Embrasements – Kamila Shamsie

Titre : Embrasements
Auteur : Kamila Shamsie
Lettres du Pakistan
Titre original : Home fire
Traducteur : Eric Auzoux
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 320
Date de parution : 4 septembre 2019

En adaptant la tragédie d’Antigone à notre époque moderne, Kamila Shamsie traite avec Embrasements d’un sujet hautement délicat.Honneur, Famille, Trahison, Passion, Pouvoir, Politique, Religion sont au coeur de ce qui va se jouer entre deux familles indo-pakistanaises installées à Londres.

A la mort de sa grand-mère et de sa mère, Isma élève ses frère et sœur jumeaux, Aneeka et Parvaiz, alors âgés de douze ans. Leur père, parti combattre avec les talibans n’a pas connu les jumeaux. Emprisonné à Bagram en 2002, il meurt lors de son transfert vers Guantanamo.

Aujourd’hui, en 2015, les jumeaux ont dix neuf ans, Isma part poursuivre ses études aux Etats-Unis. Là-bas, elle rencontre Eamonn Wolf, le fils du nouveau ministre de l’Intérieur anglais, d’origine musulmane, connu pour ses positions radicales sur l’intégration.

«  Ne vous isolez pas par votre façon de vous habiller. »

Isma et Aneeka portent le voile. Avec Isma, Eamonn retrouve les musulmans qui détestent son père. 

Lorsqu’il rentre à Londres, Eamonn passe chez Aunty Naseem, chez laquelle vivent les jumeaux. Il découvre qu’Aneeka est encore plus belle que sur les photos aperçues chez Isma. Il en tombe follement amoureux. Si la jeune fille semble, elle aussi, éprouver des sentiments, elle voit surtout en Eamonn, le fils du ministre capable de faire revenir son frère jumeau parti au djihad. 

L’auteur prend soin de détailler l’embrigadement de ce jeune homme de dix-neuf ans, soucieux de rejoindre la cause d’un père qu’il n’a pas connu mais qu’il vénère. Arrivé à Raqqah, Parvaiz découvre l’horreur : des têtes d’ennemis piqués sur des grilles, des scènes de décapitation, la contrainte des camps d’entraînement. Quand il peut joindre sa soeur, il la supplie  de l’aider à rentrer.

Aneeka est prête à s’opposer au pouvoir pour au moins sauver le corps de son frère et lui donner une sépulture décente.

Le dénouement prend toute la puissance de la tragédie antique, élevant Aneeka au rang d’héroïne romantique. 

Kamila Shamsie ose aborder un débat très sensible.  Si il est facile de s’insurger contre tous propos haineux, toute implication extrémiste, d’être à notre tour radical sur les formes de répression, Aneeka fait valoir son amour exclusif, gémellaire pour un adolescent repentant. L’humain prend sa place au-delà de tout pouvoir.

En rappelant quelques points historiques comme l’humiliation des musulmans par les croisades et l’impérialisme, le tracé absurde de frontières suite au « don d’indépendance » entretenant l’instabilité l’auteur met en évidence la responsabilité des États. 

Face à l’horreur du terrorisme, sommes-nous capables d’entendre le cri d’amour d’Aneeka? Kamila Shamsie nous plonge dans un débat impossible, qui est pourtant au coeur de notre monde contemporain.

Murène – Valentine Goby

Titre : Murène
Auteur : Valentine Goby
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 384
Date de parution : 21 août 2019

 

Valentine Goby plante une nouvelle fois son décor dans les années 50. Une époque où la médecine n’était pas encore capable de tout, où la maladie, l’accident fracassaient  les destins familiaux.

Nous sommes en février 1956. Au grand regret de son père qui le rêvait ingénieur, François, bac en poche, vivote de petits boulots sur des chantiers en tout genre visitant la France par la même occasion. Ses parents tiennent un petit atelier de couture à Paris. Le jeune homme aime se retrouver en famille et s’occuper de Sylvia, sa jeune sœur au cœur fragile.

En ce jour d’hiver, il passe voir Nine, son amoureuse puis rejoint un chauffeur routier qui doit l’emmener dans les Ardennes afin d’aider son cousin à la scierie. En chemin, suite à une panne, François quitte le camion, part dans la neige jusqu’au prochain village. Pour se repérer, il grimpe sur un wagon isolé près d’une voie ferrée. Une enfant le retrouve quelques instants plus tard à demi calciné. Brûlé par un arc électrique sous un caténaire, près du hameau de Bayle, François est emmené aux urgences de V. dans les Ardennes. Là, un chirurgien tente de lui sauver la vie en l’amputant des deux bras.

