Un sac – Solène Bakowski

bakowskyTitre : Un sac
Auteur : Solène Bakowski
Éditeur : Auto-édition
Nombre de pages : 300
Date de parution : 2014

Auteur :
Solène Bakowski est née en 1981. Elle est actuellement enseignante dans la région parisienne

Présentation de l’éditeur :
En pleine nuit, une femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans ses bras frêles qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’abominable, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil décide de prendre en charge, en secret, à l’insu du reste du monde, l’éducation de la petite Anna-Marie, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, elle n »imagine pas encore le monstre qu’elle abrite sous son toit et que, lentement, elle fabrique. La petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, tue, un peu, beaucoup. Elle sacrifie, règle ses comptes, simplement.
Mais que fait-elle là, cette jeune femme agenouillée en plein Paris, au beau milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qui semble avoir tant d’importance ?
Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle.

Mon avis :
Solène Bakowski m’avait emmenée en voyage avec son précédent roman, Parfois on tombe. Partir loin pour se retrouver, ce voyage m’avait réservé de beaux paysages, de belles rencontres et une émotion touchante.
Lorsque l’auteur m’a proposé son nouveau roman, Un sac, j’ai tout de suite accepté de le lire. Nous sommes ici dans un autre univers, celui d’une jeune fille marginale.
Le roman commence par une situation énigmatique. Une femme se retrouve en pleine nuit devant le Panthéon avec un sac qui laisse planer le mystère. Anna-Marie Caravelle va peu à peu nous éclairer en racontant son histoire.
Mise au monde par une mère devenue atone suite au suicide de son mari, recueillie par une vieille voisine en mal d’enfants, enfermée jusqu’à sa dixième année, Anna-Maria, jeune fille rousse avec une tâche de naissance sur la joue démarre très mal dans la vie. L’accusation de sa mère qu’elle rencontre dans un hôpital psychiatrique finit de sceller son destin.
 » J’ai dix ans et , dans cette chambre claire aux relents d’urine sèche, je suis jugée pour crime contre l’humanité. Je suis coupable d’être née. »
Lorsqu’elle se retrouve dans la rue, cette « gamine cassée » rencontre Camille, un jeune garçon homosexuel devenu SDF après le rejet de sa famille bourgeoise. Même si Anna-Maria doit mendier, vendre son corps pour subsister, elle est enfin heureuse avec ce bel et jeune artiste et son jeune husky. Jusqu’au jour où Max, ce bellâtre ténébreux entre au milieu de leur couple et suscite envie et jalousie.
Avec ce récit, je me suis retrouvée face au dilemme ressenti lors de la lecture du dernier roman de Grégoire Delacourt, On ne voyait que le bonheur. Associer certains actes démesurés avec un ton gentil voire un trait de désinvolture ou d’humour sort de mon entendement. Je comprends que l’environnement, l’éducation, la folie puissent amener des comportements agressifs mais dans ce cas j’ai besoin de ressentir la perversion de l’âme, de trouver en écho la violence dans le style et les propos.
 » Tes pulsions, tes démons, tes problèmes, y en a marre. Fais-toi soigner, merde! On ne règle pas ses soucis à coup de canif dans le bide des autres. »
Ceci est par contre une perception tout à fait personnelle car le roman de Solène Bakowski ( tout comme celui de Grégoire Delacourt) est très apprécié des lecteurs.
Je dois dire d’ailleurs que l’auteur décrit parfaitement les causes du comportement d’ Anna-Maria, déroule son histoire avec suspense et progression, nous réserve une chute digne d’une excellente nouvelliste.
J’ai apprécié les différentes facettes de la maternité avec l’indifférence totale puis la haine de la mère d’Anna-Marie, l’amour exclusif de la voisine craignant la solitude, le rejet des parents de Camille pour terminer sur l’amour viscéral d’une mère pour son enfant.
Si j’ai préféré l’univers de Parfois on tombe, ce nouveau roman est un coup de cœur pour de nombreux lecteurs comme Bookseverywhere, Yumiko, Littérature et français, Envies de livres.

Je remercie Solène Bakowski pour cette lecture.

bac2015

Vernon Subutex 1 – Virginie Despentes

despentesTitre : Vernon Subutex 1
Auteur : Virginie Despentes
Editeur : Grasset
Nombre de pages : 400
Date de parution : 7 janvier 2015

Auteur :
Virginie Despentes est l’auteur, notamment, de Baise-moi (1993, adapté au cinéma et coréalisé avec Coralie Trinh Thi), Les jolies choses (1998), Teen Spirit (2002), Bye bye Blondie (2004, adapté au cinéma par l’auteur), King Kong Théorie (2006), Apocalypse bébé (2010, prix Renaudot).

Présentation de l’éditeur :
QUI EST VERNON SUBUTEX ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde disparu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

 LE RETOUR DE VIRGINIE DESPENTES

Mon avis :
Virginie Despentes et Bret Easton Ellis m’ont donné des impressions de lecture similaires.
Lorsque j’ai lu Apocalypse bébé et Lunar park, j’ai découvert des auteurs que je ne voulais plus lâcher. Avec Suites impériales et Vernon Subutex 1 dans lesquels on retrouve les auteurs dans leur version habituelle plus « trash », j’adhère beaucoup moins. Si j’apprécie les rythmes alertes et les tons modernes, je me détache facilement dès que l’univers devient trop provocateur.
Lorsque les auteurs nous plongent dans le monde dénaturé du showbiz où drogue, sexe et alcool sont la norme, j’ai beaucoup de mal à trouver le rêve et l’évasion que je cherche dans la littérature.
Certes, Virginie Despentes peint une société urbaine actuelle avec beaucoup de couleurs et surtout avec un regard pertinent sur ses dérives. Réaliste, peut-être, mais tellement sombre avec des personnages d’extrême droite, des actrices de films X, des musiciens drogués et largués, des transsexuels, des bourgeoises hystériques, des lesbiennes, un trader omnipotent. Si bien que Vernon, cet ancien disquaire de cinquante ans, expulsé de chez lui pour loyers impayés depuis la mort de son copain chanteur, Alex Bleach fait figure de  » mec à la coule » très attachant.
Dans ce premier tome, l’intrigue est sous-jacente. Vernon, après les morts successives des membres d’un ancien groupe de rock, détient les dernières confessions du chanteur Alex Bleach  » insolent, beau, talentueux, enragé... » et cela semble faire trembler certaines personnes.
Mais ici, les choses se mettent simplement en place avec un nouveau personnage à chaque chapitre ou presque. Tous autant névrosés les uns que les autres, ma patience lâche.
Bien évidemment, j’aime le regard de l’auteur sur ce monde moderne. Elle sait bousculer le lecteur et le mettre face aux injustices de notre société, choisissant souvent la provocation pour bien insister sur le phénomène. Les allusions sont fines et percutantes.
J’aime aussi quand elle se montre plus humaine, avec des moments intenses comme les premières nuits de SDF, la souffrance d’une mère pour son fils aîné mort d’overdose, la peine des maîtres suite à la disparition de leur chien.
Alors, bien sûr, le style cru et violent et l’environnement provocateur sont nécessaires pour illuminer ces éclairs de lucidité sur notre monde moderne et ces tremblements d’humanité, mais franchement je ne me suis pas sentie bien dans cet univers.

Pas certaine de lire les autres tomes.

N’hésitez pas à lire des avis beaucoup plus positifs chez Clara, Alex parce que mon avis ne doit pas vous faire passer à côté de ce roman.

Je remercie les Editions Grasset et Babelio pour l’attribution de ce livre dans le cadre du dernier Masse critique.

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