Attachement féroce – Vivian Gornick

Titre : Attachement féroce
Auteur : Vivian Gornick
Littérature américaine
Traducteur: Laëtitia Devaux
Titre original : Fierce attachments
Éditeur: Rivages
Nombre de pages : 224
Date de parution : février 2017

Voici la première publication française d’un texte écrit en 1987 par une illustre bjournaliste américaine et essayiste féministe, Vivian Gornick
Attachement féroce alterne le présent avec les déambulations dans les rues de New York d’une mère et sa fille et le passé qui nous donne à comprendre les raisons d’un attachement aussi puissant et destructeur entre les deux femmes.
Vivian est née dans le Bronx et a vécu avec ses parents dans les années 30 dans un immeuble peuplé d’immigrés juifs et italiens. La description des lieux est assez évocatrice avec de petits appartements, des voisins particuliers et surtout cette cour centrale si pittoresque où entrent le soleil et les cancans de l’immeuble.
La mère, immigrée russe est une femme à l’esprit développé, dit-elle qui voue une adoration à son mari. Son bonheur en ménage la surclassait.
«  Certes, ma mère avait un statut particulier dans l’immeuble à cause de son anglais sans accent et de ses manières affirmées, mais aussi grâce à sa position de femme heureuse en ménage. »
Elle idéalise son mariage, elle a renoncé au travail pour plaire à son mari. Le jour où il décède, son univers s’effondre. Elle n’ a que quarante-six ans et elle est dévastée. Après les crises d’hystéries spectaculaires, elle s’allonge inerte des journées complètes sur son canapé.
 » Pleurer papa devint son activité, son identité, son rôle. »
La fille, dix neuf ans, la regarde pensivement. Pourquoi sa mère refuse-t-elle de vivre? N’aime-t-elle donc pas ses enfants pour les ignorer enfermée dans son malheur?
«  Elle ne comprend pas ce qui me détruit. Elle ignore que je prends son angoisse sur moi, que je suis dévastée par sa dépression. »
Comment une fille peut-elle se construire? L’amour est-il indispensable au bonheur ou est-il la promesse d’une douleur liée à la perte?
Lorsque la fille quitte la maison, elle se marie avec un artiste peintre. L’incommunicabilité provoque rapidement une tension oppressante. Plus tard, elle vivra une aventure pendant six ans avec un homme marié, solaire, de vingt ans son aîné. Cette lutte érotique entre le féminisme et le gauchisme sera aussi vouée à l’échec.
 » On devint, la mère et moi, des femmes conditionnées par la perte, troublées par la lassitude, liées par la pitié et la colère. »

La vie dans le Bronx, les liens affectifs de la mère juive, dépossédée de sa seule raison d’être, marquent certainement le destin de ces deux femmes. Pourtant, cela ne m’a pas semblé suffisant pour créer un tel lien destructeur. Je suis donc restée perplexe devant la complexité de cette relation mère/fille, embourbée dans leur univers.  Je peux toutefois reconnaître le talent de l’auteur à faire passer les sentiments. J’ai perçu cette lourdeur du lien, cette sensation de ne pouvoir ou vouloir en sortir.
Si quelques personnages secondaires comme Nettie, une voisine ukrainienne ou Joe, le compagnon marié de la fille parviennent à donner un éclat de vie, les deux femmes se referment vite sur leur lien exclusif. Il y a chez ces deux femmes comme une volonté de souffrir, de mener leur attachement jusqu’à la mort.
L’auteur reste sur le niveau descriptif, me laissant la difficulté ( qui est aussi la richesse) de l’analyse. Mais c’est alors le genre de lecture qui ne me comble pas sur l’instant, d’autant que l’atmosphère est assez pesante. Mais qui peut se révéler dans les jours qui viennent une source de réflexion sur le couple, le bonheur, la nécessité de « rompre le cordon » ou de faire son deuil pour permettre aux enfants comme aux parents de vivre pleinement sa vie.

