Le crime du comte Neville – Amélie Nothomb

NothombTitre : Le crime du comte Neville
Auteur : Amélie Nothomb
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 144
Date de parution : 20 août 2015

Auteur :
Depuis 1992 et Hygiène de l’assassin, tous les livres d’Amélie Nothomb ont été publiés aux éditions Albin Michel. Elle a reçu, entre autres, le prix Chardonne, le Grand prix du roman de l’Académie française, le prix de Flore, et le Grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son œuvre.
Ses œuvres sont traduites dans 40 langues, des U.S.A. au Japon.
Le crime du comte Neville est son vingt quatrième roman.

Présentation de l’éditeur :
« Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne. » Amélie Nothomb
Mon avis :
Le comte de Neville, noble désargenté contraint de vendre son château n’en garde pas moins l’intention d’épater une dernière fois ses invités. Car, dans la famille il est impossible de faillir au paraître. Sans affamer sa famille comme pouvait le faire son propre père, le comte de Neville aime soigner ses invités.
 » L’invité était celui que l’on espérait et attendait chez soi depuis toujours, dont la venue était préparée avec une attention extrême. »
Mais cette fois, l’angoisse est double puisque ce sera la dernière réception au château et qu’une voyante lui a prédit qu’il allait tuer un invité. Vague rappel du conte d’Oscar Wilde, Le crime de lord Arthur Savile.
Amélie Nothomb croque avec délice et humour la petite noblesse belge. Elle en fait des êtres à part moins effrayés par la perspective de la prison que par l’impair.
Le récit montre aussi la difficulté de la période de l’adolescence avec la plus jeune fille du comte, Sérieuse, âgée de dix-sept ans. N’ayant ni la beauté de sa sœur Electre ni l’intelligence de son frère Oreste, Sérieuse est gauche et taciturne. Mais quelle idée d’appeler sa fille Sérieuse, il fallait bien éviter la prophétie du prénom d’Iphigénie.
Sérieuse ne supporte plus le fait de ne ressentir aucune émotion, triste conséquence d’une éducation où les enfants sont nés pour être séduits et non plus pour séduire.

Même si l’ensemble reste un peu plat et une fois de plus bien trop court, j’ai aimé suivre les tergiversations du comte Neville face à son destin programmé. Sérieuse est le symbole d’une enfance ( mais souvent aussi d’adultes) incapable de s’émouvoir de belles choses simples. Des paysages, une musique, une œuvre d’art, un échange humain, tout ce qui nous entoure peut être source d’émotion pour qui sait l’apprécier.

Amélie Nothomb qui sait elle aussi, lors des rencontres avec ses lecteurs s’adresser à chaque personne comme s’il s’agissait de l’être qu’elle espérait rencontrer depuis toujours, a cette fragilité qui lui permet de s’émouvoir en écoutant Schubert.

Elle reste, pour moi, une auteure qui parvient dans la simplicité de quelques pages rehaussée par un vocabulaire soutenu, à m’intéresser à des personnages originaux, à sourire et m’émouvoir. Son roman annuel est indissociable de ma rentrée littéraire.

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