Bilan du challenge Tour du Monde de l’été

Cet été, faute de pouvoir traverser réellement les frontières, j’ai suivi Lisa dans son #TourDuMondeDuPingouin.

L’objectif du challenge était de lire 9 romans de littérature  étrangère entre le 21 juin et le 21 septembre 2020.

J’avais prévu un itinéraire à partir de livres de ma PAL.

Puis, en secours, un itinéraire parmi les lives de la rentrée littéraire.

Quand on part sur les chemins, surtout en temps de crise sanitaire, il faut savoir s’adapter. Rester plus longtemps dans un pays qui nous plaît ou nous retient en quarantaine.

Finalement, j’ai bien lu mes neuf romans mais en panachant les itinéraires. Je ne suis pas allée en Inde ni en Russie mais j’ai osé la Chine. Je suis restée un peu plus longtemps en Italie et aux Etats-Unis pour profiter du mois américain. La lecture est vraiment un beau voyage.  Même si je ne suis plus vraiment dans les règles du challenge car il fallait neuf pays différents, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir tous ces romans.

           

 

Des mois et des années à l’étranger

 » Tandis que mes doigts effleuraient sans but les tranches de mes innombrables livres, ouvrant et fermant au hasard ces petits univers clos et infinis qui m’ont tant nourri« , de nouvelles destinations me sont apparues et j’en oublie ma bonne résolution de limiter mes participations aux challenges. Cette très belle citation de Hafid Aggoune me donne faim  de nouveaux espaces et m’incite à suivre Titine et Eimelle  dans leur challenge respectif.

Ayear

Vous connaissez les mois anglais de Titine, Lou et Cryssilda…Si un mois ne suffit pas à épuiser les romans anglais de votre PAL, suivez Titine pour a Year in England. le groupe Facebook est déjà opérationnel.
 » Même principe que pour le mois anglais, vous pouvez parler de littérature, de cinéma, de séries, de cuisine, de voyage, etc… La seule condition est que ce soit anglais ou que ça se déroule en Angleterre ! Ce challenge démarre le 1er juillet 2015, un logo est en cours de conception , et il s’arrêtera le 31 mai 2016 pour laisser la place en juin au mois anglais qui sera toujours piloté par Lou et Cryssilda. »

 

moisaméricain

En septembre, Titine propose à nouveau Le mois américain, un rendez-vous qui reviendra désormais chaque année en septembre.

 

moisitalien

Octobre sera le mois italien avec Eimelle
 » Un principe on ne peut plus simple, tous les articles en rapport avec l’Italie seront les bienvenus au fil du mois, lectures, articles touristiques, cinématographiques, culinaires, j’en passe et des meilleurs! »

Challenge Vietnam et Mois américain, les bilans

Vietnam

Deux livres lus dans le cadre du challenge Vietnam organisé par La coccinelle, La culture se partage.

1 – Les collines d’eucalyptus de Duong Thu Huong
2 – Voyageur malgré lui de Minh Tran Huy

Il me reste quelques livres dans ma PAL pour une prochaine édition.

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Ce mois de septembre ne fut pas très américain pour moi. Je suis d’ailleurs en train de me rendre compte que je lis beaucoup d’auteurs français en ce moment. J’ai tout de même mis l’Amérique à l’honneur avec :

le superbe roman de Siri Hustvedt, Un monde flamboyant.

Merci à Titine pour ce mois américain. retrouvez sur son blog de bonnes idées  avec toutes les lectures des participants.

Challenge « Cap au Nord »

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Voici la nouvelle version du challenge auquel j’ai participé l’an dernier, Littératures nordiques. Comme Myiuki élargit à certains pays froids et qu’il faut bien renouveler les motivations, ce sera pour cette année ‘Cap au Nord’.

