L’année la plus longue – Daniel Grenier

GrenierTitre : L’année la plus longue
Auteur : Daniel Grenier
Littérature canadienne
Éditeur: Flammarion
Nombre de pages : 395
Date de parution : 17 août 2016

Couvrir quatre siècles d’histoire du grand continent américain est un défi ambitieux surtout pour un premier roman. Mais la quatrième de couverture présentant Daniel Grenier comme un immense conteur, je frémissais déjà à lire les récits de la prise de Québec, de la capitulation des Indiens, de la guerre de Sécession, de la Prohibition, des débuts du cinéma et des attentats du 11 septembre.

Partir sur une étrange interprétation du vieillissement particulier des gens nés le 29 février en créant l’ordre des Twentyniners n’était pas vraiment pour me plaire. Thomas Langlois a cette particularité ( né le 29 février 1980) tout comme son aïeul, Aimé Bolduc ( né le 29 février 1760).
 » Aimé Bolduc, l’homme de l’année bissextile, celui qui ne vieillissait pas comme les autres, parce que son âme était en phase avec des planètes différentes. »
Bon, allez, pourquoi pas. Aimé vivra donc quatre fois plus longtemps.
 » Le 29 février était la date la plus importante de l’univers. Pourquoi? Parce qu’elle permettait de vivre éternellement. »
Thomas est le fils de Laura et Albert Langlois. Albert, originaire de Québec y retourne abandonnant femme et enfant afin de retrouver les traces de son ancêtre, Aimé. Lorsque Laura perd la vie dans un accident d’avion, Thomas est recueilli par ses grands-parents maternels et se lie avec Mary, une amie noire de sa mère.
Entre temps, l’auteur jongle avec les siècles pour retracer le parcours d’Aimé. C’est grâce à lui que nous vivons les grands moments de l’Amérique.
Les histoires de vie de Thomas et d’Aimé sont intéressantes mais l’enchevêtrement des époques alourdit la lecture. Le récit en devient un peu brouillon. Et quel dommage de ne pas tirer davantage partie de cette formidable occasion de réellement raconter la grande Histoire. Je fus finalement frustrée de ne pas plonger davantage dans ces grands moments mémorables. Les épisodes ne sont qu’effleurés ou vécus par un passage relativement anodin. L’ensemble manque ainsi d’accroche et je suis restée une insensible spectatrice devant ces quatre siècles d’histoire pour finalement sombrer dans l’épilogue.
L’année la plus longue n’est visiblement pas un roman pour moi.

L’avis guère plus enthousiaste d’ Alex.

Nom d’un chien – André Alexis

AlexisTitre : Nom d’un chien
Auteur : André Alexis
Littérature canadienne
Traducteur : Santagio Artozqui
Titre original : Fifteen dogs
Éditeur : Denoël
Nombre de pages : 256
Date de parution : 18 février 2016
C’est bien connu, les Dieux de l’Olympe aiment divertir leur éternité en observant l’espèce humaine et ce sont, en général de grands joueurs. Que font les hommes de leur intelligence et de leur langage ?

 » On jurerait qu’ils se comprennent, bien qu’aucun d’entre eux n’ait la moindre idée de ce que ses propres mots signifient aux yeux des autres. »
Et si l’on donnait l’intelligence aux animaux, deviendraient-ils aussi malheureux que les hommes?

«  Je te parie une année de servitude que les animaux – n’importe quel animal de ton choix- seraient encore plus malheureux que les humains, s’ils avaient leur intelligence! déclara Apollon.
– Une année terrestre? Je prends le pari! répondit Hermès. »

