Les fantômes du vieux pays – Nathan Hill

Titre : Les fantômes du vieux pays
Auteur : Nathan Hill
Littérature américaine
Premier Roman
Titre original : The nix
Traducteur : Mathilde Bach
Nombre de pages : 710
Date de parution : 16 août 2017

«  Quand Samuel était enfant et lisait une Histoire dont vous êtes le héros, il plaçait toujours un marque-page à l’endroit où il devait prendre une décision très difficile, de sorte que, si l’histoire tournait mal, il pouvait revenir en arrière et recommencer autrement. »

Malheureusement la vraie vie n’est pas ainsi faite. Pourtant, Samuel sait parfaitement où se trouvent les carrefours importants de sa vie : ce moment où sa mère a quitté le foyer, cet instant où il a perdu Bethany, la femme de sa vie, ce présent où il fuit une carrière de professeur désabusé pour se cacher dans le monde virtuel d’un jeu en ligne.

Jusqu’à ce qu’un avocat l’appelle au sujet de sa mère, Faye Andresen qu’il n’a pas vue depuis vingt cinq ans et qui est aujourd’hui accusée d’agression contre un candidat à la Présidentielle.
Voilà de quoi retourner dans le passé pour comprendre pourquoi sa mère en est arrivée là et surtout pourquoi elle l’a abandonné quand il était enfant.

Faye est la fille d’un norvégien qui a fui son pays pour des raisons mystérieuses mais en a gardé beaucoup de nostalgie et surtout la mémoire des légendes et fantômes de ce pays nordique. Une histoire de « nisse » et de porridge provoque chez la jeune Faye une première crise d’un mal qui ne la quittera plus.
«  Il y a ce genre de moment dans toute une vie, un traumatisme qui vous fait voler en éclats, et vous transforme à jamais. »
Alors qu’elle devrait épouser Henry, le fils d’un fermier voisin, romantique et un peu niais, Faye part au Cercle, une université de Chicago. Chicago, une ville qui fait peur et qui va connaître à cette époque (1968) de graves émeutes dans lesquelles Faye se retrouvent embarquée.
Petit à petit, nous découvrons cette partie cachée de la vie de Faye.
Et en parallèle, nous suivons aussi le passé de Samuel. Sa rencontre avec Bethany et son frère Bishop.
Autant de personnages dont nous n’avons au départ qu’une parcelle d’identité, puis que nous saisissons au fur et à mesure dans leur ensemble.
«  il n’y a pas une identité vraie cachée parmi de fausses identités. Mais plutôt une identité vraie cachée parmi de nombreuses autres identités vraies. »

Cette histoire romanesque des liens familiaux et amicaux prend forme dans une peinture assez caustique de l’Amérique des années 60 et de nos jours. D’un côté une révolte du milieu universitaire et hippie contre la guerre au Vietnam et de l’autre une jeunesse plongée dans le monde virtuel pour échapper aux routines du quotidien. Avec quelle que soit l’époque, la manipulation par les médias et politiques.
«  Le danger de la télévision, c’est que les gens commencent à voir le monde à travers cette unique goutte d’eau. »

 

Les fantômes du vieux pays est un roman qui allie une histoire romanesque, une excellente analyse des rapports humains et une vision satirique du monde moderne. C’est un pavé qui ne prend toute sa puissance que dans son entièreté. Il faut donc s’accrocher sur les premières centaines de pages, passer au-delà des détails des vies et passions de chaque personnage pour extraire la substantifique moelle. Personnellement, si les personnages de Pwnage, geek très attachant, et de Laura, étudiante détestable, sont intéressants, leurs émois m’ont moins intéressée et éloignée de l’intrigue principale.
Même avec quelques longueurs, il faut tout de même reconnaître que ce premier roman est fort bien maîtrisé.

Je remercie Babelio et les Éditions Gallimard pour cette lecture.

 

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Dans une coque de noix – Ian McEwan

Titre : Dans une coque de noix
Auteur : Ian McEwan
Littérature anglaise
Titre original: Nutshell
Traducteur : France Camus Pichon
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 212
Date de parution : 13 avril 2017

 

Dans son dernier roman, Ian McEwan nous questionnait, par l’intermédiaire d’une juge aux affaires familiales sur l’intérêt de l’enfant lors des bouleversements du couple . Avec Dans une coque de noix, celui-ci est complètement ignoré des parents.
Le narrateur, fœtus dans le ventre de sa mère, en est d’ailleurs fort contrarié. A quelques semaines de l’accouchement, le fœtus se retrouve en plein complot digne du chef d’œuvre de Shakespeare, Hamlet.

