Des raisons de se plaindre – Jeffrey Eugenides

Titre : Des raisons de se plaindre
Auteur : Jeffrey Eugenides
Littérature américaine
Titre original : Fresh complaint
Traducteur : Olivier Deparis
Éditeur : L’Olivier
Nombre de pages : 302
Date de parution :  13 septembre 2018

En lisant la quatrième de couverture, je ne m’attendais pas à ces nouvelles. Présenté comme les raisons de se plaindre de la gent masculine, je perçois davantage ce recueil sur le thème, non moins ironique, de « l’agréable absurdité de l’Amérique. »

Ces dix nouvelles écrites entre 1988 et 2017 mettent en scène des personnages, hommes ou femmes, en proie à leurs désillusions face aux aléas de la vie. Vieillesse, vie à l’étranger, désir d’enfant, assouvissement de sa passion, divorce, rêve américain, mariage forcé.

Je m’attarderais ici sur mes trois nouvelles préférées. Avec tout d’abord la première nouvelle, Les râleuses.

«  Parfois, les livres n’entrent pas dans la vie des gens par hasard. »

Celui qui a scellé l’amitié de Cathy et Della reste le point de repère de la marginalité de ces deux vieilles dames. Cathy refuse l’internement de son amie, de dix ans plus âgée, dans une maison de retraite pour démence sénile. Un livre, ce cadeau venu du froid, isolera nos deux râleuses comme les deux indiennes héroïnes du roman, jusque dans une fin poétique et énigmatique.

Autre coup de cœur pour la neuvième nouvelle, Fondements nouveaux. Kendall travaille à Chicago pour une maison d’édition détenue par un homme richissime,  ancien producteur de pornographie . Il doit fournir une version abrégée du livre de Tocqueville, De la démocratie en Amérique.

«  Qu’y-a-t-il de moins présent, dans l’Amérique de Bush, que l’égalité des conditions? »

Intellectuel sous payé, Kendall est soumis à la tentation de l’argent facile pour vivre dignement. Escroquerie, misogynie, tous les travers de l’Amérique ( qui malheureusement s’universalisent).

Enfin, la dernière nouvelle, Sujet de plainte, illustre un thème bien actuel avec toutefois une circonstance atténuante qui complique le jugement. Prakrti, jeune étudiante d’origine indienne, promise à un mariage arrangé, accuse un professeur américain de viol. 

Utilisant un langage sans tabou, Jeffrey Eugenides met en évidence la complexité de la mentalité américaine. Toujours prêt à toutes les turpitudes, envieux de liberté et d’aisance, le personnage trouve face à lui la désillusion engendrée par la pudibonderie implacable de la société américaine. 

Je remercie La librairie Dialogues pour cette lecture.

Par le vent pleuré – Ron Rash

Titre : Par le vent pleuré
Auteur : Ron Rash
Littérature américaine
Titre original : The risen
Traducteur : Isabelle Reinharez
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 208
Date de parution : 17 août 2017

Lire un roman de Ron Rash, c’est toujours quelques heures de plongée intégrale dans un univers sauvage, avec des personnages tourmentés par des souvenirs sombres.

Par le vent pleuré ne sort pas de cet univers, avec, peut-être toutefois, un environnement moins marqué et moins présent, même si là aussi coule une rivière.

Eugène Matney n’est plus qu’un ivrogne solitaire. L’alcool a foutu sa carrière, son couple, sa vie en l’air. Entre deux verres de whiskey, un article attire son attention. Le squelette de Ligeia Mosely vient d’être retrouvé au bord de la rivière Tuckaseegee.

Quarante six ans plus tôt, c’est là que lui et son frère aîné, Bill, ont rencontré cette sirène. Adolescente rebelle, sortie d’un camp hippie par sa famille et envoyée chez son oncle méthodiste à Sylva, Ligeia est prête à tout pour continuer à s’évader grâce à l’alcool et aux tranquilisants.

Eugène, qui n’est encore qu’un gamin, découvre avec Ligeia les plaisirs de l’alcool et du sexe. La belle profite de son pouvoir sur ce gosse amoureux pour assouvir ses addictions.

