Nos espérances – Anna Hope

Titre : Nos espérances
Auteur : Anna Hope
Littérature britannique
Titre original : Expectation
Traducteur : Elodie Leplat
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 357
Date de parution : 12 mars 2020

Hannah, Cate et Lissa, trentenaires, se connaissent depuis toujours. Nous faisons leur connaissance à un moment charnière de leur vie d’adulte. Si la jeunesse est le temps des rêves, des idéaux, la maturité oblige à composer avec la réalité.

Hannah a un bon boulot, elle est sous directrice d’une grosse ONG mondiale. Mariée à Nathan, maître de conférence, elle mène une vie aisée. Pourtant, il lui manque quelque chose, un enfant. Après plusieurs essais ratés, elle se lance dans une nouvelle aventure de fécondation in vitro.

Cate, elle, a la chance d’être mère d’un petit garçon. Enfin, pour elle, cela semble plutôt une épreuve. Son mari, Sam travaille comme second dans un restaurant et elle gère seule les journées et les nuits difficiles.

Lissa n’a ni enfant, ni métier. Après quelques petits rôles, la trentenaire est contrainte de poser nue pour des écoles de dessin ou de passer des castings pour des publicités.

Entre flash-backs et galères du quotidien, Anna Hope dissèque les rouages de l’amitié de ces trois personnages. Se connaissant depuis l’enfance, elles ont ont vécu ensemble de bons moments, se sont épaulées devant les épreuves. Petit à petit, nous découvrons leurs failles, leurs regrets éclairant ainsi leurs comportements actuels.

Portraits de femmes modernes découvrant que la vie n’est pas toujours celle dont elles rêvaient. Des filles libres et insouciantes, opposées aux idées de leurs parents qui pourraient, une fois adultes,  accepter ce que le destin impose au grand regret de leurs mères. Après la jeunesse, on fait des compromis.

« Bon Dieu, on est allées changer le monde pour vous. Pour nos filles.  Et qu’est-ce que vous en avez fait? »

Après La salle de bal qui mêlait romantisme et Histoire, Nos espérances manque pour moi d’un contexte structurant. Si j’ai aimé passer quelques temps avec Hannah, Cate et Lissa, leurs déboires ne m’ont pas spécialement touchée.

 

Disparaître – Mathieu Menegaux

Titre : Disparaître
Auteur : Mathieu Menegaux
Editeur : Grasset
Nombre de pages : 216
Date de parution : 8 janvier 2020

A Paris, au début de l’été, une jeune femme de vingt-cinq ans tombe de la fenêtre d’un appartement du sixième étage dans le quartier des Abbesses.

A Saint-Jean Cap Ferrat, un sportif s’entraînant pour le triathlon découvre un cadavre sur la plage des Fosses. Le capitaine Grondin, récemment muté à Nice, mène une enquête qui s’avère difficile puisque le cadavre était nu et avait le bout des doigts brûlés.

Entre-temps, nous suivons dans sa quête de pouvoir au sein d’une banque d’affaires, Etienne Sorbier, la cinquantaine, marié et père d’une fille qui ne lui parle plus. Directeur de la filiale française de Richter&Co, il recrute les meilleurs espoirs de la finance. Même si il leur apprend que, dans ce métier, il y a deux choses à respecter : le client et son équilibre personnel, le système pousse les employés au bord du burn-out.

Esther Goetz, provinciale très douée qui manque toutefois cruellement de confiance en elle, mesure rapidement toute la cruauté du « culte de la performance sacrificielle. »

Qu’est-ce qui relie l’enquête du capitaine Grondin, la défenestration d’une jeune femme et la vie d’Etienne Corbier? C’est tout le mystère de ce roman.

