Petite femme – Anna Giurickovic Dato

Titre : Petite femme
Auteur : Anna Giurickovic Dato
Littérature italienne
Traducteur : Lise Caillat
Éditeur : Denoël
Nombre de pages : 180
Date de parution : 31 mai 2018

Petite femme, c’est ce qu’est devenue très tôt Maria, la fille unique de Silvia et d’un diplomate italien en poste à l’ambassade italienne à Rabat. Maria a cinq ans, elle adore son père. Pour lui, elle est une petite fille très spéciale.

« Si un jour il la ligotait et la couchait sur un autel de bûches, elle ne serait pas surprise. Elle se dit qu’il le ferait en la fixant de ses yeux noirs et sévères, à travers ses cils cuivrés. Elle caresserait une boucle de sa crinière orangée qu’elle a toujours envie et peur de toucher. Elle penserait que si son papa le fait, c’est normal. »

Chaque soir, il lui lit des histoires. Puis l’embrasse sur le front et sa main descend sur son flanc jusqu’à passer l’élastique de son petit pyjama en coton.

Silvia, la mère, est plutôt une femme timide. «  J’ai toujours su que je ne ferai rien d’important. » Elle se sent protégée par la force et le pouvoir de son mari. Elle n’avait que dix-huit ans quand elle a épousé Giorgio de neuf ans son aîné.

Si, parfois, elle s’inquiète des réactions agressives de sa fille, elle rejoint vite le calme rassurant de son mari. Pourtant, Maria envoie des signes par ses dessins, son silence, son comportement violent et provocateur à l’école. 

« Elle qui, à travers sa colère, voulait me contraindre à voir. Je ne voyais rien. »

Très vite, nous retrouvons Silvia et Maria en Italie. Maria a treize ans, elle ne va plus à l’école. Ce soir, sa mère veut lui présenter son nouveau compagnon, Antonio. Lors de cette soirée, l’adolescente se comporte comme une sorcière malicieuse, provoquant l’amant de sa mère dans un jeu de séduction auquel Antonio ne peut résister.

Entrecroisant ces deux époques, Anna Giurickovic Dato pousse la mère face à la réalité, face à sa culpabilité. Elle se remémore les comportements de Giorgio, les signes de détresse envoyés par sa fille. Elle déambule à nouveau dans les souks de Rabat jusqu’à ce jour fatal où Giorgi est tombé par la fenêtre en réparant un rideau.

Elle observe aussi d’un regard brouillé par l’alcool le jeu pervers de sa fille autour d’Antonio. Tel un chien habitué aux expériences psychologiques de décharges électriques, Maria s’est habituée au mal. Mais ce comportement n’est-il pas un ultime appel au secours lancé à sa mère?

Avec ce récit sur deux tableaux, l’auteur analyse finement les sentiments de la mère et de la fille. Elle ne s’attarde pas sur le côté malsain de la pédophilie mais construit habilement son histoire pour montrer toute l’ambiguïté et la complexité des attitudes de chacun. 

Un premier roman remarquable qui est en lice pour le prix Strega 2017 remporté précédemment par Paolo Cognetti. 

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Le tonneau magique – Bernard Malamud

Titre : Le tonneau magique
Auteur : Bernard Malamud
Littérature américaine
Titre original : The magic barrel
Traducteur : Joseph Kamoun
Éditeur : Rivages
Nombre de pages : 264
Date de parution :   4 avril 2018

Cette nouvelle traduction de The magic barrel, proposée par Rivages me permet de découvrir Bernard Malamud ( 1914-1986) considéré comme un des plus grands écrivains américains de XXe siècle. Lire ce recueil de treize nouvelles est aussi une manière de rendre hommage à Philip Roth qui voyait en Bernard Malamud une de ses influences majeures.

Ce recueil de treize nouvelles reprend les thèmes de prédilection de l’auteur. Les personnages sont des juifs soumis au malheur. Chaque récit ébauche une opportunité d’un jour meilleur par le mariage d’une enfant, un voyage, un amour, la lecture, un appartement, une rencontre. Mais ils sont tant englués dans leur malheur qu’ils peinent à trouver la flamme de la vie.

«  Il se consolait en se disant qu’il était juif et que le juif souffre. »

Ils sont cordonnier, tailleur, mireur d’œufs, écrivain ou peintre raté, boulanger, étudiant, commerçant. Pauvres, malades, solitaires, déprimés, plongés dans des abimes de détresse, ce sont des hommes malmenés par le destin qui pourtant, avec obstination se lancent dans des parcours de combattant pour trouver une échappatoire. 

