président Debanel. Pourquoi? La journaliste semble la seule à le remarquer. En rencontrant un garde du corps évincé suite au débat, elle dresse une liste des proches de l’ancien président curieusement déplacés pendant les six mois précédant ce fameux débat.
Libération d’otages, sujets sensibles sur l’immigration, inauguration d’un pôle multi-culturel en banlieue, le Président a besoin de bons discours pour remonter dans les sondages. La demande du Président descend les étages parmi les énarques auxquels on a appris  » à tricher, cacher, prendre des risques » pour atterrir dans un amphi de l’Université où excelle Le Dantec.
Un voyage présidentiel au Maroc en compagnie de deux industriels met le feu aux poudres. Financement illicite de la campagne présidentielle, abus de pouvoir des nababs de l’Industrie pris en flagrant délit avec une enfant marocaine, achat du silence auprès d’Al Zahir, soupçonné d’appartenance au djihadisme, récemment ami avec Le Dantec.
Tout le monde se tire dans les pattes.
 » Faites fuiter l’existence de ses comptes au Panama. Balance-le aux chiens, à la presse, à l’opposition! »

En grande journaliste, Virginie Roels mène une enquête d’investigation qui, parfois sous des accents ironiques n’en met pas moins en évidence le cruel problème actuel de la morale en politique. L’auteur emportera l’adhésion des amateurs de romans noirs grâce au rythme du récit et à l’habileté à croiser des trajectoires personnelles de personnages aveuglés par l’attrait du pouvoir.

Personnellement, déjà excédée par les affaires actuelles de la campagne présidentielle, je n’avais pas envie de me retrouver dans ce milieu. C’est peut-être ce qui a aiguisé mon esprit critique.
Si l’enquête est bien menée, que l’auteur maîtrise un style fluide, je déplore le manichéisme des personnages. Ce roman enfonce le clou sur les clichés qui font mal à notre société. L’esprit de la satire y est parfaitement respecté, ce qui n’est pas mon genre littéraire préféré. J’aurais voulu trouver une lueur d’espoir dans ce monde politique de plus en plus corrompu. Réalité ou cynisme, je ne l’ai pas trouvé.
Le sujet n’était pas pour moi, ce qui ne retire rien à la plume.

A tombeau ouvert – Bernard Chambaz

ChambazTitre : A tombeau ouvert
Auteur : Bernard Chambaz
Éditeur: Stock
Nombre de pages : 207
Date de parution : août 2016

Le premier mai 1994, le héros brésilien, Ayrton Senna roulant à tombeau ouvert sur le circuit d’Imola perd le contrôle de son bolide sur la courte ligne droite avant le fameux virage de Tamburello. Il avait trente-quatre ans.
La veille, lors des essais, son ami Roland Ratzenberger, pilote autrichien, était lui aussi victime d’un accident mortel.
Deux ans plus tôt, le 11 juillet 1992, Martin, le fils de l’auteur, perdait la vie sur une route galloise.

 » A tombeau ouvert« , «  la vie ne tient qu’à un fil« , les jeunes pilotes « tombent comme des mouches » sous le joug du « dieu automobile »
Ayrton ( étymologiquement : celui qui vit dans deux mondes) Senna est né en 1960, l’année de la mort de Coppi et Camus. A dix ans, il est ému par la mort de son idole, Jim Clark sur le circuit d’Hockenheim. Tel Achille, ce demi-dieu grec promis à une mort précoce, Ayrton, initié très tôt au kart, sait doser la pression de son pied léger sur l’accélérateur.

