Nous, les vivants – Olivier Bleys

Titre : Nous, les vivants
Auteur :  Olivier Bleys
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 192
Date de parution :  22 août 2018

Dès les premières lignes, Olivier Bleys installe un climat mystérieux. Tout d’abord avec la description des lieux. Nous sommes dans une vallée peu peuplée enserrée dans la cordillère des Andes où il n’y a que des routes et des nids de poule. Jonas, le narrateur, pilote d’hélicoptère part sur une mission de ravitaillement pour un des refuges les plus éloignés dans la montagne. Il s’y retrouve bloqué par la tempête avec le gardien du refuge et un énigmatique personnage prénommé Jésus, ingénieur vérificateur de frontières de Punta Arenas.

Jonas n’a qu’un seul objectif : déneiger son hélicoptère et rentrer chez lui auprès de sa femme et sa fille. Dans cette prison de neige, leur photo est le seul lien avec la réalité du monde, sa raison de se battre et de continuer à espérer.

 » Catalina et Rosario attestaient la réalité du monde quitté. »

Tout au long du récit, l’auteur sème les petits cailloux du doute. Aux deux tiers du roman, je comprends enfin l’allégorie mise en œuvre par Olivier Bleys qui tourne autour de ce personnage de Jésus dont il porte si bien le nom.

A la frontière de l ‘Argentine et du Chili, à la passe des anges, Jonas est à la limite entre deux mondes.

J’ai aimé cette façon de plonger le lecteur dans une ambiance mystérieuse et dramatique grâce à un registre lexical bien choisi.

Par contre, au-delà de cette performance qui peut envoûter le lecteur, je ne perçois pas l’intérêt de lecture. Je reste dubitative sur la mise en scène et m’interroge sur le message de ce roman.

 

La valse des arbres et du ciel – Jean-Michel Guenassia

Titre : La valse des arbres et du ciel
Auteur : Jean-Michel Guenassia
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 300
Date de parution :17  août 2016

Jean-Michel Guenassia imagine la rencontre amoureuse de Vincent Van Gogh et de la fille du docteur Gachet à Auvers-sur-Oise. Un amour qui pourrait permettre de voir le suicide du peintre d’une autre manière. 

Marguerite Gachet a dix-neuf ans en 1890. Elle obtient son baccalauréat, rêve de devenir peintre. Mais à cette époque, les Beaux Arts sont interdits aux femmes. De plus son père, médecin avare qui vient d’essuyer une perte financière avec la liquidation de la Compagnie de Panama, rêve de la marier avec Georges, le fils du pharmacien. Georges et Marguerite sont amis depuis l’enfance mais ni l’un ni l’autre ne souhaite ce mariage.

Lors d’une exposition, Pissaro demande au docteur Gachet de s’occuper d’un peintre, actuellement soigné à l’hôpital de Saint Rémy de Provence. Toujours avide de récupérer des œuvres d’art à moindre frais, le docteur reçoit Vincent Van Gogh. 

Marguerite découvre cet homme « au chapeau de feutre enfoncé sur l’arrière de son crâne » et tombe immédiatement en pâmoison devant sa façon de peindre, puis devant l’homme de seize ans son aîné.

«  C’était un spectacle, il considérait à peine son sujet, touillant nerveusement sa palette et peignant par touches sèches et répétées, sans hésiter, à croire qu’il savait à l’avance ce qu’il fallait peindre et qu’il ne faisait qu’accomplir son œuvre, il travaillait vite, comme s’il essayait d’attraper l’instant présent et se dépêchait de le fixer sur la toile. »

L’auteur décrit un peintre passionné, bourreau de travail, un instinctif qui peint davantage ce qu’il ressent que ce qu’il voit. Si il lui arrive de piquer des coups de colère, notamment quand le docteur Gachet le fait trop boire lors de ses dîners gargantuesques, l’homme est plutôt calme, ouvert et dynamique.

Si il refuse de donner des cours à Marguerite, il l’accompagne à Paris aux cours Julian, le seul à accepter de faire payer les femmes pour assouvir leur « passe-temps » pour l’art. Car il est impensable pour une femme de faire carrière dans la peinture. Sans argent, Marguerite doit y renoncer.

La valse des arbres et du ciel montre une facette beaucoup plus sereine du peintre à l’oreille coupée. C’est aussi un homme qui aime profondément la nature et entretient par l’écriture de bonnes relations avec son frère ou d’autres peintres. De courtes missives viennent aérer le récit de cette retraite dans l’Oise. Tout comme, ces coupures de journaux, en général La lanterne, qui proposent des informations parfois insolites sur l’époque.