Quinze chiens de la clinique vétérinaire voisine se retrouvent ainsi dotés d’une intelligence humaine. Et nous allons suivre leur évolution.
Très vite, les chiens comprennent les systèmes de fermeture, accèdent à la liberté, ressentent l’angoisse puis développent un langage. Prince ira même jusqu’à composer des poèmes au risque de se faire bannir du groupe pour sa trop grande singularité.
Humainement, des clans se forment sous la conduite d’Atticus, l’imposant mâtin de Naples qui ne souhaite pas dévier de son langage canin. Majnoun, un caniche noir s’oppose en voulant se servir de cette nouvelle manière de penser qui leur a été donnée.
Atticus impose sa loi par la force en neutralisant les contestataires. Certains périssent, d’autres s’enfuient. Majnoun parvient à se faire adopter par Nira et Miguel. Très proche de la jeune femme, Il apprend de nombreuses notions, la conscience du temps et le langage humain. Nira et Majnoun deviennent de vrais amis sans notion de rapport de domination. Même si Benjy, le beagle opportuniste vient semer la zizanie dans ce couple, le caniche est le chien qui s’associe le plus à l’humain. Pourra-t-il être celui qui mourra heureux et fera gagner son pari à Hermès ?
C’est sans compter l’intervention de Zeus, d’Hermès et des Moires ( Clotho, Lachésis et surtout Atropos qui gèrent le fil de la vie et de la mort).

Ce roman original est bien rythmé et peut même parfois être touchant, notamment avec l’évolution de Majnoun et la poésie de Prince. J’attendais toutefois davantage d’analyse, de psychologie suite à cette expérience de donner l’intelligence humaine à un animal. Si le chien peut rire et parler, avoir conscience du temps, il garde sa nature de chien. Nira tente une approche entre nature et culture, les dieux suggèrent la différence entre la fragilité de l’animal et la bestialité de l’homme ou sur la possibilité d’aborder la mort sereinement mais le rythme prend souvent le pas sur la réflexion.

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Aristote, mon père – Annabel Lyon

Lyon2Titre : Aristote, mon père
Auteur : Annabel Lyon
Littérature canadienne
Traducteur : David Fauquemberg
Éditeur : La Table ronde
Nombre de pages : 240
Date de parution : 28 août 2014

 

Présentation de l’éditeur :
Pythias, la fille d’Aristote, a été élevée à l’égal des hommes. Elle fait figure d’exception à Athènes, puis en Macédoine où elle est contrainte de s’exiler : c’est elle, et non son frère cadet, qui assiste Aristote dans ses travaux, provoque les collègues de son père par ses remarques pointues, et se rêve en philosophe, scientifique ou sage-femme. La mort d’Aristote disperse ses biens et sa famille à travers la Macédoine, laissant Phytias seule, en décalage avec cette société qui nie l’existence d’une conscience féminine, et l’oblige à se confronter à la réalité d’un monde dont elle s’était toujours tenue écartée.

Après Le Juste Milieu, qui évoquait la relation entre le jeune Alexandre le Grand et son précepteur Aristote, Annabel Lyon renouvelle le défi ambitieux d’écrire l’Antiquité d’une plume actuelle et spontanée. Aristote, mon père exhale le soufre des temples, le sang des femmes et les larmes de la tragédie.

Mon avis :

« Un enfant est une ligne lancée à l’aveugle dans le futur, déclare-t-il. Comme une idée ou un livre : qui sait où ils retomberont, et ce qui naîtra d’eux ? »

A la mort d’Alexandre, les Athéniens se révoltent contre les Macédoniens. Aristote, installé à Athènes avec sa famille, Herpyllis, Pythias et Nico, y dirige son école avec Théophraste. Ils quittent Athènes pour Chalcis sous le jet de pierres. Sous le joug des armées, la famille s’installe dans une maison gagnée par Myrmex, enfant rebelle recueilli par Aristote.
Dans son testament, Aristote promet sa fille Pythias à son cousin Nicanor, dès qu’il sera rentré de Perse. Si il ne veut pas ou ne revient pas de la guerre, elle devra épouser Théophraste, le disciple d’Aristote qui n’aime pas l’intelligence de Phythias.
A la mort d’Aristote, suite à une expérience entre divertissement et science, la famille éclate. Herpyllis, compagne jamais mariée retourne à Chalcis avec Pyrrhaïos, son serviteur et amant. Nico part rejoindre Théophraste en son école. Pythias reste là avec les serviteurs sous le joug de Thaulos qui lui impose de payer pour cette maison volée à un soldat. Elle va alors se retrouver confrontée aux réalités du quotidien et non plus aux théories livresques enseignées par son père.
En attendant le retour de Nicanor, pour survivre, Pythias vivra de nombreuses expériences, du temple à la maison de passe, avec toujours à ses côtés le discret et fidèle Tychon. Refusant de vivre sous le joug de Théophraste qui la réduira à une femme, attirée par Myrmex, elle se cherche un dieu au temple d’Artémis ou peut-être en la personne d’ Euphranor.
 » Mon père disait que les gens s’appuient sur cette idée de dieux bienveillants pour éviter d’avoir à se tenir debout sur leurs propres jambes. »
Annabel Lyon nous retrace ainsi le destin de Pythias, fille d’Aristote. Si Aristote a éduqué Alexandre, roi de Macédoine, il n’en a pas moins élevé sa fille comme un garçon, faisant d’elle une personne intelligente, respectueuse, curieuse et responsable de son destin.