Le principe est simple : lire autant de livres que possible dont l’auteur est originaire d’un des pays suivants …

–    Norvège
–    Suède
–    Finlande
–    Islande
–    Danemark

Petit bonus pour cette deuxième édition, le challenge est étendu  aux nationalités d’ autres auteurs venus du froid et notamment de :

–    Russie
–    Canada
–    Pays Baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie)
–    Groenland
–     Alaska (exception acceptée même si c’est une région et non un pays)

Pas de genre pré-défini, tout est accepté : littérature, bande dessinée, manga, albums pour enfants, etc. …

Je me lance dans la catégorie ‘ Petit ourson’, parce qu’il est trop mignon :

imgoursonpolairealaskam

Objectif : 3 à 5 livres
La durée : 1 an.
Du 1er mai 2013 au 1er mai 2014.

Si vous souhaitez vous inscrire, rendez-vous ici, ou bien chez Miyukki.

Froid mortel – Johan Theorin

theorinTitre : Froid mortel
Auteur : Johan Theorin
Traducteur : Rémi Cassaigne
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 448
Date de parution : février 2013

Auteur :
Né en 1963 à Göteborg, ancien journaliste, Johan Theorin est l’auteur de trois thrillers parus chez Albin Michel – L’heure trouble (2009), L’Echo des morts (2010) et Le Sang des pierres (2011) – tous Nº 1 sur la liste des best-sellers en Suède.
Prix du meilleur roman policier suédois pour L’Heure trouble, il a aussi reçu le prestigieux prix anglais International Dagger Award pour L’Echo des morts.

Présentation de l’éditeur :

Il y a pire qu’être enfermé dans la Clinique…
… ne pas pouvoir y pénétrer.

Une école. Un centre de détention psychiatrique. Entre les deux, un couloir souterrain… que les enfants franchissent régulièrement pour rendre visite à leur parent interné. Jan Hauger, qui a réussi à se faire embaucher au sein de ce dispositif expérimental étroitement surveillé, ne rate pas une occasion d’être leur accompagnateur. Mais que cherche-t-il ? Et que se passe-t-il réellement dans les sous-sols obscurs et labyrinthiques de la clinique ? Irrésistiblement attiré par des criminels dangereux et des malades incurables, ne risque-t-il pas de passer définitivement de l’autre côté ?
Virtuose des climats troubles et envoûtants, Johan Theorin remonte le fil d’un passé lourd de secrets. Un thriller sombre, machiavélique et implacable.

Mon avis :
Froid mortel est avant tout un thriller psychologique puisque l’auteur base le suspense sur l’ambiguïté des personnages et surtout sur celle de Jan, professeur de maternelle.

Jan vient de se faire embaucher à la maternelle qui jouxte le centre de détention psychiatrique Sainte Barbe, plus communément appelée  » Sainte-Barge » car on y « traite » de dangereux malades complètement isolés du monde extérieur, comme Ivan Rössel un célèbre tueur en série. Pour adoucir ce traitement, quelques pensionnaires peuvent parler à leurs enfants qui se trouvent dans cette maternelle expérimentale.

Car le fil conducteur principal du roman est l’enfance. Comprendre comment elle peut perturber une vie, comment elle peut être traumatisante, comment chacun doit la protéger.

Lors de son entretien d’embauche, il est évident que Jan souhaite cacher un point crucial de son passé. Mais lorsqu’il est au contact des enfants, il semble les aimer et savoir se faire aimer d’eux.

Ses zones d’ombre, il les transcrit dans une bande dessinée qu’il écrit depuis plusieurs années, Le Farouche et la bande des quatre. En alternant les chapitres sur son nouveau travail et sur son passé, Jan va dévoiler ce que représente ces personnages de bande dessinée et qui est la mystérieuse Rami qu’il souhaite contacter dans l’antre si bien fermée de Sainte-Barge.

Pour mieux tisser l’intrigue, l’auteur densifie aussi le mystère autour des autres personnages. Ses collègues, Lilian et Hanna, cachent des secrets, l’une sous l’alcool et l’autre sous une froideur énigmatique. Leurs objectifs secrets vont s’allier avec la complicité de surveillants de l’hôpital.

« Si on part chercher quelqu’un qui s’est perdu dans la forêt, on peut très bien s’y perdre à son tour. »

Qui se perdra dans les sous-sols de Sainte-Barge?