En toile de fond de cette passion amoureuse, l’auteur dresse le portrait d’une époque avec un antisémitisme grandissant et une exclusion des femmes soumises aux règles de vie de leur père ou de leur mari. 

La nature omniprésente, inspiratrice illumine les tableaux du maître et donne une douceur particulière au premier amour de Marguerite. Même si finalement, le froid de la désillusion figera à jamais le souvenir et le secret du « petit tournesol » de Van Gogh.

«  Il y a dix jours, nous étions au bord de l’Oise, c’est un lieu qu’il affectionne particulièrement. A cette époque, cet endroit ressemblait au paradis terrestre, le grand saccage commençait à peine, nous n’avions pas conscience que l’homme était en train de tout défigurer. Nous sommes un peu préservés ici, mais quand on voit les bords de Seine tels que les ont peints les impressionnistes et ce qu’ils sont devenus, nous ne pouvons qu’être atterrés de la destruction systématique de ce qui était si beau. »

Un roman de fiction  qui ne propose qu’une théorie mais bien agréable à lire. Découvrez l’avis d’Edyta qui m’a accompagnée pour cette lecture.

LaRose – Louise Erdrich

Titre : LaRose
Auteur : Louise Erdrich
Littérature américaine
Titre original: LAROSE
Traducteur : Isabelle Reinharez
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 514
Date de parution : 18 janvier 2018

Dans le Dakota du Nord, à la limite de la réserve, Landreaux, indien catholique fervent respectueux des coutumes de son peuple est en train de chasser le cerf. Mais lorsqu’il tire, c’est Dusty, fils de cinq ans de ses voisins et amis qu’il abat.
Sous le poids de la culpabilité, par respect d’une ancienne coutume indienne et pour apaiser le chagrin de Nola, la mère de Dusty, Landreaux convainc sa femme Emmaline, demi-soeur de Nola de donner son plus jeune fils, LaRose aux parents en deuil.
«  Je donnerais ma vie pour te rendre Dusty. LaRose est ma vie. J’ai fait du mieux que j’ai pu. »
Bien évidemment, personne ne sera plus jamais le même suite à ce drame.
Ce qui pourrait être une histoire relativement simple sur le deuil, la culpabilité, sur l’évolution des comportements dans ce cas de figure peu courant est, dans l’univers de Louise Erdrich, une construction complexe insérant les chemins de vie de personnages secondaires et invoquant le passé des familles de la réserve.

LaRose, ce prénom atypique, a une histoire qui commence avec l’arrière-arrière-grand-mère d’Emmaline. Une enfant sauvage abandonnée par sa mère dans un comptoir commercial isolé du pays ojibwé pour un peu d’alcool est la première LaRose. Depuis, à chaque génération, il y a toujours eu un ou une LaRose, nanti de pouvoirs particuliers, notamment celui de dépasser les limites entre les vivants et les morts. D’ailleurs le jeune LaRose a une perception particulière qui apaise tous ceux de son entourage. Il console Nola, il calme Maggie, sa fille tempétueuse, il donne de la force à Emmaline, il comprend son père et voit les morts. Tout le monde l’aime car il est la paix et le bonheur incarnés.

Pour Louise Erdrich, remonter dans le temps permet de rendre hommage au peuple ojibwé parqué dans les réserves, soumis au pouvoir de l’alcool et de la drogue, dont les enfants furent envoyés dans des pensionnats pour en faire des « blancs » mais nimbé de cette grandeur d’âme et de cette culture liée aux légendes indiennes. J’aime toujours autant y croiser l’humour et la franchise des anciens.
Mais en 1999, elle nous montre aussi l’évolution des mentalités. Le prêtre Travis est un ancien Marine et Hollis, le fils de Roméo, élevé par Landreaux et Emmaline (l’histoire d’amitié entre Landreaux et Roméo, qui se sont rencontrés dans un pensionnat est aussi très belle et aventureuse) est prêt à s’engager pour son pays.
«  Depuis qu’ils ont attaqué les Tours jumelles, reprit Hollis, j’y pense. Mon pays m’a bien traité.
Quoi?Roméo était scandalisé. Mais tu es un Indien!
Je sais, oui, les Blancs nous ont pratiquement anéantis. Mais quand même, les libertés, non? Et on a des écoles, des hôpitaux, et aussi le casino. De nos jours, quand on foire, en général, on foire perso..
.. »

LaRose est un roman dense où chaque personnage est incarné, détaillé, touchant. Avec ce récit singulier, Louise Erdrich continue à explorer le passé des ojibwés pour mieux nous expliquer leur présent. Sa grande maîtrise de cet univers donne un récit complexe mais passionnant et envoûtant.