Ron Rash alterne les récits de deux époques. La rencontre des deux frères et de Ligeia en 1969 et leur vie d’adolescents sous la coupe d’un grand-père médecin autoritaire et la période actuelle où Eugène doit demander des comptes à Bill, devenu un grand chirurgien.

L’auteur insiste largement sur certains éléments qui réduisent un peu trop le suspense. Mais, il est suffisamment inventif pour créer des dénouements inattendus. Mais, même si cette histoire reste assez évidente, l’auteur crée une aura d’adolescent amoureux et naïf  puis d’écrivain raté autour du personnage d’Eugène en faisant un superbe portrait. Ligeia, elle aussi, reste un personnage fort qu’une enfance malheureuse à peine évoquée a transformé en adolescente sulfureuse, une sirène qui, des années après sa disparition, vient opposer deux frères face à la vérité.

Le talent narratif de l’auteur pallie à la brièveté et l’évidence d’une intrigue un peu classique.

J’ai lu ce roman dans le cadre du Poche ( Points, 23 août 2018) du mois du Picabo River Book Club.

La fille du cryptographe – Pablo de Santis

Titre : La fille du cryptographe
Auteur : Pablo de Santis
Littérature argentine
Titre original : La hija del criptografo
Traducteur : François Gaudry
Editeur : Métailié 
Nombre de pages : 384
Date de parution :  13 septembre 2018

 

 

 

 

«  Nous sommes capables de trouver la signification de n’importe quel message codé, à l’exception de celui qui nous est adressé. »

 

Miguel Dorey renonce à ses études de droit pour travailler sur les langages secrets des civilisations oubliées et les messages codés. Enfant, souffrant d’une défaillance auditive, il avait pris l’habitude de déchiffrer les phrases incomplètes et de lire sur les lèvres.

A l’université de Buenos Aires, dans les années 70, il suit un séminaire de Colina Ross, expert en cryptographie qui a travaillé en Angleterre avec Alexander Maldany, le déchiffreur de la langue de Dédale.

Colina Ross devient un homme incontournable pour Miguel, d’autant plus qu’il tombe amoureux d’Eleonora, qui, même si elle le cache à son entourage, se révèle être la fille unique du professeur cryptographe.

A l’instar de son maître, Miguel fonde avec quelques amis Le Cercle des cryptographes de Buenos Aires. Cette association amicale de passionnés peu tournée vers l’agitation du pays, se fait vite reconnaître grâce à sa publication, Les cahiers du sphinx.  Et malheureusement investir par Victor Cramer, homme charismatique qui rivalise depuis toujours avec Colina Ross, et d’autres membres virulents comme Lemos et Cimer. Ces nouveaux venus sont bien décidés à transformer le cercle des cryptographes en un instrument révolutionnaire.

«  Nous autres, lecteurs de langues perdues, scrutateurs des symboles que cachait la réalité, ne prenions pas la peine de déchiffrer les signaux de la catastrophe. »

Pourtant après le coup d’état de mars 1976, Cramer, Lemos, Cimer et Miguel sont arrêtés, détenus dans un sous-sol pour travailler sur du décryptage pour le régime militaire.

La fille du cryptographe est un roman passionnant mêlant fiction et histoire des années du péronisme en Argentine. Basé sur les messages codés, ce récit cumule les énigmes tant sur le passé de Colina Ross, le véritable rôle d’Eleonora prise entre ses origines et sa volonté d’aider les révolutionnaires, l’identité du dénonciateur et la possibilité d’une vie normale après l’emprisonnement et l’exil. Peut-on vivre normalement dans un pays menacé par la dictature? Ou pour tant de raisons personnelles ou professionnelles sommes-nous contraints un jour à regarder la vérité en face?

«  Par les temps qui courent, avait dit Colina, n’importe quelle discussion peut dégénérer en conflit armé. »

Foisonnant, ce roman n’est pas une lecture facile. Ambiance mystérieuse, rebondissements amenés par le bureau de postes des Dieux, terreur, manipulation, torture du régime militaire, tout contribue à donner une couleur sombre et une complexité au récit que la personnalité de Miguel Dorey ne vient pas adoucir. Il reste un intellectuel passionné, déterminé dans ses recherches, parfois naïf mais toujours droit et raisonnable.