Chaque roman de Mathieu Menegaux déclenche une avalanche de compliments sur les comptes des lecteurs que je suis sur les réseaux sociaux. J’avais hâte de découvrir l’univers de cet auteur. Pour ma première lecture, il me semble ne pas être tombée sur le meilleur de l’auteur. Si le style est particulièrement fluide et agréable à lire, le scénario me paraÎt finalement assez banal. Certes, les sentiments d’Etienne et d’Esther sont bien analysés mais ils restent pourtant classiques dans ce genre d’histoire.
Le capitaine Grondin, insuffisamment présent, est une image basique d’enquêteur. Malgré quelques belles références cinématographiques, elles aussi superficielles mais amusantes, ce roman ne restera pas dans ma mémoire.

J’ai hâte de lire d’autres avis sur ce roman pour savoir si je suis mal tombée en choisissant ce titre pour découvrir l’auteur ou si je suis en dehors de mon univers.

J’ai un début de réponse avec la chronique de Folavril   et celle de Koryfee.

Par contre, Joëlle rejoint mon avis.

Le cœur de l’Angleterre – Jonathan Coe

Titre : Le cœur de l’Angleterre
Auteur : Jonathan Coe
Littérature anglaise
Titre original : Middle England
Traducteur : Josée Kamoun
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 560
Date de parution : 22 août 2019

Les habitués de Jonathan Coe seront contents de retrouver des personnages de Bienvenue au club et du Cercle fermé. Avec beaucoup de romanesque, l’auteur rend accessible et passionnante son analyse de la société anglaise de 2010 à nos jours, montée et explosion du Brexit.

Benjamin Trotter est le personnage pivot de ce roman. Aux côtés de son père, Colin et de sa sœur, Loïs, il vient d’enterrer sa mère. La fin d’une époque.
Doug, son meilleur ami, journaliste, sera le fil conducteur du regard sur la politique de l’époque. De même que la nièce de Ben, Sophie, une intellectuelle ouverte d’esprit qui rencontre Ian, moniteur d’auto-école, conservateur issu de l’Angleterre profonde.

Nous débutons le récit avec une chanson de Shirley Collins, « Adieu vieille Angleterre« . La bande son de ce roman est riche. Amy Winehouse,  » la voix même des quartiers nord » est retrouvée morte. des émeutes mettent en évidence « une ligne de fracture abyssale dans la société britannique. » La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2012 redonne toutefois de l’optimisme et du patriotisme.

Jonathan Coe, par le biais de ses personnages, montre finement l’évolution des états d’esprit d’une population qui vit toujours sous la dictature du « politiquement correct. »
Crise économique, évolution des mœurs, mondialisation, hausse constante du nombre de migrants, le pays évolue. Dave Cameron, en cas de victoire de son parti conservateur en 2015, promet la tenue d’un referendum sur l’Europe. Victorieux, Cameron est contraint de fixer la date du referendum, ce sera  le 23 juin 2016.

 » Cette campagne va se gagner avec des slogans. »

Le débat sur le Brexit, suite à l’austérité du gouvernement de Dave Cameron se place sous les thèmes de l’immigration et du contrôle des frontières.

Benjamin,écrivain, parvient finalement à publier son premier roman. Une fois expurgé de l’histoire politique, il n’en reste que le récit de sa passion avec Cicely. Ce sont les histoires d’amour qui se vendent le mieux. Mais « l’écrivain doit être engagé ». Jonathan Coe, natif de Birmingham, est un témoin essentiel de l’actualité de son pays. Dans Le coeur de l’Angleterre, il compose habilement les histoires de cœur, de famille en dressant un panorama avisé de la société anglaise en crise.

 » Toutes les cinq minutes, on arrive à un carrefour t il faut choisir sa voie. Chaque bifurcation détient le potentiel de changer une vie, parfois du tout au tout. »

Qui peut savoir quel sera le destin de l’Angleterre, de Benjamin et de son cercle d’amis?