Je remercie Léa et les Editions Albin Michel pour cette superbe lecture dans le cadre du Picabo River Book Club.

En sacrifice à Moloch – Åsa Larsson

Titre : En sacrifice à Moloch
Auteur : Åsa Larsson
Littérature suédoise
Titre original : Till offer åt Molok
Traducteur : Caroline Berg
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 446
Date de parution : septembre  2017

Le roman commence avec une chasse à l’ours, un animal dangereux qui n’hésite pas à tuer chiens et hommes pour se nourrir. Dans les entrailles de celui-ci, on y trouve justement des morceaux d’os, ceux d’un vieil homme disparu depuis peu.
L’auteur enchaîne avec l’assassinat de Sol-Britt, une femme que l’on traite de putain. Elle avait récemment perdu son fils dans un accident et élevait seule Marcus, son petit-fils de sept ans.
L’enquête aurait dû être confiée à Rebecka Martinsson, substitut du procureur ( personnage récurrent chez Åsa Larsson dont je ne connaissais malheureusement pas le passé qui semble cacher bon nombre d’épreuves personnelles) puisque c’est elle et le policier défiguré, Krister Eriksson qui découvrent le corps de Sol-Britt et retrouvent Marcus, caché dans une cabane.
Mais, l’ambitieux et détestable Von Post profite de la faiblesse passagère de Rebecka pour lui souffler l’enquête.
Cette compétition engage le récit vers une enquête officielle semée de fausses pistes et de ratés regrettables et une recherche officieuse plus intuitive de Rebecka.
Celle-ci est curieuse de comprendre la malédiction qui semble peser sur la famille de Marcus.
D’ailleurs, l’auteur nous plonge en parallèle dans l’histoire de Elina Petterson, une jeune femme qui, en avril 1017 quitte Stockholm pour devenir enseignante dans une compagnie minière de Kiruna. Occasion de découvrir les conditions de vie difficiles dans les exploitations minières et de suivre les désillusions d’une jeune femme intelligente mais aveuglée par son amour pour le patron de la compagnie minière.

Åsa Larsson construit lentement mais remarquablement cette histoire qui laisse un suspense entier et de l’action jusqu’aux dernières pages.

De manière assez classique, Rebecka, personnage récurrent, traîne ses problèmes personnels sans rien lâcher de son enquête. Krister Eriksson, dans son rôle de bête défigurée est un personnage attachant, proche de ses chiens et prêt à tout pour aider le jeune Marcus.
Von Post s’impose comme l’idiot ambitieux ajoutant une touche de légèreté à l’enquête.

En sacrifice à Moloch est un roman noir nordique plutôt classique, au style et à l’univers très suédois. On y retrouve l’état d’esprit très ouvert du pays ce qui peut donner à penser que certains passages sont superficiels ou légers. Mais, Åsa Larsson le spécifie dans ses remerciements «  Dans la région de Tornedalen, on ne mâche pas ses mots. » Très natures, les nordiques. Et cela donne une lecture facile et agréable.

J’ai lu ce roman en tant que jurée du Grand Prix des Lectrices Elle 2018.

Le courage qu’il faut aux rivières – Emmanuelle Favier

Titre : Le courage qu’il faut aux rivières
Auteur : Emmanuelle Favier
Éditeur : Albin Michel
Premier Roman

Nombre de pages : 224
Date de parution : 24 août 2017

 

Emmanuelle Favier s’inspire des vierges jurées, femmes prêtant serment de renoncer à leur féminité dans le nord des Balkans pour construire ce très beau premier roman sur «  la construction de l’identité dans sa relation avec le genre et le contexte social qui la constitue. »
Telles des rivières, les personnages se coulent dans la vie, forts de leur source, contraints de s’adapter aux reliefs des paysages.