L’auteur brouille les pistes et nous réserve un dénouement inattendu à la hauteur du mystère de ses personnages. Il me semble toutefois que la fin souffre d’un raccourci un peu rapide avec un Ivan Rössel peu crédible.

Je n’ai pas lu les précédents romans de Johan Théorin qui apparemment étaient « des histoires policières plus complexes ». L’auteur tente ici une approche plus psychologique qui est parvenue à capter mon intérêt, sans toutefois me faire frissonner. Mais cela correspond davantage à ce que je recherche dans un roman policier.

Je remercie La librairie Chapitre d’Orléans qui m’a prêté ce livre dans le cadre du Club de Lecture.

polars


Yellow birds – Kevin Powers

powersTitre : Yellow birds
Auteur : Kevin Powers
Éditeur : Stock
Littérature américaine
Traducteur : Emmanuelle et Philippe Aronson
Nombre de pages : 250
Date de parution : février 2013

Auteur :
Kevin Powers est né à Richmond, en Virginie, États-Unis. Diplômé en littérature, il a eu une bourse en poésie auprès de l’Université d’Austin, au Texas. Il s’est enrôlé dans l’armée des États-Unis et a combattu en Irak en 2004 et 2005.

Présentation de l’éditeur :
Bartle, 21 ans, est soldat en Irak, à Al Tafar. Depuis l’entraînement, lui et Murph, 18 ans, sont inséparables. Bartle a fait la promesse de le ramener vivant au pays. Une promesse qu’il ne pourra pas tenir… Murphy mourra sous ses yeux et hantera ses rêves de soldat et, plus tard, de vétéran. 

Yellow birds nous plonge au coeur des batailles où se déroule la vie du régiment conduit par le sergent Sterling. On découvre alors les dangers auxquels les soldats sont exposés quotidiennement. Et le retour impossible à la vie civile. 
Kevin Powers livre un roman fascinant sur l’absurdité de la guerre, avec une force aussi réaliste que poétique.

Mon avis :
John Bartle s’est engagé parce qu’il voulait être un homme. Après les combats à Al Tafar en Irak, il n’en sera plus jamais un. Même si les américains sont fiers de lui, il n’éprouve que de la honte. Ils sont reconnaissants alors qu’on devrait le détester.
Pour son premier roman, Kevin Powers décrit la guerre dans toute son horreur d’autant plus qu’elle est vue dans les yeux de deux amis de circonstance, John et Murph. A peine 21 ans, John promet à la mère de Murph de veiller sur son fils âgé de 18 ans.
Sous les ordres du sergent Sterling, déjà bien aguerri aux combats, les deux jeunes recrues tombent brutalement dans l’horreur de la guerre.
L’auteur alterne la mémoire de John qui, petit à petit nous fait découvrir ce qui s’est réellement passé en Irak et ses états d’âme lorsqu’il rentre seul en Virginie.
 » je me sentis obligé de le souvenir de lui précisément, car la mémoire est porteuse de sens, et personne d’autre ne saurait jamais ce qui s’était passé, peut-être pas moi-même. Je n’y arrive toujours pas vraiment. Lorsque j’essaie de l’en rappeler dans le détail, je n’y parviens pas. Lorsque j’essaie d’oublier, le souvenir revient d’autant plus vite et avec d’autant plus de force. Sans trêve. Et alors ? J’ai ce que je mérite. »
Comment vivre avec la honte, la culpabilité, les fantômes ? Comment revenir d’un endroit où la mort vous entoure à une vie normale où l’on vous remercie d’avoir tué pour défendre le pays ?
Comment affronter la mère de Murph qui comptait sur vous pour défendre son fils ?
En oubliant les petites coquilles du traducteur (je présume), quelques errements et abus de comparaisons, les inévitables petites phrases des hommes de guerre (« ouais, mec »), le style peut  aussi être beau et lyrique.
Dès les premiers mots du roman,la guerre est personnifiée. Elle tue de très jeunes américains et fait perdre ses illusions et sa santé morale à ceux qui en reviennent.
Yellow birds est un bon premier roman qui fait ressentir au travers des émotions du jeune John Bartle les dommages de la guerre.
L’innocence des deux jeunes soldats sera vite balayée faisant place à la peur, à la folie et à la honte.

