Mon cher fils – Leïla Sebbar

sebbarTitre : Mon cher fils
Auteur : Leïla Sebbar
Éditeur: Elyzad
Nombre de pages : 151
Date de parution : 2009, format poche juin 012

Alma est une jeune franco-algérienne vivant avec son père, un joueur de luth lettré comme son propre père et Minna, la vieille servante. Sa mère, française est repartie en Bretagne pour des raisons méconnues de la jeune fille. Alma passe ses journées à la grande Poste comme écrivain public. Là, de ses rencontres, elle découvre l’histoire des algériens qui ont, pour la plupart un vécu d’immigré dans un coin de France.
Elle attend surtout un vieux chabani qui, jour après jour tente d’écrire à son fils unique dont il est sans nouvelles. Mais derrière les premiers mots, « Mon cher fils« , le vieil homme se perd dans ses souvenirs. Du temps où il travaillait dans les usines Renault sur l’île Seguin, de cette époque où il avait encore quelques contacts avec son fils et ses sept filles. Mais son fils, passé les quelques moments de partage avec son père, s’est vite éloigné avec l’adolescence, au contact des écoles françaises. Jusqu’au moment, où adolescent, le fils refuse les conditions d’ouvriers réservées aux immigrés comme son père.
 » Pour quoi faire, j’ai rien a faire là-bas, moi, dans cette tôle où tu travailles comme un esclave…J’irai jamais dans ton bagne même si les voitures sont belles comme tu dis... »
Le père ne sait plus comment parler a son fils, il peut simplement lui dire qu’il l’aime, même si, ici, un père ne dit pas ces mots à un fils.
Mais comment raconter à ces jeunes qui se perdent dans les drogues, les cybercafés, les moyens modernes et faciles, qui sont sacrifiés pour le tourisme, par ces politiques qui détournent les richesses du pays, par ces entreprises qui emplois des chinois au détriment de la jeunesse du pays, comment leur raconter l’histoire du pays comme cette nuit tragique du 17 octobre 1961 à Paris lors de la manifestation d’algériens contre le couvre feu qui ne visait qu’eux mêmes.
 » Si les enfants ne cherchent pas à comprendre, à savoir, s’ils ne posent pas de questions, comment leur raconter sans les ennuyer, comment dire au plus juste, avec des mots simples et précis, des mots qui les touchent des histoires de guerre, de camp, d’exode er de mort qui ne sont pas leur histoire? Comment? »
D’autres histoires se mêlent à la voix du vieux chabani, celles d’une femme en haïk blanc, celle de Minna la servante. Tant d’histoires qui invoquent la condition des femmes, la vie des immigrés, le terrorisme et les abus des politiques qui gangrènent le quotidien.
Alma comprend parmi ces récits et les contes de la poésie arabe et kabyle le passé de son pays, la violence du présent et cherche aussi a comprendre le choix de sa mère et le silence de son père.

Les Éditions Elyzad, avec la plume poétique de Léïla Sebbar, nous donnent une fois de plus à comprendre la jeunesse d’un pays au travers des récits de leurs pères. Si le tissage des différentes histoires est parfois difficile a suivre, j’ai appris beaucoup de la voix des personnages.

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Tunisie, carnets d’incertitude – Cécile Oumhani

oumhaniTitre : Tunisie, Carnets d’incertitude
Auteur : Cécile Oumhani
Éditeur : Elyzad
Nombre de pages : 156
Date de parution : 3 octobre 2013

Auteur :
Née à Namur (Belgique), Cécile Oumhani vit en région parisienne. Elle collabore à plusieurs revues, parmi lesquelles La Traductière, Babelmed, la revue américaine en ligne Words Without Borders. Elle est membre du comité de rédaction de Siècle 21.
Poète et romancière, elle est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages. Aux éditions Elyzad ont été publiés les romans Le café d’Yllka (2009), prix littéraire européen de l’Adelf (Association des Écrivains de langue française) ; L’atelier des Strésor (2012), mention spéciale du prix franco-indien Gitanjali & prix de la Bastide. A été réédité en poche Une odeur de henné (2012), prix Grain de Sel. Son écriture aime à investir des lieux et des cultures autres.

Présentation de l’éditeur :
Janvier 2011. La Révolution tunisienne surgit, inattendue. Onde de choc intérieure. Dans des formes brèves, « car nous vivons dans un temps fragmenté, où tout peut basculer d’un instant à l’autre », Cécile Oumhani témoigne des événements ressentis avec une grande fébrilité durant ces mois de 2011. Depuis Paris, sa voix se mêle à la clameur des milliers d’exilés pour dire le bonheur mais aussi la solidarité avec les peuples libyen et syrien. Puis il y a le retour dans le nord de la Tunisie pour partager ce qui est en train de se passer sur place. Élections d’octobre 2011, espoir brouillé, euphorie brisée. Blanc.
L’auteure reprend ses carnets en février 2013, tentant de cerner les contours d’un avenir incertain. Jusqu’en août 2013, elle ne cessera d’écrire l’amertume, les craintes, les déceptions de ceux avec qui elle avait partagé les premiers moments d’enthousiasme.