Le roman commence dans un village perdu dans la brume. Les familles y sont installées depuis des générations autour d’un chef de village, la communauté est figée depuis des siècles. Tous apportent pourtant une importance particulière à l’hospitalité.
Manushe est une vierge jurée. Adolescente, elle a refusé la demande en mariage du vieux Parush, signant ainsi la fin de sa vie de femme. Respectée, elle s’habille en homme, se bande les seins et se rase les cheveux.
L’arrivée au village d’Adrian, un étranger pâle aux cheveux très noirs, tel «  un vieil adolescent aux joues lisses et aux yeux marqués » réveille sa féminité.
Mais Adrian cache lui aussi un lourd secret. Contraint d’abandonner une part de lui-même, le jeune homme ne cesse d’être confronté à la violence du monde. Malgré les embûches, il poursuit sa route telle une rivière obstinée, s’apaisant parfois auprès d’une âme aussi perdue que lui, puis cascadant à nouveau en croisant les accidents de terrain.
Mais toujours les rivières coulent, se dirigeant courageusement vers leur destin. Rien n’est plus libre que l’eau.
Dans un style très poétique, Emmanuel Favier nous embarque dans cette histoire hors du temps, ancrée dans une nature rugueuse et omniprésente. D’un village brumeux aux habitants austères mais accueillants, les personnages nous emmènent à la découverte des chemins, de la ville et de sa barbarie. Comme une brume qui se lève, le mystère des personnages se dissipe. La violence de l’environnement rapproche les âmes écorchées, dévoilant leur fragilité.
La langue de l’auteur donne une grande puissance aux lieux et une beauté énigmatique aux personnages.
Un très beau premier roman que je vous recommande.

La rentrée littéraire 2017, panorama par éditeur

Quelques annonces deci delà, on commence à en parler de la rentrée littéraire! Et je sais que vous attendez cet article avec impatience. Après cinq mois très riches en parutions, je me demandais quelles surprises nous pouvions encore attendre. C’était sans compter la richesse de notre panorama littéraire. Les nouveaux auteurs viennent rejoindre les talents confirmés.

Sorj Chalandon, Lola Lafon, Jean-Michel Guenassia, Véronique Olmi, Thomas Vinau, Marc Dugain, Eric Reinhardt, Yanick Haenel, Gaëlle Nohant, Joy Sorman, Patrick Deville, Stéphane Audeguy, Jean-Philippe Toussaint, Leonor de Recondo, Jean-Marie Blas de Roblès, Jean-Luc Seigle, Philippe Jaenada… pour les auteurs français.

Kamel Daoud, Kaouther Adimi, Don de Lillo, Douglas Coupland, Anna Hope, Santiago Gamboa, Jonathan Safran Foer, Ron Rash, Juan Gabriel Vasquez, Charif Majdalani, Richard Russo, Ali Zamir… côté Littérature étrangère.

Et les incontournables Amélie Nothomb et Joyce Carol Oates.

Vous en avez maintenant l’habitude, cet article s’enrichira au fil des jours.

Actes Sud:
Zabor de Kamel Daoud
Imago de Cyril Dion
L’invention des corps de Pierre Ducrozet
Les bourgeois d’Alice Ferney
La beauté des jours de Claudie Gallay
Mercy, Mary, Patty de Lola Lafon
De l’ardeur de Justine Augier
Le peuple de bois d’Emanuele Trevi
Polaris de Fernando Clemot
Zero K de Don de Lillo
Les bijoux bleus de Katharina Winckler
Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy
Les femmes sont des guitares (…) de Clemens J. Setz
Mischling de Affinity K.
L’archipel  des Solovki de Zakhar Prilepine
Brandebourg de Juli Zeh
Pour en finir avec la question juive de Jean-Claude Grumberg
Soie et fer, du Mont Liban au canal de Suez  de Fawwaz Traboulsi

Albin Michel:
Sangliers de Aurélien Delsaux
La gloire des maudits de Nicolas d’Estienne d’Orves
Le courage qu’il faut aux rivières de Emmanuelle Favier (1e roman)
De l’influence de Bowie sur la destinée des jeunes filles de Jean-Michel Guenassia
Un dissident de François-Régis de Guényveau (1e roman)
La tour abolie de Gérard Mordillat
Frappe-toi le cœur de Amélie Nothomb
Bakhita de Véronique Olmi
La nuit des enfants qui dansent de Franck Pavloff
Le songe du photographe de Patricia Reznikov
Vous connaissez peut-être de Joann Sfar
Cox ou la course du temps de Christophe Ransmayr
Les sables de l’Amargosa de Claire Vaye Watkins
Underground railroad de Colson Whitehead
La vengeance du pardon de Eric-Emmanuel Schmitt
Allary :
L’ascension du Mont-Blanc de Ludovic Escande
Leur séparation de Sophie Lemp

