Compassion – Stephan Enter

Titre : Compassion
Auteur : Stephan Enter
Littérature néerlandaise
Titre original : Compassie
Traducteur : Annie Kroon
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 192
Date de parution : 4 avril 2018

Si vous vivez en couple, vous vous êtes sûrement déjà demandé  pourquoi lui (ou elle) et pas un (une) autre? Les célibataires cherchent aussi comment reconnaître l’âme soeur.

Frank, la quarantaine est un célibataire toujours en quête d’aventure. Il n’imagine pas lier sa vie à celle d’un autre. Entre deux boulots, il vient de rompre avec une physicienne. C’est l’heure de repartir à la conquête de belles intellectuelles mais en testant cette fois un site de rencontres.

Après plusieurs essais décevants, il craque devant la photo d’une blonde trentenaire au regard énigmatique. 

«  Ses yeux- d’un brun profond, brillant- regardent droit dans l’objectif et me captivent à tel point que je réalise soudain que je la contemple au moins depuis une minute. Il y a dans ces yeux, dans ce sourire, quelque chose- comme un désir intense de vivre, de tirer le maximum de la vie, de vivre sans réserves…Et quelque chose d’autre, quelque chose que je ne peux pas définir. »

Jessica est la fille d’un couple de pasteurs, elle prépare une thèse sur l’image cinétique au musée. 

Dès les premiers rendez-vous, une harmonie s’installe. 

«  Car tout ce que je vois, je l’associe maintenant à elle, à Jessica, à des pensées et des images qui la concernent. »

Pourtant, Jessica ne correspond pas aux critères physiques chers à ce séducteur invétéré. Son corps sans seins, sans taille marquée ne l’excite pas du tout. Pendant l’a te sexuel, elle simule, pousse des gémissements exubérants, fond parfois en larmes. Franz n’a aucun désir physique, il se promet de rompre rapidement.De plus, elle se définit comme une fille compliquée. A trente-deux ans, elle n’a jamais eu de petit ami, elle suit une thérapie.

«  Est-ce qu’on peut tomber amoureux de quelqu’un qu’on ne trouve pas attirant physiquement? »

Voilà tout le mystère du sentiment amoureux. 

Campé dans l’esprit de Franz, nous percevons le cheminement d’un homme indépendant, séducteur vers un sentiment d’intérêt, de compassion, d’amour peut-être malgré l’absence de désir physique si important au don juan. 

L’auteur parvient à traduire l’ambiance fragile, hésitante de ce couple, de ces deux personnes qui remettent en cause leur nature incapable de résister à un sentiment qui s’impose.

Les cavaliers passagers – Flora Meaudre

Titre : Les cavaliers passagers
Auteur : Flora Meaudre
Illustrateur : Vincent Biwer
Éditeur : Le laboratoire existentiel
Nombre de pages : 176
Date de parution : 19 avril 2017

 

Voici le premier roman de Flora Meaudre, cette jeune, souriante et dynamique attachée de presse que j’ai eu la chance de rencontrer dernièrement au Salon du Livre. Et c’est Le Laboratoire existentiel, nouvelle maison d’édition qui associe l’illustration à la littérature pour donner un double regard sur notre société, qui publie ce beau livre dans la collection L’Illuscript. Les vingt-neuf illustrations en noir et blanc de Vincent Biwer, à la fois floues et étonnement précises accentuent le ton tantôt cynique, tantôt ironique mais souvent tendre et amusé de l’auteure.

Lucie, vingt-cinq ans, sort d’une relation difficile avec un homme violent. Avec la pression sociale du mariage et de la procréation, l’engouement de sa meilleure amie et son énergie de jeune joueuse de tennis classée, Lucie multiplie les occasions de rencontre à la recherche du bon cavalier.

  
Afterworks, courts de tennis, sites de rencontre, Lucie « teste » les hommes d’un soir nous offrant une palette complète de tous les rencontres possibles. Fétichiste, homme marié, homophobe, collectionneur, torturé sensible, écrivain sans gluten…Lucie comprend bien vite la différence entre l’aventure sans lendemain et la rencontre qui peut aboutir à une vraie relation.
 » Et il y a ce souvenir d’une main qui cherche l’autre avec respect, au réveil. »

Avec ce récit moderne, Flora Meaudre esquisse parfaitement cette jeunesse parisienne, prompte à jouir de tous les plaisirs mais consciente de la différence entre légèreté et sincérité.
Amour, lâcheté, esquive, angélisme, courage, respect, miracle, joie, sincérité, indulgence s’entrecroisent dans les nuits parisiennes autour de Lucie. Mais la jeune femme audacieuse, même si elle craint parfois les mauvaises rencontres dans les rues désertes, ne se laisse pas abuser par les apparences. Qu’est-ce que l’amour?
 » C’est chimique, c’est une affaire de peaux, de connexion charnelle. »
De toutes ces rencontres passagères, l’amour se cache sous la tendresse respective.

Ce premier roman promet de belles rencontres entre auteurs et illustrateurs pour cette nouvelle maison d’édition.

 

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire – Stéphanie Pelerin

PelerinTitre : ( Presque) jeune (presque) jolie ( de nouveau) célibataire
Auteur : Stéphanie Pelerin
Éditeur : Mazarine
Nombre de pages : 198
Date de parution : 20 juin 2016

 » Se retrouver sur le marché du célibat à la trentaine était une sale aventure. »
Stéphanie Pelerin en fait un récit vif, coquin et drôle.

Ivana, professeur de français dans un lycée parisien, la trentaine se fait larguer par Baptiste, son compagnon depuis huit ans. Elle avait quitté son Nice natal pour lui, ils avaient investi dans un appartement à Montrouge. Mais Baptiste fait ses valises, il a rencontré une autre fille.
Sa meilleure amie, Suzy, lui remonte le moral et la pousse à prendre confiance en elle. Elle a, certes, quelques kilos en trop, ce que lui reprochait souvent Baptiste mais elle est jolie, intelligente et pétillante.
Les charmants professeurs de sport ne s’y trompent pas et Ivana se laisse facilement séduire. Et ne s’arrête pas là puisqu’elle s’inscrit sur un site de rencontres et dans un club de sport.
Mais vouloir séduire à tout prix réserve parfois bien des surprises.

Si ce roman léger,  » qualifié pour filles » n’est pas vraiment mon univers de lecture, je reconnais des réflexions pertinentes toujours un peu ironiques sur le milieu de l’ enseignement que Stéphanie Pelerin connaît bien ou sur le mariage ( avec les couples de l’agent immobilier ou de Suzy), sur les sites de rencontres.
 » Les ministres de l’Éducation nationale se suivaient et semblaient n’avoir qu’une seule ambition : laisser leur nom à une réforme encore plus idiote que celle de leurs prédécesseurs.« 

Ivana a un petit quelque chose de Bridget Jones, un peu ronde, séduisante, sensible au charme des hommes faciles, rayonnante de simplicité et de naturel.

Dans ce premier roman, je reconnais la coquinerie, la joie de vivre, le dynamisme de la Stephie que nous connaissons par le biais de son blog.

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