La serpe – Philippe Jaenada

Titre : La serpe
Auteur : Philippe Jaenada
Editeur : Julliard
Nombre de pages : 648
Date de parution : 17 août 2017

 

Sulak, La petite femelle, La serpe, je ne lisais que des chroniques dithyrambiques sur le style et l’univers de Philippe Jaenada. L’épaisseur de ces romans m’ont souvent incitée à la procrastination. Sélectionné dans la catégorie Romans du jury de Décembre du Grand Prix des Lectrices Elle, je ne peux que me lancer dans ce pavé dont la couverture me fait penser à une partie de Cluedo.
Philippe Jaenada s’inscrit désormais en justicier des accusés atypiques comme Bruno Sulak, voleur gentleman, Pauline Dubuisson, condamnée lourdement par misogynie pour le meurtre de son amant ou avec La serpe pour Henri Girard, accusé d’un triple meurtre.
Si, comme moi, vous ne connaissez pas Henri Girard, vous découvrirez sa vie aventureuse en première partie. Fils unique de familles de «  têtes hautes », Henri dilapide l’argent de la famille. Agé de neuf à la mort de sa mère, il est devenu «  insolent, menteur, provocateur et cynique. » Ruiné, il s’exile plusieurs années en Amérique du Sud. Au retour sur Paris, ses aventures lui donnent des idées d’écriture. Sous le pseudonyme de Georges Arnaud, il connaît quelques succès littéraires, notamment avec Le salaire de la peur qui deviendra un grand film de Henri-Georges Clouzot et ensuite avec des enquêtes à la défense de grandes injustices ( peut-être une des raisons de l’intérêt de Jaenada, outre le fait que Henri Girard soit le grand-père d’un de ses meilleurs amis).
Mais que s’est-il passé entre la période du fils rebelle et celle de l’aventurier et de l’écrivain? Les meurtres atroces à coups de serpe de son père, de sa tante et de la bonne dans leur château d’Escoire. Tous les détails sont consignés dans la seconde partie.
A ce stade ( un petit tiers du livre), je me questionne, que me réserve l’auteur? Où va-t-il m’emmener? Que peut-il encore me dévoiler de la vie d’Henri Girard?
Et bien, l’auteur va décortiquer toutes les pièces du dossier, reprendre toutes les petites phrases oubliées pour tenter de dégager, si ce n’est une vérité, au moins une forte présomption dans une affaire irrésolue pour laquelle, Henri Girard, évident coupable fut relâché suite à l’excellent travail de son avocat, Maurice Garcon.
«  Ce que j’aime bien, ce sont les petites choses, le rien du tout, les gestes anodins, les décalages infimes, les miettes, les piécettes, les gouttelettes – j’aime surtout ça parce qu’on a pris l’habitude, naturelle, de ne pas y prêter attention; alors que ces décalages infimes et les gouttelettes sont évidemment aussi importants que le reste. »
L’auteur est conscient de pouvoir perdre son lecteur, «  je sais que tout cela est assez compliqué, tordu et rébarbatif, je m’en excuse » mais il continue de creuser son tunnel, de prendre et reprendre les faits et les déclarations des uns et des autres.
Et ce ne sont pas les digressions, apparemment habituelles chez l’auteur, qui m’ont déplu. Bien au contraire, elles furent pour moi, des respirations salutaires, des éclaircies au coeur d’une enquête bien trop lourde et répétitive.
Je salue l’intelligence et la ténacité de l’auteur dans cette quête méticuleuse de la vérité mais personnellement, quand un livre ne m’apprend rien ( à part la vie de l’auteur du Salaire de la peur), je peine à accrocher sur autant de pages.
Maintenant, je sais ( donc j’ai tout de même appris quelque chose) qu’il est inutile pour moi de programmer les lectures de Sulak ou La petite femelle.
Pas de souci pour l’auteur, il a de nombreux fans.

Les avis «  coups de coeur » de Joëlle, Caroline

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La disparition de Josef Mengele – Olivier Guez

Titre : La disparition de Josef Mengele
Auteur : Olivier Guez
Éditeur : Grasset
Nombre de pages : 240
Date de parution : 16août 2017

C’est avec la minutie, la distance nécessaire, le professionnalisme d’un journaliste qu’Olivier Guez nous entraîne dans cette enquête sur la fuite de Josef Mengele, le médecin nazi surnommé l’ange de la mort depuis ses expériences visant à atteindre la pureté de la race dans le camp d’Auschwitz de mai 1943 à janvier 1945.