Alma:
Le camp des autres de Thomas Vinau
La société des faux visages de Xavier Mauméjean
Luwak de Pierre Derbé

L’Archipel:
Qu’est-il arrivé à Baby Jane? de Henry Farrell
Agnus dei de Catherine Scapula
Sissi,impératrice malgré elle de Allison Pataki
Echange fatal de Shioban Macdonald

Arlea:
Un vertige d’Hélène Gestern
Son absence de Emmanuelle Grangé
L’année prochaine à New York de Antoine Billot

Belfond :
La ville sans juifs de Hugo Bettauer
Système de Agnès Michaux
Le mal des ardents de Frédéric Aribit
Le dernier violon de Menuhin de Xavier-Marie Bonnot
Max et la grande illusion d’Emanuel Bergman (PR)
La tanche d’Inge Schiperoord
Le sympathisant de Viet Thanh Nguyen

Buchet-Chastel:
Écrit dans le noir de Michel Schneider
La sélection de Aravind Adiga
Nos vies de Marie-Hélène Lafon
La fuite de Paul-Bernard Moracchini
Dimanche de révolution de Wendy Guerra
Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner de Etienne Deslaumes
Manège de Daniel Parokia

Calman-Levy:
Le  triangle d’incertitude de Pierre Brunet
Mon voisin de Pascal Voisine
Où cours-tu William? de Denis Jeambar
Un astronaute en bohème de Jaroslav Kalfar (PR)

Anne Carrière:
Le triomphe de Thomas Zins de Matthieu jung

Le castor astral:
Une douceur de chloroforme de Patrice Delbourg
Gazoline Tango de Franck Balandier
Fleuve de Jonathan Buckley

Denoël:
Tu riras moins quand tu connaîtras les hommes de Florent Bottero
Gabrielle ou le jardin retrouvé de Stéphane Jougla
Treize jours de Roxane Gay
La bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins
Aux confins du monde de Karl Ove Knausgaard

Au Diable Vauvert:
La vie sauvage de Thomas Gunzig
Miss Wyoming de Douglas Coupland
Contes du soleil noir de Alex Jestaire
Tout sur le zéro de Pierre Bordage
Sur l’écriture de Charles Bukowski
Dans le désert de Julien Blanc-Gras

Don Quichotte:
La muette de Alexandre Lacroix
Petits remèdes à la dépression politique de Jean-Christophe Brocher ( récit)

Elyzad:
Les lendemains d’hier de Ali Becheur

Les Escales :
Et soudain la liberté de Evelyne Pisier et Caroline Laurent
Mille ans après la guerre de Carine Fernandez
La maison des Turner de Angela Flournoy (1er roman)

Éditions de Fallois:
Abus de faiblesse de Eric Deschodt

Fayard :
Le ciel ne parle pas de Morgan Sportès
Presqu’île de Vincent Jolit
Une histoire trop française de Fabrice Pliskin
Au nom des nuits profondes de Dorothée Werner
Je m’appelle Lucy Barton de Elizabeth Strout
Nitro Mountain de Lee Clay Johnson

Éditions Finitude :
Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pourchet

Flammarion :
L’ombre du Golem de Eliette Abécassis illustré par Benjamin Lacombe
American war de Omar El Akkad
L’enfant-mouche de Philippe Pollet-Villard
Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud
Un amour d’espion de Clément Benech
Parmi les miens de Charlotte Pons
Femme à la mobylette de Jean-Luc Seigle
L’art de perdre de Alice Zeniter
Le dossier M de Grégoire Bouillier
Eloge de la politique de Alain Badiou
Avec D.H. Lawrence de Catherine Millet
Requiem pour le rêve américain de Noam Chomsky
La féroce de Nicola Lagioia
Bonjour,c’est l’infirmière de Charline Gall
Une odyssée.Un père, un fils, une épopée de Daniel Mendelsohn
J’aime le sexe mais je préfère la pizza de Thomas Raphaël
Les crayons de couleur de Jean-Gabriel Causse

Aux Forges de Vulcain:
Un funambule sur le sable de Gilles Marchand

Gaïa:
Tangvald de Olivier Kemeid
Le pianiste blessé de Maria Ernestam
L’esclave islandaise- livre 2 de Steinunn Johannesdottir
Le vent l’emportera de Gunnar Staalesen

