Un roman mexicain – Jorge Volpi

Titre : Un roman mexicain
Auteur : Jorge Volpi
Littérature mexicaine
Titre original : Una novela criminal
Traducteur : Gabriel Laculli
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 384
Date de parution : 11 avril 2019

Avec ce roman documentaire, ce roman sans fiction, Jorge Volpi revient sur l’affaire Florence Cassez. Arrêtée au Mexique en 2005, Florence Cassez fut au centre d’une crise diplomatique entre la France et le Mexique en 2011.
Sous l’angle de la littérature et du droit, l’auteur reprend tous les documents disponibles, tente de dégager la personnalité des intervenants, sans porter aucun jugement.

L’évènement déclencheur fut l’enlèvement de Valeria, une jeune fille de dix-huit ans. Le gouvernement mexicain souhaite montrer sa volonté de lutter efficacement contre ces séries d’enlèvements qui gangrènent le pays. L’AFI ( FBI mexicain) sous la direction de Genaro Garcia Luna, monte un coup d’éclat, un flagrant délit en direct qui se conclut le 9 décembre 2005 par l’arrestation d’Israël Vallarta et de son ex-petite-amie, Florence Cassez.
«  Valeria est le petit caillou qui dévale un sommet enneigé. »

A cette époque, le système juridique mexicain n’est pas régi par le principe de la présomption d’innocence.
Jorge Volpi prend le temps de nous familiariser avec la famille des Vallarta et des Cassez, leurs relations avec le groupe Margolis, «  le golem de la communauté juive au Mexique. » Il met en évidence la manipulation des témoins par l’AFI, le refus de suivre certaines pistes, les conditions de détention des suspects.
Plusieurs fois, il revient sur les témoignages fluctuants des personnes enlevées, les réactions des médias.

Puis l’affaire prend un virage politique à la suite de l’élection de Felipe Calderon en décembre 2006 et de Nicolas Sarkozy en mai 2007. En 2008, Florence vient d’écoper de quatre-vingt-seize ans de prison. La France s’apprête à renforcer ses liens avec l’Amérique du Sud et programme l’année France-Mexique. Mais si Nicolas Sarkozy soutient la lutte de Calderon contre les narcotrafiquants, il veut aussi soutenir sa compatriote.
«  Sans le savoir, Florence, Israël et sa famille sont sur le point de devenir des otages d’un duel d’ego présidentiels. »
Nicolas Sarkozy demande le transfert en France de Florence Cassez conformément à la convention de Starsbourg signée par le Mexique. Ce que refuse Calderon par manque de confiance.
Il faudra attendre les nouvelles élections présidentielles mexicaines en 2012 pour faire bouger les lignes.

Jorge Volpi construit un récit très complet, solidement documenté. Si complet que le nombre d’intervenants est important, les situations complexes. Le but n’est évidemment pas de prouver les culpabilités, «  la vérité absolue n’existe pas » mais il n’est pas aisé de se faire sa propre opinion, comme d’ailleurs au moment de cette affaire en 2011.

J’ai apprécié que Jorge Volpi reste impartial en évoquant en toute transparence les personnalités. Il faut saluer son engagement et son courage à mettre en évidence les manipulations de la police fédérale, la complicité des médias, l’hypocrisie des systèmes judiciaires et politiques.

L’amour est aveugle – William Boyd

Titre : L’amour est aveugle
Auteur : William Boyd
Littérature anglaise
Titre original : Love is blind, The rupture of Brodie Moncur
Traducteur : Isabelle Perrin
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 448
Date de parution : 2 mai 2019

 

Au village familial de Liethen Manor, Brodie Moncur, seul enfant au teint mat, aux yeux marrons et cheveux noirs d’une fratrie de six filles et trois garçons, était mal aimé de son père pasteur, alcoolique et violent. Sa mère, fatiguée par les grossesses successives, est morte en couches alors qu’il n’avait que quatorze ans. C’est auprès de Lady  Dalcastle, une veuve amie de sa mère que le garçon apprend et s’élève. Elle lui trouve un poste d’apprenti-accordeur chez son cousin, Ainsley Channon, fabricant de pianos à Edimbourg.