 » –Votre histoire, je ne la trouve pas si belle. De penser que nous nous effritons tous, peu à peu, que nos amours deviennent de plus en plus étriquées, jusqu’à ce que nous mourions. Est-ce vraiment ce que vous croyez?
Elle hausse les épaules.
– Je crois au changement. Je crois que l’amour change avec le temps
. »

Annabel Lyon, avec une écriture vive et moderne nous passionne avec des passages moins connus et extrapolés de la tragédie antique.

Du même auteur : lyon

rentrée

Le juste milieu – Annabel Lyon

lyonTitre : Le juste milieu
Auteur : Annabel Lyon
Littérature canadienne
Traducteur : David Fauquemberg
Éditeur : Quai Voltaire / La table ronde
Nombre de pages :324
Date de parution : août 2011

Auteur :
Née en 1971 au Canada, ANNABEL LYON reçoit un chaleureux accueil de la critique dès la publication de son premier recueil de nouvelles, Oxygen, en 2000. The Best Thing for You, un autre recueil de nouvelles paru en 2004, est nommé pour le Ethel Wilson Prize for Fiction. Son premier roman, The Golden Mean (2009) est sélectionné pour les trois prix de fiction majeurs du Canada, Giller Prize, Governor General’s Award et Roger Writers’ Trust Fiction Prize. Il obtient le troisième. Le roman est traduit en dix-sept langues.

Présentation de l’éditeur :
Aristote était un être de chair et de sang, et Alexandre le Grand, un adolescent plein de doutes et d’arrogance. Lorsqu’en 342 avant Jésus-Christ, le philosophe devient précepteur du futur roi de Macédoine, la relation qui s’établit est aussi singulière et enrichissante pour l’un que pour l’autre. Par ses démonstrations très concrètes sur une table de dissection, comme par ses réflexions éthiques et métaphysiques, Aristote transmet à son jeune élève la notion de «juste milieu», point d’équilibre entre deux extrêmes, si difficile à atteindre. De son côté, le fougueux Alexandre, qui désire déjà ardemment «ouvrir la gueule pour avaler le monde entier», offre des perspectives au maître peu aventureux que son père lui a choisi.
Des cahutes enfumées aux chambres du palais, Annabel Lyon lève le voile sur deux hommes illustres dont l’admiration réciproque et l’intelligence ont transformé le monde. Au fil de dialogues incisifs et souvent très crus, elle explore avec finesse et jubilation des thèmes aussi universels que la transmission du savoir, les rapports filiaux, les conflits de génération, les jeux de pouvoir.