Je suis donc moins convaincue que la Presse ou d’autres lecteurs. Mais vous teouverez facilement des avis plus enthousiastes, notamment celui  des Libraires du Grenier

Hope – Loulou Robert

img_1852Titre : Hope
Auteur : Loulou Robert
Éditeur: Julliard
Nombre de pages : 239
Date de parution : 2017

J’ai découvert Bianca l’an dernier alors qu’elle était internée en hôpital psychiatrique pour anorexie et tentative de suicide.
Ce roman sur le mal être adolescent et le besoin de trouver des épaules secourables en la personne d’un premier amour ( Simon) ou d’un vieux sage mourant ( Jeff) m’avait fortement émue par la sincérité et le naturel de Bianca ( et de son auteure).
Pourtant sceptique sur le potentiel d’une jeune auteure mannequin célèbre et fille de…, je fus agréablement surprise par la sensibilité de Loulou Robert et sa franchise dans ce roman inspiré de sa propre vie. Forte de mes préjugés, je tenais à lire ce second opus pour voir si le style continuerait à me séduire avec la suite des aventures de Bianca à New York.
Indéniablement, l’auteure continue à surprendre par son naturel et sa franchise. Des phrases courtes, simples. Un comportement adolescent qui est toujours un « mystère pour la race adulte« . Mais une perception sensible, une intelligente compréhension des ressorts de cet âge.
 » La prudence, je ne sais pas faire. Le mensonge, si. J’ai grandi avec l’inquiétude de ma mère et le frilosité de mon père.. »
Bianca sait jouer des masques. Elle se plait à jouer des rôles afin que personne ne puisse réellement l’atteindre. Mais elle sait aussi voir les pièges de ce monde du mannequinat qui peut tuer à force de faire miroiter des « peut-être ».
Ce que j’aime chez Bianca, c’est ce regard bienveillant sur les gens. Elle détecte toujours la part d’humanité, de beau, de talent même chez ceux qui l’agressent ( comme Vicky, cette mannequin ambitieuse) et notamment chez les vieux, sûrement par respect pour Jeff.
Bianca est une éponge qui se gorge de la vie des autres.
 » J’ai toujours observé le monde comme si je n’en faisais pas partie. Je regardais ces vies marcher vers un but précis. Je n’étais pas comme eux. Je n’avais pas de but. Pas d’envie. Pas de passion. Une coquille remplie de la vie des autres mais vidée de la sienne. »
Plus mature que l’on pourrait le penser quand elle se perd dans des situations douteuses, Bianca repère rapidement les bons et les mauvais côtés de New York. Et c’est un plaisir de découvrir cette ville avec son regard. Ville de cafards, de câlins, des crachats chinois, du « Mexican coke« , des » trash picker« , des manucures à dix dollars, des vrais concerts de jazz,  » des musiciens qui ont des gueules aussi cassées que leur voix »
 » C’est aussi la chanson New York de Jay Z et ce qu’on ressent quand Alicia Keys monte dans les aigus. »
Même si ce second livre se centre davantage sur Bianca, au détriment des personnages secondaires que j’aurais aimé mieux connaître encore. Bianca est une héroïne attachante au milieu de ses rencontres et de ses fantômes.
Un style bien particulier qui ne plaira pas à tout le monde, une simplicité qui ne tombe pas dans la superficialité parce que l’auteur sait mettre en valeur l’intime de ses personnages.

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Les assassins – R.J. Ellory

elloryTitre : Les assassins
Auteur : R.J. Ellory
Littérature britannique
Titre original : The anniversary man
Traducteur : Clément Baude
Éditeur : Sonatine
Nombre de pages : 572
Date de parution : août 2015

Auteur :
R. J. Ellory est né en 1965 à Birmingham. Après entre autres, Seul le silence, Vendetta, Les Anonymes, Mauvaise étoile ou Papillon de nuit, Les Assassins est son huitième roman publié en France par Sonatine Éditions.

