Les testaments – Margaret Atwood

Titre : Les testaments
Auteur : Margaret Atwood
Littérature canadienne
Titre original : The testaments
Traducteur : Michéle ALBARET-MAATSCH
Editeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 552
Date de parution : 10 octobre 2019

 

Après avoir dévoré le roman La servante écarlate, puis trépigné d’impatience en attendant les nouvelles saisons de la série télévisée du même nom, j’avais hâte de découvrir Les testaments.

D’une part pour connaître enfin, peut-être, quelques secrets sur Galaad ( Gilead en anglais) mais surtout pour savoir comment Margaret Atwood allait se positionner par rapport à la série.

Il est nécessaire d’avoir vu la série ( ou au moins lu le premier tome) pour se situer par rapport aux trois témoignages que divulgue ce nouveau roman de la passionnante auteure canadienne.

Au coeur d’Ardua Hall, sanctuaire des Tantes, nous retrouvons Tante Lydia. Son passé se dévoile. Aujourd’hui , à la fin de sa vie, respectée et crainte  de tous, elle met en place un nouveau projet.

Les deux autres témoignages sont ceux de la nouvelle génération. D’une part, une jeune fille, Agnès, qui a grandi à Galaad dans le foyer d’un Commandant et de son Épouse. A la mort de l’Épouse, la nouvelle femme du Commandant, soucieuse de se débarrasser d’Agnès, programme son mariage avec le plus vieux et plus cruel Commandant. D’autre part, nous faisons la connaissance de Daisy, élevée au Canada par un couple oeuvrant secrètement pour Mayday, organisation qui veut faire tomber Galaad. Chacune va apprendre bien des secrets sur sa naissance et aura un rôle crucial dans le projet de Tante Lydia. Difficile d’en dire davantage sans dévoiler les secrets.

« Il arrive que les totalitarismes s’effondrent, minés de l’intérieur, parce qu’ils n’ont pas réussi à tenir les promesses qui les avaient portés au pouvoir; il se peut qu’ils subissent des attaques de l’extérieur; ou les deux. »

Malgré la forme de témoignages, ce récit est particulièrement addictif. Les pages se tournent avec envie. L’envie de connaître enfin l’avenir de Galaad.

Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre la diffusion de la quatrième saison de la série.

Gaeska – Eirikur Örn Norddahl

Titre : Gaeska
Auteur : Eirikur Örn Norddahl
Titre original : Gaeska
Traducteur : Eric Boury
Editeur : Métailié 
Nombre de pages : 272
Date de parution : 5 septembre 2019

Ecrit en premier, juste avant la crise financière de 2008, Gaeska est le troisième roman d’Eirikur Örn Norddahl paru en France après Illska et Heimska. Cet auteur islandais est un phénomène littéraire, un poète avant-gardiste qui possède un regard critique sur l’évolution du monde et de l’Europe en particulier. Dans une orchestration assez complexe, il met en évidence les dérives de nos sociétés, n’hésitant pas choquer, à forcer la dose pour inquiéter.

Avec Gaeska, nous commençons avec une conséquence dramatique de l’ambiance à Reykjavik; des femmes sautent dans le vide depuis la plus grande tour de la capitale islandaise. Freyleif en sera le symbole.

« Les femmes meurent. C’est une réalité incontournable. Elles tombent des immeubles, mal attifées et désespérées. Les hommes, eux, siègent au Parlement. »

Féminisme mais aussi politique en cette période de basculement. Car les hommes aussi ont du vague à l’âme. Halldor ne croit plus en la politique, il déserte le Parlement où il siège encore pour le parti conservateur. 

«  Un jour, on comprend tout bonnement qu’il est temps d’aller de l’avant. De faire ce qu’on avait l’intention de faire. D’être celui qu’on est convaincu d’être. Si on veut mériter le qualificatif d’humain. »

Comment supporter le racisme, l’égoïsme de la classe dirigeante? La folie des personnages est à l’image de la folie du monde. Mêle la nature participe avec la tempête et le feu sur le mont Esja.

« Deuxièmement, je comprends très bien que les gens passent leur temps à râler et pleurnicher. La météo est tout simplement exécrable. Tout le monde est tellement centré sur sa petite personne que ça ne laisse pratiquement au une place pour le reste, à part quand il s’agit de s’apitoyer sur son sort et de nourrir une hostilité fluctuante envers ses semblables. »

Milly, la femme de Halldor, représentante d’un autre parti politique, les sociaux-démocrates profitera de la « révolution des casseroles », frappée du sceau des valeurs féminines. Elle sera nommée Premier ministre d’un gouvernement de femmes. Après avoir tenté d’obtenir un soutien financier auprès du directeur du FMI, plus porté sur le sexe que la politique, elle devra faire preuve de bonté, d’humanité pour absorber les quatre-vingt-dix millions de réfugiés qui arrivent en Islande.