 » Le chagrin est un mécanisme concret, et nous ne pleurons que ceux que nous connaissions. Ceux qui nous étaient
étrangers et qui mouraient à Al Tafar s’intégraient au paysage, comme si quelque chose avait semé dans cette ville des graines qui faisaient sortir de terre, de la poussière, ou des pavés, des
corps telles des fleurs après le dégel, desséchées et flé
tries sous un soleil froid et lumineux. »

J’ai lu ce roman dans le cadre du prix-relay-logo, sélection d’avril.

   premier roman    bac

Luke et Jon – Robert Williams

lukeTitre : Luke et Jon
Auteur : Robert Williams
Éditeur : Nil
Littérature anglaise
Traducteur : Marie-Hélène Sabard
Nombre de pages : 220
Date de parution : janvier 2013

Auteur :
Robert Williams a été bibliothécaire puis libraire à Manchester. Luke et Jon est son premier roman.Il a 
remporté le  « National Book Tokens NYP Prize »

Quatrième de couverture :
Pour ses copains, Luke, treize ans, est un peu bizarre : il a des yeux trop verts à cause d’une très rare combinaison génétique, il est extrêmement doué pour la peinture… et sa mère est morte dans un accident de voiture. Depuis, il est en perdition.

Puis Luke rencontre Jon, son nouveau voisin. Si Luke est bizarre, Jon, lui, est un ovni. Il porte des vêtements des années 1950, il possède une mémoire phénoménale, il collectionne les faits, rien que les faits, et il a un secret. Quand Luke découvre ce secret, il doit oublier sa peine pour aider Jon. Commence alors pour les deux adolescents blessés par la vie l’heureux chemin vers la guérison.

Mon avis :
Bien au-delà de l’histoire, c’est la simplicité du style, des mots et du ton qui rend ce récit émouvant. L’auteur se place dans la peau de Luke, un jeune garçon de 13 ans qui vient de perdre sa mère dans un accident de voiture. Il doit déménager avec son père dans une vieille maison délabrée de Duerdale. Nouveau collège en perspective, nouvelle maison, un père qui s’étiole et noie sa peine dans le whisky, autant de craintes qui s’ajoutent à son désarroi.
Il tente de se consoler dans la peinture des rochers de la colline et rencontre Jon, un garçon du village à l’allure bizarre, lui aussi orphelin. Jon vit avec ses grand-parents dans une maison encore plus sale que celle de Luke et craint la venue des services sociaux qui placeraient certainement ses grands-parents à l’hospice et lui dans un centre.
S’occuper de Jon sera une bouée de secours pour Luke et son père.
L’auteur exprime avec les mots d’un adolescent la rage face à la perte douloureuse d’un parent mais aussi face à la violence des camarades de collège. Il évoque aussi comment le jeune garçon vivait la maladie de sa mère maniaco-dépressive. Ce sont de graves sujets traités avec simplicité et naturel.
Jon, un peu scientifique glisse pourtant un joli poème de Henry Scott-Holland sur la vie après la mort. Luke, lui, n’a pas la foi.
 » la foi qui est juste une béquille pour ceux qui ont trop peur de regarder la vie en face et de la voir exactement pour ce qu’elle est. »
Mais ils se comprennent, se sentent proches dans leurs difficultés et se soutiennent.
L’auteur est à l’image de ses personnages, il n’en fait pas trop mais parle de l’essentiel.
 » il aimait toujours les gens qui disaient vite ce qu’ils avaient à dire et savaient la boucler. »
Même si le sujet est triste, le roman reste sobre et finalement optimiste.
 » quelqu’un s’en va et ceux qui restent sont transformés, plus rien ni personne n’est pareil. »
Mais la vie continue car d’autres personnes ont besoin de vous.
C’est un très beau premier roman, peut-être un peu trop épuré pour être un coup de cœur.

