La spirale – Sophie Benastre

Titre : La spirale
Auteur : Sophie Benastre
Éditeur : Oskar
Nombre de pages : 88
Date de parution : octobre 2018

Avec ce petit roman, Sophie Benastre rappelle qu’il faut toujours être à l’écoute des changements comportementaux des enfants. Ils cachent bien souvent une blessure qui, sans la vigilance de chacun, sans la parole, pourrait être fatale.

Depuis quelques temps, Joshua a changé. Lou, sa meilleure amie, a l’impression que, parfois, il sent mauvais. elle sait que ses parents ont récemment divorcé mais n’est-ce pas le cas de beaucoup d’autres élèves?

Pascal, le maître de CM2, constate aussi la fatigue et la distraction inhabituelles de son élève.

Lou veut en avoir le cœur net. Elle suit le garçon, le soir, après l’école et découvre sa façon de vivre une semaine sur deux avec son père.
Loufait preuve de beaucoup de maturité. Elle sait qu’il faut en parler à un adulte.

«  C’est vraiment difficile de choisir l’adulte qui saura l’aider et surtout aider Joshua sans faire exploser sa vie déjà bien abîmée. »

Les adultes sont souvent trop fiers pour affronter leur échec. Malheureusement, parfois, ils entraînent leur famille dans une spirale dangereuse. Chacun a besoin d’aide pour sortir d’une mauvaise passe.

Ce court roman convient aux jeunes enfants à partir de huit ans. Le style est facile, la typographie idéale pour faciliter la lecture des plus jeunes. Le dénouement du récit rassure l’enfant dans la nécessité de se tourner vers un adulte quand une situation les dépasse.

 

Inventer les couleurs – Gilles Paris et Aline Zalko

Titre : Inventer les couleurs
Textes : Gilles Paris
Dessins : Aline Zalko
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 48
Date de parution : 7 mars 2019

 » Certains diront que je suis irrécupérable, je préfère penser que l’enfance ne me quitte pas à chacun de mes livres. » Gilles Paris

 

Hippo  vit à Longjumeau avec son père, un peu perdu depuis le départ de sa femme avec le papa de  Gégé, le meilleur ami du petit garçon. La vie n’est pas bien facile pour cet homme abandonné qui ne connaît plus que la grisaille de l’usine.  Hippo aurait bien besoin du sourire et de la tendresse de son père.

« Les cheveux coiffés par le vent du sommeil« , Papa se lève un peu grognon. Hippo prépare le petit-déjeuner, ramasse les cannettes vides, vide les cendriers. A 7h30, Papa le dépose à l’école.
Hippo aime dessiner, il met de la couleur partout. Il peint la mixité sociale, refuse la tristesse de Jérôme, l’animateur social, oublie la crainte du directeur.

C’est une journée d’école classique avec les bêtises enfantines, les cours qui s’enchaînent, les chouchous des professeurs, les repas de la cantine. Vue dans les yeux d’un enfant qui préfère voir de la couleur là où les choses pourraient être tristes. Jusqu’au retour à la maison, un peu plus tôt aujourd’hui grâce aux bêtises des plus grands.

Les dessins d’Aline Zalko, la tendresse de Gilles Paris montrent combien il faut savoir garder son âme d’enfant pour traverser les tempêtes de la vie. La naïveté de l’enfance permet parfois de voir les  choses autrement, le bleu d’un ciel gris, la richesse des couleurs de peaux, la beauté et l’importance d’un sourire d’enfant.

Premier roman jeunesse de Gilles Paris, je me demande si ce petit livre n’est pas à mettre de préférence  entre les mains des adultes. Le sourire d’un enfant mérite qu’un adulte oublie quelques instants ses peines et ses difficultés. La douceur d’un enfant apaise en retour les blessures des parents.