 

Ouvre les yeux – Matteo Righetto

Titre : Ouvre les yeux
Auteur : Matteo Righetto
Littérature italienne
Titre original : Apri gli occhi
Traducteur : Anne-Laure Gonin-Marquer
Editeur : Points
Nombre de pages : 144
Date de parution : 18 avril 2019
Date de parution originale : La dernière goutte, janvier 2017

 

Qui n’a jamais demandé à quelqu’un de fermer les yeux pour mieux révéler l’effet de surprise lorsque l’autorisation « Ouvre les yeux. » est lancée. Plaisir de découvrir la joie dans les yeux d’un enfant face au cadeau tant désiré ou face à une merveille de la nature.

Giulio est le fuit d’un coup de foudre entre Luigi et Francesca. Le couple aimait arpenter la montagne avec leur fils. Le point culminant de leur bonheur à trois fut cet instant où la famille se retrouve au sommet du Schenon. Les grands espaces et le vol d’un aigle.

A treize ans, l’adolescent se replie sur lui-même face à un couple qui perd pied jusqu’au divorce.

« Il cesse de rire et nous ne nous en aperçûmes même pas. »

Luigi comble l’absence et lui offre une moto pour ses dix-huit ans. C’est peut-être la dernière fois qu’il pourra lui faire une surprise en lui disant « Ouvre les yeux. »

J’ai beaucoup aimé la construction de ce court roman. Le présent se conjugue au futur quand Luigi et Francesca se retrouvent pour une ultime rencontre avec le passé de leur fils. Cela ne peut se faire que dans la montagne, «  un lien où grimper mais surtout où descendre en soi-même pour mieux se connaître. »

S’y mêlent les autres chapitres, au passé. Le récit d’un couple qui part de la passion jusqu’au divorce, laissant sur le quai un enfant.

Un enfant, c’est comme un feu, il a besoin d’une attention constante.

Un très beau roman, où la nature et les silences donnent de la douceur, là où le destin peut se promettre violent.

Par les routes – Sylvain Prudhomme

Titre : Par les routes
Auteur : Sylvain Prudhomme
Editeur : L’Arbalète/ Gallimard
Nombre de pages : 304
Date de parution : 22 août 2019

 

 

Par les routes, on y entre avec un peu de réserve, de doute sur ce que l’on va bien pouvoir y découvrir. Puis l’on s’aventure au-delà du bitume de l’autoroute, du sujet un peu basique de ce roman, pour y découvrir la richesse des paysages français et l’hospitalité de ses habitants, la vraie portée de ce récit.

Sacha est écrivain. La quarantaine sonnée, il souhaite échapper à la vie parisienne et s’installer dans une petite ville du sud-est de la France. Coïncidence ou évidence, il y retrouve celui qui restera anonyme sous le surnom de l’Autostoppeur, son ancien colocataire perdu de vue depuis quinze ans. Très proches, ils étaient pourtant bien différents. Ils partageaient déjà des virées en autostop.  Mais généralement, l’un vivait, l’autre écrivait.

Marié à Marie, père d’un jeune garçon, Agustin, l’Autostoppeur a toujours gardé ce besoin de liberté. Du jour au lendemain, il quitte le foyer pour partir sur les routes. Sac à dos, planté sur une aire d’autoroute, il attend la rencontre éphémère avec un chauffeur, la découverte d’un village choisi pour son nom, son lieu, son originalité.

La vie est-elle dans la découverte de l’autre ou dans la plénitude d’un foyer?

Marie traductrice, sédentaire a pris l’habitude d’emboîter le pas des autres. Même si elle souffre, de moins en moins, des absences de celui qu’elle aime, elle voudrait parfois, elle aussi, être libre.

Sacha n’est pas insensible à la beauté de Marie. Elle apprécie qu’il soit là, une épaule où se reposer, un père de substitution pour Augustin. Bientôt de l’Autostoppeur, ils ne reçoivent plus que des messages, des cartes postales d’un village inconnu au nom évocateur.

Celui qui, déjà, n’avait pas de prénom, celui qui hante le roman sans vraiment y être présent, préfère s’évaporer sur les routes laissant à l’autre la douceur du foyer.