Présentation de l’éditeur :
Le serial killer le plus dangereux de tous les temps est parmi vous mais seule une personne le sait… Sur dix-huit mille assassinats par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et obsédé par les serial killers, celui-ci découvre en effet que ces meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon des procédures rigoureusement identiques jusque dans les moindres détails. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs et leur rend ainsi un funèbre hommage ? En compagnie de Karen Langley, une journaliste du City Herald, et de Ray Irving, détective du NYPD, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier, à l’intelligence aussi fulgurante que morbide et à la virtuosité impressionnante. Bouleversant tous les clichés de rigueur, R. J. Ellory transfigure ici totalement le genre du roman de serial killer, dont on pensait pourtant avoir fait le tour, en lui insufflant un souffle complètement nouveau, comme seuls les très grands écrivains savent le faire. Avec le formidable sens de l’intrigue, des personnages, du suspense et le pouvoir d’émotion qu’on lui connaît, il nous donne ainsi le roman définitif sur le sujet.
Mon avis :
Les tueurs en série font peur mais ils fascinent. Pour les auteurs de romans noirs, c’est un sujet en or avec ces scènes de crime qui suivent une mise en scène répétitive, une signature macabre, ces équipes de police perdues et déprimées face aux morts qui s’accumulent et cette tentative de comprendre pourquoi un homme, si on peut parler d’homme, se sent investi de cette mission de tuer.
 » Un profileur du FBI, un certain John Douglas, expliquait un jour que tous ces gens-là sont mus par une volonté de définir et de perpétuer leur propre mythologie. Ils veulent tous être quelqu’un mais ne le sont pas. Alors ils sont obligés de se faire passer pour quelqu’un afin d’être entendus. »
Mais si le sujet est classique et semble si aisé pour R.J. Ellory, il faut être un maître du roman noir pour ferrer le lecteur, le faire douter et le maintenir sous pression jusqu’aux dernières pages.
Ray Irving, inspecteur de la brigade criminelle, solitaire depuis la mort de sa compagne, est appelé pour le meurtre de Mia Grant, adolescente de quinze ans. Première victime d’une longue série d’assassinats répartis sur les différents commissariats de New York.
Peu soutenu par les grands chefs soucieux des prochaines élections, il trouve de l’aide auprès de John Costello, un homme étrange, enquêteur pour la journaliste Karen Langley.
A 17 ans, John Costello et son amie furent victimes d’un tueur en série, Le marteau de Dieu. Rescapé, il vit mourir sa compagne et subit un fort traumatisme crânien.
Ayant vécu ça lui-même, il ne voit pas les mêmes choses qu’un policier. Sa mémoire phénoménale et ses longues recherches sur les tueurs en série en font un atout précieux pour Ray Irving. Très vite, il comprend que le tueur remet en scène aux mêmes jours mais des années plus tard des crimes commis par le passé. L’ étrangeté de John et cette façon de comprendre ce qui va se passer en font aussi un des premiers suspects.
Très vite un jeu macabre s’instaure entre Le Commémorateur et l’équipe d’enquêteurs. Le tueur distille des messages pour montrer sa supériorité, John donne des pistes à Ray pour comprendre un peu mieux ce monde des tueurs en série.
Suspense, humanité, scènes de crime, police, presse, victimes tout y est pour composer un roman implacable qui va crescendo vers une fin rythmée et pleine de tension.
Et lorsqu’on découvre que tous ces tueurs imités ont réellement existé, ça fait encore plus froid dans le dos.

Retrouvez de nombreuses lectures de cet auteur sur le blog de À l’occasion du mois Ellory.

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Les lance flammes de Rachel Kushner

kushnerTitre : Les lance-flammes
Auteur : Rachel Kushner
Littérature américaine
Titre original : The Flamethrowers
Traducteur : Françoise Smith
Éditeur : Stock
Nombre de pages : 540
Date de parution : 14 janvier 2015

Auteur :
Rachel Kushner est née en 1968 en Oregon. En 2008, elle publie son premier roman, TELEX de Cuba (Cherche Midi), finaliste pour le National Book Award et le Dayton Literary Peace Prize. Le livre est classé parmi les best-sellers du New York Times et remporte le California Book Award. Elle a également bénéficié d’une bourse Guggenheim en 2013.

Présentation de l’éditeur :
Reno a trois passions : la vitesse, la moto et la photographie. Elle débarque à New York en 1977 et s’installe à Soho, haut lieu de la scène artistique, où elle fréquente une tribu dissolue d’artistes rêveurs, narcisses qui la soumettent à une éducation intellectuelle et sentimentale. Reno entame alors une liaison avec l’artiste Sandro Valera, fils d’un grand industriel milanais qu’elle suit en Italie où ils sont bientôt emportés dans le tourbillon de violence des années de plomb.
Un tour de force, un roman électrique au centre duquel Reno, jeune femme « en quête d’expériences », se construit face au miroir déformant de l’art et du mensonge.