Sa mère, Trudy a quitté son père, John Cairncross, un grand gaillard, poète en mal de reconnaissance, pour vivre avec Claude, le frère de John, un promoteur immobilier au discours fade et ennuyeux. Vous l’avez compris, in utero, l’enfant voue une admiration à son père et déteste cet amant qui représente tout de même un quart de son génome.
D’autant plus que ce dernier envisage de tuer John afin de pouvoir vendre la propriété familiale et abandonner l’enfant à naître avec la complicité de Trudy.
Le fœtus a une grande maturité ( Amélie Nothomb serait ravie de constater qu’elle n’est pas seule à considérer le fœtus avec la conscience et l’intelligence d’un adulte). Bien sûr, il entend toutes les conversations mais il ressent aussi les émotions de sa mère traduites et propagées dans son corps. Il profite aussi de cet éveil au monde grâce aux émissions radiophoniques qu’écoute Trudy. Drôle de monde avec ses conflits mondiaux, cette crise existentielle européenne, le changement climatique, le terrorisme. Tableau bien pessimiste alors que l’humanité n’a jamais été aussi riche!
Un complot familial, un monde pessimiste, faut-il donc naître?
«  Avoir une conscience est un cadeau empoisonné ».

Heureusement, protégé dans le ventre de sa mère, le fœtus perçoit aussi les bonnes choses de la vie et notamment la dégustation d’un bon vin ( sa mère lui permet de devenir un grand œnologue!), les extraits de poésie et même les plaisirs sexuels, quoique sentir le pénis de son oncle à quelques millimètres de son crâne est toutefois dérangeant.

Avec cet exercice assez singulier, Ian McEwan propose un récit qui ne manque pas d’humour. Transformant ce complot macabre de tentative d’assassinat du père en une farce qui hésite entre la tragédie et la comédie.
C’est un peu ce qui m’a gênée dans cette lecture. Je suis partie confiante, envoûtée par le style chaleureux de l’auteur, l’originalité du choix du narrateur, la conscience éveillée de ce fœtus qui a une grande lucidité sur son environnement proche et une analyse certes basique mais éclairée sur le monde actuel. Comment ne pas être charmée par ces descriptions voluptueuses de dégustation d’un Romanée-Conti ou amusée par les figures des ébats sexuels des amants?

Puis cette histoire de meurtre tourne un peu en rond, avec la valse des désirs et des regrets qui a toutefois le mérite de dévoiler les véritables caractères des personnages mais toujours avec cette légèreté de ton qui me séduit moins que la puissance de la tragédie.

Alors, comme d’habitude, l’écriture est superbe, l’exercice est original mais cela ne sera pas pour moi le meilleur de McEwan. Enfin celui que je préfère même si je n’ai pas boudé cette lecture.

Lu dans le cadre de la lecture commune sur l’auteur pour le Mois anglais.

La rentrée littéraire 2017, panorama par éditeur

Quelques annonces deci delà, on commence à en parler de la rentrée littéraire! Et je sais que vous attendez cet article avec impatience. Après cinq mois très riches en parutions, je me demandais quelles surprises nous pouvions encore attendre. C’était sans compter la richesse de notre panorama littéraire. Les nouveaux auteurs viennent rejoindre les talents confirmés.

Sorj Chalandon, Lola Lafon, Jean-Michel Guenassia, Véronique Olmi, Thomas Vinau, Marc Dugain, Eric Reinhardt, Yanick Haenel, Gaëlle Nohant, Joy Sorman, Patrick Deville, Stéphane Audeguy, Jean-Philippe Toussaint, Leonor de Recondo, Jean-Marie Blas de Roblès, Jean-Luc Seigle, Philippe Jaenada… pour les auteurs français.

Kamel Daoud, Kaouther Adimi, Don de Lillo, Douglas Coupland, Anna Hope, Santiago Gamboa, Jonathan Safran Foer, Ron Rash, Juan Gabriel Vasquez, Charif Majdalani, Richard Russo, Ali Zamir… côté Littérature étrangère.

Et les incontournables Amélie Nothomb et Joyce Carol Oates.

Vous en avez maintenant l’habitude, cet article s’enrichira au fil des jours.

Actes Sud:
Zabor de Kamel Daoud
Imago de Cyril Dion
L’invention des corps de Pierre Ducrozet
Les bourgeois d’Alice Ferney
La beauté des jours de Claudie Gallay
Mercy, Mary, Patty de Lola Lafon
De l’ardeur de Justine Augier
Le peuple de bois d’Emanuele Trevi
Polaris de Fernando Clemot
Zero K de Don de Lillo
Les bijoux bleus de Katharina Winckler
Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy
Les femmes sont des guitares (…) de Clemens J. Setz
Mischling de Affinity K.
L’archipel  des Solovki de Zakhar Prilepine
Brandebourg de Juli Zeh
Pour en finir avec la question juive de Jean-Claude Grumberg
Soie et fer, du Mont Liban au canal de Suez  de Fawwaz Traboulsi