 

Les lisières – Olivier Adam

Titre : Les lisières
Auteur : Olivier Adam
Editeur : Flammarion
Nombre de pages : 458
Date de parution : 22 août 2012

A la fin de ma chronique sur Le coeur régulier, j’émettais le souhait de lire Olivier Adam dans un registre moins sombre. Les échos que j’avais pu avoir sur Les lisières ne me poussaient pas à plonger dans ce roman qui attend sur mes étagères depuis sa parution.
«  Qu’est-ce qui me poussait à toujours imaginer les gens rongés par l’ennui, usés par le quotidien, blessés d’être ainsi réduits, leur vie tenant dans des boîtes à gants? »
Olivier Adam, en campant un auteur à succès dont l’univers est très proche du sien, semble vouloir se justifier vis à vis de tous ceux qui lui reprochent son pessimisme. Mais c’est peine perdue pour moi. Je ne vois en Paul qu’un être égoïste, il étale sa mélancolie et sa douleur incapable de prendre la peine de s’intéresser aux autres.
Bien sûr, le narrateur perçoit une blessure d’enfance qui l’aurait poussé au suicide à l’âge de dix ans, qui a fait de lui un adolescent ténébreux anorexique, qui le portait vers des camarades charismatiques capables de le porter, de combler son manque.
«  Avais-je à ce point besoin qu’on s’occupe de moi? »
Paul est éternellement en fuite. Il quitte la banlieue de ses parents pour vivre à Paris avec sa femme Sarah. Après la naissance de Manon, la Maladie l’envahit à nouveau. La mer serait un remède apaisant, le couple part s’installer en Bretagne où naîtra leur second enfant.
«  Je n’étais pas là. Je ne l’avais jamais été. C’était comme une maladie. »
Divorce, les enfants un week-end sur deux et puis l’obligation de se rendre en banlieue parisienne chez ses parents alors que sa mère est hospitalisée.
Retrouver le visage froid et dur de son père, les reproches de son frère bien trop à droite, les amis d’enfance qui n’ont jamais pu sortir de leur banlieue et souffrent aujourd’hui du chômage, d’ennui, de sinistrose.
Paul s’enfonce, devient violent envers un médecin qui s’approche trop de sa femme alors que lui ne voit aucun problème à donner de faux espoirs à son ancien amour de jeunesse.
S’intéresse-t-il à la santé de sa mère ou seulement à chercher une solution à ses doutes d’écrivain de bord de mer qui décrit les malheurs du monde. Il s’est éloigné du niveau social de ses parents et ne trouve peut-être pas La place comme l’évoque si bien Annie Ernaux.
J’ai détesté ce Paul, plein de contradictions, qui semble conscient des difficultés mais n’agit jamais qu’aux lisières, incapable de prendre en compte la douleur des autres.
Si je n’accroche plus du tout à cette noirceur dans les récits d’Olivier Adam, son approche assez synthétique de la société est claire et pertinente. En toile de fond de ce roman, on trouve Fukushima, la montée du front national, le vie dans les banlieues, le clivage politique et la différence des classes, les douloureuses conséquences du divorce sur la garde des enfants, la fin de vie. Le contexte, les personnages bien campés, le style fluide en font une lecture intéressante et aisée.
Mais comme le préconise le psy de Paul, j’aurais tendance à demander à l’auteur « Vous n’avez jamais pensé à écrire un jour quelque chose qui vous fasse du bien? Et qui fasse du bien autour de vous? »

Je remercie Edyta de m’avoir accompagnée pour cette lecture. Pour une fois, nos ressentis de lecture sont divergents. Pour elle ce fut un coup de coeur. Retrouvez son avis ici.

Millenium blues – Faïza Guène

Titre : Millenium Blues
Auteur : Faïza Guène
Editeur : Fayard
Nombre de pages : 234
Date de parution : 10 janvier 2018

Faïza Guène, c’est un style très personnel. Une langue orale, urbaine, dynamique, celle d’une génération, de sa génération qui a grandi avec la spontanéité du forfait Millénium, premier forfait téléphonique illimité.
«  Le monde a changé à partir du forfait Millénium. Désormais, on se parlerait sans limites. On pourrait se dire autre chose que l’essentiel. »
Mais ce style vivant, moderne laisse aussi sa place aux sentiments et à un regard pertinent sur la société. Si le blues prédomine car c’est aussi la caractéristique de cette génération, déboussolée par les changements rapides de la société, l’amitié, la volonté de s’en sortir sont des forces positives très présentes.