Et pourtant, j’ai beaucoup apprécié l’univers de Pablo de Santis qui, d’une belle plume donnant de la puissance à ses descriptions, nous plonge ici dans l’ambiance de la dictature tout en préservant le plaisir de lecture grâce à de multiples intrigues. Ce sont toujours les lectures qui se méritent qui laissent le plus d’empreintes.

Rentrée Littéraire Hiver 2019, Tour d’horizon par éditeur

 

Faites de la place dans vos bibliothèques, c’est reparti pour une rentrée littéraire. A première vue, pas de grosses surprises, mais Il faut du temps pour regarder de plus près toutes ces nouveautés. Je mets en couleur les auteurs qui m’intéressent plus particulièrement. Avec une mention particulière pour Léonor de Recondo. Et vous quel serait votre chouchou?

Actes Sud :
Médée chérie de Yasmine Chami
Le dernier fleuve de Hélène Frappat
Mare nostrum de Philippe de la  Genardière
L’éducation occidentale de Boris Le Roy
Première dame de Caroline Lunoir
Ce qui nous revient de Corinne Royer
Théorie de la bulle carrée de Sébastien Lapaque
Le pouvoir de Susan de Peter Hoeg
Orange amère de Ann Patchett
L’énigme Elsa Weiss de Michal Ben-Naftali
La bibliothèque enchantée de Mohammad Rabie
Céline de Peter Heller
La grande traversée de Shion Miura
Vous êtes ici de John Freeman
Outresable de Hugh Howey
Les innocents et les autres de Dana Spiotta
Diavolina de György Spiro
Par de là la pluie de Victor Del Arbol
Le gardien de la Joconde de Jorge Fernandez Diaz
L’arbre aux morts de Greg Iles
Les tribulations d’Arthur Mineur de Andrew Sean Greer
La fiancée gitane de Carmen Mola
La théorie du sanglier de Gesuino Némus
Une femme regarde les hommes regarder les femmes de Siri Hustvedt (essai)
Dépasser la mort:l’agir de la littérature de Myriam Watthee-Delmotte ( essai)
Que faites-vous des morts de Sophie Calle (Arts)

Albin Michel :
Félix et la source invisible de Eric-Emmanuel Schmitt
Ces femmes-là de Gérard Mordillat
Femme qui court de Gérard de Cortanze
Le prix de Cyril Gély
Le ciel sous nos pas de Leïla Bahsaïn
Les imparfaits de Sandrine Yazbeck
Jiazoku de Maëlle Lefèvre
Grace de Paul Lynch
La  goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino
A même la peau de Lisa Gardner
Mage de bataille T2 de Peter A. Flannery
L’outsider de Stephen King
Le gamin des ordures de Julie Ewa
Une sirène à Paris de Mathias Malzieu
Grégoire et le vieux libraire de Marc Roger
Sam de Christophe Ghislain
Remington de Baptiste Gourden
L’or du chemin de Pauline de Préval
A la recherche d’Alice Love de Liane Moriarty
De loin on dirait des mouches de Kike Ferrari
Les femmes de Heart Spring Mountain de Robin Macarthur
La cité de l’orque de Sam J. Miller

Éditions de l’Antilope:
L’ours qui cache la forêt de Rachel Shalita

Éditions de l’Archipel :
L’enlèvement du mardi-gras de Raphaël Confiant
D’autres vies sous la tienne de Corinne Mencé-Caster
Les braises du souvenir de Maurice de Kervénoaël
D’une vie à l’autre de Martine Delomme
Cassandra et ses sœurs de Anna Jacobs
Le ciel de Darjeeling de Nicole Vosseler

L’Asiathèque:
Funérailles molles de Fang Fang

Autrement :
L’Île longue de  Victoire de Chan
Les Couleurs de Fosco de Paola Cereda
Boy Erased de Garrard Conley
Les Feux de  Shôhei Ooka

La Baconnière :
Tour d’horizon de Kathleen Jamie

Belfond :
Devouchki de Victor Remizov
Le chant des revenants de Jesmyn Ward
Les disparus de Fuerteventura de Thomas Rydahl
Hello sunshine de Laura Dave
Oiseau de nuit de Robert Bryndza
Bad man de Datha Auerbach