En juin 1949, Joseph Mengele débarque seul à Buenos Aires sous le nom de Helmut Gregor. Sa femme Irène et son fils Rolf n’ont pas souhaité le suivre. Aidé par un réseau d’anciens nazis déjà bien installé en Amérique du Sud, Mengele profite dans un premier temps de l’admiration de Juan et Evita Perón pour le fascisme.
« A la fin des années 1940, Buenos Aires est devenue la capitale des rebuts de l’ordre noir déchu. »
Adolf Eichmann y débarquera aussi en juillet 1950.

Grâce à l’argent de l’entreprise familiale des Mengele et au vaste réseau nazi, Mengele qui, entre temps a épousé sa belle-sœur par intérêt, vit tranquillement et richement en Argentine jusqu’à la guerre civile et la fuite de Perón au Panama.
Mais L’Allemagne se réveille, des juifs témoignent. En 1956, un mandat international est lancé contre Eichmann. Mengele, apeuré s’enfuit au Paraguay. Il obtiendra la nationalité paraguayenne en novembre 1959.

Après l’arrestation d’Eichmann, le Mossad s’intéresse à Mengele qui fuit, cette fois au Brésil. Un couple de fermiers, Geza et Gitta Stammer accepte de l’héberger, moyennant des récompenses financières de plus en plus exigeantes. Il faut dire que cet hôte est particulièrement encombrant et désagréable.
La traque se resserre de plus en plus, Mengele vieillit et devient de plus en plus acariâtre.

Le récit de Olivier Guez, sans jugement, se concentre sur les faits. Mais les aléas internationaux de la traque, le soutien intense du réseau nazi, les relations personnelles de Mengele avec ses proches mettent en évidence la complexité et l’atrocité du sujet. Nul besoin de s’attarder sur l’évocation de ses agissements pendant la guerre, de son comportement odieux pour comprendre toute la noirceur de cet homme.

Rolf, le fils de Josef Mengele évoque pourtant la question philosophique inévitable du devoir, de la responsabilité individuelle ou collective, du remords éventuel dans cette tragédie.
«  Le vieux n’éprouve-t-il aucun regret, aucun remords? Est-il la bête cruelle que les journaux décrivent? Est-il à ce point malfaisant et dégénéré? Peut-il l’aider à sauver son âme? Et lui, Rolf, est-il un être mauvais par sa faute? »
Peut-on encore se demander si ces nazis tortionnaires n’étaient « qu’un rouage parmi d’autres » et n’ont fait que leur devoir de soldat, ni plus ni moins qu’un pilote qui largue ses bombes sur une ville en territoire ennemi ?

D’une belle écriture littéraire, Olivier Guez propose davantage une enquête. Certes passionnante, juste et bien documentée. Mais le sujet reste difficile et le personnage si détestable que je ne serais pas allée naturellement vers ce roman. Constater qu’un tel bourreau s’en tire si bien en continuant à profiter des autres est insupportable. Mais cela ne peut être reproché à l’auteur.

Pour compléter votre lecture, dans un genre différent,plus romancé, je vous conseille Wakolda de Lucia Puenzo.

J’ai lu ce roman en tant que jurée du Prix Landernau.

Personne n’a oublié – Stéphanie Exbrayat

Titre : Personne n’a oublié
Auteur : Stéphanie Exbrayat
Éditeur: Terra Nova
Nombre de pages : 272
Date de parution : 1 février 2017

Nous sommes au début des années 60, période où les femmes étaient soumises aux décisions de leur mari. Elles ne pouvaient ni travailler ni ouvrir de compte en banque sans l’autorisation de leur époux. Ce qui, lorsque l’on est marié par nécessité à un homme violent au passé sombre, est une véritable prison.
Colette, enceinte d’un amoureux de jeunesse mort dans un accident, est contrainte d’épouser un homme rapidement. Les filles mères étaient mal vues en 1954. Le docteur Verdier lui propose deux prétendants : François Guillot, un étranger au village, balafré et taiseux ou Robert, un ami de son père, bedonnant et aviné.