Gallimard :
Un certain M. Piekielny de François-henri Désérable
Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc Dugain
Survivre de Frederika Amalia Finkelstein
Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel
Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill
La salle de bal de Anna Hope
Comment vivre en héros de Fabrice Humbert
La chambre des époux de Eric Reinhardt
Des châteaux qui brulent de Arno Bertina
Sauver les meubles de Céline Zufferey
L’ombre sur la lune de Agnès Mathieu-Daudé
Les rêveuses de Frédéric Verger
Un élément perturbateur de Olivier Chantraine
Comme une rivière bleue de Michèle Audin
Ascension de Vincent Delecroix
La louve de Paul-Henry Bizon
Le cénotaphe de Newton de Dominique Pagnier
La rivière de Ether Kinsky
Les fantômes du vieux Pays de Nathan Hill
La fin de Mame Baby de Gaël Octavia
Cette chose étrange en moi de Orhan Pamuk

Gallmeister:
Une histoire des loups de Emily Fridlund
Le diable en personne de Peter Farris
L’envers du temps de Wallace Stegner
Tout est brisé de William  Boyle

 

Grasset:
Vous n’êtes pas venus au monde pour rester seuls de Eivind Hofstad Evjemo
Demain sans toi de Baird Harper
Sur les traces de Paul  Gauguin de Jean-Luc Coatalem
Minuit, Montmartre de Julien Delmaire
Le déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus
Une fille dans la jungle de Delphine Coulin
Innocence de Eva Ionesco ( 1er roman)
La fille à la voiture rouge de Philippe Vilain
Kong de Michel Le Bris
Le jour d’avant de Sorj Chalandon
Mina Loy, éperdument de Mathieu Terence
Les peaux rouges de Emmanuel Brault (1er roman)
Tous les âges me diront bienheureuses de Emmanuelle Caron (1er roman)
Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau
La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez
Sur les traces de Paul Gauguin de Jean-Luc Coatalem
La nostalgie de l’honneur de Jean-René Van der Plaetsen (récit)

Harper Collins:
Les tempêtes de Meg Little Reilly

Héloïse d’Ormesson:
Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant
Le Sans Dieu de Virginie Caillé-Bastide
Je peux me passer de l’aube de Isabelle Alonso
Le monde flottant de Alan Spence
Ce que nous ne saurons jamais de Marcus du Sautoy (essai)

 

 

L’Iconoclaste:
Un bruit de balançoire de Christian Bobin
Je me promets d’éclatantes revanches de Valentine Goby
Ma reine de Jean-Baptiste Andréa
Neverland de  Thimothée de Fombelle

Joëlle Losfeld:
Les hommes de Richard Morgiève

Julliard:
Un personnage de roman de Philippe Besson
La part des anges de Laurent Bénégui
Être tellement de Jean-Luc Marty
La serpe de Philippe Jaenada
L’insoumise de la porte de Flandre de Foaud Laroui

Michel Lafon:
Sens dessus dessous de Chantal Thomass
Motel lorraine de Brigitte Pilote
La nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aube de Géraldine Danon

Robert Laffont :
Le sacrifice des dames de jean-Michel Delacomptée
David Bowie n’est pas mort de Sonia David
Tu seras ma beauté de Gwenaele Robert
Une apparition de Sophie Fontanel
Cet autre amour de Dominique Dyens
Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull de Claire Barré
C’est le coeur qui lâche en dernier de Margaret Atwood
L’écliptique de Benjamin Wood
Une colonne de feu de Ken Follet
Le zoo de Gin Phillips
L’empire de sable de Kayla Olson

JC Lattès:
Le presbytère de Ariane Monnier
Toutes les familles heureuses de Hervé Le Tellier
Trois verres de vodka de Dominique Schneidre
Les vents noirs de Arnaud de la Grange
Summer de Monica Sabolo

Léo Scheer:
Ma vie sans moi, roman de Nathalie Rheims

Liana Levi:
La nuit des béguines de Aline Kiner
Là où l’histoire se termine d’Alessandro Piperno

Louison Éditions:
Aristonomia de Boris Akounine

Éditions de la Martinière:
L’embaumeur d’Isabelle Duquesnoy
Mademoiselle, à la folie! de Pascale Lécosse (1er roman)
Les panthères grises de Patrick Eudeline
Le club des pendus de Tony Parsons

Mercure de France:
Ton père de Christophe Honoré
Une fille au bois dormant de Anne-Sophie Monglon
Indocile de Yves Bichet
Perdre la tête de Bertrand Leclair
Qui ne dit mot consent de Alma Brami
La sœur du menuiser de Mira Maguen