«  Peut-être que la seule solution pour s’en sortir consistait à s’occuper des autres. »

La lecture d’Eirikur Örn Norddahl n’est jamais facile. Il faut supporter ses exagérations, ses phrases choc, ses images crues, sa façon de critiquer notre monde abîmé par le mensonge, la mondialisation, le progrès. Mais son regard, pour ce roman pourtant écrit en 2006, est percutant. Trafic routier, gaspillage alimentaire, abêtissement des programmes de télévision, perte de valeurs, défiance envers les politiques, racisme, féminisme, fracture sociale, Eirikur Örn Norddahl est un visionnaire ou du moins un observateur perspicace de nos sociétés. 

Profiter d’un tel regard mérite bien un petit effort. 

Les femmes sont occupées – Samira El Ayachi

Titre : Les femmes sont occupées
Auteur : Samira El Ayachi
Éditeur : L’Aube
Nombre de pages : 248
Date de parution : 5 septembre 2019

 

Changement de décor. L’homme, le mari, le père est parti. Laissant seule la mère avec son Petit Chose. Samira El Ayachi dépeint avec humour et réalisme le quotidien d’une mère célibataire.
 » Que deviennent les rêves des femmes une fois passées du côté de la maternité? »
La narratrice, auteur et metteuse en scène, ne voit plus aucune issue possible à sa vie personnelle.

Le jour de ses 33 ans, elle reçoit en lettre recommandée la demande de divorce. La répartition des charges ne prend en compte que l’argent. Le père, grand seigneur, laisse la garde de l’enfant à la mère. Ses engagements professionnels ne lui permettent même pas d’assurer un week-end sur deux. Pense-t-on aux ambitions professionnelles de la mère?

La justice est un homme et en plus l’absent sera glorifié par l’enfant grandissant. La mère rêve de s’accorder une soirée de repos. Comment danser, travailler, vivre, son enfant collé au corps. Sans dame de secours, sans aide sociale, sans épaule secourable pour se reposer.

Ce récit n’est pas celui du désespoir car l’auteur a beaucoup d’humour. Un humour qui n’en cache pas moins quelques vérités.

 » La femme moderne a une petite fenêtre de temps pour réaliser le quartet gagnant. 1) Réussir sa vie professionnelle. 2) Trouver le bon mec. 3) faire un ou deux enfants. 4) rentrer quand même dans un 36 avec des fesses super bombées. s’épanouir, dit-on. Se réaliser. S’émanciper. Le tout en très peu de  temps. »

Samira El Ayachi évoque toute la complexité du rôle de la femme moderne. Le besoin de se reposer sur une épaule forte, le conditionnement des femmes à rester dans leur rôle ancestral, la force de cette nouvelle génération qui fait peur aux hommes, l’envie légitime de maintenir ses jardins secrets ou de s’engager professionnellement sans culpabiliser sur l’instinct maternel, la peur du qu’en dira-t-on face au divorce. Il y a bien sûr, la difficulté de tout assumer pour les mères célibataires mais elle n’oublie pas que bon nombre de femmes en couple portent la famille sur leurs frêles épaules.

A l’heure où les femmes osent enfin mettre sur la table leur sac de linge sale sur les réseaux sociaux depuis l’affaire Weinstein, il est temps de faire évoluer la société, de crever le mythe de la famille normale. Les femmes sont-elles prêtes à assumer qu’elles n’ont à se soumettre à personne, même pas à leur enfant?

Un roman en apparence léger, qui soulève pourtant bien, non sans humour, la problématique actuelle.

Et soudain, la liberté – Evelyne Pisier, Caroline Laurent

Titre : Et soudain, la liberté
Auteur : Evelyne Pisier, Caroline Laurent
Editeur : Les Escales
Nombre de pages : 448
Date de parution : 31 août 2017

Lucie est née à Hanoï lorsque son père, pétainiste et maurassien était en poste en Indochine. Lors de la guerre avec le Japon, sa mère, Mona, et elle ont subi l’enfermement, la faim, la maltraitance dans un camp de prisonniers. Et pourtant, André, a choisi (un peu contraint) de retourner à Saïgon après l’indépendance du Vietnam jusqu’à l’arrivée des américains. Plus tard, ils s’installeront en Nouvelle-Calédonie, ancienne colonie devenue territoire français.
Comme toutes les petites filles, Lucie aime son père. Jusqu’à ce qu’elle comprenne le racisme, le sexisme de cet homme par des faits et gestes envers les domestiques, ses amies, sa femme.
Si Mona et Lucie avaient appris à se taire, elles s’émancipent en Nouvelle Calédonie. Mona rencontre une bibliothécaire qui lui fait découvrir Simone de Beauvoir et prend un amant. Lucie a une amie juive mais souffre des extravagances de son père.
Après le divorce (le premier et le second avec le même homme car Mona a beau devenir féministe, elle n’en est pas moins esclave de son corps), Mona et Lucie s’installent à Paris et militent pour les droits de la femme, les idées révolutionnaires. Lucie aura même une aventure avec Fidel Castro lors d’un voyage d’étudiants avec l’Union des Etudiants Communistes dirigé par Victor qui deviendra plus tard son mari et le père de ses enfants.