 » Souvent, Colette s’était demandé comment sa mère, si cultivée et intelligente, s’était retrouvée à partager son lit avec ce butor qu’était son père. Quand elle s’était mariée avec François, elle avait compris que les femmes ne décidaient pas de leurs vies et que parfois l’histoire se répétait. Elle aussi avait épousé un rustre. »

Cantonnée à un rôle de femme au foyer, Colette trouve son bonheur auprès de son fils, Sam. L’enfant, pour échapper à la violence de François se réfugie souvent dans sa cabane dans les bois.
Un dimanche où Colette laisse Sam à la maison avec François pour aller à la messe, l’enfant se tue en tombant du deuxième étage de la grange, un endroit où sa mère lui avait pourtant interdit d’aller.
«  Je ne saurais faire mon travail de deuil sans connaître la vérité. » Colette promet sur la tombe de son fils d’enquêter sur les circonstances de sa mort.

Avec l’aide de sa voisine et seule amie, Madeleine, Colette tente de mettre en évidence la culpabilité de François.
Stéphanie Exbrayat développe une enquête bien ficelée. En dévoilant petit à petit le passé des différents protagonistes, en multipliant les péripéties, l’auteur accroche le lecteur, suscite l’envie de tourner les pages et de suivre l’enquête vitale de cette mère déterminée à tenir la promesse faite à son fils.
Si je regrette un passage de romance ( je suis toujours un peu allergique à ce côté « fleur bleue »), je dois avouer que l’auteur maîtrise sa construction et nous emmène vers des sombres passés assez inattendus et réalistes.

Un style simple et un scénario efficace font de ce premier roman une lecture aisée mais qui accroche son lecteur.

Les vérités provisoires – Arnaud Dudek

DudekTitre : Les vérités provisoires
Auteur : Arnaud Dudek
Éditeur: Alma
Nombre de pages : 186
Date de parution : 16 février 2017

L’ambition d’Arnaud Dudek, le point qu’il se fixe comme objectif est de donner du plaisir au lecteur. Une fois de plus, avec ce quatrième roman, il parvient à nous captiver, nous faire sourire et nous émouvoir.

Le sujet de départ est pourtant sombre. Céline Carenti, une étudiante de vingt-deux ans est portée disparue. Un dimanche marin, elle est allée acheter une baguette et personne ne l’a plus revue depuis.
Deux ans après, sa mère est partie oublier à l’étranger, son père porte sa peine et s’investit dans des associations et son frère, Jules s’installe dans l’appartement de Céline.
En vivant dans ses murs, le manque de sa sœur s’amplifie, les questions affluent. Deux ans après, il interroge les gens qui ont connu Céline, il reprend contact avec l’inspecteur autrefois chargé de l’enquête.
 » Il a été prouvé que le récit détaillé d’un évènement évolue naturellement selon l’accueil, l’attitude, les réactions de ses auditeurs successifs. »
Jules est un personnage étonnant. Légèrement autiste, menteur invétéré, il est  » un véritable handicapé des relations humaines. »
Sa rencontre avec Bérénice, une jeune étudiante dynamique qui habite l’étage du dessous, pourrait éclairer son regard.
Jules nous entraîne dans son enquête, une quête qui l’emmène surtout à la vérité de ses sentiments.

Arnaud Dudek a un regard clinique sur ses personnages, une vision personnelle sur les évènements comme un observateur externe qui nous fait participer à sa façon de voir les choses.
En parlant de Jules  » Précisons également qu’il est plutôt mignon dans son genre. Certes, nous n’avons pas affaire à un beau gosse musclé qui inonde sa page Facebook de photos de lui en slip. Ce n’est pas, disons, une beauté spectaculaire. Il n’est pas de la caste populaire des chênes; son corps et ses manières le classent dans la famille des roseaux. » C’est cette façon d’incarner ses personnages qui nous prend à parti, nous rend sympathiques ces êtres dynamiques et touchants par leur fragilité. Il faut beaucoup aimer ses personnages et la nature humaine en général pour les croquer de cette façon.

Un roman équilibré, rythmé, touchant, empli de bonne humeur malgré un sujet plutôt lourd sur la disparition d’un être cher.

Le parfum de l’hellébore – Cathy Bonidan

 

BonidanTitre : Le parfum de l’hellébore
Auteur : Cathy Bonidan
Editeur : La Martinière
Nombre de pages : 304
Date de parution : 12 janvier 2017

L’ hellébore est aussi appelé l’herbe aux fous car dans l’Antiquité elle était considérée comme un remède à la folie.