Mon avis :
J’ai découvert la maison d’édition Elyzad grâce à Libfly et c’est une nouvelle fois grâce à eux que j’ai eu la chance de lire Cécile Oumhani.
Dans Tunisie, carnets d’incertitude, elle couche sur le papier d’un journal intime, ses impressions, ses sentiments sur la révolution tunisienne de janvier 2011. Le récit est à la fois fragmenté et poétique. Fragmenté parce que ce pays de cœur est en train de voler en éclats et poétique parce son éloignement renforce l’attirance et la passion que l’auteur a pour la Tunisie.
Dès qu’elle quitte la France pour rendre visite à ses amis et parents, qu’elle pose le pied en ce pays, elle décrit les fleurs, les arbres, les couleurs, les odeurs, les sons. C’est le pays où elle se sent bien où elle ressent ses émotions.
Mais elle ressent aussi la douleur des vies brisées, des massacres, de la violence, du chômage.
L’auteur reprendra son journal en février 2013 avec l’assassinat de Chokri Belaïd, homme politique et avocat dénonçant la montée de l’islam intégriste. Elle termine avec les violences en Egypte et les menaces à l’arme chimique en Syrie.
Par le biais de conférences, de manifestations dans le monde entier, Cécile Oumhani alerte avec beaucoup d’émotion et de sensibilité.
Cette langue poétique est presque trop belle face aux violences de ces révolutions et le récit un peu sibyllin  pour marquer les consciences insuffisamment éclairées. Par contre, l’émotion dégagée par ce texte invite le lecteur à s’intéresser davantage à cette partie du monde et ses évènements.

Je remercie Libfly et les Editions Elyzad qui m’ont permis de découvrir ce livre dans le cadre de encartLibFly

 

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Tunis, par hasard – Anne-Christine Tinel

tinelTitre : Tunis, par hasard
Auteur : Anne-Christine Tinel
Editeur : Elyzad
Nombre de pages : 144
Date de parution : février 2008

Auteur :
Née en 1968 à Lyon, agrégée de lettres modernes, Anne-Christine Tinel a une pratique diversifiée de l’écriture, à travers celle de livrets d’opéra et de pièces de théâtre.

Présentation de l’éditeur:
Une jeune Française quitte son pays après avoir vécu un traumatisme. Elle s’installe à Tunis pour se perdre dans l’oubli de sa
propre douleur. Son regard sur la société est souvent sans concessions, parce qu’elle-même est blessée. Pourtant, une rencontre avec sa voisine, Farah, va donner lieu à une plongée dans le récit, à travers lequel la narratrice tente de percer le secret de cette femme tunisienne, qui l’intronise dans la vie des Orientaux. Dans le temps où elle cherche à comprendre Farah, de façon assez
énigmatique elle se réconcilie avec elle-même, et avec son passé.

Mon avis :
« Il y a des moments où la fuite semble le seul moyen de continuer à vivre.« 

Au départ, je suis d’emblée surprise et gênée par le style un peu télégraphique et le côté impersonnel. Pas de prénom, elle parle de l’enfant. Nul doute qu’il y a une blessure profonde, une urgence. La narratrice est venu se réfugier près de Tunis, avec son fils. Peut-être pour retrouver ses racines algériennes et se reconstruire dans un pays qui lui rappelle son enfance. Ce point n’est pas suffisamment développé. Elle aime se sentir méditerranéenne mais semble critiquer  le comportement des femmes et des hommes qu’elle rencontre.
Mais la douleur la rend peureuse, acerbe sur cette vie bruyante, sur le comportement des femmes soumises  et des hommes
autoritaires. Cette hospitalité débordante l’exaspère parfois.

Toutefois, c’est auprès de ces femmes et surtout de Farah qu’elle va comprendre le vrai lien amoureux. Le style devient alors plus
souple, l’histoire plus romanesque. En connaissant l’histoire de Farah, la narratrice va enfin oser lire les lettres de son mari qu’elle a entassées depuis un an. La reconstruction paraît alors un peu rapide mais l’exil à duré quatre ans. Guérit-elle par l’espace ou le temps ou en écoutant les blessures des autres?

L’auteur décrit ainsi la place des femmes et le rôle de l’homme dans la société méditerranéenne, le sentiment de rejet de la culture
orientale par l’Occident.

C’est un premier roman intéressant qui manque peut-être d’osmose, de transitions entre les différentes parties. À la fin du roman,
je comprends le cheminement de la narratrice mais peut-être qu’une plus large introspection aurait pu mieux éclairer les voies de sa guérison.