Ce résumé est celui de la partie romancée de la vie d’Evelyne Pisier (Lucie). A part celui de Fidel Castro, tous les noms ont été changés. Certains personnages comme celui (très intéressant mais trop rapide) de la bibliothécaire sont même inventés. Dans cette version, aucune mention de la soeur d’Evelyne (Mona n’aura ici que deux enfants).

Pourquoi ce parti pris d’un roman alors que les éléments biographiques apparaissent nettement dans les intermèdes de Caroline Laurent, l’éditrice qui a repris le manuscrit d’Evelyne Pisier après sa mort et à la suite d’un long travail avec elle. Toucher la corde sensible des lecteurs, respecter la volonté d’Evelyne? Mais dans ce cas, pourquoi citer Marie-France Pisier, Bernard Kouchner dans les apartés? Pourquoi Caroline Laurent donne-t-elle un semblant d’analyse et d’universalité en ajoutant son propre vécu ou celui de sa mère sur le racisme et le sexisme.
«  La voix d’Evelyne me revient : « Je n’arrive pas à « romancer ». » Dans mon langage, romancer signifie rendre romanesque; pas romantique. Mais Evelyne était capable de planter une assemblée d’universitaires émérites pour suivre le dernier épisode des Feux de l’amour, alors « romantique » pourquoi pas, si c’est rester à l’écoute des émotions, et mieux, des sensations. »
Est-ce l’ambiguïté du personnage d’Evelyne (révolutionnaire et romantique, parlant de Fidel Castro mais refusant de parler de sa soeur) qui donne cette indécision au récit? Ou est-ce l’hésitation de Caroline Laurent entre respect de son auteur et tentation de romancer pour accrocher le lecteur qui me perturbe à la lecture?
Il est clair que certaines scènes, même si elles sont efficaces, sont théâtrales. Par exemple, celle du croûton de pain revendiquée par l’éditrice.

Il me semble que Caroline Laurent a hésité sur la manière de restituer aussi fidèlement que possible cet héritage délicat de celle qui était devenue son amie. De ce fait, ce roman, intéressant témoignage d’une époque ( même si il est pour moi un peu trop en arrière-plan), reste une belle histoire agréable à lire mais qui me laisse perplexe sur l’intention.

J’ai lu ce roman dans le cadre du jury du Grand Prix des Lectrices Elle 2018.

La servante écarlate – Margaret Atwood

Titre : La servante écarlate
Auteur : Margaret Atwood
Littérature canadienne
Titre original: The handmaid’s tale
Traducteur : Sylviane Rué
Éditeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 544
Date de parution : 1987, 2005, 8 juin 2017

Le roman de Margaret Atwood, écrit en 1985, revient en force dans les librairies grâce à la diffusion au printemps dernier de la série, The handmaid’s tale réalisée par Bruce Miller avec Elizabeth Moss dans le rôle principal.
Symbole de l’Amérique anti-Trump depuis que des contestataires habillées en Servantes Écarlates ont manifesté lors du débat au Texas sur la loi anti-avortement.
Récemment, Emma Watson, toujours prompte à réagir pour la cause féministe, a créé une belle opération commerciale en dissimulant des exemplaires du roman publié récemment par Pavillons Poche dans les rues de Paris.
Mais qu’en est-il de ce roman aussi avant-gardiste que le 1984 de George Orwell?

Le contexte n’est pas sans rappeler les éléments de certaines dystopies plus récentes. Nul doute que ce récit a inspiré plus d’un auteur. Pollution, médicaments, contraceptifs, avortements sont vraisemblablement les causes de la baisse de la natalité dans la République de Gilead, cette société dystopique et totalitaire. Les femmes sont divisées en castes, chacune respectant un code couleur vestimentaire.
Finie l’anarchie où «  notre société se mourait, disait Tante Lydia, à cause de trop de choix. ». Le pouvoir est aux mains des Commandants. Leurs Épouses, souvent stériles, emploient des Servantes  pour procréer avec leur mari.
«  Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout: vases sacrés, calices ambulants. »
En cas d’échec ou de rébellion, les punitions corporelles infligées par les Tantes, celles qui dirigent le Cercle Rouge peuvent aller jusqu’à l’exécution lors des journées de Rédemption ou à la déportation dans les colonies.
Defred est utilisée par le Commandant et sa femme, Serena Joy. Elle se souvient de sa vie précédente auprès de Luke et de sa petite fille. Que sont-ils devenus? Femme de divorcé, Defred fut pourchassée et ne put choisir que le moindre mal, devenir une Servante Écarlate.

