Qui ne se plante pas ne pousse jamais – Sophie Tal Men

Titre : Qui ne se plante pas ne pousse jamais
Auteur : Sophie Tal Men
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 286
Date de parution : 27 février 2019

Alexandre Jaouen fait sa dernière année d’internat de médecine aux Urgences de Quimper. Il enchaîne les gardes, vivant comme un zombi sans même se rendre compte de l’impatience d’Hortense à préparer leur mariage. Internes et malades aiment son empathie et sa gueule d’ange chiffonnée par le manque de sommeil.

Margaux est la fille d’un grand chocolatier. Diplômée d’une école prestigieuse, elle assure la partie commerciale de l’entreprise, voyageant de Berlin à Montréal pour installer de nouvelles boutiques dans le monde entier. Particulièrement jolie, elle cache ses peurs et ses blessures sous une carapace de fillette capricieuse, agressive et orgueilleuse. 

Jacqueline, quatre-vingt-deux ans, est le point commun de ces deux jeunes adultes qui ne prennent pas le temps de vivre. Grand-mère de Margaux, elle a pratiquement élevé Alexandre délaissé par des parents instables et égoïstes. Au cap Fréhel, enfants chez Jacqueline, Alexandre et Margaux étaient inséparables. Mais ils ne se sont pas vus depuis dix ans, depuis l’enterrement de la mère de Margaux.

Condamnée par une maladie incurable, Jacqueline, adepte des dictons et métaphores, refuse de partir sans avoir montrer à Alexandre et Margaux qu’ils étaient en train de prendre une mauvaise direction dans leur vie respective.

«  Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse. »

A coup de petites phrases, avec beaucoup de tendresse et d’humour, Jacqueline va ouvrir les yeux et le cœur de ceux qu’elle considère comme ses petits-enfants. C’est un roman qui fait du bien par sa simplicité, qui vous met l’eau à la bouche avec toutes ses recettes chocolatées.

Personnellement, j’aime lire des romans un peu plus consistants. Et je ne trouve pas grand intérêt à ce genre de bluettes. Mais il faut parfois éviter de se prendre la tête, respirer le grand air de la Bretagne, lever la tête du guidon pour apprécier les choses simples.

«  La vie, c’est comme une boîte de chocolats…. » A vous de terminer la phrase!

Pour Jacqueline «  alors, pourquoi se priver? Croquez-la à pleines dents! »

Reporters culinaires – Emmanuelle Jary et J.F. Mallet

Titre : Reporters culinaires
Auteurs : Emmanuelle Jary et J.F. Mallet
Éditeur :La Martinière
Nombre de pages : 384
Date de parution : 9 mai 2019

 

«  Nous avons une même sensibilité pour la cuisine, avec cette envie d’en parler autrement. Les recettes ne nous intéressent que parce qu’elles racontent quelque chose d’une culture. »

Cette phrase illustre parfaitement l’esprit de ce livre, qui se veut autant un livre de voyages que de cuisine. Lorsque nous voyageons, notre mémoire visuelle s’imprègne de sites fabuleux mais notre mémoire sensorielle intègre l’ambiance et les saveurs du pays.

Emmanuelle Jary et J.-F. Mallet nous emmènent pour un tour du monde de 24 pays, à Alentejo, en Argentine, à Bangkok, en Birmanie, à Bornéo, au Cambodge, à Copenhague, en Corée du Sud, en Galice, à Gênes, en Iran, à Java, au Kerala, en Louisiane, au Mexique, à Naples, à New York, à Pékin, au Pérou, en Polynésie française, à San Francisco, au Sénégal, à Taïwan et à Tokyo.

Des destinations variées toutes sublimées de remarquables photographies du pays et de recettes typiques qui vous restent en mémoire quand vous revenez d’un de ces voyages. Du pesto gênois aux empanadas argentins, de la soupe de raviolis wonton chinoise au dahl de lentilles corail du Kerala, des arancinis napolitains au kimchi coréen. Des recettes emblématiques ou étonnantes!


Mais aussi des récits de voyage qui partant d’un point de vue rapide géopolitique, s’attardent ensuite sur les produits locaux, les traditions culinaires.

