Un dieu un animal – Jérôme Ferrari

Titre : Un Dieu un animal
Auteur : Jérôme Ferrari
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 112
Date de parution : janvier 2009

 

 

 

Ce court roman sans chapitre, sans coupure évoque la jeunesse désoeuvrée dans un petit village où lon s’ennuie.

Après un engagement militaire de deux ans à Djibouti, le narrateur traîne comme videur dans une boîte de nuit avec son ami Jean-Do. Alcool, drogue, bagarres, il faut trouver l’adrénaline qui remplace le combat.

« Les hommes ont besoin de plus grand pour vivre»

Ce que le narrateur a trouvé dans l’armée, Magali, son amour de jeunesse le cherche dans une grande entreprise. Etre le meilleur, dépasser ses objectif, voilà ce que l’on demande à ces jeunes consultants.

Pour le narrateur, revenir de l’enfer, se réinsérer dans son village natal, celui que l’on voulait quitter à tout prix pour vivre la grande aventure n’est pas chose facile. Seule Magali pourrait apporter un peu de douceur à l’âme meurtrie du mercenaire hanté par la mort de son ami dans un attentat kamikaze.

« Tu essaies de rentrer chez toi, tu essaies de recréer un chez-toi »

Jérôme Ferrari déroule les pensées sombres de son personnage, évoque une ultime rencontre avec une Magali perdue dans sa vie amoureuse, un attachement à la terre natale, un questionnement divin. Mais la rédemption est-elle encore possible?

Avec une écriture sèche, des longues phrases travaillées pour rendre plus concrète les émotions des personnages, Un dieu un animal est un roman fort. De ceux qu’ont pu susciter les attentats du 11 septembre. Ce récit passe de l’horreur de la guerre à la solitude des hommes traumatisés,  et évoque le questionnement sur l’engagement d’une vie, la perte de repère sur la puissance d’un Dieu qui façonnent des êtres « qu’il tire du néant et renvoie, sans fin, au néant. »

Nulle part sur la terre – Michael Farris Smith

Titre : Nulle part sur la terre
Auteur : Michael Farris Smith
Littérature américaine
Titre original : Desperation road
Traducteur : Pierre Demarty
Éditeur : Sonatine
Nombre de pages : 362
Date de parution : août 2017

« S’il y avait une chose au monde dont vous savez qu’elle peut vous mettre dedans, vous voudriez pas la garder à portée de main, vous? »

Cette phrase résume bien les deux personnages principaux de ce roman. Russel sort de prison. C’était un accident, un putain d’accident. Mais son état d’ébriété ne jouait pas en sa faveur. Et pourtant, aussitôt dehors, il retourne sur les lieux dans le Mississipi , reprend la boisson et un fusil chargé.
Maben se retrouve seule avec sa gamine, Annalee. Plus de foyer, plus d’argent. Elle fuit sur les routes, prête à vendre son corps pour s’occuper dignement de sa fille.

Ce ne sont pas de mauvaises personnes. Mais souvent la chute n’en finit pas, les galères s’enchaînent et on ne finit jamais de payer ses erreurs.
Tous deux se retrouvent toujours au mauvais endroit, au mauvais moment. Qui va croire un repris de justice ou une ancienne junkie?

Pour avoir vécu les mêmes épreuves, les mêmes déchéances. Russel et Maben se comprennent. Mais pourront-ils s’en sortir face à ceux qui veulent encore et toujours les culpabiliser?

Je suis plutôt mitigée face à cette histoire plutôt classique de marginaux auxquels l’environnement ne donne aucune chance.
Le point fort du roman se situe selon moi sur les personnages complexes aux sentiments triturés parfaitement bien rendus.
Par contre, le style (ou peut-être la traduction) me semble assez brutal ( tournures répétitives dans une même phrase, choix lexical pauvre « il savait que la vie dure ça durait pour toujours ») et de nombreuses et longues descriptions de scènes anodines ralentissent le rythme.

J’ai de bien meilleurs souvenirs de lecture sur ce thème largement travaillé par les auteurs américains.