Mon avis :
 » Mesure et médiocrité sont deux choses distinctes. Représente-toi les extrêmes comme des caricatures, si cela peut t’aider. Le juste milieu, auquel nous aspirons, est le contraire de la caricature. »
Aristote et sa femme Pythias rejoignent le palais du roi macédonien Philippe. Le père d’Aristote était le médecin du père de Philippe, qui se souvient de sa jeunesse avec Aristote et a donc une grande confiance en lui.
Philippe « n’avait rien d’un érudit, il aimait la violence, avait un sens de l’humour particulièrement grossier et une sexualité précoce qu’il ne prenait pas même la peine de dissimuler. »
Il  propose à Aristote d’être le précepteur d’Alexandre, son fils,  jeune homme libre et fougueux. La sagesse d’Aristote, ancien disciple de l’école de Platon, doit atténuer le côté barbare de Philippe en ouvrant l’esprit d’Alexandre.
Chacun fera un pas vers l’autre, d’un extrême à l’autre pour tenter de trouver le juste milieu. Aristote ira sur le champ de bataille avec Alexandre qui, lui-même s’instruira de la philosophie du sage.
 » On peut apprendre sans conquérir » . C’est ce que va s’efforcer de faire comprendre Aristote au provocateur Alexandre qui a sans cesse besoin de franchir les limites pour obtenir le respect et l’adoration de ses sujets.
Alexandre est pourtant un jeune homme sensible, couvé par l’amour de sa mère Olympias. Il est un esprit curieux qui a envie d’apprendre aux côtés d’Aristote mais il a surtout besoin de dominer, de conquérir. Il est « un garçon ordinaire qui a trop de privilèges. Un jeune morveux violent. »
Cette éducation philosophique se partage aussi avec l’aide apportée à Arrhidée, un autre fils oublié de Philippe. Aristote le sort de son mutisme et de son handicap. Il représente aussi un des extrêmes, la faiblesse et la peur permanentes en regard de l’audace de son frère.
Le roman s’enrichit aussi de périodes de l’enfance d’Aristote puis de sa vie de famille aux côtés de Pythias. Ce qui permet de voir le rôle des femmes en ces lieux et époques où l’homosexualité et même la pédophilie sont fréquentes.
 » La hiérarchie de l’État reproduit celle du foyer, où les hommes commandent et où les femmes et esclaves obéissent, comme l’a voulu la nature. »
Le juste milieu est un roman très riche où l’on entrevoit les débuts de la science avec les premières dissections, les conquêtes macédoniennes, les rivalités avec Athènes, la place de l’esclavage.
Annabel Lyon nous plonge facilement dans l’époque avec ce comportement très naturel et parfois cru, sans tabous, des hommes. C’est un dépaysement qu’elle propose de poursuivre avec Aristote, mon père, un roman qui paraîtra le 28 août 2014 aux Éditions de la Table Ronde.

PALété  New Pal 2014

 

 

 

 

 

Trop de bonheur – Alice Munro

munroTitre : Trop de bonheur
Auteur : Alice Munro
Littérature canadienne
Traducteurs : Jacqueline Huet, Jean-Pierr Carasso
Éditeur: Éditions de l’Olivier
Nombre de pages : 317
Date de parution : avril 2013

Auteur :
Alice Munro est née en 1931 au Canada. Elle est l’auteur d’une douzaine de recueils de nouvelles et d’un roman, traduits dans le monde entier. Lauréate de nombreux prix, dont le Man Booker International Prize, elle a notamment publié, aux Éditions de l’Olivier, Fugitives (2008) et Du côté de Castle Rock (2009).

Présentation de l’éditeur :
«Sur le quai de la gare, un chat noir croise obliquement leur chemin. Elle déteste les chats. Plus encore les chats noirs. Mais elle ne dit rien et réprime un frisson. Comme pour récompenser cette retenue, il annonce qu’il fera le voyage avec elle jusqu’à Cannes, si elle le veut bien. C’est à peine si elle peut répondre tant elle éprouve de gratitude
Les personnages d’Alice Munro courent après le bonheur. Quête vaine, éperdue, étourdissante, mais qu’ils poursuivent sans relâche. Dans ce recueil de nouvelles, on croise une étudiante qui accepte les propositions indécentes d’un vieillard, une mère en deuil qui change d’identité ou une femme affrontant enfin sa part de cruauté. D’une écriture précise et sensible, Alice Munro met en évidence les lignes de force invisibles guidant chaque destin.