Albin Michel:
Sangliers de Aurélien Delsaux
La gloire des maudits de Nicolas d’Estienne d’Orves
Le courage qu’il faut aux rivières de Emmanuelle Favier (1e roman)
De l’influence de Bowie sur la destinée des jeunes filles de Jean-Michel Guenassia
Un dissident de François-Régis de Guényveau (1e roman)
La tour abolie de Gérard Mordillat
Frappe-toi le cœur de Amélie Nothomb
Bakhita de Véronique Olmi
La nuit des enfants qui dansent de Franck Pavloff
Le songe du photographe de Patricia Reznikov
Vous connaissez peut-être de Joann Sfar
Cox ou la course du temps de Christophe Ransmayr
Les sables de l’Amargosa de Claire Vaye Watkins
Underground railroad de Colson Whitehead
La vengeance du pardon de Eric-Emmanuel Schmitt
Allary :
L’ascension du Mont-Blanc de Ludovic Escande
Leur séparation de Sophie Lemp

Alma:
Le camp des autres de Thomas Vinau
La société des faux visages de Xavier Mauméjean
Luwak de Pierre Derbé

L’Archipel:
Qu’est-il arrivé à Baby Jane? de Henry Farrell
Agnus dei de Catherine Scapula
Sissi,impératrice malgré elle de Allison Pataki
Echange fatal de Shioban Macdonald

Arlea:
Un vertige d’Hélène Gestern
Son absence de Emmanuelle Grangé
L’année prochaine à New York de Antoine Billot

Belfond :
La ville sans juifs de Hugo Bettauer
Système de Agnès Michaux
Le mal des ardents de Frédéric Aribit
Le dernier violon de Menuhin de Xavier-Marie Bonnot
Max et la grande illusion d’Emanuel Bergman (PR)
La tanche d’Inge Schiperoord
Le sympathisant de Viet Thanh Nguyen

Buchet-Chastel:
Écrit dans le noir de Michel Schneider
La sélection de Aravind Adiga
Nos vies de Marie-Hélène Lafon
La fuite de Paul-Bernard Moracchini
Dimanche de révolution de Wendy Guerra
Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner de Etienne Deslaumes
Manège de Daniel Parokia

Calman-Levy:
Le  triangle d’incertitude de Pierre Brunet
Mon voisin de Pascal Voisine
Où cours-tu William? de Denis Jeambar
Un astronaute en bohème de Jaroslav Kalfar (PR)

Anne Carrière:
Le triomphe de Thomas Zins de Matthieu jung

Le castor astral:
Une douceur de chloroforme de Patrice Delbourg
Gazoline Tango de Franck Balandier
Fleuve de Jonathan Buckley

Denoël:
Tu riras moins quand tu connaîtras les hommes de Florent Bottero
Gabrielle ou le jardin retrouvé de Stéphane Jougla
Treize jours de Roxane Gay
La bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins
Aux confins du monde de Karl Ove Knausgaard

Au Diable Vauvert:
La vie sauvage de Thomas Gunzig
Miss Wyoming de Douglas Coupland
Contes du soleil noir de Alex Jestaire
Tout sur le zéro de Pierre Bordage
Sur l’écriture de Charles Bukowski
Dans le désert de Julien Blanc-Gras

Don Quichotte:
La muette de Alexandre Lacroix
Petits remèdes à la dépression politique de Jean-Christophe Brocher ( récit)

Elyzad:
Les lendemains d’hier de Ali Becheur

Les Escales :
Et soudain la liberté de Evelyne Pisier et Caroline Laurent
Mille ans après la guerre de Carine Fernandez
La maison des Turner de Angela Flournoy (1er roman)

Éditions de Fallois:
Abus de faiblesse de Eric Deschodt

Fayard :
Le ciel ne parle pas de Morgan Sportès
Presqu’île de Vincent Jolit
Une histoire trop française de Fabrice Pliskin
Au nom des nuits profondes de Dorothée Werner
Je m’appelle Lucy Barton de Elizabeth Strout
Nitro Mountain de Lee Clay Johnson

Éditions Finitude :
Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pourchet

Flammarion :
L’ombre du Golem de Eliette Abécassis illustré par Benjamin Lacombe
American war de Omar El Akkad
L’enfant-mouche de Philippe Pollet-Villard
Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud
Un amour d’espion de Clément Benech
Parmi les miens de Charlotte Pons
Femme à la mobylette de Jean-Luc Seigle
L’art de perdre de Alice Zeniter
Le dossier M de Grégoire Bouillier
Eloge de la politique de Alain Badiou
Avec D.H. Lawrence de Catherine Millet
Requiem pour le rêve américain de Noam Chomsky
La féroce de Nicola Lagioia
Bonjour,c’est l’infirmière de Charline Gall
Une odyssée.Un père, un fils, une épopée de Daniel Mendelsohn
J’aime le sexe mais je préfère la pizza de Thomas Raphaël
Les crayons de couleur de Jean-Gabriel Causse