Métailié:
Les buveurs de lumière de Jenni Fagan
Retourner dans l’obscure vallée de Santiago Gamboa
Le fils du héros de Karla Suarez
Otages de Sherko Fatah
Les ombres de l’Araguaia de Guiomar de Grammont
Ce qui n’a pas de nom de Piedad Bonnett
Mo a dit de James Kelman

Éditions de Minuit :
Sigma de Julia Deck
Une chance folle de Anne Godard
Trois jours chez ma tante de Yves Ravey
Made in China de Jean-Philippe Toussaint

Éditions Noir sur Blanc:
Surface de réparation de Olivier El Khoury
L’été infini de Madame Nielsen
Zouleikha ouvre les yeux de Gouzel Iakhina
Défense de Prosper Brouillon de Eric Chevillard

Éditions de l’Observatoire :
Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer (1e roman)
Les jouisseurs de Sigolène Vinson
L’absente de Noël de Karine Silla
N’écrire pour personne de A.L. Snijders

Éditions de l’Olivier:
L’histoire de mes dents de Valeria Luiselli
L’avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic
Ostwald de Thomas Flahaut
L’île aux poissons venimeux de Barlen Pyamootoo
Sauver les meubles de Marion Vernoux
Me voici de Jonathan Safran Foer

Pauvert:
Les désordres du monde de Sébastien Rongier

Payot Rivages :
Sucre noir de Miguel Bonnefoy
Sous les serpents du ciel de Emmanuel Ruben

Editions Philippe Picquier:
Parce que je déteste la Corée de Kang-Myoung Chang
Mariage contre nature de Yukiko Motoya
Mémoires d’une fleur de Jacques Pimpaneau
La vie du bon côté de Keisuke Hada

PLON:
Pour te perdre un peu moins de Martin Diwo (1er roman)
La colère de Kurathi Amman de Meena Kandasamy (1er roman)
L’héritier de Joost de Vries

Éditions Philippe Rey:
Les terres dévastées de Emiliano Monge
Les complicités involontaires de Nathalie Bauer
Un jour tu raconteras cette histoire de Joyce Maynard (récit)
Le paysage perdu de Joyce Carol Oates ( mémoires)
Corn maiden de Joyce Carol Oates

P.O.L.:
Gratitude de Charles Juliet
Tout un monde lointain de Célia Houdart
Les vacances de Julie Wolkenstein
Les histoires de Franz de MartinWinckler
Notre vie dans les forêts de Marie Darrieusecq
La fonte des glaces de Joël Baqué

Editions du Rouergue:
Une mer d’huile de Pascal Morin
Les attachants de Rachel Corenblit
Encore vivant de Pierre Souchon
Assassin d’avant de Elisa Vix
Tango fantôme de Tove Alsterdal
Enfants de la meute de Jérémy Bouquin

Éditions Séguier:
Musique russe de Anne-Marie Mitterrand
Je suis l’autre de Berta Vias Mahou

Le Serpent à plumes:
Leçons de grec de Han Kang
Avant tout, se poser les bonnes questions de Ginevra Lamberti
L’enfant de l’oeuf de Amin Zaoui
Un moustique dans la ville de Erlom Akhvlediani
Les temps anciens de Niroz Malek ( octobre)

Seuil:
Nos richesses de Kaouther Adimi
Taba-Taba de Patrick Deville
Fief de David Lopez
L’empereur à pied de Charif Majdalani
Sciences de la vie de Joy Sorman
Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas
Ce qu’on  entend quand on écoute chanter les rivières de Barney Norris
Par le vent pleuré de Ron Rash
Le corps des ruines de Juan Gabriel Vasquez
Une mère de Stéphane Audeguy
Le goût de la belle vie de Maryse Wolinski
La fille à histoires de Irène Frain
Octobre 17 de Patrick Rotman et benoît Blary ( roman graphique)
Soufre de José Luis Peixoto
Mourir sous ton ciel de Juan Manuel De Prada
Mémoires secrets d’un valet de cœur de Brigitte Aubert
Danser dans la poussière de Thomas H. Cook
O ma mémoire, la poésie, ma nécessité de Stéphane Hessel

Sonatine :
Nulle part sur la terre de Michael Farris Smith
Ne fais confiance à personne de Paul Cleave
Addict de James Renner
En marche vers la mort de Gérald Seymour