« On peut quitter son foyer mais le foyer ne vous quitte jamais…»

Avec l’oreille absolue et un esprit inventif, Brodie donne toute satisfaction à son patron. Celui-ci lui propose de devenir directeur adjoint de sa boutique parisienne en difficulté financière à cause de la mauvaise gestion de son fils, Calder Channon. C’est le début d’une grande aventure riche de rencontres et de voyages sous la plume romanesque et rythmée du conteur William Boyd.

Les idées novatrices de Brodie relancent les ventes sous le regard noir de Calder. Brodie propose notamment de monter un partenariat avec des pianistes célèbres afin de promouvoir les pianos Channon sur les plus grandes scènes du monde. John Kilbarron, celui qu’on surnomme «  le Litz irlandais » accepte sa proposition. Le pianiste est un virtuose, une tornade avec cette « beauté hagarde du débauché. » Brodie le suit dans ses tournées à Bruxelles, Berlin, Vienne, Milan.

« Nous sommes faits pour les complications, nous autres êtres humains. »

Brodie s’éprend de la maîtresse de John Kilbarron, Lyka Blum, soprano russe sans talent. Lors d’un voyage à Saint-Petersbourg, Malachi Kilbarron, un homme sournois qui protège les intérêts de son frère, surprend les deux amants.

Brodie et Lydia s’enfuient à Biarritz, lieu où la communauté russe est importante en 1899 et qui convient à Brodie, atteint de la tuberculose. Mais Malachi ne laissera jamais tranquille Lika Blum. Pourquoi?

«  On peut bien connaître quelqu’un, on ne voit que ce que l’on veut voir, ou ce que l’autre veut qu’on voie »

Ce roman est une succession d’aventures, de voyages jusqu’à Port Blair aux îles Andaman où Brodie se retrouve assistant d’une ethnologue. On ne s’y ennuie pas une seule seconde. William Boyd prend ici sa plume romanesque mais la richesse des aventures et la profonde connaissance du personnage de Brodie en font un récit bien passionnant.

 

 

 

 

Des vies possibles – Charif Majdalani

Titre : Des vies possibles
Auteur : Charif Majdalani
Éditeur : Seuil
Nombre de pages : 192
Date de sortie : 3 janvier 2019

Raphaël Arbensis ( Roufeyil Harbibi) est né au Liban. En 1624, il a treize ans quand il arrive à Rome. Les pape et princes italiens avaient besoin de jeunes instruits orientaux pour récolter des preuves afin de conforter leur foi suite aux découvertes de l’astronomie.

Après cinq années d’études, difficiles et peu intéressantes, Raphaël est nommé professeur de latin. L’Église l’envoit ensuite à Beyrouth afin de créer une institution d’enseignement dans le Mont-Liban. L’émir le dirige plutôt vers le commerce. Raphaël naviguera sans cesse entre l’Italie et l’Orient, entre aventures et études.

«  En ce premier tiers du XVIIe siècle, les échanges sont intenses entre les membres de la république des intellectuels à travers l’Europe. De Rome à Paris, d’Amsterdam à Dresde, les livres circulent, les idées aussi, les savants s’écrivent, dialoguent, controversent. »

A tunis, raphaël fait l’acquisition d’un beau texte , l’Histoire universelle écrite par Abul Ula al Hamadani. Ce texte intéresse beaucoup le monde savant et notamment le pape urbain VIII puisqu’il cite  » des monarques, des guerres et des empires ignorés, en Chine, en Bactriane et au cœur de l’Afrique. » A cette époque,il n’existe pas une seule et unique carte du monde. Arbensis travaille à la traduction de ce texte, très prisé par l’Europe.

Cet ottoman vêtu à l’occidental peine à trouver un sens à sa vie. Il aime regarder les étoiles avec une lunette astronomique achetée illégalement. Il négocie avec les rois et les sultans des alliances contre les Turcs.