Buchet-Chastel:
Les amochés de Nan Aurousseau
On dirait que je suis morte de Jen Beagin
La procession infinie de Diego Trelles Paz
Chasseurs dans la neige de Daniel Parokia
Plus malin qu’un singe? de ben Ambridge
Pères et fils d’Howard Cunnel
Ce matin, maman a été téléchargée de Gabriel Naëj
Qui a tué l’homme-homard? de Jean-Marcel Erre

Calman-Lévy:
Rue du dragon couché de Chi Wei-Jan
Signé Sixtine, tome2 de Roxane Dambre
Les outrages de Kaspar Colling Nielsen
En atteignant la neige de Christine Desrousseaux
San perdido de David Zukerman
Battements de cœur de Cécilet Pivot
Avalanche hôtel de Niko Tackian

Anne Carrière :
Le fil de nos vies brisées de Cécile Hennion
L’heure d’été de Prune Antoine
De l’autre côté du lac de Xavier Lapeyroux
Les élus- Alex Verus tome 4 de Benedict Jacka

Le castor astral :
Tout est maintenant de Julia Wolf

Cherche-Midi :
Je t’ai oublié en chemin de Pierre-Louis Basse

Denoël:
Comme il pleut sur la ville de Karl Ove Knausgaard
Risque zéro de Olga Lossky
Hunger de Roxane Gay
Gands of L.A. de Joe Ide
Confession amoureuse de Chiyo Uno (nouvelle édition)
L’ours et le rossignol de Katherine Arden

Au Diable Vauvert :
Après de Nikki Gemmel

Les Escales :
Une famille comme il faut de Rosa Ventrella
La fille au sourire de perles de Clémantine Wamariya et Elizabeth Weil
Sans compter la neige de Brice Homs
Le prénom de mon oncle de Marjolijn Van Heemstra
Belle-amie de Harold Cobert
Lune d’automne de Clarissa Goenawan
Oxygène de MJ Arlidge

Fayard :
Chacun son tour de Gaspard-Marie Janvier
Ictus
de Bayon
Il se pourrait qu’un jour je disparaisse sans trace de Thierry Beinstingel
Frontières de Olivier Benyahya
Bon genre de Inès Benaroya
La solitude Caravage de Yannick Haenel
Le retour d’Horace de Vincent Ravalec
Lincoln au Bardo de George Saunders
L’hôtel aux barreaux gris de Curtis Dawkins

Finitude :
L’appel de Fanny Wallendorf
Sarcellopolis de Marc Bernard

Flammarion :
China dream de Jian Ma
Après la mer d’Alexandre Feraga
Le matin est un tigre de Constance Joly
Le silence de Sandy Allen de Isabelle Marrier
L’étincelle de Karine Reysset
Blagues pour miliciens de Mazen Maarouf
L’omnivore d’Emmanuel Pierrat
Le hussard noir de Marie Pellan et Monsieur Le Prof
Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé
Le berceau de Fanny Chesnel
La folle enquête de Stieg Larsson de Jan Stocklassa
Nietzsche au Paraguay de Nathalie et Christophe Prince
S’inventer une île de Alain Gillot
Sérotonine de Michel Houellebecq

Gaïa:
La fille du traître de Leif Davidsen
Le testament des gouttes de pluie de Einar Mar Guomundsson
Astrid Lindgren, une Fifi Brindacier dans le siècle de Jens Andersen