« Survivre n’est pas toujours une chance. »

Entouré de l’amour de sa mère, de l’attention de Nadine, une infirmière attentionnée, le jeune corps de François collabore pour survivre malgré la volonté du jeune homme. Dans ces moments particulièrement tragiques, le style de l’auteur est beau et lénifiant. On y sent l’amour, la pudeur, la compassion, la peine, la colère chez chacun des personnages.
« Ils bricolent un paravent de mots qu’ils espèrent hermétique au malheur. »
Seule la jeunesse de Sylvia ose pousser son frère à l’expression, au dépassement de soi.

De retour à Paris, confronté à la vie courante, François prend toute la mesure de son handicap.
«  Chaque jour s’allonge la liste des gestes impossibles, si écrasante qu’elle éteint toute résistance, il se résigne aux consignes médicales. »

François était drôle, rapide, sportif. Lors d’un séjour en montagne chez son oncle, il met ses muscles à l’épreuve. Il se console face à la beauté du monde. Il ne sera pas ce mannequin Stockman immobile. Il préfère ressembler à cette murène, laide mais vive dans son milieu aquatique.
« S’il faut ne pas mourir, que ce soit au moins à cause de la beauté.»
Même si l’entre-soi le déprime souvent, c’est au sein de l’organisation sportive des mutilés que François trouvera sa place.

L’auteure intervient à quelques reprises au détour d’une phrase à la première personne. Elle assume avoir mis son personnage dans une situation désespérée, sûrement pour mieux rebondir sur l’énergie de l’espoir. Elle se propulse dans le temps pour montrer que ce ne sont ici que les prémisses des records exceptionnels d’athlètes aux futurs jeux olympiques de 2016. Car, derrière la fiction, l’auteur pointe du doigt les progrès de l’humanité.

Dans la fiction romanesque, Valentine Goby excelle. Nous vivons les émotions de François, de sa famille et de tous ceux qui l’entourent. Le récit s’étale,  n’omet aucune des difficultés, des épreuves rencontrées par tous. L’amour, l’amitié, parfois difficile à offrir ou à recevoir sont pourtant des sentiments essentiels à la survie de chacun. Et ils explosent ici pour finir sur une très belle image.

Fidèle à son univers, l’auteure nous offre un poignant roman de survie.

Salina – Laurent Gaudé

Titre : Salina, les trois exils
Auteur : Laurent Gaude
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 160
Date de parution : octobre 2018

Avec l’histoire de Salina, je retrouve la puissance tragique, la dimension mythologique de l’écriture de Laurent Gaudé.

Un cavalier dépose au village un nourrisson braillant.

«  Par le sel de ces larmes dont tu as couvert la terre, je t’appelle Salina. »

Son fils, Malaka, nous conte l’histoire de Salina, cette femme vouée à un grand et tragique destin. Il ne lui reste aujourd’hui que son corps qu’il a passé des nuits à laver. Il porte ce cadavre sur son dos pour l’emmener vers l’île cimetière. 

Mais le cimetière n’ouvre pas ses portes à tout le monde. Sur une barque, accompagné d’un passeur, Malaka doit raconter la vie de la défunte le temps de la traversée. L’île au cimetière décidera alors si elle ouvre ses portes et accepte le corps de Salina.

«  Moi, Malaka, fils élevé dans le désert par une mère qui parlait aux pierres, je vais raconter Salina, la femme aux trois exils. »

Choisie par le fils aîné du chef du village alors qu’elle préférait la douceur de Kano, le cadet, Salina est violée dès l’écoulement de son premier sang. Veuve, on lui refuse le droit d’épouser le frère de son mari et on l’exclut du village. Elle erre dans le désert, se venge en soumettant l’âme de son beau-père à l’errance éternelle. 

Toujours, elle souhaite revenir vers Kano, mais tel n’est pas son destin.

Avec Salina, Laurent Gaudé confirme son talent de dramaturge français. Le récit contient tous les ingrédients du roman mythologique avec les lois des clans guerriers, la vengeance, les cultes liés aux morts. Sous le regard aimant de Malaka, Salina, vengeresse, devient une héroïne mythique intouchable mais toujours chargée de mystère.

Théorie de la bulle carrée – Sébastien Lapaque

Titre : Théorie de la bulle carrée
Auteur : Sébastien Lapaque
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 144
Date de parution : février 2019

Champagne! Parlons de terroir et de ces agriculteurs qui souhaitent avant tout défendre l’authenticité d’une terre. Sébastien Lapaque nous emmène à la rencontre d’Anselme Selosse, vigneron, poète à l’écoute de la nature.
Le champagne est un produit de luxe, les marques se disputent la renommée et s’engagent dans une bataille du volume. La théorie d’Anselme est « une image pleine de mystère » qu’il délivre à ses visiteurs sur son exploitation située à Avize, au sud d’Epernay. Antoine Selosse c’est  » un état d’esprit, mieux encore, un état d’âme. »

L’histoire, la géologie ont façonné sa terre. Ils lui ont donné cette caractéristique particulière, ce « défaut qui crée le remarquable« . Selosse supprime les engrais chimiques, les insecticides et les herbicides de synthèse, renonce à la levure de pressurage. Il ne cherche pas la surproduction mais la qualité, l’authenticité.