Aux Forges de Vulcain:
Un funambule sur le sable de Gilles Marchand

Gaïa:
Tangvald de Olivier Kemeid
Le pianiste blessé de Maria Ernestam
L’esclave islandaise- livre 2 de Steinunn Johannesdottir
Le vent l’emportera de Gunnar Staalesen

Gallimard :
Un certain M. Piekielny de François-henri Désérable
Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain
Survivre de Frederika Amalia Finkelstein
Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel
Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill
La salle de bal de Anna Hope
Comment vivre en héros de Fabrice Humbert
La chambre des époux de Eric Reinhardt
Des châteaux qui brulent de Arno Bertina
Sauver les meubles de Céline Zufferey
L’ombre sur la lune de Agnès Mathieu-Daudé
Les rêveuses de Frédéric Verger
Un élément perturbateur de Olivier Chantraine
Comme une rivière bleue de Michèle Audin
Ascension de Vincent Delecroix
La louve de Paul-Henry Bizon
Le cénotaphe de Newton de Dominique Pagnier
La rivière de Ether Kinsky
Les fantômes du vieux Pays de Nathan Hill
La fin de Mame Baby de Gaël Octavia
Cette chose étrange en moi de Orhan Pamuk

Gallmeister:
Une histoire des loups de Emily Fridlund
Le diable en personne de Peter Farris
L’envers du temps de Wallace Stegner
Tout est brisé de William  Boyle

 

Grasset:
Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls de Eivind Hofstad Evjemo
Demain sans toi de Baird Harper
Sur les traces de Paul  Gauguin de Jean-Luc Coatalem
Minuit, Montmartre de Julien Delmaire
Le déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus
Une fille dans la jungle de Delphine Coulin
Innocence de Eva Ionesco ( 1er roman)
La fille à la voiture rouge de Philippe Vilain
Kong de Michel Le Bris
Le jour d’avant de Sorj Chalandon
Mina Loy, éperdument de Mathieu Terence
Les peaux rouges de Emmanuel Brault (1er roman)
Tous les âges me diront bienheureuses de Emmanuelle Caron (1er roman)
Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau
La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez
Sur les traces de Paul Gauguin de Jean-Luc Coatalem
La nostalgie de l’honneur de Jean-René Van der Plaetsen (récit)

Harper Collins:
Les tempêtes de Meg Little Reilly

Héloïse d’Ormesson:
Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant
Le Sans Dieu de Virginie Caillé-Bastide
Je peux me passer de l’aube de Isabelle Alonso
Le monde flottant de Alan Spence
Ce que nous ne saurons jamais de Marcus du Sautoy (essai)

 

 

L’Iconoclaste:
Un bruit de balançoire de Christian Bobin
Je me promets d’éclatantes revanches de Valentine Goby
Ma reine de Jean-Baptiste Andréa
Neverland de  Thimothée de Fombelle

Joëlle Losfeld:
Les hommes de Richard Morgiève

Julliard:
Un personnage de roman de Philippe Besson
La part des anges de Laurent Bénégui
Être tellement de Jean-Luc Marty
La serpe de Philippe Jaenada
L’insoumise de la porte de Flandre de Foaud Laroui

Michel Lafon:
Sens dessus dessous de Chantal Thomass
Motel lorraine de Brigitte Pilote
La nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aube de Géraldine Danon

Robert Laffont :
Le sacrifice des dames de jean-Michel Delacomptée
David Bowie n’est pas mort de Sonia David
Tu seras ma beauté de Gwenaele Robert
Une apparition de Sophie Fontanel
Cet autre amour de Dominique Dyens
Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull de Claire Barré
C’est le coeur qui lâche en dernier de Margaret Atwood
L’écliptique de Benjamin Wood
Une colonne de feu de Ken Follet
Le zoo de Gin Phillips
L’empire de sable de Kayla Olson

JC Lattès:
Le presbytère de Ariane Monnier
Toutes les familles heureuses de Hervé Le Tellier
Trois verres de vodka de Dominique Schneidre
Les vents noirs de Arnaud de la Grange
Summer de Monica Sabolo

Léo Scheer:
Ma vie sans moi, roman de Nathalie Rheims

Liana Levi:
La nuit des béguines de Aline Kiner
Là où l’histoire se termine d’Alessandro Piperno

Louison Éditions:
Aristonomia de Boris Akounine

Éditions de la Martinière:
L’embaumeur d’Isabelle Duquesnoy
Mademoiselle, à la folie! de Pascale Lécosse (1er roman)
Les panthères grises de Patrick Eudeline
Le club des pendus de Tony Parsons

Mercure de France:
Ton père de Christophe Honoré
Une fille au bois dormant de Anne-Sophie Monglon
Indocile de Yves Bichet
Perdre la tête de Bertrand Leclair
Qui ne dit mot consent de Alma Brami
La sœur du menuiser de Mira Maguen

