Le furet égaré – Denis Julin

Titre : Le furet égaré
Auteur : Denis Julin

Éditeur : Pavillon noir
Nombre de pages : 336
Date de parution : 11 juin 2019

Découverte d’un auteur et d’une maison d’édition. Ce qui justifie bien mon incursion dans un genre, qui vous le savez, n’est pas celui que je préfère.

Entre quelques lectures plus denses de la rentrée littéraire, ce roman policier est un moment de détente appréciable, une bonne lecture de vacances. Avec cette seconde enquête du capitaine Romain Brunie, Denis Julin propose une course poursuite entre Paris, Lyon, Limoges et la Savoie qui ne manque pas de rythme.

Une femme est retrouvée morte dans son appartement cossu du XVIe arrondissement de Paris. Son mari, Arnaud Montfort-Louis, en fuite est le principal suspect. Ancien militaire, aujourd’hui travaillant dans l’import-export, Arnaud a trouvé refuge dans le chalet savoyard d’un de ses collègues et amis. Là, on lui tire dessus alors qu’il pêche tranquillement sur le lac. Blessé à la tête, il chavire. Il reprend connaissance quelques heures plus tard, victime d’amnésie. Son seul repère, l’adresse dans sa poche d’un avocat de Limoges. 

Le capitaine Brunie accompagné de son stagiaire Marivaux, brave l’autorité de son chef pour suivre cette enquête jusqu’à Lyon, là où travaillait Arnaud. Sous couverture d’une société d’import-export, Arnaud travaillait pour le gouvernement dans le secteur de l’armement. Avec trois autres chercheurs, ils étaient en passe de mettre au point une arme de poing cognitive qui fonctionne par la pensée. Ce prototype disparaît en même temps qu’Arnaud.

Alors que policiers et gendarmes traquent le fugitif que tout accuse, Arnaud tente de retrouver des bribes de sa mémoire. Accompagné de Stéphanie, une jeune femme qu’il a défendue dans un bar, il tente de rejoindre Limoges. Mais sur son trajet, les morts pleuvent alourdissant de plus en plus sa culpabilité.

Le scénario, toutefois assez classique, tient la route. Le rythme et la bonhommie des personnages de Romain Brunie et d’Arnaud fixent l’intérêt. Même si j’apprécie moyennement l’humour élémentaire, il est typique de ces enquêtes policières qui, généralement séduisent le public. Denis Julin maîtrise les codes du genre pour en faire d’agréables lectures divertissantes.

Blacksad – Juanjo Guarnido et Diaz Canales

Titre : Blacksad Tome 1
Dessinateur : Juanjo Guarnido
Scénariste : Canales Juan Diaz
Éditeur : Dargaud
Nombre de pages : 48
Date de parution : juillet 2000

 

Très jolie couverture qui met parfaitement en scène le détective privé, personnage phare de la série Blacksad. De ce regard vert, avec un œil vif et l’autre perplexe, cigarette au coin de la bouche, le chat détective dévoile son caractère. Un ténébreux puissant qui ne laisse rien passer.


Juanjo Guarnido, l’illustrateur de Blacksad, est animateur chez Disney. Autant dire que ces dessins ont du mouvement et du mordant!

Quelque part entre les ombres est le premier tome de cette série qui comprend déjà cinq volumes. Tous les personnages sont des animaux, grimés et habillés comme des humains. Le scénariste, Diaz Canales, nous plonge dans le roman noir classique des années 50, avec des enquêtes bien sombres dans les bas-fonds de grandes villes américaines.

Dans ce premier tome, Blacksad est appelé par le policier Smirnov, suite au meurtre d’une starlette, ancienne conquête du détective. A coups de poings et d’intimidation, Blacksad trouve rapidement les personnes et lieux que son ancienne fiancée avait fréquentés avant sa mort.

J’ai beaucoup apprécié l’humour de cet enquêteur désabusé et déterminé. Les dialogues sont efficaces et teintés d’humour. L’auteur joue beaucoup de cet univers antropomorphique.

 » Ces salauds savent bien me museler… si je puis me permettre. »

Chaque personnage est parfaitement choisi et la qualité des dessins permet d’appréhender leurs caractères et les situations grâce aux expressions des visages et des corps.