Gallimard :
Un étrange pays de Muriel  Barbery
L’insomnie de Tahar Ben Jelloun
Habiter le monde de Stéphanie Bodet
Mes vies secrètes de Dominique Bona
Le balcon de Dieu de Eugène Ebodé
Frantumaglia de Elena Ferrante
Le voyage du canapé-lit de Pierre Jourde
Âmes, histoire de la souffrance 1 de Tristan Garcia
Court vêtue de Marie Gauthier
Paul de Bruno le Maire
Qui vive de Colin Lemoine
Scène de la vie conjugale de Philippe Limon
Grace l’intrépide de Karine Miermont
Le sport des rois de C.E. Morgan
Un père à la plancha de Samuel Poisson-Quinton
Les impatients de Maria Pourchet
Olga de Bernhard Schlink
De l’Angleterre et des Anglais de Graham Swift
Après Constantinople de Sophie Van der Linden
Requiem pour une république de Thomas Cantaloube
La peau du papillon de Sergey Kuznetsov
Cavalerie rouge de Isaac Babel
L’année des nuages de Lilyane Beauquel
Suiza de Bénédicte Belpois
De mémoire de Yamina Benahmed  Daho
L’évangile selon Yong Sheng de Dai Sijie
Le tour de l’oie de Erri de Luca
Les désaccordés de Joe Dunthorne
Les parfums élémentaires de Gaston-Paul Effa et Isabelle Laurent
Deux sœurs de David Foenkinos
L’indésirable de Louis Guilloux
Une vie de homard de Erik Fosnes Hansen
Codine de Panaït Istrati
In paradisum de Isabelle Jarry
Nous sommes à la lisière de Caroline Lamarche
Des cœurs ordinaires de Catherine Locandro
Une longue nuit mexicaine de Isabelle Mayault
Cité de la nuit de John Rechy

Gallmeister :
Après Maida de Katharine Dion
Handsome Harry de James Carlos Blake
Un poisson sur la lune de David Vann
Le bon lieutenant de Whitney Terrell

Grasset:
Les photos d’un père de Philippe Beyvin (premier roman)
Le procès du cochon de Oscar Coop-Phane
Comment tout a commencé de Philippe Joanny (premier roman)
Pour l’amour des livres de Michel Le Bris
Occident de Simon Liberati
Rompre de Yann Moix
La vengeance du loup de Patrick Poivre d’Arvor
La nuit se lève de Elisabeth Quin
Emmanuel le Magnifique de Patrick Rambaud
Kiosque de Jean Rouaud
La vraie vie de Vinteuil de Jérôme Bastianelli (premier roman)
D’os et de lumière de Mike McCormack
Hors de soi de Sasha Marianna Salzmann
L’inouï de François Jullien
Le peintre abandonné de Dominique Fernandez
Au-delà des frontières de Andreï Makine
Heptaméron avec Chardonnay de Gérard Oberlé
Les variations sentimentales de André Aciman
Le tunnel de Avraham B. Yehoshua
L’attentat patriote de Robert Ludlum

Héloïse d’Ormesson:
Braves gens du purgatoire de Pierre Pelot
Varsovie-les-Lilas de Marianne Maury Kaufmann
Au jardin des fugitifs de Ceridwen Dovey
Trente-trois fois mon amour de Nicolas Barreau
Une année folle de Sylvie Yvert

Julliard :
Changer le sens des rivières de Murielle Magellan
A nous regarder, ils s’habitueront de Elsa Flageul

Robert Laffont :
Parce que les tatouages sont notre histoire de Héloïse Guay de Bellissen
Divines surprises de Félix de Belloy
Mes nuits apaches de Olivier Martinelli

JC Lattès:
Sois toi-même tous les autres sont déjà pris de David Zaoui
Ex-relou de Martin Bachelard

Joëlle Losfeld :
Le cherokee de Richard Morgiève
Mado de Marc Villemain

La Martinière :
Chambre 128 de Cathy Bonidan

Mercure de France :
Grand angle de Simone Somekh
Le diable emporte le fils rebelle de Gilles Leroy
Piano ostinato de Ségolène Dargnies
Marina Tsvétaïéva, mourir à Elabouga de
Vénus Khoury-Ghata

 

 

 

Métailié:
La transparence du temps de Léonardo Padura
La route de Lafayette de James Kelman
L’ombre d’un père de Christoph Hein
Ce que savait la nuit de Arnaldur Indridason
Comment on devient bon en maths de Emmanuel Arnaud
La société des rêveurs involontaires de José Eduardo Agualusa

 

 

Éditions de Minuit :
L’explosion de la tortue d’ Eric Chevillard
La vérité sur « Dix petits nègres » de Pierre Bayard
Les paradoxes de la postérité de Benjamin Hoffmann

Le Mot et le Reste :
La mélodie sanctuaire de Arnaud Gauthier
Jack Kerouac de Patricia Dagier et Hervé Quéméner
Voyage du côté de chez moi de Jean-Luc Muscat