Métailié:
Les buveurs de lumière de Jenni Fagan
Retourner dans l’obscure vallée de Santiago Gamboa
Le fils du héros de Karla Suarez
Otages de Sherko Fatah
Les ombres de l’Araguaia de Guiomar de Grammont
Ce qui n’a pas de nom de Piedad Bonnett
Mo a dit de James Kelman

Éditions de Minuit :
Sigma de Julia Deck
Une chance folle de Anne Godard
Trois jours chez ma tante de Yves Ravey
Made in China de Jean-Philippe Toussaint

Éditions Noir sur Blanc:
Surface de réparation de Olivier El Khoury
L’été infini de Madame Nielsen
Zouleikha ouvre les yeux de Gouzel Iakhina
Défense de Prosper Brouillon de Eric Chevillard

Éditions de l’Observatoire :
Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer (1e roman)
Les jouisseurs de Sigolène Vinson
L’absente de Noël de Karine Silla
N’écrire pour personne de A.L. Snijders

Éditions de l’Olivier:
L’histoire de mes dents de Valeria Luiselli
L’avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic
Ostwald de Thomas Flahaut
L’île aux poissons venimeux de Barlen Pyamootoo
Sauver les meubles de Marion Vernoux
Me voici de Jonathan Safran Foer

Pauvert:
Les désordres du monde de Sébastien Rongier

Payot Rivages :
Sucre noir de Miguel Bonnefoy
Sous les serpents du ciel de Emmanuel Ruben

Editions Philippe Picquier:
Parce que je déteste la Corée de Kang-Myoung Chang
Mariage contre nature de Yukiko Motoya
Mémoires d’une fleur de Jacques Pimpaneau
La vie du bon côté de Keisuke Hada

PLON:
Pour te perdre un peu moins de Martin Diwo (1er roman)
La colère de Kurathi Amman de Meena Kandasamy (1er roman)
L’héritier de Joost de Vries

Éditions Philippe Rey:
Les terres dévastées de Emiliano Monge
Les complicités involontaires de Nathalie Bauer
Un jour tu raconteras cette histoire de Joyce Maynard (récit)
Le paysage perdu de Joyce Carol Oates ( mémoires)
Corn maiden de Joyce Carol Oates

P.O.L.:
Gratitude de Charles Juliet
Tout un monde lointain de Célia Houdart
Les vacances de Julie Wolkenstein
Les histoires de Franz de MartinWinckler
Notre vie dans les forêts de Marie Darrieusecq
La fonte des glaces de Joël Baqué

Editions du Rouergue:
Une mer d’huile de Pascal Morin
Les attachants de Rachel Corenblit
Encore vivant de Pierre Souchon
Assassin d’avant de Elisa Vix
Tango fantôme de Tove Alsterdal
Enfants de la meute de Jérémy Bouquin

Éditions Séguier:
Musique russe de Anne-Marie Mitterrand
Je suis l’autre de Berta Vias Mahou

Le Serpent à plumes:
Leçons de grec de Han Kang
Avant tout, se poser les bonnes questions de Ginevra Lamberti
L’enfant de l’oeuf de Amin Zaoui
Un moustique dans la ville de Erlom Akhvlediani
Les temps anciens de Niroz Malek ( octobre)

Seuil:
Nos richesses de Kaouther Adimi
Taba-Taba de Patrick Deville
Fief de David Lopez
L’empereur à pied de Charif Majdalani
Sciences de la vie de Joy Sorman
Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas
Ce qu’on  entend quand on écoute chanter les rivières de Barney Norris
Par le vent pleuré de Ron Rash
Le corps des ruines de Juan Gabriel Vasquez
Une mère de Stéphane Audeguy
Le goût de la belle vie de Maryse Wolinski
La fille à histoires de Irène Frain
Octobre 17 de Patrick Rotman et benoît Blary ( roman graphique)
Soufre de José Luis Peixoto
Mourir sous ton ciel de Juan Manuel De Prada
Mémoires secrets d’un valet de cœur de Brigitte Aubert
Danser dans la poussière de Thomas H. Cook
O ma mémoire, la poésie, ma nécessité de Stéphane Hessel

Sonatine :
Nulle part sur la terre de Michael Farris Smith
Ne fais confiance à personne de Paul Cleave
Addict de James Renner
En marche vers la mort de Gérald Seymour

Stock:
La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens
Mon autopsie de Jean-Louis Fournier
Je suis Jeanne Hebuterne de Olivia Elkaim
Gabriële de Anne et Claire Berest
Les violettes de l’avenue Foch de Simon Liberati
Demain sera tendre de Pauline Perrignon
Mes pas vont ailleurs de Jean-Luc Coatalem
Sa mère de Saphia Azzedine
Colombe sous la lune de Laurence Campa
Les rameaux noirs de Simon Liberati
Mon père, ma mère et Sheila de Eric Romand
Les talons rouges de Antoine de Baecque
La Fontaine: une école buissonnière de Erik Orsenna
Les huit montagnes de Paolo Cognetti
Les pleureuses de Katie M. Kitamura