Mon avis :
 » Ronnie disait que certaines femmes, ce qu’il y avait d’excessif à leur maquillage, à leurs vêtements moulants, gagnaient à être vues par la fenêtre d’une voiture qui fonçait dans les rues. Mais peut-être qu’en fait, les femmes étaient faites pour passer à toute allure, pour n’être qu’un mouvement flou derrière une vitre. Comme les Lilis. Un flash, puis plus rien. Ce n’était qu’une moto mais ça ressemblait à une manière d’être. »
Âgée d’une vingtaine d’années, cette ancienne championne de ski qui dessinait des traces sur la neige, et que tous appelleront Reno puisqu’elle arrive du Nevada, débarque à New York pour allier ses deux passions que sont l’art et la vitesse. En rencontrant Thurman et Nadine la fofolle, elle plonge dans le milieu artistique et décadent du NewYork des années 70. Très vite, elle s’éprend du meilleur ami de Ronnie, Sandro Valero, sculpteur mais surtout fils de l’industriel italien qui produit les pneus des motos Valera.
Artiste, Sandro a rompu avec sa famille laissant son frère Roberto à la tête des usines italiennes. Il offrira toutefois à Reno le dernier prototype de moto Valera qui lui permettra de dessiner des traces dans les plaines de sel de Bonneville puis d’établir le record de vitesse féminin sur un bolide révolutionnaire.
Avant de partir sur le circuit de Monza, Sandro l’accompagne chez sa mère à Bellagio où elle découvre l’ambiance guindée de la haute société italienne et surtout la cruauté de l’odieuse mère de Sandro.
«  Sandro me servait de protection contre cet univers de luxe, de domestique et de coutumes, m’armait contre lui tout en m’y introduisant. »
L’auteur nous immerge alors dans cette Italie en pleine crise contre le fascisme avec l’action de Brigades rouges et les manifestations de la jeunesse gauchiste. Reno plonge dans cette atmosphère de rébellion des exploités contre les nantis et le luxe des riches rues de Rome.
Les lance-flammes est un roman ambitieux qui nous plonge dans le New York des artistes du milieu des années 70 puis dans l’Italie en pleine effervescence sociale.
Dans les deux cas, Rachel Kushner décrit parfaitement l’ambiance des milieux avec la rencontre de plusieurs personnages et la description de nombreuses scènes vivantes et perspicaces. Je peux même regretter que parfois, son ambition aille trop loin au risque de perdre le lecteur. Car elle souhaite nous donner tout ce qui constitue chacun. Du passé des Valera, de l’exploitation des indiens pour la récolte du latex, de l’histoire du gang des rues Motherfuckers des années 60, des records de vitesse, de l’insertion des mires sur les bandes cinématographiques, Rachel Kushner nous instruit. Certes, elle aurait pu se concentrer sur le roman d’initiation de cette jeune femme qui découvre l’art, la politique, l’amour et les différences sociales mais nous aurions pu alors lui reprocher le déjà lu.
Ce roman a sa patte grâce à son ambition et le charme de ses personnages avec une Reno adorablement jeune, n’osant dévoiler ni ses passions ni sa jalousie, un Sandro au charisme et charme indéniable, un Ronnie détaché et fragile, une Giddle paumée et extravagante et tant d’autres figures si bien campées.
Un roman ambitieux avec quelques longueurs mais qui mérite le détour.

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Changer la vie – Antoine Audouard

audouardTitre : Changer la vie
Auteur : Antoine Audouard
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 208
Date de parution : avril 2015

Auteur :
Antoine Audouard, né en 1956, est un écrivain et éditeur français. Né dans une famille littéraire, il a été directeur général des Editions Robert Laffont. Depuis 2004, il partage sa vie entre Paris et New York.

Présentation de l’éditeur :
1981. Les murs de Paris se couvrent des affiches du candidat Mitterrand, avec le slogan socialiste «changer la vie». André et son ami François ont une vingtaine d’années. Par tempérament, fidélité ou rébellion, ils participent à la grande fête du 10 mai.
L’occasion leur étant donnée de passer l’été à New York, les deux amis s’y précipitent, persuadés de croiser Bob Dylan dans le Village ou de rencontrer Lou Reed au Max’s Kansas City. Tandis que François s’éclipse dans les recoins de la scène gay new-yorkaise, André, guidé par la jolie Giulia et par son employeur, Logan, gauchiste devenu patron d’une maison d’édition marginale, découvre le rythme frénétique de la «ville qui ne dort jamais»…
Roman d’apprentissage, roman des illusions, des déceptions, Changer la vie est porté par une allégresse d’écriture nourrie par sa bande-son : un medley de titres rock impeccablement enchaînés, qui communique au lecteur son énergie et son goût de vivre.