Bernard Chambaz retrace l’ascension fulgurante du jeune pilote qui excelle sur les pistes mouillées, qui sera trois fois champion du monde. Il nous fait vivre sa passion, met en avant son respect pour les équipes techniques, livre sa rivalité avec Prost, ses amours, ses folies.
 » Il est au-dessus du lot et il sait ce qu’il veut » Il a « une sensibilité extrême liée à une insondable fureur. »
Adulé au Japon, fierté du peuple brésilien, Ayrton Senna, sous la plume de Bernard Chambaz est aussi pour le lecteur un héros, un symbole de l’éternelle jeunesse, une image de vie et de passion inoubliable.
 » Parfois vous pensez avoir une limite mais, lorsque vous la touchez, vous sentez en même temps que vous pouvez aller plus loin. »
Ayrton Senna est allé au bout de sa passion, allant chercher sa quarante-deuxième victoire, sachant pertinemment que 42, en japonais signifie  » aller à la mort. »
Tout comme on ne peut oublier tous ces pilotes fauchés dans leur jeunesse : Lorenzo Bandini, Roland Ratzenbeger, Jules Bianchi, d’autres mythes comme Fangio, ou des pilotes morts plus tard sur la route comme Andrea de Cesaris. Ou d’autres victimes du dieu automobile comme Diana ou Martin, impossible d’oublier Ayrton Senna, surtout après ce roman.
 » Etre un héros, c’est être voué à la gloire mais, en même temps, à la mort dans l’éclat de la jeunesse. »

J’ai un profond respect pour Bernard Chambaz qui évoque souvent avec pudeur et tendresse la mémoire de son fils. Avec beaucoup de délicatesse, l’auteur réussit à donner vie à Ayrton Senna. A l’issue de ce récit, c’est son sourire, sa jeunesse, sa joie de vivre que l’on retient.

rl2016

Les faibles et les forts – Judith Perrignon

perrignonTitre : Les faibles et les forts
Auteur : Judith Perrignon
Éditeur : Stock
Nombre de pages : 160
Date de parution : 21 août 2013, Livre de Poche en août 2014

Voici pour moi une première lecture (coup de cœur) de Judith Perrignon et je n’en resterai sûrement pas là. Dés les premières lignes, j’ai ressenti une force d’écriture d’une grande cohérence avec le thème abordé, la ségrégation.
Judith Perrignon s’inspire d’un fait divers : la noyade de six adolescents dans la Red River en août 2010, pour faire comprendre la responsabilité commune de ce drame.  » Aucun ne savait nager »
La Rivière rouge, en Louisiane, c’est là que s’apprêtent à aller pique-niquer la famille de Mary Lee, une grand-mère de soixante-quatorze ans et la famille voisine, les King. Le départ est toutefois retardé par une descente de police. Marcus, le plus âgé des petits-enfants est soupçonné de trafic de drogue. La peur revient en force saisir chaque membre de la famille qui s’exprime en ce roman choral.
Dana, mère de cinq enfants de trois pères différents ploie sous ses espoirs envolés. Elle préférerait que Marcus s’engage dans l’armée. Wes est plus malicieux. Déborah découvre son corps et les plaisirs avec son jeune voisin. Jonah voue une admiration sans bornes pour Marcus. Et la petite Vickie n’a que trois ans.
Mary Lee reste toutefois le fil conducteur de cette histoire. Petite fille d’esclave, elle porte en elle toute l’histoire du peuple noir. Elle garde cette fierté, cette droiture ancestrale et n’accepte pas que la jeune génération sombre dans la délinquance.
 » Tiens-toi droit, Marcus, ne donne pas à ceux qui nous méprisent depuis la nuit des temps de quoi justifier encore cette vieille haine contre nous. »
C’est son histoire et celle de son frère Howard qui expliquent pourquoi 60% des Noirs ne savent pas nager, et même pourquoi ils sont persuadés que leur corps n’est pas fait pour l’eau.  » La peur est inscrite en eux. » Et elle se transmet de génération en génération.

Ce roman est d’une grande force encore accentuée par le témoignage du sauveteur, Peter lors d’une émission de radio suite à la noyade des adolescents. Outré par les clichés assénés par certains présentateurs et auditeurs, cet hispano-américain hurle sa rage.

 » Je vais vous raconter à quoi ça ressemble six gamins noirs au fond de la rivière, je vais leur dire aux salopards qui demandent combien ça pèse dans l’eau un Noir, qu’ils étaient légers quand on les a ramassés au fond, c’était des enfants des mômes. »

Judith Perrignon passe du roman choral à la narration classique puis au récit d’une émission radio avec ce témoignage puissant, faisant ainsi un récit complet et poignant.

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