La construction du récit rend la lecture addictive. Découverte de cette société dystopique avec ses règles et ses abus, flashs du passé de Defred, mystère de l’ancienne servante de Serena Joy, espoirs de la narratrice auprès de ses amies, du Commandant ou du chauffeur, pas de temps mort dans ce roman.

Dans une postface, l’auteur imagine un débat historique autour de la République de Gilead. Car si ce roman est une œuvre de science-fiction, chaque élément a existé ici ou ailleurs.
L’on comprend facilement pourquoi ce roman devient aujourd’hui un symbole pour les féministes.
«  Nolite te salopardes exterminorum »
«  Ne laissez pas les salauds vous tyranniser. »

Retrouvez d’autres avis pour cette lecture commune sur le site de Yuko.

Un mot sur Irène – Anne Akrich

AkrichTitre : Un mot sur Irène
Auteur : Anne Akrich
Éditeur : Julliard
Nombre de pages : 216
Date de parution : 19 août 2015

Auteur :
Née à Paris en 1986, Anne Akrich est d’origine polynésienne et tunisienne. À l’âge de douze ans, elle part pour Tahiti ou elle passera toute son adolescence avant de retrouver la capitale et de poursuivre des études de littérature à la Sorbonne. Elle a commencé un doctorat sur les adaptations cinématographiques d’À la recherche du temps perdu, l’a interrompu pour aller à New York écrire le scénario d’un long métrage de fiction avec Jerry Schatzberg, et de retour à Paris, s’est lancée dans l’écriture de son premier roman, Un mot sur Irène. En parallèle, elle travaille, depuis son lancement, pour le journal Le 1, dirigé par Éric Fottorino

Présentation de l’éditeur :
Un parfum de scandale sexuel flotte dans le milieu universitaire depuis la mort, à New York, d’Irène Montès, une intellectuelle de renom. Alors qu’elle devait donner une importante conférence sur les gender studies, son cadavre a été retrouvé nu dans une chambre d’hôtel, au côté d’une poupée gonflable. Mais qui était-elle vraiment ?
À travers les yeux de son mari, Léon Garry, professeur à la Sorbonne, la flamboyante personnalité d’Irène nous est peu à peu dévoilée, tout comme la relation trouble qui unissait les deux époux. Jadis mentor d’Irène, Léon était devenu son pantin, dans un théâtre de la cruauté qui le condamnait au rôle de voyeur. Jusqu’ou peut dériver un homme dont les fantasmes inassouvis brouillent la perception du réel et de l’imaginaire ?
Porté par une écriture et un érotisme vibrants, ce récit crépusculaire fouille les arcanes du couple dans ses replis les plus intimes.

Mon avis :
Dans un univers sulfureux, Anne Akrich donne une force atypique et énigmatique à ses personnages. Irène a la grâce qui attire hommes et femmes, jeunes étudiantes, le mystère d’une vie mouvementée et incertaine telle la Marquise de Merteuil dans Les liaisons dangereuses, la culture d’une professeur émérite réclamée pour des conférences par les grandes universités américaines.
Son mari, Léon, professeur de littérature à la Sorbonne est sûrement son premier admirateur, même si la littérature érotique féminine qui fait le succès de sa femme n’est pas vraiment son domaine. Peut-être jaloux de sa popularité, lui rêve de devenir Président de la Sorbonne et surtout d’écrire enfin ce roman qui le porte depuis tant d’années.
 » Un roman. Cela fait trente ans que Léon s’attelle à cette tâche, sans succès. C’est horrible à observer. Une douleur sans pareille. Et aujourd’hui, je crois pouvoir l’affirmer, jamais il n’écrira de roman. »
Avec en toile de fond l’affaire DSK, et en référence l’affaire Louis Althusser, Anne Akrich construit une histoire prenante de conspiration et manipulations tournant au drame avec une descente progressive vers la folie.
Léon démontre que  » l’amour et la souffrance sont une seule et même chose. »
Irène, féministe mais aussi très attachée à son mari devient  » cette tempête tropicale qui dévaste la vie de Léon« .
Anne Akrich possède l’art de construire des ambiances qui montent progressivement en pression. Ses personnages complexes se densifient ainsi au fil de la progression de l’intrigue.
Si je ne suis pas complètement envoûtée par le sujet de ce roman, je retiens le nom de l’auteur qui est sûrement vouée à un bel avenir d’écrivain.

N’hésitez pas à consulter les avis de Cultur’elle et des autres lecteurs du Projet sur le groupe public Facebook.

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