Complots, négoces, maladie, accident, sa vie est trépidante. Jusqu’à ce qu’il se marie, rejoigne Amsterdam où il rencontre Rembrandt et fait publier sa traduction. Pour enfin repartir définitivement en Orient avec sa femme construire sa famille.

Le récit est épique. Construit avec d’incessants allers et retours entre Orient et Occident, au cœur d’une époque tumultueuse et foisonnante. Je suis restée très loin de ce roman où les noms de grands hommes (qui me sont bien souvent inconnus) fusent, où les grands moments historiques côtoient  une grande banalité du détail.

La grande révélation de Galilée, laquelle, on le sent bien intéresse vivement Raphaël Arbensis, se perd dans le récit.
Au cours de la seconde partie, Charif Majdalani amorce une réflexion sur les lois du destin et du hasard.

«  L’homme est-il déterminé par les chaînes du hasard et est-il de ce fait privé de sa liberté, est-il  balloté et emporté par les possibles comme une mer orageuse, sans rien pouvoir prévoir ni décider? »

Mais si ce thème intéressant correspond effectivement au titre du roman, je n’en perçois pas la trace dans le récit de la vie de Raphaël Arbensis. Je peine à suivre la quête de cet homme.
Je n’avais jamais lu Charif Majdalani, je ne pense pas avoir fait le meilleur choix pour découvrir son univers.

 

 

La vie lente – Abdellah Taïa

Titre : La vie lente
Auteur : Abdellah Taïa
Éditeur : Seuil
Nombre de pages : 272
Date de parution : 7 mars 2019

 

Mounir, d’origine marocaine, vit en France depuis de nombreuses années. Avec un doctorat en littérature française du XVIIIe siècle à la Sorbonne, il reste toutefois toujours inférieur dans cet immeuble de la rue de Turenne. Surtout depuis les attentats de 2015.

«  Les gens en France n’étaient plus les mêmes. »
Depuis quelques mois, il ne dort plus. Devait-il s’installer dans ce quartier de Paris? Comment supporter les bruits de ses  voisines? Même Madame Marty, sa vieille voisine du dessus qui le voyait comme un fils, devient insupportable. Sans réussir à lui faire comprendre qu’il ne supporte plus sa violence sonore, il finit par l’insulter. Des insultes qui le conduisent en garde à vue et dans un acharnement policier à vouloir voir en lui un terroriste.

En cet inspecteur qui l’interroge, Mounir voit un ancien amant, Antoine. Sa première grande rencontre avec un français après les expériences sexuelles, consenties ou subies, dans son village marocain de Salé.

Au travers des histoires d’amour, de famille qui ont construit Mounir, La vie lente est surtout le récit d’une rencontre, d’une amitié entre une vieille femme isolée et un immigré rejeté, accusé.

Mounir a quitté le Maroc pour échapper à la pauvreté. il n’a aucune nostalgie des gens de son pays, peut-être seulement de ses sensations, de la capacité d’aimer, de se mettre en danger.

A quatre-vingt ans, Simone, française, vielle et pauvre est abandonnée dans ce si petit appartement avec toilettes sur le palier. n’est-elle pas, elle aussi, une exclue?

Simone sait que la France peut avoir le cœur dur. Elle se souvient de l’humiliation faite à sa sœur lors de la libération à la fin de la  seconde guerre mondiale.

 » Sans Manon, il y a juste l’attente vaine. Des promesses qui ne se réalisent pas. Le temps et l’espace qui se déforment. La vie lente. Interminable. qui ne signifie plus rien. »

Autour des thèmes de l’homosexualité, de l’exil, de la différence, de l’abandon, Mounir nous plonge dans l’apitoiement sur soi. La lecture se veut donc assez lourde et lancinante. Mais finalement avec le recul, en reprenant mes notes, je me rends compte que tant d’histoires ( celles de Mounir, de Simone, de Majdouline, la cousine de Mounir, même du jeune Turenne ou des portraits de Fayoum) , de thèmes sont abordés. Au-delà des tourments de cet homme désarmé, épuisé, il faut donc savoir reconstruire l’ossature du texte et saisir le regard sur une France où certains se trouvent réduits à leur identité, leurs actes sans chercher à comprendre la richesse de leur vie.