En septembre 1956, Anne est contrainte par ses parents de quitter Cesnas pour aller travailler dans le centre psychiatrique dirigé par son oncle, Jean-Pierre Falret en région parisienne. Un éloignement punitif dont nous connaîtrons les raisons bien plus tard.
Dans un style un peu victorien, Anne écrit en secret à sa meilleure amie de lycée, Lizzie, qui fait des études de psychologie sociale à la Faculté de Lettres de Bordeaux. Elle lui raconte son travail au centre psychiatrique, un travail qui va très rapidement la passionner. Contrairement au personnel du centre, Anne a la volonté d’écouter les malades. Elle se lie d’amitié avec Béatrice, une adolescente internée par ses parents pour anorexie. La correspondance d’ Anne s’intercale avec le journal intime de Béatrice. Anne et Béatrice s’étonnent aussi de l’étrange comportement de Gilles, un garçon autiste.
Pour Anne, il devient évident que le personnel du centre ne comprend pas les malades. Comment peut-on interdire la lecture à Béatrice alors que les livres sont pour elle le seul réconfort? Pourquoi ignorer les crises de Gilles et le vouer à l’asile comme le souhaitent ses parents alors que le jeune garçon fait de réels progrès avec Serge, le nouveau jardinier ténébreux?
 » Cet homme disperse autour de lui une quiétude qui agit sur ceux qui le côtoient. »
Sans connaissances particulières en psychologie, Anne ne comprend pas les agissements des médecins. Elle demande souvent de l’aide à son amie Lizzie. Petit à petit, elle ose intervenir auprès de son oncle mais elle ne comprendra que trop tard que celui-ci avait pourtant créé un des premiers centres modernes où le malade est respecté.
 » Les jeunes qui atterrissaient dans le centre trouvaient le plus souvent une vraie famille entre ses murs. Les yeux de la cuisinière débordaient de bonté, comme ceux d’une mère portés sur ses enfants. Les infirmiers et les aides soignantes, quoique très professionnels, se comportaient parfois davantage comme des grands frères ou des grandes soeurs. »

La seconde partie du roman se déroule de nos jours avec l’enquête de Sophie, une éternelle étudiante de vingt-huit ans qui fait une thèse sur les jeunes en hôpital psychiatrique de 1945 à 1960. Mathieu la met sur la piste du centre Falret, détruit par un incendie en 1978. Elle y retrouve des documents qui la mettent sur la piste d’Anne et de Gilles. Son enquête professionnelle devient vite une quête personnelle entretenue par la découverte au compte goutte de lettres entre Anne et Lizzie.

Le premier roman de Cathy Bonidan marque par son sujet avec l’émotion inévitable de ces jeunes filles confrontées à l’anorexie, le touchant rapprochement entre un jeune autiste et un mystérieux jardinier et l’impression d’impuissance de la science. Anne se révèle être une personne touchante, fidèle en amitié, un peu naïve en privilégiant l’instinct aux études médicales mais déterminée et passionnée.
Sophie, certes aussi marquée d’une fêlure personnelle fait davantage figure d’enfant gâtée refusant d’affronter la maturité. Cette seconde partie me semble moins bien maîtrisée. L’auteur allonge le récit en laissant découvrir la correspondance d’Anne au compte goutte et tombe un peu trop dans le sentimentalisme et la romance pour capter mon intérêt jusqu’à la fin.

Coup de coeur pour Mylène.

L’administrateur provisoire – Alexandre Seurat

SeuratTitre : L’administrateur provisoire
Auteur : Alexandre Seurat
Editeur : Le Rouergue
Nombre de pages : 192
Date de parution : 17 août 2016