Cette enquête déploie un scénario plutôt moral avec la conscience de Blacksad et l’intégrité de Smirnov s’opposant au sang-froid du malfrat.

 » J’aime imaginer un monde juste,où même les puissants paieraient leurs fautes. »

Mon regret est peut-être la brièveté de l’histoire. Signe de qualité…on en voudrait davantage. Et la série continue puisqu’on annonce un tome 6 en 2019.

Je remercie Rakuten pour la lecture de cette bande dessinée, Blacksad dans le cadre de l’opération La BD fait son festival.

Les chemins de la haine – Eva Dolan

Titre : Les chemins de la haine
Auteur : Eva Dolan
Littérature anglaise
Traducteur : Lise Garond
Éditeur : Liana Levi
Nombre de pages : 445
Date de parution : 4 janvier  2018

Après tant de romans policiers qui cherchent à en mettre plein la vue, c’était presque un plaisir de lire une enquête policière menée par un inspecteur humain flanqué d’une adjointe un tantinet cynique.

L’inspecteur Zigic et son adjointe, le sergent Ferreira de la section des crimes de haine sont appelés à Highbury Street, dans la ville de Peterborough proche de Londres. Le bungalow des Barlow, squatté depuis quelques temps par un clandestin kosovar vient d’être incendié. A l’intérieur se trouve le corps partiellement calciné d’un homme. Si les Barlow, particulièrement importunés par le squatteur, sont les premiers suspects, l’enquête se poursuit aussi dans les milieux des clandestins. Londres est depuis longtemps une destination privilégiée pour les exilés, Zigic d’origine polonaise et Ferraira portugaise sont les premiers concernés. 

«  Les ouvriers immigrés étaient maltraités, méprisés et se faisaient régulièrement escroquer, mais la plupart d’entre eux s’y résignaient, faute de pouvoir y changer quelque chose. »

Toutefois, en commençant l’enquête, Zigic ne s’attendait pas à tomber sur un véritable réseau esclavagiste. Loueur de chambres, gérant de bar, entreprises du bâtiments ou exploitants agricoles, chacun tire bénéfice de cette afflux d’immigrés qui voyaient en l’Angleterre leur eldorado.

Plutôt bien menée, cette enquête s’inscrit au cœur d’un sujet de société toujours brûlant depuis des décennies. Le sergent Ferreira parvient à mettre un peu de relief dans un récit qui m’a tout de même paru assez lent. Mais ce roman est le premier d’une série mettant en scène l’équipe d’enquêteurs. Nul doute qu’en devenant plus familier, ils gagneront en sympathie.

J’ai lu ce roman dans le cadre du Jury des Grands Prix des Lectrices Elle 2018.

La chance du perdant – Christophe Guillaumot

Titre : La chance du perdant
Auteur : Christophe Guillaumot
Éditeur : Liana Levi
Nombre de pages: 360
Date de parution: 5 octobre 2017

Avec Le Kanak, Christophe Guillaumot tient un enquêteur hors norme qui saura fidéliser ses lecteurs.  Inspiré par un collègue wallisien du capitaine de police Guillaumot, le colosse calédonien qui distribue facilement des gifles amicales est un homme direct et attachant.

Pour avoir refusé certaines pratiques aux Stups, Renato Donatelli, dit Le Kanak se retrouve muté à la section des courses et jeux de la Police de Toulouse. Il fait équipe avec un jeune lieutenant, Jérôme Cussac, dit Six, lui aussi mis au placard après un problème à la Brigade criminelle qui lui a valu un doigt.

Après la découverte d’un cadavre dans un bloc de plastique issu du compacteur d’un centre de tri, les enquêtes de routine dans le monde du jeu se corsent rapidement. Comment des addicts au jeu se retrouvent-ils à risquer leur vie dans une épreuve ultime?
Le scénario principal est parfaitement huilé jusqu’au dénouement inattendu qui arrive comme une dernière carte abattue avec suspense sur la table.

Les personnages secondaires se révèlent aussi très intéressants. Notamment, May, cette graffeuse employée au centre de tri des déchets et surtout Grand Mama, ancienne danseuse calédonienne du Moulin Rouge, premier amour du grand-père de Renato.