Mon avis :
 » La politique, c’est comme l’amour, il y a des cas où c’est encore meilleur si on a attendu! »
Voici à peu près le seul lien entre ces années socialistes, depuis l’avènement de Mitterrand et la période d’entrée dans la vie adulte de notre narrateur André, qui avait vingt et un ans en 1981.
Que reste-t-il vingt ans après quand Dédé retrouve son copain d’antan, François, ce  » grand type, élancé, athlétique et gracieux » devenu « cette molle masse rougeoyante et transpirante » ?
Un présent médiocre fait de compromis, de souvenirs pour ces jeunes gens qui rêvaient de « changer la vie. ».
Pendant la première moitié du livre qui m’a paru décousue et superficielle, Dédé raconte ses débuts difficiles sur le sentier amoureux et sur ses débuts littéraires en tant que nègre de toutes sortes de personnages farfelus mais peu intéressants. Jusqu’au jour, où le père de François demande aux deux jeunes gens de divertir la femme d’un riche ami américain Frank Baylock. Pam ne résiste pas au charme des jeunes français et propose à François de venir goûter au charme du capitalisme financier dans le bureau d’investissement de son mari et à André de faire un stage dans la revue littéraire et maison d’édition financées par la fondation Baylock.
Cette seconde partie aux États-Unis devient plus intéressante en évitant l’éparpillement. André a pour mission de recueillir les souvenirs de Jenny Schwartz, une ancienne espionne auprès des nazis, résistante dans le réseau de Germaine Tillion. Cette vieille dame adorable préfère souvent écouter les détails de la vie amoureuse d’André, qui tient peut-être ici son meilleur roman de nègre avec un futur best-seller. La vie américaine prend tout son charme sous la plume d’un connaisseur (sauf pour le base-ball que je ne comprendrai jamais) avec, en plus une bande son et des phrases de films ou de poèmes bien intégrées.
«  Notre seul vrai choix, c’était de chercher sur quelle bande son nos rêves se briseront un à un. »
Dans un style moderne qui insère tout aussi facilement le parler familier de François, des phrases en anglais ou des citations de poètes, Antoine Audouard écrit un roman d’initiation où les illusions de cette jeunesse des années 80 sombrent finalement dans une vie classique d’adulte.
 » Nous entrons dans la vie décidés à ne rien négocier qui soit en dessous de nos rêves, jusqu’au jour où nous découvrons, avec rage ou amertume, ou un soulagement lâche (et sans doute un peu de tout ça), qu’il existe un espace presque infini pour les compromis pourris. »
Je remercie Babelio et les Éditions Gallimard pour l’attribution de ce livre lors d’une Masse Critique spéciale et Lydie et ses livres qui m’a accompagnée pour cette lecture.

 

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Emma à New York – Claire et Etienne Frossard

emmaTitre : Emma à New York
Auteurs : Claire et Etienne Frossard
Éditeur : Belin Jeunesse
Nombre de pages : 56
Date de parution : février 2013

Auteurs :
Claire Frossard est diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg (Atelier Claude Lapointe). Depuis, elle consacre son temps à imaginer petites et grandes histoires dans son atelier à Strasbourg pour la presse et l’édition jeunesse (Mango, Fleurus, Auzou, Nathan).
Les photographies sont signées Etienne Frossard.

Présentation de l’éditeur :Emma et ses parents coulent des jours heureux à New York, au cœur de Central Park. Mais un matin, Emma prend une grande décision : elle veut partir à l’aventure. Elle veut voir Paris, la tour Eiffel…
Un long voyage, qui commence dans les rues de New York : de Broadway Avenue au quartier de Little Italy, du Flatiron building au pont de Brooklyn, Emma nous entraîne dans une visite enchantée de Big Apple.