Nil :
Belle-fille de  Tatiana Vialle

Noir sur Blanc :
État d’ivresse de Denis Michelis
Bonne élève de Paula Porroni
Un rien de lumière de Vladan Matijevic
L’île où les hommes implorent de Jil Silberstein

Éditions de l’Observatoire :
Des hommes couleur de ciel  de Anaïs Llobet
Les dévastés de J.J. Amaworo Wilson

Éditions de L’Olivier :
Dans le faisceau des vivants de Valérie Zenatti
L’Amérique derrière moi de Erwan Desplanques
Un mariage sur écoute de John Jay Osborn
So sad today de Melissa Broder
Les forçats de Bruno Gibert
Rendez-vous à Samarra de John O’Hara

Pauvert :
Histoire de ta bêtise de François Begaudeau

Phébus :
Nous qui n’étions rien de Madeleine Thien
Trois concerts de Lola Gruber
L’eau de rose de Christophe Carlier
New boy de Tracy Chevalier

PLON :
Cupidon a des ailes en carton de Raphaëlle Giordano
Debussy et le mystère de l’instant de Vladimir Jankélévitch
Colette et Jacques de Olivier Duhamel
Le temps d’apprendre à vivre de Elsa Boublil
La meute de Sarah Koskevic
La république des pirates de Jean-Marie Quemener
Un manguier au Nigéria de Vincent Hiribarren

Quidam Éditeur :
Un cadenas sur le cœur de Laurence Teper
Retour à Budapest de Gregor Sander
Des voix de Manuel Candré

Philippe Rey :
De si bons amis de Joyce Maynard
Glissez, mortels de Charlotte Hellman

Rivages :
Bacchantes de Céline Minard
Tête de tambour de Sol Elias
L’autre côté de Léo Henry
Les amis de Aja Gabel
Shiloh de Shelby Foote
Dans l’ombre du brasier de Hervé Le Corre
Trouver l’enfant de René Denfeld
Les compromis de Maxime Calligaro et Eric Cardère
Willnot de James Sallis

Léo Scheer :
No zone de Bruno Gay

Le Rouergue :
Délit de gosse de Isabel Ascencio

Seuil :
Les enténébrés de Sarah Chiche
Des vies possibles de Charif Majdalani
Le mangeur de livres de Stéphane Malandrin
Le récidiviste de Alain Fleischer
Frères sorcières de Antoine Volodine
Tu écriras mon nom sur les eaux de Jean-François Haas
La plus précieuse des marchandises de Jean-Claud Grumberg
West de Carys Davies
La part rêvée de Rodrigo Fresan
Les enchaînés de Jean-Yves Martinez
Feux de détresse de Julien Capron
Anne-Sarah K. de Mathieu Simonet
Real book de Jean-Pierre Martin
Les violences de Jakob Nolte
Trois jours de Petros Markaris
Dernier Tacle de Emmanuel Petit et Gilles Del Pappas

Sonatine :
Le pays des oubliés de Michael Farris Smith
L’empreinte de Alexandria Marzano Lesnevich

Stock:
Trouble de Jeroen Olyslaegers
Les heures solaires de Caroline Caugant
Nous aurons été vivants de Laurence Tardieu
François, roman de François Taillandier
Comme à la guerre de Julien Blanc-Gras
Compromis de Philippe Claudel
Plutôt la fin du monde qu’une écorchure à mon doigt de Paula Jacques
La prophétie de John Lennon de Louis-Henri de La Rochefoucault
Les petits garçons de Théodore Bourdeau

 

La Table Ronde :
A la ligne de Joseph Ponthus (premier roman)
Edith & Oliver de Michèle Forbes
Journal secret de Curzio Malaparte

Monsieur Toussaint Louverture :
Ce que cela coûte de W.C. Heinz

Le Tripode:
Vigile de Hyam Zaytoun
Dérangé que je suis de Ali Zamir
Carnets de Goliarda Sapienza
La fiction Ouest de Thierry Decottignies

Verticales :
Les choses comme elles sont de Claudine Galea
Une chose sérieuse de Gaëlle Obiégly
La nuit sauve de Hélène Frédérick
Hélène ou le soulèvement de Hugues Jallon