Stock:
La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens
Mon autopsie de Jean-Louis Fournier
Je suis Jeanne Hebuterne de Olivia Elkaim
Gabriële de Anne et Claire Berest
Les violettes de l’avenue Foch de Simon Liberati
Demain sera tendre de Pauline Perrignon
Mes pas vont ailleurs de Jean-Luc Coatalem
Sa mère de Saphia Azzedine
Colombe sous la lune de Laurence Campa
Les rameaux noirs de Simon Liberati
Mon père, ma mère et Sheila de Eric Romand
Les talons rouges de Antoine de Baecque
La Fontaine: une école buissonnière de Erik Orsenna
Les huit montagnes de Paolo Cognetti
Les pleureuses de Katie M. Kitamura

La Table Ronde:
Jeux de dame de Thierry Dancourt
A malin, malin et demi de Richard Russo
Monarques de Philippe Rahmy
La princesse de Bakounine de Lorenza Foschini
La Bolchevique amoureuse et autres récits de Manuel Chaves Nogales

Le Tripode:
L’amour est une maladie ordinaire de François Szabowski
Mon étincelle de Ali Zamir
Les aventures de Ruben Jablonski de Edgar Hilsenrath

Verticales:
Les fils conducteurs de Guillaume Poix

Viviane Hamy:
Niels de Alexis Ragougneau
Hotel Waldheim de François Vallejo

Sabine Wespieser:
Climats de France de Marie Richeux
Point cardinal de Leonor de Recondo
Les belles de Halimunda de Eka Kurnawian

Zulma:
By the rivers of Babylon de Kei Miller
Belle merveille de James Noël
Dans l’épaisseur de la chair de Jean-Marie Blas de Roblès

Riquet à la houppe – Amélie Nothomb

nothombTitre : Riquet à la houppe
Auteur : Amélie Nothomb
Éditeur: Albin Michel
Nombre de pages : 188
Date de parution : 18 août 2016

«  Les contes ont un statut étrange au sein de la littérature : ils bénéficient d’une estime immodérée. »
Avec son écriture d’une grande légèreté, Charles Perrault ne pouvait qu’inspirer la conteuse Amélie. Elle s’inspire cette année du conte, Riquet à la houppe qui illustre l’exclusion de l’extrême laideur dotée de l’intelligence et de l’extrême beauté alliée à la sottise.
Déodat est laid. Mêmes ses parents le reconnaissent.
 » Enide et Honorat étaient de bonnes personnes. La vérité est que nul n’est disposé à accepter la hideur et surtout chez sa progéniture. Comment supporter qu’un moment d’amour ait pour conséquence le choc toujours neuf du laid? Comment tolérer qu’une union réussie aboutisse à une tronche aussi grotesque? »
Par contre, Déodat bénéficie d’une intelligence rare.
A la même époque, Lierre et Rose mettent au monde une magnifique petite fille qu’il prénomme Trémière. Élevée par sa grand-mère, Passerose, dans un palais digne de l’univers des contes de fées, Trémière n’excelle que dans la pâmoison.
Tous deux isolés dans les cours d’école trouvent des dérivatifs. Déodat, après avoir compris l’abêtissement que provoque la télévision, lève le nez en l’air et initie une passion pour les oiseaux. Il sera ornithologue.
Trémière rêve de passion, celle pour sa grand-mère et son univers puis celle de Tristan. Elle sera mannequin tête et mains pour parures de bijoux.
L’extrême beauté semble plus difficile à vivre que l’extrême laideur. Déodat avec son sens de l’Autre parvient à se faire aimer. Mais Trémière a aussi cet esprit qui permet de saisir l’étincelle des choses de valeur.

Toujours avec humour, fantaisie, coup de gueule contre les abus de langage ou clins d’œil aux travers des parisiens, Amélie me fait passer un moment éphémère mais si agréable  de lecture. Certains chants d’oiseaux ne sont pas beaux, le sien est mélodieux.  » De même que le féru de littérature ne peut se résoudre à avoir un seul livre de chevet« , difficile d’avoir son oiseau favori. Que serait Amélie, un rossignol pour son chant inspiré, une huppe fasciée, un oiseau migrateur ?

Lirais-je encore Amélie Nothomb si je n’aimais pas tant sa clarté d’expression, sa fantaisie de conteuse, sa leçon annuelle de vocabulaire, sa personnalité fantasque qui recèle tant de fragilité et d’intelligence ?
Certes, le fond de ce roman ne m’a pas convaincue mais la forme est toujours aussi pétillante.
Nul doute, Amélie, dans son costume de pie ou corbeau, est un drôle de moineau qui revient chaque été nous charmer de son chant mélodieux.

rl2016 miss-de-lettres