Avec ce récit non linéaire mais parfaitement suivi, Faïza Guène compose la toile des souvenirs personnels et collectifs de Zouzou sur une quinzaine d’années. De son enfance où elle vit le divorce de ses parents et sa rencontre avec Carmen qui restera sa meilleure amie à sa vie de maman auprès d’un mari instable et lunatique.

Le récit commence par un drame qui va traumatiser Carmen. Un évènement qui génère de la culpabilité mais initie une amitié indéfectible au milieu de la mort, de l’abandon puis plus tard de la naissance. Elles sont l’une pour l’autre une famille.
Zouzou vit avec le lecteur ses premières fois, ses espoirs, ses rencontres, ses peines, sa joie d’être mère et sa peine de voir partir sa fille le week-end. Elle rêve de Charles Ingalls et écoute Abba. Pour comprendre finalement que la seule chose à changer est le regard sur soi.
«  Les femmes ne devraient pas avoir le monopole de la culpabilité, c’est aux hommes d’être moins légers. »

Le monde s’est effondré avec les tours jumelles, la montée du front national a laissé un parfum de résignation, la joie du vivre ensemble se fige dans une victoire de coupe du monde, comment sortir de ce blues?
«  Ceux qui espèrent ont toujours une longueur d’avance. »

Un beau roman sur les solitudes modernes d’une génération qui a perdu l’espoir devant le fracas du monde mais qui peut retrouver l’élan vers l’énergie grâce aux valeurs de l’amitié et à l’esprit d’ouverture.

Au mieux trois fois par semaine – Hippolyte Romain

Titre : Au mieux trois fois par semaine
Auteur : Hippolyte Romain
Éditeur : Erick Bonnier
Nombre de pages : 128
Date de parution : 11 mai 2017

 

 

De nos jours, la famille recomposée, ou plutôt décomposée comme le souligne ironiquement Hippolyte Romain, est chose courante. Quoiqu’on en dise, ou qu’on en lise dans les magazines féminins qui vantent les familles de stars, cette nouvelle cellule familiale s’installe sur des douleurs, des frustrations de l’un ou de l’autre. Que ce soient les mères, pères, enfants, beaux-pères, belles-mères.
«  Je ne cherche pas à faire l’écrivain, tous ces mots alignés sont comme des cris successifs, des plaintes, des gémissements, des sanglots, tout ce chapelet de douleurs, d’incompréhension, de désespoir, que j’ai vécu ces quatre dernières années. »
Le narrateur vient de divorcer à la demande de sa femme. La justice, cette fois rendue par des femmes, n’a tenu aucun compte des sentiments d’un père. La mère est sans profession, elle a pratiquement tous les droits ( maison, voiture, garde de l’enfant et pension alimentaire).
L’auteur parle très peu de ce couple, leur rencontre, leur vie et se focalise sur cette société qui donne raison à l’instinct maternel et sur les conséquences pour sa vie personnelle.
Attendre un coup de fil, un week-end. Profiter de ces moments avec l’angoisse de sa fin trop proche. Craindre les attaques de la mère, l’éloignement de l’enfant, le dénigrement du père dans le discours de la maman. Très vite, le quotidien devient soumission, fatigue et peur du pire. Attendre et espérer que l’enfant grandisse et soit capable de comprendre gâchant les plus belles années de l’enfance et craignant le rejet définitif .
On parle peu de l’enfant, sûrement trop jeune pour comprendre et prendre part à la décision. Les quelques actions de la mère ne la valorisent pas mais nous en savons peu aussi sur les raisons du divorce.
«  Les mères possèdent au plus haut point cet instinct de propriété sur leur progéniture qui les rend souvent terribles et sans cœur au moment des séparations… »
En tant que mère, je le reconnais facilement.