La Table Ronde:
Jeux de dame de Thierry Dancourt
A malin, malin et demi de Richard Russo
Monarques de Philippe Rahmy
La princesse de Bakounine de Lorenza Foschini
La Bolchevique amoureuse et autres récits de Manuel Chaves Nogales

Le Tripode:
L’amour est une maladie ordinaire de François Szabowski
Mon étincelle de Ali Zamir
Les aventures de Ruben Jablonski de Edgar Hilsenrath

Verticales:
Les fils conducteurs de Guillaume Poix

Viviane Hamy:
Niels de Alexis Ragougneau
Hotel Waldheim de François Vallejo

Sabine Wespieser:
Climats de France de Marie Richeux
Point cardinal de Leonor de Recondo
Les belles de Halimunda de Eka Kurnawian

Zulma:
By the rivers of Babylon de Kei Miller
Belle merveille de James Noël
Dans l’épaisseur de la chair de Jean-Marie Blas de Roblès

Mémoire de fille – Annie Ernaux

Titre : Mémoire de fille
Auteur : Annie Ernaux
Éditeur: Gallimard
Nombre de pages : 160
Date de parution : avril 2016

 

 » C’est l’absence de sens de ce que l’on vit au moment où on le vit qui multiplie les possibilités d’écriture. »
Annie Ernaux écrit depuis des années des textes autobiographiques. Elle porte un regard distancié sur sa jeunesse, apprenant au lecteur à vivre avec ses souvenirs, ses regrets, ses doutes.
De ce roman, Annie Ernaux dit qu’il était la pièce manquante de son histoire, le récit du vécu de la fille de 58. L’évènement à l’origine de la honte.
En lisant L’évènement, L’autre fille ou La place, je pensais connaître les blessures stigmatisantes de l’auteure. Un avortement, le décès prématuré d’une sœur, le malaise de la réussite sociale face aux parents épiciers sont des raisons profondes de mal-être. Mais ce qui s’est passé dans cette colonie de S. pendant l’été 58 doit être décortiqué pour donner sens à la vie et à l’écriture d’Annie Ernaux.
 » J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est à dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue. »
Plus de cinquante ans après, cette fille de 58 en laquelle elle ne se reconnaît pas au début du travail d’écriture doit être « désincarcérée »
«  Je ne construis pas un personnage de fiction. Je déconstruis la fille que j’ai été. »
Ce qui, aujourd’hui, peut sembler banal, une première expérience sexuelle à dix-huit ans, fut pour Annie Duchesne un évènement qui perturba son comportement pendant des années et qui, aujourd’hui encore donne sens aux choix de l’auteure adulte.
Sortie de son milieu familial basé sur l’interdit, du pensionnat, Annie envie ces moniteurs libérés de la colonie. H., le moniteur-chef est le premier à la séduire, elle n’y résiste pas. Ce qui est important pour elle ne représente rien pour lui. Elle en souffre mais fait tout pour rester dans le cercle heureux de ceux qui pourtant l’humilient.
Même si la lecture du roman de Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe lui donnera les clés pour comprendre la honte, jamais elle ne parviendra à l’effacer.

En observant la fille de 58 au travers des photos et des notes retrouvées, en alternant le récit du passé et l’analyse de la femme d’aujourd’hui, Annie Ernaux donne à comprendre ce qui semblait si opaque à l’adolescente. Des évènements insurmontables qui sont pourtant les aiguillages qui guident le chemin vers la construction de soi, vers ce besoin d’écriture qui devient rapidement vital à celle qui sera une femme de lettres incontestable.

Ses romans sont un témoignage vibrant de la condition féminine des années 60. Certaines phrases ont toutefois comme un accent intemporel.
 » Chaque jour et partout dans le monde, il y a des hommes en cercle autour d’une femme, prêts à lui jeter la pierre. »

Olivier -Jérôme Garcin

Titre : Olivier
Auteur : Jérôme Garcin
Éditeur: Gallimard
Nombre de pages : 158
Date de parution : 2011, version poche en Folio, août 2012

 » J’avais tant attendu pour faire le récit de ce que j’avais toujours gardé pour moi. Et cela venait enfin, comme viennent d’irrépressibles larmes. »

