Millefeuile – Leslie Kaplan

kaplanTitre : Millefeuille
Auteur : Leslie Kaplan
Editeur : P.O.L.
Nombre de pages : 253
Date de parution : 22 août 2012

Présentation de l’éditeur:
«Quand je l’ai connu, Jean Pierre Millefeuille habitait déjà depuis longtemps rue Antoine-Bourdelle, une petite rue à côté de la gare Montparnasse. Conversations, échanges. Séduction réciproque. Pas du tout le vieux crispé sur ses acquis de pensée, ses habitudes. Une fois j’allai chez lui avec Zoé, la fille d’une amie.
Après Zoé me dit, Je ne sais pas si je l’aime, non vraiment je ne sais pas. Pourtant elle retourna le voir, et emmena même Léo, un amoureux. C’est là que tout a commencé

Mon avis :
Étrange vieux monsieur que ce Jean-Pierre Millefeuille! Ancien professeur de littérature, aujourd’hui retraité et veuf, il vit dans son appartement parisien et tente d’occuper son temps à la rencontre d’amis, de jeunes, ou à l’écriture d’un livre sur les rois dans Shakespeare.
Il a une vie bien réglée, aime faire ses courses, flâner dans les bars, les musées, les parc du quartier. Il reçoit souvent des gens très différents comme Zoé et Léo, un couple de jeunes professeurs ou Charles, un africain agent de sécurité ou Sammy, un livreur de DVD.
Et pourtant, au-delà des moments d’amusement, il déprime parfois en pensant à la mort et surtout au fait qu’il ne laissera pas de trace après sa mort, contrairement aux rois ou pharaons.
Entouré d’amis sincères, de son fils, pourquoi doute-t-il, tout d’un coup? Est-ce le manque de sa femme, cette rencontre ratée avec un couple de jeunes délinquants, la hantise de clochards de sa connaissance? Ou tout simplement, la vieillesse qui s’installe.

 » Je me traîne, je suis fatigué avant de commencer la journée, je deviens vieux, se disait Millefeuille. Il dit la phrase
sans y penser, ensuite il la considéra, la retourna dans tous les sens, elle n’en avait pas réellement, de sens, c’était clair, je deviens vieux, c’est clair.
« 

Leslie Kaplan a construit un personnage très intéressant (expression favorite du narrateur) et attachant même si il finit un peu par nous agacer. L’évolution du personnage est bien construite mais le dénouement m’a laissée un peu perplexe.

Par contre, j’ai apprécié beaucoup les rencontres de Millefeuille et ses ballades parisiennes.

Je remercie La Librairie chapitre d’Orléans pour le prêt de ce livre.

 

plume  rentrée 2012

L’herbe des nuits – Patrick Modiano

modianoTitre : L’herbe des nuits
Auteur : Patrick Modiano
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 178
Date de parution : octobre 2012

Présentation de l’éditeur :
« Jean… Qu est-ce que tu dirais si j avais fait quelque chose de grave ? » J avoue que cette question ne m avait pas alarmé.
Peut-être à cause du ton détaché qu elle avait pris, comme on cite les paroles d une chanson ou les vers d un poème. Et à cause de ce : « Jean… Qu est-ce que tu dirais… » c était justement un vers qui m était revenu à la mémoire : « … Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? » « Qu est-ce que tu dirais si j avais tué quelqu un ? » J ai cru qu elle plaisantait ou qu elle m’avait posé cette question à cause des romans policiers qu elle avait l habitude de lire. C était d ailleurs sa seule lecture. Peut-être que dans l un de ces romans une femme posait la même question à son fiancé. « Ce que je dirais ? Rien. » Mêlé de près à une affaire criminelle au début des années 1960, Jean, le narrateur de L Herbe des nuits, tente de mettre au clair les circonstances qui l ont conduit à fréquenter la bande de L Unic Hôtel à Montparnasse et une certaine Dannie dont il était alors amoureux. En recoupant ses souvenirs avec les pièces d un dossier de la brigade des murs, il rouvre une enquête classée sans suite, dont il est vraisemblablement le dernier témoin

Mon avis :
Pour ceux qui aiment l’univers de Modiano, ils ne seront pas déçus par ce nouveau roman. On y retrouve cette atmosphère trouble, énigmatique qui siège cette fois dans le Paris des années 60.
Jean écrivait des noms, des phrases dans un petit carnet noir et grâce à cela, il se souvient de rencontres de sa jeunesse. Il est question notamment de  Dannie, une jeune fille aux origines incertaines. Jean la croise à l’Unic hôtel souvent en compagnie du même groupe d’hommes, la plupart supposés d’origine marocaine. Dannie entraîne Jean dans des appartements ou maisons vides, dans des bars surveillés par la police. Elle se dit étudiante, prend son courrier en poste restante.
Interrogé par la police, Jean soupçonnera quelques irrégularités. Mais à 20 ans, il est fidèle à ses amitiés et peu soucieux des problèmes.
 » Plutôt que de toujours soumettre les autres à un interrogatoire, il vaut mieux les prendre en silence tels qu’ils sont. »
 » Est-ce que nous avons le droit de juger ceux que nous aimons? Si nous les aimons, c’est bien pour quelque chose, et ce quelque chose nous dé
fend de les juger. Non?  »
Le récit est celui de Jean, des années plus tard. Il oscille donc entre passé et présent.
 » Depuis une j’écris ces pages, je me dis qu’il y a un moyen, justement, de lutter contre l’oubli. C’est d’aller dans certaines zones de Paris où vous n’êtes pas retourné depuis trente, quarante ans et d’y rester un après-midi, comme si vous faisiez le guet. Peut-être celles et ceux dont vous vous demandez ce qu’ils sont devenus surgiront au coin d’une rue, ou dans l’allée d’un parc, ou sortiront de l’un des immeubles qui bordent ces impasses désertes que l’on nomme  » square » ou « villa ».  »
Plus qu’une histoire, Modiano installe une atmosphère, étrange et incertaine. Les lieux précis de Paris plairont aux nostalgiques de la capitale.

Je remercie dialogues  pour cette lecture.

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