Mon avis :
Dans ce recueil de dix nouvelles, Alice Munro met en scène des femmes, mères, jeunes filles ou épouses. Dans chacune, un drame se cache : infanticides, meurtres, accident, maladies, séparations. Mais l’auteur possède un art particulier de ne pas s’attarder sur l’évènement dramatique mais d’en détourner la blessure en décochant finalement une issue étrange, inattendue.Ainsi, dans la première nouvelle, Dimensions, Doree qui change d’identité suite au meurtre de ses trois enfants par son mari, perçoit un chemin, une compréhension lors d’un accident de voiture dont elle est témoin.
Ou dans Radicaux libres, Nita, veuve, fait entrer par mégarde un assassin chez elle. Au lieu de céder à la panique, l’auteur décrit une rencontre autour d’un thé qui dévoilera de sombres secrets.
 » Dans la vie il y a peu d’endroits et parfois peut-être un unique endroit, où il s’est passé quelque chose, et puis il y a tous les autres. »
L’auteur, dans chaque nouvelle, dans chaque vie de femme, tente de trouver cet endroit, ce moment où il s’est passé la chose importante qui mène au destin.
Certaines nouvelles rappellent des souvenirs d’enfance très marquants comme un accident qui met en évidence le rejet d’un père, une tâche de naissance qui défigure mais suscite une amitié irraisonnée, une expérience qui dévoile le corps et l’âme, une coalition deux adolescentes face à une jeune handicapée.
Les sentiments les plus refoulés remontent à la surface lorsque le personnage vieillit ou approche de la mort. Des plus simples comme le questionnement de l’enfant de la maîtresse du mari au plus grave comme le meurtre.
Dans la dernière nouvelle, Trop de bonheur, l’auteur raconte un étrange voyage de Sofia Kovalevskaïa, une célèbre mathématicienne russe. Sofia contracte un mariage blanc avec  Vladimir Kovalevski afin de pouvoir partir étudier en Europe. C’est une nouvelle très riche et intéressante qui dépeint le milieu difficile pour les femmes érudites, la vie de sa sœur Anna, aimée de Dostoïevski mais qui épousera un communard. Par un étrange destin, Sofia rencontre  un médecin dans un train qui la ramène chez elle, il devinera sa mort prochaine et lui fera faire un détour pour éviter une épidémie fictive. La vie de Sofia mérite sans aucun doute un récit plus complet (et si possible chronologique) et si un tel roman existe, je suis prête à le lire de suite.
Ces nouvelles sont intéressantes car elles sont centrées sur des femmes simples et exceptionnelles à la fois. Elles sont surprenantes car l’histoire est au départ prenante grâce au don de narration de l’auteur puis la fin étonne par cet étrange détournement. Cette manière de faire m’a quelque peu déroutée, me laissant souvent frustrée par le dénouement. Mais, Alice Munro nouvelliste célèbre maîtrise ainsi cet art d’intéresser, d’étonner et de faire réfléchir en peu de pages.

Trop de bonheur, je ne l’ai pas vraiment ressenti dans ces nouvelles tout de même assez sombres, même si finalement, l’auteur parvient à finir chaque fois sur une note d’espoir.

Je remercie Les Éditions de l’Olivier pour la découverte de cette auteure.

plume

Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul – Pierre Szalowski

szalowskyTitre : Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ?
Auteur : Pierre Szalowski
Éditeur : Héloïse d’Ormesson
Nombre de pages : 265
Date de parution : 30 août 2012

Présentation de l’éditeur :
Le 24 décembre, dans un palace déserté de Montréal, Martin Ladouceur, célibataire endurci, s’apprête à passer le pire réveillon de sa vie. Avec pour seule compagnie un concierge protocolaire, un groom débutant et une femme de chambre timide, l’ex-légende du hockey canadien se retrouve, en prime, au régime sec, sans strip-teaseuses ni grands crus. Mais, contre toute attente, en cette nuit de Noël, un petit bonhomme va lui offrir le plus beau des cadeaux. Et, comme par magie, la terreur des patinoires découvrira un sentiment qu’il ignorait jusqu’alors. Petite philosophie du bonheur, Mais qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? est une fable tendre et drôle, remède absolu contre la morosité.