Olivier, le frère jumeau de Jérôme Garcin a perdu la vie, fauché par une voiture en Juillet 1962. Il n’avait pas encore six ans. Depuis, Jérôme fête seul son anniversaire avec un constant sentiment de perte et de culpabilité.
La mort d’un enfant est un scandale, la perte d’un être cher est insurmontable, la séparation de son jumeau est un traumatisme.
Le sort s’acharne parfois sur les familles. Le père de Jérôme se tue lors d’une chute de cheval, il n’avait que quarante cinq ans.
«  Je suis escorté par deux ombres qui se ressemblent. »
A cinquante trois ans, l’auteur se sent prêt à engager une conversation avec son frère. Se souvenir de cette courte période où ils parlaient ce langage codé des jumeaux, et évoquer sa vie d’adulte sans ce frère qui fut son double, son équilibre.
 » Ce texte que je t’écris, poste restante, entrecoupé de longs silences, de rêveries inutiles, de questions en suspens, de sourires invisibles, d’émotions bien camouflées... » est certes une expression du deuil de cet autre part de lui-même mais c’est aussi une plongée dans ce qui le sauve.
C’est pour moi la richesse du livre et la part fragile de l’homme en laquelle je me reconnais.

Jérôme Garcin trouve sa respiration dans la littérature (  » pénétrer seul dans un livre, l’habiter, y vivre une autre vie, respirer un air nouveau… »). Certains auteurs ou personnages politiques touchés par le deuil ou la gémellité l’interpellent particulièrement : Philippe Forest, Michel Tournier, Jacqueline de Romilly, Lech Kaczynski.

Se perdre dans la campagne, celle de sa jeunesse à Bruay-sur-Seine ou Saint-Laurent-sur-mer ou faire de longues ballades à cheval, animal avec lequel on fait corps comme avec avec son double sont des sources d’apaisement.

Et enfin « ma famille est mon unique refuge, mon socle, ma caverne platonicienne. » Sa femme, Anne-Marie Philippe, elle aussi touchée par la mort de son père ( l’acteur Gérard Philippe) est sa force vitale. Tournée vers le futur, forte, douée pour la parole, elle lui  » a épargné cette maladie, dont on peut mourir, le mutisme et sa boule de secrets amalgamés qui grossit avec les années et finit par étouffer. »

Jérôme Garcin se livre avec beaucoup de sincérité et de sensibilité élargissant un travail de deuil à un enrichissement personnel et universel avec ses propres recherches, ses sources de réconfort et de vie. Il y a une telle empathie lorsqu’il parle des autres, notamment sa femme ou Colette, sa nounou que l’on perçoit la douceur, le besoin de chaleur, de repères chez un homme particulièrement touché. Une touchante confession.

 » Chaque expérience de deuil est unique, irréductible, en apparence incomparable, et pourtant, dès qu’elle est couchée sur le papier, elle devient universelle, chacun de nous peut s’y reconnaître. »

Retrouvez l’avis de Joëlle qui m’a accompagnée pour cette lecture.

 

Les deux pigeons – Alexandre Postel

PostelTitre : Les deux pigeons
Auteur : Alexandre Postel
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 240
Date de parution : 25 août 2016

 

 

 

 

 

 » Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre »
Mais dans le couple d’Alexandre Postel, les deux semblent s’ennuyer et pas question de voyage, ou alors dans les rêves visant à combler le manque.
Dorothée et Théodore sont faits l’un pour l’autre. Ils étaient destinés, deux prénoms en anagrammes. Elle est professeur d’histoire, tente une thèse sur Guy Mollet, il est webmestre à temps partiel pour le site d’un organisme public. Elle aurait pu avoir une meilleure carrière, elle avait commencé une Prépa Lettres mais il ne lui en reste que quelques amis qui, peut-être, sont aujourd’hui mieux placés et attisent sa jalousie ou au moins une pointe de regret.
Depuis que Dorothée et Théodore se sont installés ensemble dans un appartement du XIIe arrondissement de Paris, ils se retrouvent confrontés à la vie de couple. Meubler l’appartement en tenant compte du goût de chacun, faire des compromis, s’essayer à la cuisine.
 » peut-être, lui et Dorothée formeraient une famille, un monde clos, avec ses repères, ses références, ses traditions; ce serait doux; on parlerait de choses insignifiantes et on serait heureux. »
Oui, mais en attendant, les copains paraissent plus libres et épanouis. Eux ne profitent même pas de La vie parisienne. Ils « ne s’embrassent plus que chez eux, dans l’intimité de la nuit« .
Ils refusent cette vieillesse prématurée. Pensent à prendre un chat, s’inscrivent dans une salle de sport, essaient le tango, le ping pong, se lancent dans la déco, puis la lecture. Houellebecq, Michon, Modiano. Pourquoi pas l’écriture? Puis tombent dans l’addiction des séries télévisées. Rien que le générique est  » la répétition heureuse d’une liturgie »
«  Narcissiques et connectés« , rien ne leur procure de plaisir durable. Faiblesse, apathie, inertie, leur ennui déteint sur le lecteur.
 » Et la vie de couple, n’est-elle pas, en elle-même, une vie politique? On conduit les affaires courantes; on débat de l’avenir, du passé, des valeurs communes; on fait face à des crises, à des émeutes, parfois à des grèves. On vote des lois et on y ajoute des amendements. Si on est trop mécontent, on élit quelqu’un d’autre. »
Réaliste, pessimiste? En tout cas, pas bien engageant. Ils ne sont que des pigeons et rêvent  » de franchir les portes d’un monde bleu paon, onirique, infini, violent et doux à la fois. »
J’aurais aimé que l’auteur m’accroche davantage avec ce côté positif bien enfoui au cœur de ces deux personnages. Cela reste trop évasif, Dorothée et Théodore ne parviennent pas à m’émouvoir.