La faiblesse de ce roman se situe peut-être dans les intrigues secondaires, parfois tapageuses et donc peu crédibles, comme le sort de Juliette ( amie de Jérôme Cussac assassinée en Syrie) ou les confidences de Jean-Pierre ( collègue de May).

Mais l’équilibre entre le suspense, la tendresse ( entre Renato et Grand Mama ou entre May et son chien) et l’humour ( du Kanak ou des stagiaires improbables) font de ce roman une lecture agréable.

J’ai lu ce roman dans le cadre du Jury du Grand Prix des Lectrices Elle.

Une illusion d’optique – Louise Penny

Titre : Une illusion d’optique
Auteur : Louise Penny
Littérature canadienne
Traducteur: Claire Chabalier et Louise Chabalier
Titre original : A trick of the light
Éditeur: Actes Sud
Nombre de pages : 430
Date de parution : novembre 2016

Clara Morrow connaît enfin la reconnaissance de sa peinture en faisant sa première exposition solo au Musée d’Art contemporain de Montréal. L’inspecteur-chef Gamache qui a mené une enquête dans le village de Clara l’année précédente y est convié ainsi que de nombreux peintres, galeristes, marchands d’œuvres d’art et amis.
Le lendemain de l’exposition et du barbecue organisé aux Three Pines, le corps sans vie de Lilian Dyson est retrouvé dans le jardin de Clara.
Lilian était l’amie d’enfance de Clara. Devenue critique d’art pour le journal La Presse, elle a vertement critiqué la peinture de son amie comme celle d’ailleurs de nombreux peintres. Lilian a une très mauvaise réputation dans le village et le milieu de l’art, elle a tué de nombreuses vocations avec ses critiques vénéneuses.
Parmi les invités de l’exposition, chacun avait une raison de vouloir sa mort. Même Clara qui reconnaît qu’en mourant chez elle, Lilian a réussi une fois de plus de lui gâcher son triomphe.
Un jeton des Alcooliques Anonymes trouvé sur les lieux du crime étend l’enquête auprès de membres de cette association à laquelle Lilian appartenait. Curieusement, dans cet environnement, chacun la décrit comme une personne aimable et repentante.
Les gens peuvent-ils ainsi changer? C’est la question fondamentale à laquelle les enquêteurs devront répondre!
«  la plupart des gens grandissent, évoluent mais ne deviennent pas des personnes complètement différentes. »
Si le scénario est superbement maîtrisé et qu’il est impossible de trouver le coupable avant le dénouement, le thème de fond m’a largement plus intéressée que l’enquête.
Connaissez-vous la comptine anglaise Humpty Dumpty? Ce personnage de fiction qui ressemble à un œuf tombe d’un mur et personne ne peut recoller les morceaux.
Ce roman est une collection de personnages qui sont en train de se noyer pour diverses raisons, parviendront-ils à se sauver?
Gamache et Beauvoir, son adjoint, les premiers. Pris dans un assaut où quatre policiers ont perdu la vie six mois plus tôt, les deux hommes visionnent en boucle la video de l’attaque mise en ligne.
Les artistes sont des « personnes sensibles, souvent égocentriques et mal adaptées à la vie en société. »
Bien évidemment, les membres des Alcooliques Anonymes ont leur lot de souffrances et cherchent la rédemption.  » L’alcoolique est comme un ouragan qui ravage la vie des autres sur son passage. »
L’inspecteur-chef Gamache est un enquêteur humain qui conduit le lecteur vers le coeur des personnages.
 » L’inspecteur-chef Gamache était, de nature, un explorateur. Il n’était jamais plus heureux que lorsqu’il repoussait les limites, explorait les territoires intérieurs, des endroits que les personnes elles-mêmes n’avaient jamais explorés, jamais examinés. Probablement parce qu’ils étaient trop effrayants. »

Je découvrais avec ce roman l’univers de Louise Penny. Cette enquête policière fut un agréable moment de lecture mais comme souvent, pour moi, avec ce style de romans noirs, le plaisir ne va pas au-delà du moment de lecture.

Je remercie Lecteurs.com pour cette agréable découverte.