Je remercie logo_club_miniature et les EditionsElyzad pour cette nouvelle lecture.

libfly  premier roman

La dernière ronde – Ilf Eddine

eddineTitre : La dernière ronde
Auteur : Ilf-Eddine
Éditeur : Elyzad
Nombre de pages : 200
Date de parution : 3 mars 2011

Présentation de l’éditeur :
Un champion d’échecs russe participe à un tournoi qualificatif pour le titre mondial. Au fur et à mesure des parties, comme monte progressivement un suspense intense, l’homme vieillissant se remémore les étapes importantes de sa vie : ses succès de jeunesse, sa découverte du haut niveau, ses années de labeur auprès de Karpov, puis son exil en France, loin de cette URSS qui a façonné son destin. Au-delà des peines et des désillusions, au-delà de la solitude, la passion perdure, à fleur de peau. Alors que les rondes se succèdent et que nous partageons ses émotions les plus intimes, son ambition intacte nous porte à espérer : cette dernière ronde le mènera-t-elle enfin à la consécration ?
Un premier roman rare, à la construction haletante, véritable plongée dans l’univers des échecs. Surtout, la radiographie d’un champion qui oscille en permanence entre la nécessité d’accepter ses limites et la poursuite inlassable de son rêve.

Mon avis :
A la lecture de ce roman, je comprends tout de suite que l’auteur est un passionné du jeu d’échecs. Il décrit parfaitement la fièvre des tournois, la démarche intellectuelle constante du joueur et détaille aisément les différents coups (quoique je n’a*étais pas capable d’en vérifier la véracité).
Grâce à ce roman, j’en sais un peu plus sur l’organisation des tournois et sur la sélection du futur champion du monde.
Mais bien au-delà du jeu, c’est l’histoire d’un septuagénaire qui a vécu sa passion au détriment de sa vie personnelle. Les paragraphes des rondes du tournoi s’intercalent avec ceux du passé.
Depuis l’enfance, ce jeu est une passion pour le narrateur qui ose même avouer que cela passe avant ses enfants qui ne sont que la normalité de l’existence. Aujourd’hui, son seul lien « familial » reste avec le fils de sa dernière compagne française parce que lui, connaît et apprécie les échecs.
Inutile d’insister sur l’importance de ce dernier tournoi, après avoir mis sa carrière de joueur de côté pour entraîner l’un des meilleurs joueurs (Karpov), il revient sur la vraie scène. Et l’auteur sait montrer l’envergure de cet enjeu.
Même si je ne connais rien au jeu, j’ai saisi le climat de ces quelques jours importants, j’ai vibré  avec le narrateur lors de ces parties cruciales de l’ultime sélection.
Si toutefois, ce vieil homme est ambitieux, égoïste, j’avais envie qu’il réussisse car une telle passion mérite un couronnement.
Ce que je souhaite aussi à l’auteur car sa passion transparaît au fil des lignes. La construction et l’émotion du livre montrent une grande maîtrise et ce premier roman est très prometteur.

Je remercie logo_club_miniature   et les Editions Elyzad pour cette belle découverte.

libfly       premier roman

Salam Gaza – Tahar Bekri

bekriTitre : Salam Gaza
Auteur : Tahar Bekri
Éditeur : Elyzad
Nombre de pages : 168
Date de parution : 20 mai 2010

Résumé de l’Editeur :
Le 28 décembre 2008, l’armée israélienne déclare la guerre à Gaza. La tragédie palestinienne est sans fin, et de guerre en guerre la blessure se fait plus béante. Meurtri, le poète Tahar Bekri note au jour le jour son indignation, échange via Internet avec des intellectuels de toutes origines, dénonce les projets expansionnistes, l’indifférence internationale, ou presque. Qu’en est-il de la conscience universelle ? Peu après, au mois de mars, il est invité à Ramallah, Naplouse, Jérusalem-Est et Bir Zeit pour un cycle de lectures. Confronté à la réalité de la vie en Palestine occupée, il nous restitue minutieusement son voyage, ses rencontres, ses impressions où affleurent colère et émotion. Ni stratège ni idéologue, Tahar Bekri livre ici un journal personnel, traversé de poésie, dans lequel s esquisse une interpellation morale de l Histoire.