 

 

 

 

 

West – Carys Davies

Titre : West
Auteur : Carys Davies
Littérature anglaise
Traducteur : David Fauquemberg
Titre original : West
Éditeur : Seuil
Nombre de pages : 192
Date de parution : 3 janvier 2019

 

John Cyrus Bellman était venu d’Angleterre avec sa femme Elsie. A trente-cinq ans, veuf, cet éleveur de mules, vit avec Bess, sa fille de dix ans. Bess n’a jamais connu sa mère.

Lorsque Bellman découvre un article dans le journal évoquant la découverte du squelette d’un animal gigantesque, il décide de partir sur ses traces à l’Ouest.

 » Bellman aimait cette histoire, qui lui redonnait de la force – cette idée que, quelque soit la vision qu’on avait d’un monde connu, il existait toujours des choses en dehors de celui-ci dont on n’avait jamais rêvé. »

Il demande à sa sœur Julie de venir s’occuper de Bess, confie au voisin, Elmer Jackson l’entretien de sa ferme et part vers Saint-Louis puis les rocheuses.
En chemin, un négociant en fourrure lui procure un jeune indien shawnee ne parlant pas un mot d’anglais, pour l’aider dans son voyage.
Pendant des années, au fil des saisons, Vieille Femme de Loin l’accompagnera pour quelques rubans et pierres colorées dans sa vaine recherche. Se rappelant un colon roux qui avait violé puis tué sa sœur, le jeune indien reste toujours sur la défensive.
Comment peut-on partir pendant des années courir après un rêve, délaissant à la maison son bien le plus précieux. Bess est une proie facile pour les hommes avides de chair fraîche et de terres exploitables. Bellman mettra des années à ressentir le manque de sa fille. La reverra-t-il un jour?

La fin du récit donne une beauté et une puissance à ce roman qui traîne un peu sur les routes de l’Ouest et les errances de Bellman.
A découvrir.

 

Les bottes suédoises – Henning Mankell

Titre : Les bottes suédoises
Auteur : Henning Mankell
Littérature suédoise
Titre original : Svenska gummistövlar
Traducteur : Anna Gibson
Éditeur : Seuil
Nombre de pages : 353
Date de parution :  18 août 2016

Dernier roman de Henning Mankell, paru en France dix mois après sa mort. Un roman qui fait suite ( mais on peut facilement le lire de manière indépendante) jusque dans son titre à un précédent succès, Les chaussures italiennes. 

On y retrouve Fredrik Welin, ce chirurgien à le retraite, venu vivre sur l’île de ses grands-parents à la suite d’une opération ratée qui lui a valu sa carrière. Dans Les chaussures italiennes, sur cette île de la Baltique débarqua Harriet, son ancienne maîtresse. Elle était venue pour y mourir et lui présenter leur fille, Louise. 

Ce nouvel opus commence avec un Fredrik, solitaire, vieillissant, surpris en pleine nuit par l’incendie de sa maison. Fallait-il qu’à soixante-dix ans il perde aussi tous ses souvenirs matériels? 

L’enquête révélant un incendie volontaire, Fredrik, qui reste toujours un étranger pour les locaux, est accusé d’avoir voulu profiter de l’assurance.

«  Les rares habitants à l’année se méfient donc de moi. Les estivants eux, me trouvent chanceux d’échapper au bruit et à l’agitation de la ville. »

Si Fredrik est un peu déboussolé par les évènements, ils lui permettent toutefois de retrouver sa fille et de faire la connaissance de Lisa Modin, une jeune journaliste. Avec sa fille, les relations sont toujours un peu difficiles. A quarante ans, Louise reste une marginale qui peine à trouver sa place. Enceinte, elle refuse de lui en dire davantage sur sa vie. 

Lisa pourrait représenter pour le vieil homme un dernier amour. Il en a besoin pour oublier, peut-être que la mort n’est plus si loin.