J’ai lu ce roman dans le cadre du Jury du prix-relay-logo, sélection d’avril.

      premier roman  bac   a-tous-prix

Tabloid City – Pete Hamill

hamillTitre : Tabloid city
Auteur : Pete Hamill
Littérature américaine
Traducteur : Daniel Roche
Editeur : Balland
Nombre de pages : 416
Date de parution : novembre 2012

Auteur :
Pete Hamill (né le 24 Juin, 1935) est un journaliste américain, romancier, essayiste. Hamill a été chroniqueur et rédacteur en chef pour leNew York Post et le New York Daily News.

Présentation de l’éditeur :
Sam Briscoe, septuagénaire élégant aux faux airs d’inspecteur Harry, est le rédacteur en chef du New York World, l’un des tabloïds mythiques de la Grosse Pomme qui vit ses dernières heures : le compte à rebours est enclenché et dans très peu de temps, la version papier va disparaître au profit d’une version online.
La fin d’une époque, au grand dam de Sam. Mais cette nuit-là, alors qu’il boucle son ultime édition, un fait divers d’une violence inouïe va bouleverser son chemin de fer. Et sa vie. Cynthia Harding, une mondaine très introduite dans les milieux de l’art et de la culture, est sauvagement assassinée. Il en faut beaucoup pour déstabiliser un vieux briscard comme Sam. Seulement, Cynthia, c’est la seule femme qu’il ait jamais aimée… Tandis qu’il traverse cette nuit et cette journée pas comme les autres, on suit des parcours croisés, lancés dans une course folle à travers New York, ville-héroïne du roman, peinte comme une sorte de Gotham City fantomatique.

Mon avis :
Tout commence à minuit dans la salle de rédaction du New York World. Sam Briscoe, 71 ans, rédacteur en chef prépare la Une avec Matt Logan, la cinquantaine. A côté, Hélène Loomis, rewriter, 65 ans, écrit entre deux pauses cigarette. L’ambiance est survoltée, d’autant plus qu’il faut se défoncer pour faire survivre la Presse papier qui connaît comme de nombreuses entreprises américaines des difficultés économiques. Sauf que nos « vieux » professionnels nous la jouent un peu façon « anciens combattants ».
Heureusement, que la fièvre de l’écriture tient encore de jeunes stagiaires comme Fonseca.
Après cette tendance chagrine, l’auteur enchaîne régulièrement chaque récit avec heure précise, nom du personnage concerné et lieu. Tous les personnages sont plus ou moins liés et caractérisent les différentes populations américaines. On y trouve ainsi le soldat mutilé revenu d’Irak, le trader véreux, l’islamiste
terroriste, le flic, les émigrés, les jeunes à la recherche d’emploi, l’artiste peintre.
Le livre se termine le même jour à 21h16. Triste journée pour Sam Briscoe qui perd son amie Cynthia et son métier. Je ne sais pas encore ce qui lui cause le plus de peine.

Le choix du style journalistique noie un peu les choses essentielles comme le terrorisme, les conséquences des guerres américaines, la crise financière. Cela donne une vue extérieure qui ne facilite pas l’attachement aux personnages et ne suscite aucune émotion. Certes, les nombreux personnages se retrouvent plus ou moins sur le lieu final mais certains n’apportent que peu de plus-value à l’histoire.

La préface de François Forestier annonce un auteur exceptionnel. Peut-être Pete Hamill a l’art de donner au style journalistique une longueur inattendue, mais personnellement je n’ai pas été passionnée par cette forme de restitution.

J’ai lu ce roman policier dans le cadre du elle.

C’est d’ailleurs la dernière lecture pour ce Prix. Les résultats seront annoncés fin mai.

polars

Dans le jardin de la bête – Erik Larson

larsonTitre : Dans le jardin de la bête
Auteur : Erik Larson
Littérature américaine
Traducteur : Edith Ochs
Editeur : Cherche Midi
Nombre de pages : 647
Date de parution : août 2012

Auteur :
Erik Larson est un auteur américain de romans historiques et de romans policiers né le 3 janvier 1954 à Brooklyn.