Malgré la modestie du sujet, Sylvain Prudhomme construit un texte qui a la douceur recherchée par Sacha pour son propre roman, La mélancolie des paquebots, réponse à l’ellipse finale du roman de Flaubert, L’éducation sentimentale. Je ne sais si cette douce mélancolie résulte du style, du choix des mots, de l’empathie des personnages, des chaudes ambiances des sites visités ou du foyer de Marie mais l’effet est très charmant.

Les niveaux de lecture de ce roman sont aussi variés que les paysages ou habitants rencontrés. On peut n’y voir qu’un simple trio amoureux, une découverte bucolique ou la complexité de la dualité humaine. La personne est complexe, évoluant sans cesse au fil des expériences, des années. Conscient de sa dualité, l’homme doit trouver son chemin pour accéder au bonheur.

Et si « Famous Blue Raincoat de Léonard Cohen, sa chanson la plus triste, la plus belle, en forme de lettre écrite au milieu de la nuit, fin décembre, à un ami » nous donnait une autre clé de lecture.

Je ne regrette pas d’avoir suivi Sylvain Prudhomme par les routes. C’est un roman original, hommage à la richesse et l’hospitalité de notre pays, qui brille par sa simplicité et sa richesse.

Ce roman fait partie des quatre finalistes pour le Prix Landerneau 2019. Il est aussi dans les premières sélections des Prix Renaudot et Femina.

Trois gouttes de sang – Sadeq Hedâyat

Titre : Trois gouttes de sang
Auteur : Sadeq Hedâyat
Littérature persane
Traducteur : Gilbert Lazard et Farrokh Gaffary
Editeur : Zulma
Nombre de pages : 192
Date de parution : 2 mai 2019 pour ce format Poche

Les dix nouvelles de ce petit recueil, écrites dans les années 30 nous plongent dans les délices des contes des mille et une nuits. Un peu de fantastique avec une momie qui reprend vie, de folie que trois gouttes de sang emportent vers la poésie, d’animalité qui souvent nous rapproche tant de l’humain. Des petites histoires, empreintes de la culture persane avec la religion et la vision du mariage, qui d’un détail nous plonge dans l’intimité d’une vie, d’un couple.

J’ai particulièrement aimé la construction de la première nouvelle qui donne son titre au recueil. Elle illustre tout le talent de l’écrivain.

Le chien errant, est une nouvelle touchante. De l’errance et la souffrance d’un chien, de ses sentiments si humains, nous sentons le parallèle évident avec l’homme abandonné à la rue.

La troisième nouvelle nous plonge dans les croyances et le surnaturel. Ne faut-il pas croire aux miracles? Nos vies en sont remplies mais nous n’y faisons pas souvent attention.

«  Je suis convaincu au contraire que tout évènement, si étrange soit-il, n’est jamais qu’un fait naturel, matériel, commandé par des lois que la science n’a pas forcément découvertes. »

Les nouvelles suivantes explorent davantage, non sans ironie, le fonctionnement du couple, le rapport à la religion.

«  Le pèlerin, dès l’instant où il fait son voeu et se met en route, même si ses péchés sont aussi nombreux que les feuilles d’un arbre, devient pur et satisfait. »

Le couple, souvent composé par les lois ancestrales, réunit homme mûr et jeune enfant qui quitte la violence des parents pour trouver les coups d’un mari. Mais derrière cela, il y a la détresse de femmes si habituées à la violence qu’elle la recherche, des filles laides qui ne peuvent prétendre au mariage si recherché  mais aussi la déchéance des hommes qui, parfois, se laisse prendre au jeu de l’amour.

«  Quel dommage que l’expérience vienne toujours trop tard pour qu’on ait le temps de s’en servir! »

Trois gouttes de sang est une lecture qui emporte vers les charmes de l’orient. Poésie, fantaisie, ironie composent des récits enchanteurs qui n’en illustrent pas moins la dure réalité des vies.