Les recettes sont bien présentées et les photos de voyage sont magnifiques.

Sous une couverture bien sobre, ce livre cache des trésors pour les yeux et les papilles. Régalez-vous sans modération!

 

 

Mille-failles – François Carré

carreTitre : Mille-failles
Auteur : François Carré
Éditeur : Denoël
Nombre de pages : 240
Date de parution : février 2015

Auteur :
François Carré est auteur de romans et de théâtre. Il vit actuellement à New-York.

Présentation de l’éditeur :
François Carré rassemble de courtes chroniques humoristiques autour du thème de la gastronomie pour mieux aborder celui des rapports sociaux. Son pastiche culinaire est un moyen savoureux d’aborder notre difficile relation aux autres et d’épingler les codes rigides qui régissent nos modes de vie. Face au constat accablant du narcissisme et de l’animosité généralisée, l’auteur propose des «recettes» rafraîchissantes permettant de mieux vivre.
Caustiques et pleines de vérité sur le monde, à la façon d’un Stéphane de Groodt ou d’un Philippe Delerm, ces petites chroniques douces-amères sur les tracas du quotidien sont autant de pistes pour inciter à une plus exacte connaissance de soi-même et d’autrui.

Mon avis :
La forme est agréable et originale. Conçu comme un livre de cuisine avec des parties Entrées, Plats, Desserts, chaque recette expose le type de plat, la difficulté et la liste des ingrédients avant de détailler la préparation. Les illustrations très colorées, comme celle de la couverture illustre la manière moderne, vivante de lier la cuisine et la sociologie ou philosophie.
Car, avant tout, François Carré nous fait profiter de sa vision de la société pour faire émerger des petites recettes nous rendant la vie plus facile.
Vous vous délecterez ainsi du Petit salut aux lenteurs qui prône le luxe de la lenteur ou de la tranche Mathusalem qui vous fera comprendre qu’un anniversaire n’est pas simplement une année de plus.
Le talent de l’auteur s’exerce sur cette facilité à jongler avec le vocabulaire culinaire. Cela se reflète tout d’abord dans les titres ( L’arrêt au leurre noir, Potins-feu, Rixe cantonnée, Chaussons aux hommes…) mais aussi dans les préparations.
 » Entre la fadeur de l’indifférence et l’âpreté de l’intolérance, vous vous demandez peut-être si vous pouvez rattraper cette sauce-là. »
Seulement, ce talent a le défaut de ses qualités. L’auteur jongle si bien avec ce registre littéraire qu’il m’a souvent noyée dans son univers. Et c’est étrangement, lorsqu’il s’éloigne des termes culinaires donc de son objectif, qu’il parvient à m’intéresser dans un style plus fluide.
 » Car il ne dépend souvent que de vous que le spectacle de votre quotidien vous émerveille. »
 » Nous disons aspirer au calme, à la paix, à la sérénité, mais le fait est que nous recherchons le tourment, le vertige et le danger, qu’il s’agisse des malheurs annoncés par un journal télévisé ou des frayeurs simulées par une fête foraine, d’un mélodrame représenté dans l’obscurité d’une salle de théâtre ou des larmes étouffées dans le complaisant creux d’un oreiller, qu’il s’agisse d’un
événement tragique ou d’une chanson nostalgique, d’un éclat dans une assemblée ou d’une médisance susurrée. »
Ma recette préférée est Pain d’hospice car elle nous livre une vision touchante de la vieillesse et une belle morale de vie.
 » Combien disent regretter de ne pas avoir consacré plus de temps à gagner plus d’argent? Aucun. Vous n’en avez entendu aucun dire cela, combien d’entre vous disent regretter de ne pas avoir consacré plus de temps à briguer plus d’honneurs? Cela non plu, vous ne vous souvenez pas l’avoir entendu. Mais combien, au contraire, disent regretter de ne pas l’avoir pris, ce temps, de ne pas avoir pris le temps de vivre, tout simplement?« 

Alors, rien que pour ces petites leçons de vie, certes faciles mais toujours utiles, pourquoi ne pas prendre le temps de lire quelques recettes de temps en temps.

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