Présentation de l’éditeur :
Après Le Diable dans la Ville blanche, Erik Larson nous offre un superbe thriller politique et d’espionnage, fondé sur des événements réels et peu connus qui se sont déroulés en Allemagne pendant l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler. 1933. Berlin. William E. Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Sa fille, la flamboyante Martha, est vite séduite par les leaders du parti nazi et leur volonté de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maîtresse de plusieurs d’entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, alors que son père, très vite alerté des premiers projets de persécution envers les Juifs, essaie de prévenir le département d’Etat américain, qui fait la sourde oreille. Lorsque Martha tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci
ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union soviétique. Tous les protagonistes de l’histoire vont alors se livrer un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse « Nuit des longs couteaux ».

Mon avis :
Le document d’Erik Larson nous plonge dans les coulisses de la vie politique de la nouvelle Allemagne. Nous ne sommes qu’en 1933 et pourtant les prémisses du régime nazi s’installent insidieusement. Je ne peux pas blâmer la peur compréhensible des allemands ni la crainte des diplomates étrangers d’envenimer inutilement les relations internationales mais je ne peux m’empêcher de penser à la lecture de ce document qu’avec des « si », une guerre mondiale aurait pu être évitée.
C’est par l’intermédiaire de William E. Dodd, nouvellement nommé ambassadeur américain à Berlin, et de sa fille que nous percevons l’ambiance guerrière, l’atmosphère de délation et d’intimidation engendrées par la politique du chancelier Hitler.
Dodd, universitaire devenu diplomate par défaut d’autres candidats, s’installe en Allemagne avec sa famille. Conforté par ses souvenirs d’un séjour allemand en tant qu’étudiant, il est enthousiaste et refuse d’entendre les propos alarmants de George Messersmith, consul général américain pour l’Allemagne.

Ce n’est qu’aux premières rencontres avec Hitler et surtout à l’issue de la nuit des longs couteaux en juin 1934 que Dodd comprendra la folie meurtrière du chancelier avide de pouvoir.
 » Dodd, l’humble adepte de Jeferson qui avait appris à considérer les hommes politiques comme des créatures rationnelles,
était assis en face du dirigeant d’un  des plus grands pays d’Europe, qui était en pleine crise d’hystérie et menaçait d’anéantir une partie de sa propre population
. »
 » Il n’y a pas de responsable du Parti national-socialiste qui n’égorgerait allègrement tous les autres dirigeants dans le
but de favoriser sa propre promotion
. »
Pendant quatre années, l’ambassadeur américain ne recevra que peu de soutien du Département d’état des États-Unis qui lui reproche son manque de diplomatie et son refus  ultime  d’assister aux manifestations politiques nazies. Il faudra attendre la nuit de Cristal en novembre 1938 pour que Roosevelt prononce une condamnation publique.
Et ce n’est qu’après le remplacement de Dodd que l’Amérique reconnaîtra qu’il était « l’ultime symbole de liberté et de l’espérance américaines sur une terre en proie à des ténèbres grandissantes. »
Erik Larson a croisé un grand nombre de documents pour affiner ce récit d’une grande richesse qui m’a largement éclairée sur la période avant-guerre de la montée du nazisme.
En choisissant de nous montrer ces années fatales au travers de la vie de l’ambassadeur Dodd et de sa fille Martha, l’auteur associe une vision politique et un aperçu plus intime de la vie berlinoise.
Même si j’ai largement été agacée par la frivolité ( et c’est peu dire ) de Martha, je dois reconnaître que cet aspect des choses donne une lecture plus romancée de ce document.
Nazis, espion russe, tous profitent de sa faiblesse pour l’enrôler dans leur idéalisme.
Je regrette toutefois que l’auteur n’ait pas aussi donné le ressenti de la femme et du fils de Dodd pendant cette
période.

J’ai beaucoup apprécié ce document très instructif qui se lit comme un roman.