Le talent d’Alexandre Seurat est de savoir prendre la distance nécessaire pour retracer un fait divers comme dans son premier roman La maladroite ou comme ici pour mettre à jour un secret de famille qui empoisonne plusieurs générations. Il évite ainsi l’écueil du sordide, du malsain ou du pathos.
La fin tragique du frère du narrateur lève le voile sur l’indicible passé d’un arrière grand-père. Raoul H. fut de juin 1941 à mars 1943 administrateur provisoire pour le commissariat général aux questions juives. Ce que des générations ont caché parce qu’il ne sert à rien de remuer un passé encombrant, parce que l’on finit par croire que l’époque était différente, rejaillit sur les jeunes qui découvrent avec horreur la Shoah. Pour ce frère qui voulait se faire tatouer sur le bras le numéro de déporté de Primo Levi, « il y avait comme une bombe » en lui.
« Ma mère ne comprend pas pourquoi mon frère est hanté par la Shoah. Quand il rentre de sa visite d’Auschtwitz, avec sa classe de lycée, il est possédé par la haine, un désir de vengeance, les mots qu’il dit, il les lâche vite, dans la rage. »
Le narrateur enquête auprès des frères de sa mère puis aux Archives nationales pour comprendre qui fut vraiment Raoul H. . Si la famille reste toujours dans le doute, le demi-silence, les archives sont accablantes. Raoul n’est pas entré dans ce système pour sauver son fils de l’oflag, mais bien pour participer activement à la confiscation des biens des entreprises juives, voire même pour deux cas au moins, détaillés dans ce court roman, envoyer les propriétaires dans les camps de la mort et profiter personnellement de sa position.
 » Drancy: ombres qui flottent sur le terre-plein, dans les cris des gendarmes, les bruits des pas, les souffles tièdes, corps entassés, ombres fantomatiques. »
Alexandre Seurat choisit de narrer l’enquête du narrateur en intercalant différents tableaux: le procès de Raoul, l’enquête familiale, les récits historiques et le drame de son frère. Ce qui laisse planer l’ambiance des non-dits, des silences, des secrets de famille.
« Il cherche la pensée, ou ne la cherche pas vraiment, puisque cette confusion de tout ce qu’on ne peut pas expliquer, c’est ce qui lui permet d’écrire sans doute. »
Cette fois, il me semble que la fragmentation des tableau, la réserve et la distance voulue par le narrateur génèrent parfois la confusion et brident l’émotion.
Alexandre Seurat mêle documentaire et fiction romanesque pour témoigner sur un volet de l’Histoire, l’aryanisation économique et libérer la douleur d’un passé que personne ne peut oublier. L’auteur condamne Raoul H. qui n’a jamais émis aucun remords à la peine maximale posthume, l’indignité et rend ainsi hommage aux victimes.

Moins émouvant que La maladroite mais toujours un récit passionnant au style à la fois doux et percutant.

rl2016

Albergo Italia – Carlo Lucarelli

lucarelli

Titre : Albergo Italia
Auteur : Carlo Lucarelli
Littérature italienne
Titre original : Albergo Italia
Traducteur : Serge Quadruppani
Editeur : Metailié
Nombre de pages : 144
Date de parution : 6 octobre 2016

Vers la fin du XIXe siècle à Massaoua, ville d’Erythrée, le capitaine Colaprico, commandant de la compagnie des carabiniers enquête sur le meurtre déguisé en suicide d’un imprimeur, Antonio Farandola lors de l’inauguration de l’hôtel Albergo Italia.
Dans cette enquête à la Sherlock Holmes, il est aidé par Ogba, un carabinier indigène très perspicace qui a le don de l’observation (  » mais bien sûr« ).
Comme dans Le signe des quatre de Conan Doyle, la mort d’un homme et le vol d’un coffre fort sont les deux évènements majeurs qui conduisent vers quatre suspects. Tout d’abord le sous-lieutenant Franchini qui avait des dettes due jeu envers Farandola, puis un géologue de Palerme, Stevano Michele, le secrétaire d’un marchand grec,Salle Marián et une jolie rousse, Margherita venue en chasse à l’homme riche.
Chacun est tour à tour suspecté, suivi, accusé. Puis la perspicacité et le don d’observation de nos deux compères identifient une faille. Entre temps, ils pistent les responsables d’un vol de coffre fort dans un dépôt de munitions puis le massacre d’une bande de bandits.
Enquêtes, fausses pistes, personnages insaisissables, tout cela dans la chaleur étouffante de Massaoua où la colonie italienne s’intègre avec les Erythréens en nous faisant découvrir quelques mots en tigrigna.

J’ai choisi ce livre pour sa couverture et pour la découverte d’un auteur que je ne connaissais pas. Ce court roman est le second volet de La huitième vibration. Il m’a manqué cette expérience de lecture pour être de suite en harmonie avec l’atmosphère, le lieu et les personnages. Mais c’est une enquête bien menée, à la fois dépaysante et familière grâce au charme de l’univers de Sherlock Holmes.

rl2016