«  la nature faisait très bien les choses toute seule, sans les interventions désordonnées de l’homme dont les conséquences étaient souvent inverses aux effets escomptés. »

En 1996,le viticulteur se lance dans la biodynamie. Cela consiste à appliquer des recettes observées sur la culture des plantes en fonction des cycles lunaires et des influences planétaires. Mais en 2002, il fait machine arrière. les vignes sont plus proches des arbustes que des plantes. Sous l’influence d’un agronome, philosophe japonais du non-agir, Masanobu Fukuoka, il décide de « limiter autant que possible les interventions humaines pour laisser faire la nature. »

 » Je ne transforme pas la nature, je ne la résous pas. Je l’accompagne, je la saisis dans son aléatoire. »

Le champagne d’Anselme Selosse est servi  dans son restaurant, Les avisés, installé dans l’ancien château Koch. c’est un lieu reconnu par les riches touristes japonais.

Sébastien Lapaque nous ouvre les portes d’un domaine exceptionnel. En connaisseur, épicurien et gourmet, il nous fait profiter de son érudition. C’est le récit d’un spécialiste ce qui peut parfois rendre la lecture un peu complexe et laborieuse.

 » Les bulles carrées des champagnes Jacques-Selosse étaient précisément sapides, pleines de saveur, et esculentes, bonnes à manger. »

Mon regret est de ne jamais pouvoir goûter ce dont il nous parle. Ce champagne est produit en quantité limitée et réservée à une certaine clientèle.

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une opération Masse critique de Babelio.

 

Céline – Peter Heller

Titre : Céline
Auteur : Peter Heller
Littérature américaine
Titre original : Celine
Traducteur : Céline Leroy
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 336
Date de parution : février 2019

 

Un couple avec une petite fille ramasse des cailloux de jade sur une plage du Pacifique, lorsqu’une vague scélérate emporte la mère et la petite fille. Paul, le père ne peut en sauver qu’une. Malgré l’amour fou qu’il voue à sa femme, Amana, il sauve l’enfant.

Des années plus tard, Gabriela, devenue adulte, appelle Céline Watkins, sculptrice et détective privée de soixante-huit ans, pour retrouver son père, photographe célèbre, disparu vingt ans plus tôt lors d’un safari photo dans le parc de Yellowstone. Gabriela ne croit pas qu’il ait pu être tué par un grizzly.

 » Céline prenait toujours le parti des faibles, des dépossédés, des enfants, de ceux qui n’avaient aucune ressource, ni aucun pouvoir. »

Le passé de Gabriela résonne avec celui de la  femme vieillissante. Céline savait ce que c’était d’avoir été abandonnée par son père, un homme charmant et secret.
Avec Pete, son compagnon rencontré aux Alcooliques Anonymes, Céline Watkins s’embarque dans cette dernière enquête. Ils empruntent le camping car et le matériel de chasse de son fils, Hank, un poète en instance de divorce et partent vers l’Ouest.

Le duo d’enquêteurs est particulièrement attachant.  Pete est un oiseau rare venu du Maine,un taiseux analytique et dévoué. Céline est une intuitive, un peu farfelue, téméraire malgré ses problèmes respiratoires. Élevée par l’amiral Halsey, amant de sa mère, elle gagne en concentration face au danger.

Sut cette enquête qui s’avère bien plus corsée et lointaine qu’une rencontre avec un ours dans un parc de Yellowstone, Céline et Pete feront d’étonnantes découvertes sur le passé de Paul Lamont. Mais l’intrigue ne s’arrête pas là, elle semble même parfois secondaire. Peter Heller dévoile autant le passé de Gabriela que celui de Céline Watkins. Cette dernière enquête sur la disparition d’un père fait resurgir bien des blessures personnelles.

Le scénario ne manque pas de rebondissements mais ce qui illumine le récit dans une nature toujours aussi bien mise en valeur par l’auteur, c’est bien le personnage de Céline.

 » Si la quantité de bonheur contenue dans une vie s’épuise, peut-être est-i l possible de continuer à y trouver de la beauté, de la grâce et un amour infini. »

Avec son humour et son empathie, Céline donne de la grâce et de la beauté à ce roman. Elle est une louve, cheffe de meute, entourée d’un compagnon et d’un fils, attentionnés, calmes et aimants. Mais qui ne pourrait aimer cette femme, agréablement surprenante?