Mon avis :
A plusieurs reprises, j’ai senti une boule au fond de la gorge tant l’émotion est intense (par exemple pour la lettre de Salma Ahmed ou la visite du camp de réfugiés de Balata). Ce récit est un cri de douleur, de dégoût pour cette oppression israélienne sur le peuple palestinien. L’auteur souhaite rétablir la vérité parce que de nombreux intellectuels juifs ou les médias israéliens manipulent l’information. De loin, on perçoit les actes de terrorisme mais l’information n’aborde pas les manœuvres israéliennes pour anéantir la Palestine (blocus, refus de reconnaître leur culture, blocage de leurs productions). L’armée israélienne a une force de frappe puissante et moderne qui fait de nombreuses victimes dans les partisans du Hamas mais aussi parmi les civils.
En défendant l’opinion des intellectuels arabes, Tahar Bekri rééquilibre l’information. Le récit est très intéressant au niveau politique mais c’est aussi un très beau texte qui allie poésie et émotion. De plus, l’auteur nous fait découvrir les richesses du pays (Naplouse, Jerusalem). Il y a de très belles descriptions de
sites, des scènes de vie et des spécialités (savon, gâteau).
C’est un vibrant témoignage qui éclaire ce conflit avec la vision côté palestinien. Certes, les raisons sont très compliquées et la responsabilité ne peut être que partagée mais il est important de défendre tous les points de vue.
La couverture du livre est superbe, avec ce visage d’enfant, à la fois grave et pur. J’ai imaginé que c’était le visage d’une fille de la chorale de Balata, qui a tant ému l’auteur.

Je remercie  logo_club_miniature et les Editions Elyzad pour cet intéressant et poignant moment de lecture.
libfly

Tes yeux bleus occupent mon esprit – Djilali Bencheick

bencheickTitre : Tes yeux bleus occupent mon esprit
Auteur : Djilali Bencheikh
Éditeur : Elyzad Poche
Nombre de pages : 352
Date de parution : mai 2007, mai 2010 en version poche

Résumé :
Le regard tendre et sans concession d’un enfant sur l’Algérie du colonialisme finissant – Un roman d’apprentissage : la prise de conscience politique d’un enfant qui, devenu adolescent, est tiraillé entre la fascination pour la France et la hantise de la trahison des siens. – En creux, le portrait d’un pays, l’Algérie, en proie à l’un des épisodes les plus douloureux de son histoire. – Adolescents, adultes, ceux (Algériens, Français) qui de près ou de loin sont interpellés par ces années 1954-1962. – Un livre qui s’inscrit dans la volonté de revisiter un chapitre dramatique de l’histoire de la France.

Mon avis :
Djilali Bencheikh retrace les évènements de la guerre d’Algérie, vus au travers des yeux d’un enfant. Salim a10 ans en 1954 et au fil des paragraphes, il découvre à la fois son pays et les prémisses de l’amour. Et c’est surtout à l’école que se passent ces deux apprentissages. Un enfant ne perçoit pas vraiment les problèmes du colonialisme. Salim est ami avec des français, « les roumis », des juifs ou des arabes. Il ressent toutefois assez cruellement la misère de sa famille, la rigueur de son père et les contraintes de la religion.
 » J’ai honte du sang blédard qui coule dans mes veines. Peut-on se débarrasser d’un tel héritage par la seule magie du savoir? »
Des évènements douloureux pour ses copains d’école ou dans sa famille vont petit à  petit forger son caractère. Salim comprend rapidement que pour les jeunes de son âge la seule issue est l’éducation, même si certains lui reprochent d’exceller dans les matières des français.
 » Mais  je crois que l’avenir de notre pays exige une bonne répartition des tâches: celle de notre génération est delibérer le pays. La vôtre est d’étudier pour œuvrer à sa construction. »
Même si il est très vite fasciné par la résistance, tenté par l’entrée au maquis, sa jeunesse lui évitera de tels pièges car c’est une guerre violente.L’auteur évoque cette cruauté de manière très rapide mais concrète. Le récit ne peut pas être violent car ils est perçu par des yeux d’enfant. Ainsi la naïveté, l’espoir, l’humour, la légèreté prédominent en évoquant par exemple les découvertes cinématographiques ou en utilisant des mots français de manière phonétique et humoristique.
J’ai apprécié de lire le point de vue d’Elgoum (juste l’avant dernier chapitre), le frère de Salim qui a juste deux ans de plus mais qui voit les choses de manière différente et plus réaliste.
Cette vision des évènements par un jeune algérien est pour moi novatrice car si j’ai lu plusieurs livres sur la guerre d’Algérie, celui-ci montre bien la confusion et l’incompréhension des jeunes algériens au début de ce conflit. Salim vit et apprécie les français avec lesquels il vit et ne comprend pas tout de suite ce que représente le colonialisme, l’ALN ou le FLN.
C’est un roman d’apprentissage qui allie la découverte humaine (éducation, premiers émois, drames familiaux,  rapports avec les adultes) et l’initiation politique au contact des moudjahidins, des colons, du racisme.

Je remercie logo_club_miniatureet les Éditions Elyzad pour la découverte d’une littérature différente qui nous ouvre d’autres horizons. J’ai lu ce roman dans le cadre de l’opération

libfly