Viviane Hamy:
Saltimbanques de François Pieretti (premier roman)
Le Cri de l’aurore d’ Hoai Huong Nguyen (roman épistolaire)

Sabine Wespieser :
Manifesto de Léonor de Recondo
Rendez-vous à Parme de Michèle Lesbre
Regarder de Serge Mestre

 

 

Zulma :
Le rituel des dunes de Jean-Marie de Roblès
La maîtresse de Carlos Gardel de Mayra Santos-Febres

 

La grosse ou les tribulations d’une factrice – Raphaële Lacroix

Titre : La grosse ou les tribulations d’une factrice
Auteur : Rapahële Lacroix
Éditeur : L’Astre bleu
Nombre de pages : 305
Date de parution : 21/09/2018

De temps en temps, je laisse une place sur mon blog à des auteurs peu connus qui me contactent pour me présenter leur roman. Ce qui permet souvent par la même occasion de mettre en avant certaines maisons d’édition.

Bien sûr, je ne peux pas répondre à toutes les demandes. Ce qui m’a ici incitée à accepter, c’est la petite frimousse sur la couverture et peut-être le métier de facteur. Le facteur, celui qu’on attend impatiemment, une personne proche des gens et de leurs petits secrets.

« Le courrier en dit long sur ce que sont les gens. »

Agnès Fourquier est «  grosse et pas vraiment jolie ». Elle manque de confiance en elle, défaut enraciné depuis son enfance. Née d’une rencontre d’un soir, elle ne connaît pas son père. Sa mère l’a rendue responsable du gâchis de sa jeunesse et elle l’a élevée dans la méfiance vis à vis des hommes.

Devenue factrice à Auxerre, elle apprécie d’être enfin celle que les autres attendent. Sa vie est tellement creuse qu’elle la comble avec les histoires des autres. Et notamment, celle d’Annabelle, une pédiatre de trente-deux ans, super-sexy et pourtant étrangement seule depuis quelques temps.

Agnès  est rapidement intriguée par une lettre dans une enveloppe carrée en papier velin qui est adressée à Annabelle chaque mardi. Curieuse, elle subtilise cette correspondance, la lit avant de la déposer le lendemain dans la boîte d’Annabelle. Découvrant une histoire d’amour insolite, elle se motive à devenir elle aussi désirable.

Apprenant à aimer son corps, elle s’inscrit sur un site de rencontres pour enfin connaître l’amour avec Alain. Mais les peurs, les doutes sont bien ancrés dans son esprit. Et elle préfère souvent « fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve. »

Son histoire et celle d’Annabelle illustrent toute la complexité d’aimer, de garder la confiance en l’autre. Mais « l’amour que l’on vit à l’instant présent, même s’il ne dure pas, vaut toutes les peines que l’on peut vivre après, lorsqu’il s’est envolé. »

J’ai aimé la volonté et l’humour d’Agnès. Ses tergiversations sont parfois un peu longues, mais il n’est pas simple de se libérer d’un passé qui génère un tel dégoût de soi, un tel manque de confiance.

Après tant de péripéties, la fin m’a semblé un peu rapide et lisse.

Un premier roman sympathique, bien écrit, qui manque, certes pour moi de matière, mais suffisamment drôle pour faire passer un bon moment. A lire si vous avez aimé ( Presque) Jeune, ( Presque) jolie et (de nouveau) célibataire de Stéphanie Pelerin.

Du nouveau dans ma bibliothèque (40/18)

Histoires de mers, de femmes et de famille pour mes futures lectures avec ces trois réceptions de la semaine.

Commençons par les femmes, avec une réflexion sur la place des femmes d’Antigone à la femme d’à côté. Il s’agit d’une nouvelle parution d’un essai d’ Anne Dufourmantelle paru initialement en 2007.

J’avais aimé les histoires d‘Hubert Delahaye dans Lettres d’Ogura. Je suis ravie de le retrouver avec ces Histoires de mers.

Et enfin,un roman brésilien très bien noté dans le dernier magazine Lire. Ce sera pour moi la découverte de l’univers de Martha Bathala.

Bonne semaine et bonnes lectures.