L’art de vivre à la japonaise – Erin Niimi Longhurst

Titre : L’art de vivre à la japonaise
Auteur : Erin Niimi Longhurst
Littérature anglaise
Titre original : Japonisme, Ikigai, Forest Bathing, Wabi-sabi and More
Traducteur : Sophie Lecoq
Illustrations : Ryo Takemasa
Éditeur : Harper Collins
Nombre de pages : 288
Date de parution : 9 mai 2018

Erin Niimi Longhurst est née d’un père anglais et d’une mère japonaise. L’héritage culturel de son grand-père est son guide spirituel. Après Séoul, New York, elle vit aujourd’hui à Londres mais les traditions japonaises façonnent sa vie.

Le Japon est un pays de tradition qui s’est longtemps isolé du monde extérieur. Leurs coutumes ont gardé la pureté de la culture nippone.

Particulièrement sereine et organisée, l’auteure construit son livre de manière claire. Elle présente la structure, conclut ses chapitres en reformulant. 

La première partie, Kokoro, est axée sur les principes philosophiques nippons. De l’importance à se trouver un but ( Ikigai), savoir ce qui nous rend heureux dans la vie. Les Japonais accordent une attention particulière à la famille, au respect des espaces communs, des autres et surtout des anciens.

J’aime particulièrement le wabi-sabi qui consiste à accepter l’éphémère, à voir la beauté de l’imperfection et le charme  du passage du temps. Les Japonais pratiquent le kintsugi qui est l’art de réparer les poteries et céramiques à l’aide d’une laque dorée. 

«  Sa fêlure devient sa force et sa beauté. »

Cet art engendre une belle leçon de vie. Jusqu’au Shoganai qui consiste à accepter ce qui ne peut être changé, admettre que c’est ainsi et qu’il faut continuer à vivre malgré les petits tracas.

La seconde partie, intitulée Karada ( le corps) est beaucoup plus pratique. Elle s’articule autour des passions et habitudes des Japonais. Une manière d’apprendre sur soi en faisant l’expérience de la beauté de la nature. La pratique des «  bains de forêt » nous entraîne sur les plus belles balades à faire au Japon. Les Japonais se ressourcent aussi dans les Onsen ( sources thermales). Vous apprendrez aussi l’ Ikebana, l’art de la composition florale, des recettes de cuisine, les bases de la cérémonie du thé ou de la calligraphie.

 

 

 

 

 

 

La maison japonaise est à l’image de ses habitants. On apprécie le confort et la souplesse de l’architecture.

La dernière et très courte partie vous invite à créer l’habitude. Si les principes du japonisme sont simples, il faut savoir les inscrire durablement dans sa vie.

«  La répétition, la volonté et l’autodiscipline s’enseignent, elles ne nous viennent (dans la plupart des cas) pas naturellement. »

Si la beauté n’est pas l’essentiel, ce livre n’en est pas moins superbe. Le texte fluide, intéressant coule sur des pages colorées, aérées de proverbes, citations et magnifiques photos. L’art de vivre à la japonaise est un livre vers lequel on revient régulièrement pour plonger dans l’harmonie, s’inspirer d’une recette, d’un conseil pour s’initier à composition florale ou la calligraphie.

Je remercie Babelio et les Editions Harper  Collins pour cette belle découverte.

 

La ballade du calame – Atiq Rahimi

rahimiTitre : La ballade du calame
Auteur : Atiq Rahimi
Éditeur : L’iconoclaste
Nombre de pages : 208
Date de parution : 26 août 2015

Auteur :
Atiq Rahimi est un écrivain et cinéaste franco-afghan. Il a reçu le prix Goncourt en 2008 pour Syngué sabour, Pierre de patience. La Ballade du calame est son troisième livre écrit en langue française.

Présentation de l’éditeur :
« L’exil ne s’écrit pas. Il se vit.
Alors j’ai pris le calame, ce fin roseau taillé en pointe dont je me servais enfant, et je me suis mis à tracer des lettres calligraphiées, implorant les mots de ma langue maternelle.
Pour les sublimer, les vénérer.
Pour qu’ils reviennent en moi.
Pour qu’ils décrivent mon exil. »

Ainsi a pris forme cette ballade intime, métissage de mots, de signes, puis de corps.
Celui qui se dit « né en Inde, incarné en Afghanistan et réincarné en France » invente une langue puissante, singulière et libre.

Une méditation sur ce qui reste de nos vies quand on perd sa terre d’enfance.

Mon avis :
La ballade du calame est un portrait intime d’Atiq Rahimi. Il nous confie ses moyens d’exprimer son sentiment sur l’exil. Exilé depuis trente ans, il cherche parmi les portraits réunis dans son atelier les mots pour exprimer ce sentiment d’errance.
 » Ces images du désastre ont le pouvoir suffocant d’une cicatrice qui ravive, à chaque fois qu’on la regarde, la douleur que l’on a éprouvée au moment de la blessure. »
Mais lorsque les mots ne viennent pas, l’auteur erre vers d’autres moyens d’expression. Ce peut être le cinéma mais aussi, souvent la calligraphie. Notamment, se rappeler, les cours d’écriture de son enfance lorsqu’il devait aligner le tracé de l’alef « trait d’union entre moi et mes origines, entre moi et l’univers, entre mes rêves et ma vie... »
Cette lettre est son fil d’Ariane qui le guide vers son passé.
Son premier exil l’a porté vers l’Inde, enrichissant sa culture musulmane d’une expérience indienne où le corps se cache moins.
 » Mon pays a sombré dans la terreur de la guerre, dans l’obscurantisme et, là-bas, j’ai perdu la clef de mes songes, de ma liberté, de mon identité…Aussi l’ai-je quitté en espérant retrouver mes clefs là où il y a de la lumière, de la liberté, de la dignité…tout en sachant que je ne les retrouverai jamais. »
La calligraphie, un art sacré qui devient une quête spirituelle, l’entraîne sur le chemin d’un autre art, la callimorphie. Ce sont des lettres en forme de corps qui révèle le désir, une danse, une forme arrachée, la synthèse du corps et de l’esprit.
« Ailleurs est le vrai sens de l’exil.
Le corps callimorphique est un corps d’ailleurs. »

Avec cet art, l’auteur trouve un autre moyen d’exprimer de manière artistique son corps en errance.

« Toute création en exil est à la recherche de ces clefs perdues. »

La ballade du calame est un texte personnel, davantage un essai sur la calligraphie enrichi de confessions sur l’exil de l’auteur et de réflexions sur les moyens d’exprimer la douleur de l’errance. Le texte est illustré de callimorphies de l’auteur.

 » Là où s’arrête la philosophie, commence la spiritualité;
là où s’arrête la spiritualité, commence l’art.
Et l’art, où s’arrête-t-il?
Nulle part. »

 

Je remercie la librairie LNO pour le prêt de ce livre dans le cadre du club de lecture.

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