Nous, les vivants – Olivier Bleys

Titre : Nous, les vivants
Auteur :  Olivier Bleys
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 192
Date de parution :  22 août 2018

Dès les premières lignes, Olivier Bleys installe un climat mystérieux. Tout d’abord avec la description des lieux. Nous sommes dans une vallée peu peuplée enserrée dans la cordillère des Andes où il n’y a que des routes et des nids de poule. Jonas, le narrateur, pilote d’hélicoptère part sur une mission de ravitaillement pour un des refuges les plus éloignés dans la montagne. Il s’y retrouve bloqué par la tempête avec le gardien du refuge et un énigmatique personnage prénommé Jésus, ingénieur vérificateur de frontières de Punta Arenas.

Jonas n’a qu’un seul objectif : déneiger son hélicoptère et rentrer chez lui auprès de sa femme et sa fille. Dans cette prison de neige, leur photo est le seul lien avec la réalité du monde, sa raison de se battre et de continuer à espérer.

 » Catalina et Rosario attestaient la réalité du monde quitté. »

Tout au long du récit, l’auteur sème les petits cailloux du doute. Aux deux tiers du roman, je comprends enfin l’allégorie mise en œuvre par Olivier Bleys qui tourne autour de ce personnage de Jésus dont il porte si bien le nom.

A la frontière de l ‘Argentine et du Chili, à la passe des anges, Jonas est à la limite entre deux mondes.

J’ai aimé cette façon de plonger le lecteur dans une ambiance mystérieuse et dramatique grâce à un registre lexical bien choisi.

Par contre, au-delà de cette performance qui peut envoûter le lecteur, je ne perçois pas l’intérêt de lecture. Je reste dubitative sur la mise en scène et m’interroge sur le message de ce roman.

 

Six fourmis blanches – Sandrine Collette

colletteTitre : Six fourmis blanches
Auteur : Sandrine Collette
Éditeur : Denoël
Nombre de pages : 276
Date de parution : 22 janvier 2015

Auteur :
Sandrine Collette est docteur en science politique. Elle partage sa vie entre l’université de Nanterre et son élevage de chevaux dans le Morvan. Elle a publié Des nœuds d’acier, premier roman très plébiscité (Denoël, 2013) et Un vent de cendres (Denoël 2014)

Présentation de l’éditeur :
Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper?
Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant.
À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches…
Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

Mon avis :
« 
Mais qui irait imaginer une telle histoire? Elle a les excès de ce qui ne s’invente pas, le goût âcre de la vérité. »
Depuis trois ans, Sandrine Collette ne cesse de nous inventer des histoires étonnantes qui nous fascinent dès le départ et nous plongent dans un véritable cauchemar.
Cette fois, elle nous emmène en haute montagne. Là où les éléments naturels, lorsqu’ils se déchaînent peuvent devenir meurtriers. La haute mer et la haute montagne sont des merveilles naturelles qui peuvent parfois devenir des enfers lors de tempêtes extrêmes.
Mais ce décor ne suffit pas à l’auteur. Nous sommes dans les montagnes albanaises, là où le métier de sacrificateur existe encore. Mathias a ce don de trouver la bonne brebis, celle dont le sacrifice permet de conjurer le sort, de braver les maladies, de bénir une nouvelle naissance ou un mariage.  » Du sang pour un peu de bonheur » dans ce village maudit.
Et ce sont dans ces montagnes albanaises qu’un groupe de six vacanciers a la chance de tester gratuitement un futur trekking avant sa commercialisation.
Marc, Étienne, le couple d’Arielle et Lucas, et celui plus jeune de Lou et Élias rejoignent Vigan, leur guide, montagnard chevronné et ténébreux d’une quarantaine d’années.
J’ai retrouvé la situation de départ du précèdent roman où un groupe de saisonniers se retrouvaient en pleine campagne pour les vendanges avec des maîtres un peu ténébreux. Lou a un peu de la candeur et la témérité de Camille, l’héroïne d’Un vent de cendres et l’on retrouve cet engouement et cette légèreté du groupe de vendangeurs.
Mais la ressemblance s’arrête là et Sandrine Collette nous entraîne dans deux histoires alternées implacables, celle de Mathias, le sacrificateur et celle du groupe de trekking qui va très vite perdre son humour face à la tempête.
Six fourmis blanches est un excellent roman noir qui commence avec les fêtes d’un village et la légèreté des vacances, s’entoure de la beauté de la montagne où le vent joue de la musique puis vire progressivement dans le sombre tout en gardant la candeur de la jeune Lou pour finir dans le cauchemar sans plus aucun repères ni lois.

bac2015