Oui, les papas souffrent aussi et nous le lisons de plus en plus dans l’actualité avec ces pères qui engagent une grève de la faim, s’isolent en haut des grues. Hippolyte Romain réagit en écrivant ce témoignage, illustré de quelques croquis personnels, avec beaucoup de sincérité. Sa peine est lourde, cette confession centrée sur le père est pesante. Peut-être un peu trop pour lui donner du poids. Mais cette douleur est compréhensible et doit être écoutée afin que la justice, peut-être aussi l’attitude des femmes évoluent dans l’intérêt de tous et aussi et surtout dans l’intérêt de l’enfant.

 

 

 

Nos contrées sauvages – Cate Kennedy

kennedyTitre : Nos contrées sauvages
Auteur : Cate Kennedy
Littérature australienne
Traducteur : Carine Chichereau
Titre original : The world beneath
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 350
Date de parution : avril 2015

Auteur :
Cate Kennedy, née en Australie en 1963, est l’auteur d’un récit de voyage et de deux recueils de poésie. La publication de Nos contrées sauvages a été unanimement saluée par la critique comme le signe d’un renouveau du roman australien et a été couronnée par le People’s Choice Award du NSW Premier’s Literary Awards. Il est paru en 2015 aux éditions Actes Sud.

Présentation de l’éditeur :
Dans une petite ville australienne, Sandy élève seule sa fille Sophie. C’est d’un mauvais oeil qu’elle voit l’irruption dans leur vie de Rich, le père de Sophie, qui était parti peu après sa naissance. Soignant son image d’éternel aventurier, Rich propose à sa fille, pour ses quinze ans, un trek d’une semaine sur l’île de Tasmanie. À l’endroit même où Sandy et lui s’étaient rencontrés lors d’une action militante contre la construction d’un barrage.
Sophie, adolescente gothique rivée à son portable, fait tout pour arracher l’accord à cette mère, dont l’affection débordante et les préceptes hippies l’insupportent. Enfin elle aura l’opportunité de faire connaissance avec son père !
Alors que père et fille s’engagent sur les sentiers d’une randonnée vertigineuse, Sandy part en retraite spirituelle pour calmer ses angoisses.
Mais Rich fait courir des dangers à Sophie que même Sandy n’a pas imaginés. Rancoeurs, douleurs enfouies, petits arrangements avec la vérité : Cate Kennedy dresse une cartographie sensible des contrées sauvages de l’âme humaine.
L’enchantement et la force de ce roman émanent du regard vif et décapant, souvent drôle, que porte l’auteur sur ses trois protagonistes. D’une écriture alerte, l’histoire est alternativement racontée du point de vue de chacun d’eux – sous l’angle de trois expériences bien différentes. Tout ici est vibrant de vie.

Mon avis :
En lisant la quatrième de couverture, le lecteur peut s’attendre à une histoire proche du roman de David Vann, Sukkwan Island. Parents divorcés, le père emmène l’enfant en randonnée dans des contrées sauvages afin de renouer une relation filiale.
Mais si les synopsis sont proches, le traitement est relativement différent. L’approche féminine de l’auteur oriente davantage l’intrigue sur les personnages et non sur la randonnée elle-même, qui toutefois nous installe dans un cadre assez exceptionnel.
Sophie, une adolescente émo-gothique, anorexique peine à se construire entre Sandy, une mère coincée dans son univers hippy et Rich, un père absent depuis sa naissance. Son seul refuge est son blog « Ma putain de vie » qui lui vaut l’admiration du corps enseignant.
Elevant seule sa fille, bien décidée à offrir à Sophie une autre éducation que celle qu’elle a reçue, Sandy n’en arrive pas moins à un constat d’échec.
 » Ce soir-là, elle est sortie avec trois baguettes coincées dans son chignon, sa robe orange et une de ces ceintures orientales avec des grelots qui tintent à tout bout de champ. Et puis ces bras chamallows. Jamais Sophie ne sera comme ça. Plutôt crever! »
Le parent absent garde son mystère et son attrait pour une jeune adolescente contrairement au parent qui se doit par sa présence au quotidien d’assurer l’éducation.
Si Rich a le charme de l’inconnu et peut grâce à son anticipation étonner sa fille par un semblant de modernité, il n’en demeure pas moins, comme Sandy, bloqué dans le passé sur cette aventure écologique en Tasmanie pour la défense de la rivière Franklin, là où il a rencontré Sandy.
 » Que peut-on faire après, quand on a vécu ça? A quoi consacrer le reste de sa vie? »
Sandy et Rich, chacun marqué par une empreinte familiale, se posent aujourd’hui des questions sur les notions de perte, de vieillissement et ont la nostalgie de cette passion vécue en Tasmanie dans les années 80.
Adolescente toujours sur la défensive, sur quel adulte Sophie pourra-t-elle compter?
L’un l’a abandonné pendant quinze ans, l’autre n’a pas vu son problème d’anorexie.
 » Les gens ont beau regarder, ils voient ce qu’ils veulent voir, ce qui les arrange. Elle le comprend presque, d’ailleurs, car le désir est si fort qu’il déforme la réalité, l’efface. »

