Un château à Ipanema – Martha Batalha

Titre : Un château à Ipanema
Auteur : Martha Batalha 
Littérature brésilienne
Titre original : Nunca houve um castelo
Traducteur : Diniz Galhos
Éditeur : Denoël 
Nombre de pages : 341
Date de parution :  1 novembre 2018

Seconde lecture de Martha Batalha ( auteure de Les mille talents d’Euridice Gusmão)…et le plus marquant est sans aucun doute le style d’écriture. L’auteur s’empare d’un lieu, la plage d’Ipanema, y construit un château étonnant où débuteront des fêtes ultra-chics brésiliennes. Elle y campe des personnages étonnants et pittoresques balayant plusieurs générations, diverses couches sociales sur un fond très léger d’histoire du pays.

Ce château art déco est construit par Johan, un suédois immense, nommé ambassadeur de Suède au Brésil. Un choix qu’il a fait pour la santé mentale de sa femme, Birgit qui entend des voix. Sa découverte de Rio la déconcerte. Une ville à la fois « belle et dangereuse, riche et très pauvre, moderne à certains endroits et d’un autre siècle partout ailleurs. ». Quand elle arrive à Ipanema, elle sait que c’est là qu’ils doivent habiter, marquant ainsi la fin de l’innocence dans le quartier. 

Ils auront trois enfants, Axel, Vigo et Nils. Trois frères qui tombent sous le charme de la fille du médecin voisin, Laura. Passionnée de théâtre, elle aime se draper d’un châle rouge et jouer devant ses admirateurs. Repoussés par la belle, Axel et Vigo quittent le pays laissant la veuve Birgit, seule avec Nils. 

A la mort de sa mère, Nils épouse Guiomar, la fille d’un notaire. Leur fils, Otavio mène la grande vie, au bras des plus belles femmes, dont la sublime Maria Lucia jusqu’à son mariage avec Estela Aguiar. Ils forment un couple plutôt serein, invitant chaque semaine les parents de Nils ce qui vaut une bataille rangée entre Estela et Guiomar au sujet de prouesses culinaires. 

«  Entre être pliée en deux sur un chevalet de torture ou au-dessus de l’évier de la cuisine, elle préférait encore la cuisine. »

Jusqu’au jour, où Estela et Otavio, chacun violé dans un placard découvrent lors d’une fête chez Maria Lucia une autre sexualité. Estela prend un amant plus jeune, Beto qui sera accidentellement prisonnier de la dictature. Et Otavio découvre qu’il aime les hommes.

C’est avec ce couple extravagant que nous poursuivrons notre aventure brésilienne, dans un pays de plus en plus marqué par la dictature jusqu’à la modernisation du pays dans les années 80.

«  Sur le plan économique, le pays était toujours enlisé dans l’inflation, la récession, le chômage et la dette extérieure. » Mais «  le pays se modernisait. »

Dans cette aventure folle, tout est lié. Les personnages se croisent, rappelant les origines d’une famille dont il ne reste pourtant qu’un vieux coucou ramené de Suède. Le style ironique, incroyablement travaillé et coloré et le pittoresque des personnages cachent une revue sociale et politique du pays. A mon sens, il le cache un peu trop bien. Je ne suis pas vraiment réceptive à l’ironie et aux personnages pittoresques mais je dois reconnaître que le style de Martha Batalha m’a particulièrement impressionnée. Je n’en ferais pas ma préférence mais j’apprécie d’avoir découvert cette auteure au style aussi bariolé que ses personnages.

 

L’héritière de Jacaranda – Tara McKinley

McKinleyTitre : L’héritière de Jacaranda
Auteur : Tamara McKinley
Éditeur : L’Archipel
Nombre de pages : 365
Date de parution : février 2011

Auteur :
Née à Launceston (Tasmanie), Tamara McKinley est encore enfant lorsqu’elle émigre en Grande-Bretagne, où elle est inscrite dans un pensionnat de jeunes filles du Sussex. Après avoir écrit des thrillers psychologiques, elle signe des sagas à succès, dont La Dernière Valse de Mathilda, Eclair d’été et Le Chant des secrets
(L’Archipel, 2005 à 2009). Mère de trois enfants, Tamara McKinley vit sur la côte Sud de l’Angleterre, mais retourne souvent dans son pays natal, pour y puiser l’inspiration de ses romans

Résumé:
À la mort de Jock Witney, tyran domestique à la tête du plus grand vignoble d’Australie – le Domaine de Jacaranda -, sa famille se rend compte que les affaires vont en réalité très mal. Quand un groupe français fait une offre de rachat des plus alléchante, les membres du clan s’entredéchirent.
Cornelia, la veuve de Jock, âgée de 90 ans, refuse catégoriquement de vendre. Elle aimerait convaincre Sophie, sa petite-fille, la prunelle de ses yeux, que la propriété familiale peut être conservée.
Dans ce but, Cornelia l’entraîne à l’autre bout de l’Australie, dans la vallée de Hunter, sur les traces de ses ancêtres. Elle profite de ce voyage pour lui narrer l’épopée familiale.
Du Sussex des années 1830 à l’Australie moderne, Tamara McKinley retrace la vie d’une famille de pionniers, marquée par de lourds secrets, des déchirures et une malédiction… Sophie saura-t-elle la briser pour réconcilier les deux branches de la famille et sauver le domaine ?

Mon avis:
Si vous aimez les grandes sagas familiales ou les feuilletons de l’été, vous adorerez le dernier livre de Tamara McKinley. Dans « L’héritière de Jacaranda », l’auteur nous fait découvrir la vie d’une famille depuis le début du XIXème siècle en Angleterre jusqu’ à nos jours en Australie. C’est l’histoire d’une famille, d’un
patrimoine, d’une terre, plus exactement d’un vignoble créé avec le sang et la sueur des premiers colons dans le bush australien.
Jock Witney, le patriarche sans coeur, vient de mourir. Il laisse une entreprise en faillite qui va être rachetée par des Français.
C’est sans compter la volonté de Cornelia, sa femme. Car les femmes de la famille sont courageuses et volontaires depuis Rose, cette jeune bonne anglaise arrivée en Australie au début du XiXème siècle.
Malgré un récit alternant l’histoire des colons et l’histoire actuelle et le grand nombre de personnages, j’ai réussi à suivre cette saga familiale parce que le scénario est parfaitement construit. Les évènements sont amenés de manière progressive et cohérente. petit à petit, j’ai découvert les liens familiaux, les secrets de famille et les malédictions. Cette construction progressive tient le lecteur attentif et intéressé.
Ainsi que Cornelia veut convaincre Sophie, sa petite-fille, de l’importance de l’héritage familial, j’ai compris l’amour et la passion des premiers colons pour leur exploitation.
Les nouvelles générations n’ont pas peiné pour obtenir cet argent et s’entre-déchirent pour en tirer profit. Il y a ainsi une palanquée de personnages arrivistes, jaloux, légers. On assiste à des déchirements, des traîtrises au sein de cette famille.
Il ne faut pas oublier aussi les grandes romances de cette histoire (John le gitan et Rose, Cornélia et Walter ou Sophie et Thomas).
Même si j’ai passé un agréable moment de lecture, il ne me restera pas grand chose de cette histoire si ce n’est peut-être le dépaysement de l’Australie.