Mon avis :
Après avoir apprécié Le froid modifie la trajectoire des poissons pour sa tendresse, son humour et ses personnages décalés, je ne pouvais que sauter sur le dernier roman de Pierre Szalowski.
Et, une fois de plus, on  retrouve humour et tendresse dans ce qu’on peut appeler un joli conte de Noël (d’ailleurs c’est bientôt l’heure des cadeaux de Noël, et avec ce livre vous serez  dans le ton).
 » Parce qu’en cette nuit de Noël les portes les plus intimes de son être avaient été ouvertes, ou plutôt forcées par effraction, et qu’aucune d’elle pour l’instant ne s’était refermée. Martin Ladouceur a senti un immense courant d’air chaud en lui. »
En publicité, il paraît que , dès qu’il y a un enfant, le public est tout de suite plus réceptif. Dans ce roman, le petit garçon s’appelle Martin, il cherche son père. Il est à la fois mignon et espiègle et il parvient à attendrir cet énorme et tapageur  joueur de hockey, qui s’appelle aussi Martin.
 » il a senti une tête se poser contre sa hanche et un petit bras l’enlacer. Sans regarder, il a mis la main, celle qui ne
tenait pas la casquette, sur l’épaule frêle et chaude qui venait de se coller à lui.
 »
On retrouve donc la magie de l’enfance qui parvient à faire grandir les adultes ( cela me rappelle L’embellie d’Audur Ava Olafsdottir). Ici, l’écriture est  plus simple, charmante.
 » L’innocence de l’enfance, c’est cette faculté de se persuader que rien n’est impossible, de croire à la magie sans qu’intervienne la raison. »
 » L’innocence de l’enfance, c’est aussi la faculté de ne jamais s’engluer dans le concret sous peine de voir la magie s’envoler. »
Non seulement, les deux Martin sont très attachants mais l’auteur les entoure de personnages très marqués comme le concierge un peu fou et hyperactif, le jeune groom qui va se révéler au fil de la nuit, le chauffeur de taxi qui se révèle être un conseiller amical.
Si vous voulez une petite bouffée d’air pur, je vous conseille ce tendre et drôle roman canadien.
J’ai quand même préféré le premier roman de l’auteur,  
Le froid modifie la trajectoire des poissons.

 Je remercie les Éditions Héloïse d’Ormesson de m’avoir donné le plaisir de relire cet auteur.

    rentrée 2012 challengeABC2013

Mon vieux et moi – Pierre Gagnon

gagnonTitre : Mon vieux et moi
Auteur : Pierre Gagnon
Éditeur : Éditions Autrement
Nombre de pages : 86
Date de parution : 25 août 2010

Résumé:
« Léo est devenu vieux. Les vieux oublient, s’étouffent, font répéter, voient trouble, tombent, n’en veulent plus, en veulent encore, ne dorment plus la nuit, dorment trop le jour, font des miettes, oublient de prendre leurs médicaments, nous engueulent tant qu’on serait tenté de les engueuler à notre tour, pètent sans le savoir, répondent quand on n’a rien demandé, demandent sans attendre de réponse, échappent puis répandent, ont mal, rient de moins en moins, gênent le passage, s’emmerdent, souhaitent mourir
et n’y parviennent pas... » À la retraite, le narrateur décide d’adopter Léo, 99 ans, que rien ne prédestinait à venir s’installer chez lui. C’est le début d’une grande aventure, faire de tour petits riens. De silences qui veulent dire beaucoup, de tendresse, de rires pour conjurer le déclin… Mon vieux et moi, est-ce que ça peut durer toujours, comme dans les romans d’amour ?

Mon avis :
Voici un très court roman sur les difficultés de la vieillesse.
Après avoir travaillé toute sa vie dans un bureau au service des autres mais sans jamais faire un geste concret, le narrateur décide lors de sa retraite d’adopter une personne âgée. Il a rencontré Léo à la maison de retraite où sa tante vient de mourir.
Une fois Léo installé chez lui,son dévouement est total jusqu’à l’abnégation. Une belle relation d’amitié va s’instaurer, avec tout ce qu’une personne âgée peut contenir de souvenirs, de drôleries et de petits ratés. C’est émouvant et drôle.
Malheureusement, à la suite d’une chute, la mémoire de Léo s’efface petit à petit et tout devient plus compliqué. Difficile de continuer sans mettre en danger la vie des deux personnages.L’auteur évoque quelques délires de Léo, ses mirages.
Le témoignage est beau mais beaucoup trop rapide.J’aurais aimé que l’auteur aille plus lentement sur l’évolution de la relation entre les deux hommes, m’en dise davantage sur les vies antérieures des personnages et  sur ce problème majeur de notre société.