Rendez-vous à Crawfish Creek – Nickolas Butler

ButlerTitre : Rendez-vous à Crawfish Creek
Auteur : Nickolas Butler
Littérature américaine
Titre original : Beneath the Bonfire
Traducteur : Mireille Vignol
Éditeur : Autrement
Nombre de pages : 315
Date de parution : 7 octobre 2015

Auteur :
Nickolas Butler est né en Pennsylvanie en 1979. Il est diplômé de l’Université du Wisconsin et de l’Atelier des écrivains de l’Iowa. Retour à Little Wing, son premier roman, a été récompensé par le Prix Page/ America 2014. Il a été traduit en dix langues et est actuellement en cours d’adaptation au cinéma.
Présentation de l’éditeur :
Littératures – Nouvelles
« Ils évoluaient ensemble dans l’obscurité glaciale, si proches que Kat sentait le corps de Pieter enveloppé de caoutchouc, ses palmes dans l’eau froide et noire. »
Ils se sont rencontrés dans un parc d’attractions désert : Kat est abonnée aux échecs amoureux, Pieter vient de rentrer d’Afghanistan. Coup de foudre. Kat se laisse convaincre d’accompagner Pieter à un bain de minuit dans le lac, le 1er janvier, sous un mètre de glace. Peut-elle lui faire confiance ?
En dix nouvelles, qui sont autant de balades le long des routes de l’Amérique profonde, Nickolas Butler déplace les frontières entre bien et mal, et confirme son talent pour croquer la meilleure part des hommes.

Mon avis :
Il m’a fallu arriver à ce rendez-vous de Crawfish Creek ( quatrième nouvelle) pour percevoir la fragilité des personnages derrière ces personnages rudes du Midwest. Hommes ou femmes avec le diable au corps, amitiés bagarreuses entre bières et marijuana, autant de mauvaises passions qui déséquilibrent des vies familiales.
Puis les duos s’enrichissent avec des personnages complexes, rudes mais fragiles comme Aida, cette femme policière retraitée qui commence à percevoir les signes d’Alzheimer et mettra un point d’honneur à venger Bethany, femme battue par un violent organisateur de combat de chiens.
Sous le feu de joie, l’auteur nous fait frissonner avec un doute sur la confiance que peut avoir Kat envers Pieter, ancien d’Afghanistan  » fougueux et décomplexé, fort et inventif, têtu et hyper généreux. » lors d’une plongée sous l’eau glacée.
Puis c’est le coup de cœur avec Brut aromatique, un huis clos qui met en face à face un vieil homme, écologiste condamné par le cancer et un PDG d’une société pétrolière à la suite d’une marée noire. L’auteur monte alors d’un cran dans l’introspection et dans la dualité des caractères.
«  Le vieil homme ne s’était pas préparé ni à ses propres défaillances ni au courage forcené de ce capitaine d’industrie. »
Et l’on apprécie le chant sinistre et beau des huards…
Après deux courtes nouvelles illustrant la distance profonde entre un homme et une femme mariés depuis des années et la force de l’amitié au-delà des différences de fortune, je fonds pour Bruce, célibataire tranquille et travailleur, embarqué dans un amour profond pour Sunny et ses deux filles.  » Etre amoureux d’elle revenait à un combat à mains nus » mais Bruce au grand cœur est prêt à tout accepter.
«  Quand on tombe sur quelqu’un comme Sunny, on lui pardonne d’être folle ou allez savoir quoi, parce que si il n’y avait pas de femmes comme elle la vie redeviendrait ce qu’elle était avant de l’avoir connue. »
Et l’on finit dans les pommes avec Lyle, marié depuis trente ans qui se retrouve sans travail, perdant ainsi son importance jusqu’à ce qu’un plus vieil homme encore lui fasse prendre conscience du réel trésor de sa vie.

La force de la nouvelle chez Nickolas Butler ne réside pas dans l’art de la chute, ni même le rythme vibrant des courts récits ( même si certaines sont pressantes) mais bien dans l’émotion de ces tranches de vie d’hommes costauds aux mains rugueuses, dans ces instants de vie où la trajectoire dérape.
Et avec Brut aromatique ou Lenteur ferroviaire ( mes deux nouvelles préférées), l’émotion est bel et bien une force de l’écriture de ce jeune auteur talentueux.