«  Le vieillissement était une nappe de brume qui approchait en silence. »

A part une expédition à Paris, Fredrik nous plonge dans la Baltique. Le froid et la solitude y sont très présents. Solitude des plus âgés comme Fredrik, Jansson ou la vieille Olovski mais aussi des plus jeunes comme Lisa ou Veronika, la serveuse du bar. Les incendies criminels, les morts brutales d’habitants ajoutent un climat tendu mais aussi un suspense à la vie plutôt mélancolique de Fredrik.

Pourtant rien n’est sombre dans ce roman grâce au personnage principal qui convoque des souvenirs de sa jeunesse, souvent des rencontres amoureuses. Il reste un homme entier qui n’hésite pas à montrer ses défauts mais qui ne se détourne jamais complètement des autres. Même si il ne la connaît pas depuis longtemps, si il craint son caractère, il démarre au quart de tour pour aider Louise, sans la juger. Il passe voir la vieille Olovski et accepte la curiosité et le sans gêne de Jansson, l’ancien facteur curieux hypocondriaque. Les réflexions de Fredrik montre un Henning Mankell attentif à l’évolution de la société jusque dans ces bottes suédoises bien plus difficiles à obtenir en Suède que des chemises chinoises.

Une lecture très agréable qui me prouve une fois de plus que ce grand écrivain va profondément nous manquer.

Je remercie Enna de m’avoir accompagnée pour la lecture de ce roman dans la cadre du mois nordique de Cryssilda.

Par le vent pleuré – Ron Rash

Titre : Par le vent pleuré
Auteur : Ron Rash
Littérature américaine
Titre original : The risen
Traducteur : Isabelle Reinharez
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 208
Date de parution : 17 août 2017

Lire un roman de Ron Rash, c’est toujours quelques heures de plongée intégrale dans un univers sauvage, avec des personnages tourmentés par des souvenirs sombres.

Par le vent pleuré ne sort pas de cet univers, avec, peut-être toutefois, un environnement moins marqué et moins présent, même si là aussi coule une rivière.

Eugène Matney n’est plus qu’un ivrogne solitaire. L’alcool a foutu sa carrière, son couple, sa vie en l’air. Entre deux verres de whiskey, un article attire son attention. Le squelette de Ligeia Mosely vient d’être retrouvé au bord de la rivière Tuckaseegee.

Quarante six ans plus tôt, c’est là que lui et son frère aîné, Bill, ont rencontré cette sirène. Adolescente rebelle, sortie d’un camp hippie par sa famille et envoyée chez son oncle méthodiste à Sylva, Ligeia est prête à tout pour continuer à s’évader grâce à l’alcool et aux tranquilisants.

Eugène, qui n’est encore qu’un gamin, découvre avec Ligeia les plaisirs de l’alcool et du sexe. La belle profite de son pouvoir sur ce gosse amoureux pour assouvir ses addictions.

Ron Rash alterne les récits de deux époques. La rencontre des deux frères et de Ligeia en 1969 et leur vie d’adolescents sous la coupe d’un grand-père médecin autoritaire et la période actuelle où Eugène doit demander des comptes à Bill, devenu un grand chirurgien.

L’auteur insiste largement sur certains éléments qui réduisent un peu trop le suspense. Mais, il est suffisamment inventif pour créer des dénouements inattendus. Mais, même si cette histoire reste assez évidente, l’auteur crée une aura d’adolescent amoureux et naïf  puis d’écrivain raté autour du personnage d’Eugène en faisant un superbe portrait. Ligeia, elle aussi, reste un personnage fort qu’une enfance malheureuse à peine évoquée a transformé en adolescente sulfureuse, une sirène qui, des années après sa disparition, vient opposer deux frères face à la vérité.

Le talent narratif de l’auteur pallie à la brièveté et l’évidence d’une intrigue un peu classique.

J’ai lu ce roman dans le cadre du Poche ( Points, 23 août 2018) du mois du Picabo River Book Club.