La montagne rouge – Olivier Truc

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Titre : La montagne rouge
Auteur : Olivier Truc
Editeur : Metailié
Nombre de pages : 512
Date de parution : 3 octobre 2016

 

Olivier Truc revient pour une troisième enquête de la police des rennes avec Klemet Nango, toujours en quête d’identité entre son côté paternel de Sami norvégien et sa descendance maternelle suédoise et la blonde norvégienne Nina Nansen.
Ils sont cette fois affectés au sud de la Laponie ( centre de la Suède) où des éleveurs Sami viennent de découvrir des ossements humains dans l’enclos ( la Balva) où ils abattaient leurs rennes au pied de la montagne rouge.
Si en Laponie norvégienne, la présence ancestrale des Sami n’est pas remise en cause, ce qui n’exclut pas d’autres problèmes raciaux, nous l’avons vu dans les précédents romans, à Stockholm se tient un procès sur le droit à la terre entre Suédois et Sami.

 » La Suède refusait de ratifier la convention de l’ONU reconnaissant aux Sami des droits en tant que peuple aborigène, et c’était à cause de la Conféderation des agriculteurs. »

Petrus Eriksson, chef de la Balva au pied de la montagne rouge y représente le peuple Sami. Fier de ses origines, il a le métier d’éleveur dans la peau comme son père et comme il le souhaiterait pour son fils. Mais aujourd’hui encore, même si les bergers ont besoin d’un autre emploi fixe pour survivre, leur identité est avec les rennes et la déforestation des terres par les fermiers causera leur disparition.
Les Sami étant un peuple nomade, aucun papier ne peut prouver leur préséance sur ces terres. Ces ossements retrouvés, datant du XVIIe siècle, pourraient représenter une preuve de la présence ancestrale des Sami, encore faut-il retrouver le crâne absent de cette sépulture.
Klemet et Nina se lancent une fois de plus dans les recherches auprès de musées, collectionneurs et universitaires afin de retrouver ce crâne, prouver qu’il s’agit bien d’un squelette de Sami et ainsi justifier la présence de Sami sur cette terre au XVIIe siècle.

En parallèle, nous suivons les activités de vieilles dames exceptionnelles, organisatrices de bilbingo sillonnant la Suède pour le compte d’un vieil antiquaire qui a visiblement un problème de crâne. Même si l’auteur ne délivre pas tous leurs secrets, quel dommage de nous priver d’une part de suspense.

Comme tout bon auteur de romans noirs avec des enquêteurs récurrents, Olivier Truc poursuit la quête personnelle de Klemet. Un faon recueilli secrètement, un engagement pour Hou chi, neveu de Mademoiselle Chang ( amie de l’oncle de Klemet) et enfant noir privé de droits civiques refoulé par les services d’immigration suédois, et cette histoire de crânes Sami étalonnés à des fins de sélection raciale font resurgir les problèmes identitaires de Klemet.
«  ce mode de vie, on l’avait dans la peau, même avec un creux de plusieurs générations. »

Ce troisième opus me semble moins maîtrisé que les précédents. Si le premier volume, Le dernier lapon m’avait marquée grâce à la découverte du peuple Sami, j’avais déjà senti moins d’intérêt pour le second roman, Le détroit du loup. Olivier Truc nous comble une fois de plus avec l’histoire de ce peuple mais j’ai eu ici un sentiment de dispersion avec les recherches personnelles de chaque personnage et l’impression de revivre un schéma déjà lu dans les précédents romans.

A l’image de Sandrine Collette ( qui selon moi finissait par tourner en rond en tentant de reproduire un premier succès et nous a livré dernièrement un grand roman en sortant de son schéma habituel) , j’attends vraiment de lire les talents de conteur d’Olivier Truc dans un autre domaine que sa zone de confort sur la culture Sami.

rl2016 bac

Hamlet au paradis – Jo Walton

WaltonTitre : Hamlet au paradis
Auteur : Jo Walton
Littérature anglaise
Traducteur : Florence Dolisi
Titre original : Ha’Penny
Éditeur : Denoël
Nombre de pages : 352
Date de parution : octobre 2015

Auteur :
Jo Walton, née le 1er décembre 1964 à Aberdare au Pays de Galles, est une romancière britannique de science-fiction et de fantasy.

