Ces âmes chagrines – Leonora Miano

mianoTitre : Ces âmes chagrines
Auteur : Léonora Miano
Éditeur : Plon
Nombre de pages : 280
Date de parution : août 2011

Auteur :
Léonora Miano est née en 1973 à Douala, au Cameroun. Après avoir consacré une trilogie à l’Afrique avec L’intérieur de la nuit, classé 5e dans la liste des
meilleurs livres de l’année par la magazine Lire, Contours du jour qui vient prix Goncourt des Lycéens 2006, et enfin Les Aubes écarlates (2009), elle a écrit deux ouvrages sur la communauté afropéenne : Tels des astres éteints et Blues pour Elise (2010). Elle vit à Paris dans le XIIe.

Résumé :
Né dans l’Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n’arrive pas à surmonter la rancoeur qu’il nourrit envers sa mère, coupable de ne l’avoir pas assez aimé. Elle l’a laissé en pension alors qu’il n’avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s’est jamais senti à sa place. Par ailleurs, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d’affection que lui.

Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l’ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile.
Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s’effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même…

Mon avis :
« Ces âmes chagrines« , ce sont celles d’Antoine et de Maxime, deux des fils de Thamar, mais aussi celles des mère et grand-mère. Tous n’ont pu être aimés comme ils l’auraient voulu.
Est-ce une lignée familiale maudite ou tout simplement, des gens ordinaires qui n’ont pas compris qu’avant tout, l’amour se donne.
Léonora Miano nous décrit ici plusieurs personnages, tous sont importants pour la compréhension du destin de chacun.
Il peut sembler difficile de rentrer dans ce roman, peut-être parce que la narration n’est pas linéaire ou parce que les repères géographiques sont volontairement flous ( Le Continent, le Nord, l’Hexagone, l’Intra-muros).
Mais, petit à petit, le parcours mental d’Antoine se dessine. Enfant chéri, qui pourtant se ressent rejeté par sa mère qui doit agir en fonction de son nouveau compagnon, Antoine, meurtri cherche à se venger. Tout d’abord, en affichant de lui-même une apparence sulfureuse puis en exploitant son frère et brimant sa mère.
Maxime, le fils aîné de Thamar, enfant né d’un viol, est au contraire fier de ses racines, reconnaissant envers les siens. Il est celui qui aide, qui pardonne.
Il y a tant d’actes manqués dans ces vies, de pardons que l’on ne donne pas ( le pasteur Masoma rejetant sa fille Modi, Modi qui laisse sa fille dans l’ignorance de ses origines, Thamar qui ne sait pas aimer ses deux premiers fils, Antoine refusant ses origines et les mains tendues de Maxime et Thamar).
Il faut parvenir au dénouement pour appréhender toute la substance de ce roman, pour comprendre un peu cette vie sauvage et violente de ce pays imaginaire de Mboasu (que l’on peut situer au Cameroun), pour finalement aimer les personnages parfois égoïstes de Thamar et Antoine.
J’avais découvert Léonora Miano, grâce à Contours du jour qui vient, roman qui a reçu le Prix Goncourt des Lycéens en 2006. C’est une auteur que je suivrais régulièrement.
Je remercie chaleureusement les Éditions Plon qui m’ont fait parvenir ce livre.