Que faites-vous de vos morts? – Sophie Calle

Titre : Que faites-vous de vos morts?
Auteur : Sophie Calle
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 272
Date de parution : 23 janvier 2019

 

J’ai découvert Sophie Calle grâce à ma fille. Attirée par une de ses œuvres exposée à Beaubourg, elle s’est intéressée à l’artiste et à ses livres. Bien évidemment, elle m’a vite convaincue sur l’originalité de la démarche artistique et la  qualité du style littéraire. Sophie Calle, artiste plasticienne, photographe, réalisatrice et écrivaine fait de sa vie quotidienne un art.

Son originalité paraît parfois extravagante. Récemment, elle a dédié un album et une exposition à son chat mort à l’âge de dix-sept ans. Mais il faut dire que pour cette artiste, le monde animal et la poursuite amoureuse sont primordiales. Il était donc tout naturel de faire aussi cette exposition, Beau doublé M. le marquis au musée de la Chasse et de la Nature en 2017. C’est à cette occasion qu’elle eut l’idée de laisser un livre d’or à disposition des visiteurs afin qu’ils consignent leur réponse à cette question « Que faites-vous de vos morts? »

 » Que faites-vous de vos morts? Dans votre agenda vous écrivez « mort » à côté du nom? Vous dessinez une croix, une tombe? Vous ajoutez la date du décès? Vous raturez? Vous recouvrez le nom avec du Tipp-Ex? Vous ne faites rien?… »

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce superbe album à la couverture rigide tissée grise enluminée de caractères argentés, à la tranche argentée est l’écrin des photos de l’artiste, étranges dans leur sobriété et répétitives,  commencées au cimetière de Bolinas en Californie, de textes de l’auteure empreints d’humour, d’ironie, d’humanité, et surtout de réponses de visiteurs de tous âges. Sans filtre, sans correction d’orthographe, manuscrites, au crayon de papier, les phrases de ces anonymes nous interpellent par leur humour, leur gravité, leur respect, leur désinvolture.

 

 

 

 

 

 

 

 

J’avoue m’être posé la question au décès de ma mère. Retirer son numéro de téléphone de mon agenda était une façon de la faire disparaître une seconde fois. Beaucoup garde un objet du proche disparu. Certains les oublient, d’autres les portent au quotidien. J’ai beaucoup aimé cette phrase «  une courroie de transmission » laissée par un anonyme.

Sophie Calle est une artiste et une écrivaine à découvrir.  Si vous aimez l’originalité, vous ne serez pas déçu et cet album est esthétiquement très réussi.

Ce qui nous revient – Corinne Royer

Titre : Ce qui nous revient
Auteur : Corinne Royer
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 270
Date de parution : janvier 2019

 

Marthe Gautier, surnommée la découvreuse oubliée a mis en évidence en 1958 le chromosome surnuméraire responsable de la trisomie 21. Alors qu’elle a investi argent et temps pour la mise en culture de cellules, c’est Jérôme Lejeune qui, en lui proposant de photographier la lame expérimentale grâce à un photomicroscope qu’elle ne possédait pas qui lui vole la vedette en s’appropriant toute la paternité de cette découverte.

Je trouvais ce sujet très intéressant mais Corinne Royer construit une fiction autour de ce personnage remarquable qui illustre une fois de plus l’effet Mathilda ( fait de minimiser la contribution des femmes scientifiques). Ce biais plus romanesque me déçoit un peu mais il est plutôt bien amené et construit.

Pour rehabiliter le rôle de Martha, l’auteur crée le personnage de Louisa, une jeune femme médecin qui a de nombreux points communs avec la vieille dame qu’elle rencontre à Paris.

Louisa est la fille unique d’un couple farfelu squattant dans des maisons à vendre et tirant au sort le mois où ils fêteront Noël. Nicolaï Gorki, le père, est un peintre faussaire, qui, sous l’influence de l’oncle Ferguson, crée de faux tableaux de Cocteau. Elena Paredes, la mère, est une cantatrice d’origine espagnole. Nicolaï perd les pédales le jour où sa femme disparaît. Enceinte d’un bébé trisomique, elle partit pour se faire avorter, en accord avec son mari mais elle ne revint jamais.

Etudiante en médecine, Louisa prépare une thèse sur la mise en évidence d’un chromosome surnuméraire dans le syndrome de Down. Ce travail la conduira sur le chemin de Martha et de son passé.

Corinne Royer possède un style particulier avec une grande richesse de vocabulaire. Cette qualité tient un peu les sentiments à distance. La famille de Louisa éclipse la grandeur du personnage de Martha. C’est un peu dommage mais plus romanesque.