Présentation de l’éditeur :
Londres. 1949.
Viola Lark a coup
é les ponts avec sa noble famille pour faire carrière dans le théâtre. Quand on lui propose de jouer le rôle-titre dans un Hamlet modernisé où les genres ont été chamboulés, elle n’hésite pas une seconde. Mais l’euphorie est de courte durée, car une des actrices de la troupe vient de mourir dans l’explosion de sa maison de banlieue.
Chargé de l’affaire, l’inspecteur Carmichael de Scotland Yard découvre vite que cette explosion n’est pas due à une des nombreuses bombes défectueuses du Blitz. Dans le même temps, Viola va cruellement s’apercevoir qu’elle ne peut échapper ni à la politique ni à sa famille dans une Angleterre qui embrasse la botte allemande et rampe lentement vers un fascisme de plus en plus assumé.
Hamlet au paradis est le second volume de la trilogie du Subtil changement. On y retrouve l’inspecteur Carmichael, en fort mauvaise posture, ainsi que l’élégant mélange d’uchronie et de polar so british qui a fait le succès du Cercle de Farthing

Mon avis :
Avec ce roman, je découvre l’univers de Jo Walton. Hamlet au paradis peut se lire indépendamment du premier volume même si l’auteur reparle de la paix de Farthing, accord de paix signé avec une Allemagne nazie victorieuse.
Dans cette trilogie, l’auteur a effectivement modifié l’Histoire pour concocter une autre société. L’Angleterre, avec son nouveau premier ministre, Mark Normamby, vire au fascisme et s’apprête à recevoir Hitler à Londres. Dans ce contexte, irlandais, communistes, homosexuels et juifs sont très mal vus. Devant la montée du fascisme, les complots et le terrorisme fleurissent.
L’inspecteur Carmichael revient pour mener l’enquête sur la mort d’une actrice de théâtre lors de l’explosion d’une bombe artisanale.
Et c’est dans l’univers du théâtre que l’action va se dérouler avec la jeune Viola Lark, fille d’un aristocrate anglais, qui vient de décrocher le rôle d’Hamlet dans la pièce peu conventionnelle d’Antony.
La jeune femme se voit contrainte par sa sœur et son oncle à participer au projet d’attentat contre Hitler lors de la première d’Hamlet. Si depuis quelques années elle a coupé les ponts avec ses sœurs, le lien familial demeure indéfectible. Et pourtant, une de ses sœurs, Pip, est mariée avec Himmler et Siddy est une fervente communiste prête à tout. Mais c’est surtout, Devlin Connelly, ce charmant irlandais qui la convainc de participer au complot. Prise dans sa passion du théâtre, elle ne pouvait croire à ces ragots sur d’éventuels camps où seraient martyrisés certaines personnes en Allemagne. Petit à petit, elle découvre la réalité du monde réel.

«  Mais, à mon avis, on n’obtiendra pas la liberté en faisant exploser des bombes. Je pense plutôt que la liberté va de pair avec le choix…
– Hitler a presque anéanti l’idée même de choix depuis qu’il est au pouvoir
. »

En alternant les chapitres consacrés à Viola et à l’enquête de Carmichael, l’auteur insuffle un rythme et un suspens efficaces. D’autant plus que Carmichael est aussi un personnage bien incarné. Policier homosexuel, il pense être pris en otage par son chef Penn-Barkis et se retrouve contraint à accepter une promotion vers la direction d’un service proche de la Gestapo.
Avec un contexte original, bien construit, des personnages d’une grande empathie et un suspense bien mené, Hamlet au paradis est un roman fort agréable à lire. J’ai particulièrement aimé ce mélange d’uchronie et d’ambiance classique d’enquête très britannique.
Et une fois de plus, ma lecture fait réfléchir à l’actualité récente.

 » Les accords de Farthing lui avaient appris qu’on ne pouvait pas changer les choses de l’extérieur; qu’il fallait agir en profondeur, en modifiant le ressenti des gens. S’ils cessaient d’avoir peur, ils n’auraient plus besoin de personne pour chasser les tyrans. »

RL2015 a yearinEngland