Les sept mariages d’Edgar et de Ludmilla – Jean-Christophe Rufin

Titre : Les sept mariages d’Edgar et de Ludmilla
Auteur : Jean-Christophe Rufin 
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 384
Date de parution : 28 mars 2019

«  Sur le temps long, le couple apparaît comme le produit sans cesse changeant d’influences multiples, de prises de conscience et d’incapacité à communiquer, de chutes et de relèvements, de transformations intérieures et de contraintes sociales. »

Jean-Christophe Rufin s’affranchit du couple romanesque classique, soit fusionnel, soit déchiré. En s’inspirant de sa propre expérience, avec Edgar et Ludmila, il construit un couple mouvant au fil des sentiments et  des aléas de la vie. Quelque soit l’attirance, la passion, la magie de la première rencontre, chaque caractère reprend le dessus. Les origines et les destins des deux personnages ne peuvent que compliquer le long fleuve, pas si tranquille, de la vie du couple.

Edgar est né de père inconnu. Il est élevé modestement par sa mère, vendeuse de fleurs sur les marchés. Le jour où il monte à Paris, il aide un gentleman à changer une roue de sa voiture. Cet homme, notaire, lui propose de devenir son garçon de courses. En 1958, il part avec Paul, le fils du notaire et leur copine respective pour un voyage Paris Moscou à bord d’une Simca Marly. Ce voyage couvert par Paris Match, sous haute surveillance des autorités russes les amène au centre d’un petit village où Ludmilla profite de cet événement pour attirer l’attention, en se perchant, nue, en haut du grand chêne.

Edgar, énergique et séduisant est sous le charme des yeux à la puissance envoûtante de Ludmilla. Issue d’une famille originaire de la Crimée, déportée pendant la guerre, Ludmilla joue la folle pour échapper à la convoitise des hommes.

A son retour en France, Edgar apprend la mort de sa mère. Il n’a plus qu’une idée en tête, sauver Ludmilla de sa détresse comme il aurait voulu sauver sa mère de la misère. Il retourne à Kiev, recherche Ludmilla, l’épouse et la ramène à Paris.

Les premiers temps de l’exil ne sont pas faciles. Edgar regrette d’avoir entraîné la jeune femme dans sa misère. Il se sent incapable de la protéger, de la faire vivre dignement. Il lui propose de divorcer pour que chacun soit heureux ailleurs.

Le jeune homme ne reviendra vers sa bien-aimée qu’une fois sa réussite assurée et son compte en banque bien rempli. 

Au fil des réussites, des rencontres, des échecs de chacun, les mariages se font et se défont. L’amour est réel de part et d’autre mais l’orgueil d’Edgar le pousse à fuir quand ses affaires périclitent. 

A la manière d’un Bernard Tapie, Edgar construit un empire, en s’engageant dans des activités variées, parfois à la limite de la loi. Ludmilla devient une star de l’opéra, mondaine et capricieuse. L’un et l’autre parcourt le monde, laissant leur fille Ingrid en marge de leur vie.

«  les deux parents d’Ingrid, chacun de son côté, avaient perdu tout contact avec la réalité. Ils vivaient dans un monde que seul l’argent permet d’atteindre. »

Le narrateur, médecin,  rencontre Ingrid alors qu’elle fait un stage dans son hôpital. Il est fasciné par l’histoire peu banale de ses parents, mariés sept fois ensemble depuis leur rencontre au pied d’un chêne en Russie. Il enquête auprès d’eux et de leurs amis et nous raconte cette histoire d’amour incroyable. 

A la fois concerné et observateur, le narrateur semble nous conter une histoire vraie. Edgar nous fait penser à Bernard Tapie, Ludmilla à une cantatrice célèbre mais tout sort de l’imagination de l’auteur, lui-même confronté aux aléas du divorce et du remariage puisqu’il s’est marié quatre fois dont trois fois avec la même femme.

D’une construction assez classique, cette fiction se révèle plaisante grâce aux frasques de ce couple peu ordinaire. Sept mariages, ce n’est pas rien. Le point de vue extérieur du narrateur, la richesse des vies des protagonistes des années 60 à nos jours nous empêchent certainement de ne pas se lasser de ces chutes et relèvements successifs.