J’ai lu ce document dans le cadre du elle

bac    rentrée 2012

Des larmes sous la pluie – Rosa Montero

monteroTitre : Des larmes sous la pluie
Auteur : Rosa Montero
Traducteur : Myriam Chirousse
Editeur : Métailié
Bibliothèque Hispanique
Nombre de pages : 402
Date de parution :janvier 2013

Auteur :
Rosa Montero est née à Madrid où elle vit. Après des études de journalisme et de psychologie, elle travaille au journal El Pais.
Elle est l’auteur de romans à grand succès traduits dans de nombreuses langues, parmi lesquels La Fille du cannibale (Prix Primavera et best-seller en Espagne), Le Roi transparent et Instructions pour sauver le monde. 

Présentation de l’éditeur :
Etats-Unis de la Terre, 2109. Les réplicants meurent dans des crises de folie meurtrière tandis qu’une main anonyme corrige les Archives Centrales de la Terre pour instrumentaliser l’histoire de l’humanité. Bruna Husky, une réplicante guerrière, seule et inadaptée, décide de comprendre ce qui se passe et mène une enquête à la fois sur les meurtres et sur elle-même. Aux prises avec le compte à rebours de sa mort programmée, elle n’a d’alliés que marginaux ou aliens dans ce tourbillon répressif, vertige
paranoïaque, qui emporte la société. Rosa Montero choisit un avenir lointain, hérité de Philip K Dick et de Blade Runner, pour nous parler de ce qui fait notre humanité, la certitude de notre
mort et de celle de ceux que nous aimons. Ses personnages sont des survivants qui s’accrochent à la morale politique, à l’éthique individuelle, à l’amitié et à l’amour. Elle construit pour nous
un futur cohérent, une intrigue prenante qui nous touche et nous fait réfléchir. Elle écrit avec passion et humour, des outils essentiels pour comprendre le monde.

Mon avis :
Des larmes sous la pluie est un mélange de science fiction et d’enquête policière. L’auteur s’est inspiré du monde de Blade Runner. L’héroïne, Bruna Husky, est une réplicante de combat ou techno-humaine. Ces êtres semblables à l’homme ont été créés par les humains pour effectuer les missions dangereuses. Ils ont une durée de vie limitée et possèdent une mémoire implantée composée de 500 souvenirs écrits par des mémoristes.
L’auteur insère intelligemment des extraits d’archives pour nous expliquer l’évolution du monde de nos jours à l’époque du récit en 2109. On y apprend tout sur les différents habitants des États Unis de la Terre et de la galaxie puisque que des extra-terrestres vivent sur des mondes flottants.
J’ai particulièrement aimé la façon dont l’auteur insère dans ce monde futuriste des détails très humains et des valeurs de notre époque. Il est amusant de retrouver par exemple les grèves de transport, le goût pour le vin ou les rivalités entre clans politiques. On y trouve aussi les dérives potentielles des risques environnementaux actuels avec la vente d’air purifié, la douche de vapeur. Les fractures sociales et le sectarisme sont très présents et amplifiés par les différents espèces cohabitantes.
Mais, j’ai apprécié l’humanité de Bruna, sensible à cette mort programmée des techno-humains, à l’amour ou l’amitié, à cette douleur de ne pas avoir de vraie famille mais seulement des souvenirs fabriqués.
L’enquête est elle aussi redoutable car chaque personne côtoyée par Bruna est susceptible de mener un double jeu. Manipulation, infiltration, complot politique, il devient complexe de savoir qui est à l’origine de ces meurtres de réplicants.
La détective Bruna devient vite un personnage très attachant, ce qui est un tour de force dans ce monde étrange.
La science fiction n’est pas vraiment mon domaine préféré mais j’ai aimé le personnage et la vision futuriste de cette humanité toujours perturbée par cette échéance de la mort.
Même si dans ce genre, j’ai préféré le dernier roman de Somoza, L’appât, peut-être plus imaginatif et plus angoissant, j’ai ici beaucoup apprécié les personnages et la projection des défis actuels dans ce monde du futur.

Je remercie babelio et les Éditions Métailié pour l’attribution de ce livre lors de la dernière opération de Masse critique.

plume   bac

 

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