Un dieu un animal – Jérôme Ferrari

Titre : Un Dieu un animal
Auteur : Jérôme Ferrari
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 112
Date de parution : janvier 2009

 

 

 

Ce court roman sans chapitre, sans coupure évoque la jeunesse désoeuvrée dans un petit village où lon s’ennuie.

Après un engagement militaire de deux ans à Djibouti, le narrateur traîne comme videur dans une boîte de nuit avec son ami Jean-Do. Alcool, drogue, bagarres, il faut trouver l’adrénaline qui remplace le combat.

« Les hommes ont besoin de plus grand pour vivre»

Ce que le narrateur a trouvé dans l’armée, Magali, son amour de jeunesse le cherche dans une grande entreprise. Etre le meilleur, dépasser ses objectif, voilà ce que l’on demande à ces jeunes consultants.

Pour le narrateur, revenir de l’enfer, se réinsérer dans son village natal, celui que l’on voulait quitter à tout prix pour vivre la grande aventure n’est pas chose facile. Seule Magali pourrait apporter un peu de douceur à l’âme meurtrie du mercenaire hanté par la mort de son ami dans un attentat kamikaze.

« Tu essaies de rentrer chez toi, tu essaies de recréer un chez-toi »

Jérôme Ferrari déroule les pensées sombres de son personnage, évoque une ultime rencontre avec une Magali perdue dans sa vie amoureuse, un attachement à la terre natale, un questionnement divin. Mais la rédemption est-elle encore possible?

Avec une écriture sèche, des longues phrases travaillées pour rendre plus concrète les émotions des personnages, Un dieu un animal est un roman fort. De ceux qu’ont pu susciter les attentats du 11 septembre. Ce récit passe de l’horreur de la guerre à la solitude des hommes traumatisés,  et évoque le questionnement sur l’engagement d’une vie, la perte de repère sur la puissance d’un Dieu qui façonnent des êtres « qu’il tire du néant et renvoie, sans fin, au néant. »

Am Stram Gram – M.J. Arlidge

arlidgeTitre : Am Stram Gram
Auteur : M.J. Arlidge
Littérature anglaise
Titre original : Eeny Meeny
Traducteur : Elodie Leplat
Éditeur : Les Escales
Nombre de pages : 364
Date de parution : 19 mars 2015

Auteur :
M.J. Arlidge travaille pour la télévision depuis quinze ans. Il dirige également une maison de production indépendante, qui a permis à plusieurs séries policières de voir le jour. Am stram gram est son premier roman.
Présentation de l’éditeur :
Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale.
Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.
Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.
Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

Mon avis :
L’idée de départ de ce roman noir est profondément machiavélique. Deux personnes amies, parentes ou collègues se retrouvent kidnappées puis isolées dans un endroit d’où il est impossible de fuir. La seule issue, la seule façon d’échapper à la mort lente de faim et de déshydratation est de tuer l’autre.
 » C’est marrant, mais quand on sait qu’on va faire quelque chose de mal, tout semble aussitôt aller beaucoup mieux. On se sent grisé, euphorique, libre. »
Personne ne peut dire ce qu’il ferait en pareille situation. Là, on mesure les liens d’amour ou d’amitié entre deux êtres. Se sacrifier ou tuer.
«  Mais la vérité nue, c’est qu’on ne peut jamais vraiment connaître son prochain. »
Quel avenir pour celui qui en sort vivant? Comment vivre avec ce sentiment de culpabilité?
Si les scènes de séquestration se répètent, les comportements sont différents. Et c’est sans nul doute, l’aspect du roman qui m’a le plus intéressée.
Avec des principes de construction classiques mais efficaces, M.J. Arlidge maintient un suspense permanent et donne du rythme à son récit. Chaque chapitre est court, permettant au lecteur d’enchaîner facilement les étapes. Parfois, un chapitre en italique nous dévoile le passé tragique d’un personnage non identifié, entretenant le suspense et le drame.
Helen, plus jeune commandant de police du Hampshire, moderne, secrète, sportive, sans famille, mène l’enquête. Elle dirige son équipe de manière efficace, gardant sa confiance à son adjoint en proie à des difficultés personnelles. Elle compense le stress de son métier en pratiquant régulièrement des séances de sadomasochisme. A part, peut-être Charlie, une jeune policière, peu de personnages semblent sereins et limpides.
Si nous découvrons les vies des adjoints d’Helen, la sienne reste suffisamment secrète pour maintenir le mystère de sa personnalité.
Tous les ingrédients du bon roman policier addictif sont donc bien présents, avec plusieurs pistes et rebondissements.
Avec un style simple mais fluide, je me suis trouvée face à un classique du roman noir actuel avec d’intéressantes analyses comportementales mais aussi quelques situations un peu incohérentes, me semble-t-il.

Challenge-rentrée-dhiver-2015-150x149