Mon avis :
Claire et Etienne Frossard se sont alliés pour proposer un livre qui associe le classique de la bande dessinée pour enfants (à partir de 5 ans) et le modernisme de la photographie.
Les petits seront séduits par le petit oiseau, Emma qui attire par son côté frondeur. Les rêves de liberté et de découverte l’emmènent dans les quartiers de New York et au-delà de l’océan. Sa curiosité enfantine lui permet de flâner et de rencontrer d’autres personnages. C’est un petit oiseau qui par ses vêtements, ses accessoires s’identifie parfaitement au jeune lecteur.

J’ai particulièrement aimé l’intégration de photographies aux pages dessinées. De très beaux clichés de New York dynamisent et authentifient les quartiers de la ville. L’enfant sera surpris par cette réalité et pourra s’amuser à chercher les petits personnages qui jalonnent ces pages.

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L’histoire est simple et classique mais elle possède les atouts pour intéresser les petits.

Je remercie babelio pour cette jolie découverte.

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Tabloid City – Pete Hamill

hamillTitre : Tabloid city
Auteur : Pete Hamill
Littérature américaine
Traducteur : Daniel Roche
Editeur : Balland
Nombre de pages : 416
Date de parution : novembre 2012

Auteur :
Pete Hamill (né le 24 Juin, 1935) est un journaliste américain, romancier, essayiste. Hamill a été chroniqueur et rédacteur en chef pour leNew York Post et le New York Daily News.

Présentation de l’éditeur :
Sam Briscoe, septuagénaire élégant aux faux airs d’inspecteur Harry, est le rédacteur en chef du New York World, l’un des tabloïds mythiques de la Grosse Pomme qui vit ses dernières heures : le compte à rebours est enclenché et dans très peu de temps, la version papier va disparaître au profit d’une version online.
La fin d’une époque, au grand dam de Sam. Mais cette nuit-là, alors qu’il boucle son ultime édition, un fait divers d’une violence inouïe va bouleverser son chemin de fer. Et sa vie. Cynthia Harding, une mondaine très introduite dans les milieux de l’art et de la culture, est sauvagement assassinée. Il en faut beaucoup pour déstabiliser un vieux briscard comme Sam. Seulement, Cynthia, c’est la seule femme qu’il ait jamais aimée… Tandis qu’il traverse cette nuit et cette journée pas comme les autres, on suit des parcours croisés, lancés dans une course folle à travers New York, ville-héroïne du roman, peinte comme une sorte de Gotham City fantomatique.

Mon avis :
Tout commence à minuit dans la salle de rédaction du New York World. Sam Briscoe, 71 ans, rédacteur en chef prépare la Une avec Matt Logan, la cinquantaine. A côté, Hélène Loomis, rewriter, 65 ans, écrit entre deux pauses cigarette. L’ambiance est survoltée, d’autant plus qu’il faut se défoncer pour faire survivre la Presse papier qui connaît comme de nombreuses entreprises américaines des difficultés économiques. Sauf que nos « vieux » professionnels nous la jouent un peu façon « anciens combattants ».
Heureusement, que la fièvre de l’écriture tient encore de jeunes stagiaires comme Fonseca.
Après cette tendance chagrine, l’auteur enchaîne régulièrement chaque récit avec heure précise, nom du personnage concerné et lieu. Tous les personnages sont plus ou moins liés et caractérisent les différentes populations américaines. On y trouve ainsi le soldat mutilé revenu d’Irak, le trader véreux, l’islamiste
terroriste, le flic, les émigrés, les jeunes à la recherche d’emploi, l’artiste peintre.
Le livre se termine le même jour à 21h16. Triste journée pour Sam Briscoe qui perd son amie Cynthia et son métier. Je ne sais pas encore ce qui lui cause le plus de peine.

Le choix du style journalistique noie un peu les choses essentielles comme le terrorisme, les conséquences des guerres américaines, la crise financière. Cela donne une vue extérieure qui ne facilite pas l’attachement aux personnages et ne suscite aucune émotion. Certes, les nombreux personnages se retrouvent plus ou moins sur le lieu final mais certains n’apportent que peu de plus-value à l’histoire.

La préface de François Forestier annonce un auteur exceptionnel. Peut-être Pete Hamill a l’art de donner au style journalistique une longueur inattendue, mais personnellement je n’ai pas été passionnée par cette forme de restitution.

J’ai lu ce roman policier dans le cadre du elle.

C’est d’ailleurs la dernière lecture pour ce Prix. Les résultats seront annoncés fin mai.

polars