RL2015 bac2015

Retour à Little Wing – Nickolas Butler

butlerTitre : Retour à Little Wing
Auteur : Nickolas Butler
Littérature américaine
Traducteur : Mireille Vignol
Éditeur : Autrement
Nombre de pages : 445
Date de parution : 20 août 2014

Auteur :
NICKOLAS BUTLER est né à Allentown, en Pennsylvanie, et a grandi à Eau Claire, Wisconsin. Ses écrits ont paru dans de nombreuses revues. Diplômé de l’Université du Wisconsin et de l’atelier de l’écrivain Iowa, il vit actuellement dans le Wisconsin avec sa femme et leurs deux enfants.

Présentation de l’éditeur :
«Ces hommes qui sont tous nés dans le même hôpital, qui ont grandi ensemble, fréquenté les mêmes filles, respiré le même air. Ils ont développé une langue à eux, comme des bêtes sauvages
Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l’âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d’autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo. Une chose les unit encore : l’attachement indéfectible à leur  ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd’hui, l’heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c’est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute…
Nickolas Butler signe un premier roman singulier, subtil et tendre, récit d’une magnifique amitié et véritable chant d’amour au Midwest américain.

Mon avis :
Le bandeau en couverture du livre est assez représentatif : des inséparables reliés sur le même coeur de Little Wing, petite bourgade du Wisconsin.
H L K R B, les initiales des cinq narrateurs de ce roman.
Hank est le « mec bien », il a repris et agrandi la ferme de ses parents, des gens simples sans amis. Beaucoup de travail, peu d’argent mais le réconfort d’une belle famille.
Lee est devenu une rock star, célèbre, riche et bientôt en couple avec Chloé, une actrice. Il voyage dans le monde entier mais a besoin de se régénérer à Little Wing auprès de ses meilleurs amis.
Kip a fait fortune comme trader à Chicago mais il revient s’installer au pays pour réhabiliter le complexe désaffecté avec le silo, haut lieu de leur jeunesse. Il se marie avec Felicia, une superbe jeune femme de Chicago.
Ronny est l’orphelin. Champion de rodéos et alcoolique, il a dû arrêter ce métier à la suite d’une hémorragie cérébrale. Lee a payé tous ses frais médicaux et s’occupe dorénavant de lui.
Beth était la fille de ce groupe d’étudiants. Ils en étaient plus ou moins amoureux mais elle a épousé Hank avec lequel elle a désormais deux enfants.
Little Wing est vraiment le coeur de cette histoire.  » Cette ville exerce une espèce de gravité insensée. »
Sortis de l’enfance, les quatre hommes ont besoin de cette familiarité, de cette entente, de cette environnement.
 » C’est ici que j’entends tout : le monde qui palpite, le silence qui résonne comme un accord joué il y a une éternité, la musique dans les trembles, les sapins, les chênes et même les champs de maïs desséchés. »
On y sent à la fois la quiétude en proximité de la nature mais aussi une chaleur des relations au bar VFW, à la fabrique ou lors des mariages.
Les femmes comme Beth, Felicia ou Lucy ( une stripteaseuse qui épousera Ronny), un peu isolées, pourtant très différentes deviennent pourtant des amies.

 » Comment nos chemins ont-ils divergé en restant étroitement liés? »

Les amitiés de jeunesse peuvent-elles résister à l’éloignement de certains, aux changements de comportement qu’obligent parfois les situations professionnelles, aux mariages des uns et des autres.
Pour rester heureux,  » le plus sûr, c’est de devenir une île. De transformer sa maison en château fort contre toutes les ordures et les laideurs du monde. »
Mais dans ce cas, qu’en est-il de l’amitié ?

Nickolas Butler possède un style fluide qui donne à cette histoire d’amitié une grande simplicité. Chaque personnage nous dévoile ses intimes pensées, sa fragilité devenant ainsi des êtres attachants. Je me suis sentie bien dans cette histoire mais finalement le fond me paraît un peu creux.

«  Pour moi, c’est ça, l’Amérique : des pauvres gens qui jouent de la musique, partagent un repas et dansent, alors que leur vie entière a sombré dans le désespoir et dans une détresse telle qu’on ne penserait jamais qu’elle tolère la musique, la nourriture ou l’énergie de danser. On peut bien dire que je me trompe, que nous sommes un peuple puritain, évangélique et égoïste, mais je n’y crois pas. Je refuse d’y croire. »

J’ai lu ce roman dans le cadre  MatchPMet je mets la note de 14/20.

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