 » S’interroger sur le sens de la vie commune, c’était courir le risque de la tristesse. Ne pas le faire, c’était courir le risque de rater sa vie, de se détourner de soi-même, de découvrir au bout du chemin, que la vie à deux n’était en vérité qu’une demi-vie. »

Un couple moderne et en toile de fond un vague parallèle avec la société actuelle et notamment le climat politique. Indignez-vous! Mais rien ne semble décoller vers un réel projet.

J’avais très envie de lire cet auteur suite au bon accueil de son premier roman, Un homme effacé ( Prix Goncourt du Premier Roman en 2013), et ce titre en écho de la fable de La Fontaine me semblait prometteur. J’avoue être un peu déçue même si j’y vois un vrai regard sur le couple bobo parisien ( sans tomber dans le cliché) et sur le désenchantement de la société.

rl2016

L’intérêt de l’enfant – Ian McEwan

McEwanTitre : L’intérêt de l’enfant
Auteur : Ian McEwan
Littérature anglaise
Traducteur : France Camus-Pichon
Titre original : The Children act
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 240
Date de parution : octobre 2015

Fiona Maye est juge aux affaires familiales. C’est un métier très prenant qui pose souvent des cas de conscience afin de sauvegarder l’intérêt des enfants lors de bouleversements du couple, de différences religieuses ou de problème d’éthique. A cinquante neuf ans, elle a parfois l’impression d’être mariée au droit et regrette de n’avoir pris le temps de devenir mère. Depuis le cas où elle dût trancher sur la mort de deux enfants siamois ou la survie d’un seul au détriment de l’autre, elle peine à retrouver une sérénité d’esprit nécessaire à son couple.
Jack, son mari lui reproche de ne plus s’intéresser à sa vie de couple. Il menace de la quitter alors qu’un nouveau cas difficile se présente à elle. Adam, dix-sept ans est atteint d’une leucémie. Afin de lui administrer un traitement qui peut le sauver, l’hôpital doit envisager une transfusion sanguine, refusée par les parents et le jeune garçon, adeptes des Témoins de Jehovah. Où se trouve l’intérêt de l’enfant? Doit-on accepter sa mort ou la déchéance de son corps au nom d’une religion en laquelle lui et ses parents croient sincèrement ou doit-on faire le choix de la vie l’excluant ainsi de sa famille et de sa religion?
L’auteur, sans imposer de jugement, nous invite à réfléchir sur ce cas de conscience. Il laisse une place aux arguments du père et d’Adam. Il donne aussi un sens très fort à la rencontre du juge et du jeune garçon à l’hôpital, ou peut-être s’installe la poésie comme un sens de la vie, substitut à toute religion.
Mais l’histoire ne s’arrête pas au jugement et les tracas professionnels et personnels de Fiona s’imbriquent habilement. Où s’arrête la responsabilité d’un juge? Fiona, respectueuse de la déontologie ne peut entendre les appels du jeune Adam. Mais
 » aucun adolescent n’est une île. », loin de sa religion, Adam a besoin d’une écoute aux appels lancés dans ses poèmes.La ballade d’Adam Henry est magnifique et tellement révélatrice.
De manière concise et efficace, Ian McEwan s’empare d’un nouveau sujet humain pour ouvrir des portes à notre réflexion. Les thèmes sont nombreux : la foi, l’éthique, la jeunesse, le couple, l’engagement professionnel, l’incursion du droit dans le libre arbitre.
L’auteur fait de Fiona, un portrait de femme remarquable et nous donne à voir ses sentiments, ses interrogations ce qui la rend particulièrement émouvante. L’ensemble de ses sujets délicats se fondent dans une description très juste du monde de la justice et s’agrémentent de moments musicaux ou poétiques très vivants.

L’intérêt de l’enfant est un roman remarquable qui séduit et pose des questions fondamentales. Pour ceux qui n’auraient pas la chance de lire ce livre, un scénario est en cours d’écriture par l’auteur pour une prochaine adaptation cinématographique.

Je remercie Ariane de m’avoir accompagnée pour cette lecture. Son avis.

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