Cate Kennedy propose ici un roman où chacun va apprendre l’impuissance face à ce que l’on ne peut pas changer, va grandir grâce à cette aventure dans les contrées sauvages, celles de Tasmanie mais surtout celles des trois personnages de cette histoire familiale.

 

La part des nuages – Thomas Vinau

vinauTitre : La part des nuages
Auteur : Thomas Vinau
Éditeur : Alma
Nombre de pages : 132
Date de parution : 21 août 2014

Auteur :
Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon à Pertuis. Il a publié Du sucre sur la tête, un album jeunesse, chez Motus (2011), Nos cheveux blanchiront avec nos yeux (Alma, 2011), Ici ça va, Bric à brac hopperien (Alma, 2012), Juste après la pluie et La part des nuages (Alma 2014).

Présentation de l’éditeur :
Joseph, 37 ans, mène sa barque comme tout le monde. Atteindre le soir, le lendemain. La fin du mois. Les prochains congés. Finalement, rien n’a changé depuis l’enfance.  Mais il  n’est plus un enfant, il en a un, Noé, et  le bateau tangue. La mère de l’enfant s’en va puis l’enfant à son tour –le temps des vacances.
Le baron perché se serait réfugié dans son arbre, Alexandre le Bienheureux dans son lit. Joseph, lui, commence par grimper dans le cerisier du jardin où il a construit sa cabane. Objectif : ranimer ses rêves. Puis il découvre un second refuge : les autres, leurs histoires, leur présence dehors dans la petite ville.
Avec obstination, Joseph traverse la nuit, essuie l’orage, regarde les nuages. Décrotté, victorieux, prêt à tout.

Mon avis:
En lisant Ici ça va, j’ai découvert un auteur d’une grande sensibilité. Et je retrouve ici l’ambiance bucolique qui décrit les nuages, les insectes, les aventures d’une tortue mais surtout cette façon de narrer un temps de vie en éclats, en énumération, en suspension.
 » nous sommes la consistance des nuages. »
Joseph, assistant bibliothécaire, divorcé, aime par dessus tout son fils Noé. Car son fils le rapproche des bonheurs simples de la vie. Aussi, lorsque l’enfant est chez sa mère, Joseph perd pied, il s’évapore. Il se rapproche des lieux de son enfant, la piscine, la cabane dans les arbres. Il regarde les étoiles, est charmé par la musique d’une flûtiste, se rapproche d’un clochard.
Il attend le retour de Noé, le seul qui le sauve du déluge. Il attend de vivre.
Le récit est court, le sujet est basique mais la poésie et l’émotion sont là.
Même si le sujet est triste, j’ai pris un réel plaisir à lire ce récit, à vivre avec ces gens qui sont « comme des poules. Des oiseaux qui ne savent pas voler. »
Simple et émouvant.

rentrée