Citons, par exemple, Manischevitz, ce vieux tailleur au dos cassé dont le magasin a pris feu. Son fils est mort à la guerre, sa fille est partie, sa femme est malade. Stoïque, il accepte incrédule son lot de malheur. Quand il implore Dieu de venir à son secours, c’est un ange, un grand noir du nom de Levine qui se présente. Le vieil homme doute des capacités de ce juif noir. Il partira pourtant à sa recherche dans le quartier de Harlem.

Dans chaque nouvelle, se glissent les principes fondamentaux du judaïsme avec le sentiment permanent de culpabilité et ce besoin de réparer le mode, d’être utile à son prochain.

C’est le cas de Tony qui veut faire comprendre à une petite fille qu’il n’est pas bien de voler.
«  On n’a jamais vraiment ce qu’on veut. On a beau faire, on commet des erreurs, et après, elle vous colle à la peau. »

Mais parfois, le prochain, voué au malheur, ne veut pas être secouru. Ainsi la voisine de Rosen, veuve misérable en charge de deux enfants refuse son aide. Rosen use de tous les subterfuges pour venir en aide à cette femme qui refuse la charité.

Simon Susskund, par contre, harcèle un peintre raté natif du Bronx venu en Italie faire une étude sur Giotto. Il veut absolument obtenir quelque chose de lui.
«  Pourquoi serais-je responsable de vous? »
«  En tant qu’homme, en tant que juif, non? »

La dernière nouvelle, celle qui donne son titre au recueil, campe un homme qui fait des études pour devenir rabbin. Leo Finkle veut trouver une épouse et fait appel à un marieur. Aucune femme ne trouve grâce à ses yeux jusqu’à la découverte d’une photo laissée par le marieur.
«  Pour nous les hommes, l’amour se trouve dans la manière de vivre et dans la pratique religieuse. Les dames, c’est différent. »

Ce sont des histoires toutes simples mais qui emmènent dans un autre monde. Le style de l’auteur, sa façon de décrire ses personnages accablés par le malheur donnent à ces courts récits une dimension de contes ou de fables qui nous font réfléchir sur nos désirs, notre réelle volonté à trouver le bonheur. Ce sont des paraboles que chacun interprétera à sa façon.

Ce recueil me donne envie de découvrir un roman de Bernard Malamud.

Du nouveau dans ma bibliothèque (22/18)



Cinq petits nouveaux s’installent sur mes étagères.

Tout d’abord un livre pour enfants reçu dans la cadre de la dernière masse critique Babelio (j’en profite pour vous signaler une Masse critique spéciale non fiction mercredi 7 juin).

Un album qui se lit dans les deux sens avec deux histoires, Conte de la grande et de la petite ourse et Rosinka goutte de rosée.

Nouveau roman chez Denoël, Petite femme de Anna Giurickovic Daton raconte l’histoire d’une Lolita moderne mais surtout les raisons de ce jeu dangereux de la séduction.

Paris regorge de mystères et de lieux insolites. Pour découvrir quelques curiosités, voici un livre qui vous ouvre les portes de quelques riches ballades.

Et pour terminer, voici deux documents publiés récemment chez l’Iconoclaste.

Cinquantenaire de Mai 68, une occasion de revenir sur une des grandes crises sociales du XXe siècle.

 

Et de quoi poursuivre mon récent voyage en Chine,

Bonne semaine et bonnes lectures.

Bilan de mai et programme de juin 2018

Ainsi se termine ce qui reste pour moi le plus beau mois de l’année. Des jours qui allongent considérablement, la nature qui se réveille, les jours fériés en pagaille et le soleil qui, cette année, a réchauffé nos journées (surtout dans la moitié nord de la France, pour une fois).

Le bilan du mois de mai est lui aussi radieux avec 13 livres lus et de très belles découvertes.

Tout d’abord une vague de bleu,

   

puis des pavés, des révélations, des nouvelles, un réquisitoire et une lecture commune,

Les articles les plus consultés en mai sont :
1 – Qui a tué mon père de Édouard Louis (il détrône l’article phare de La rentrée littéraire!)
2 – Rentrée littéraire janvier 2018
3 – Rentrée littéraire 2018, panorama par éditeurs
4 – L’avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic
5 – Juste après la vague de Sandrine Collette

Le mois de juin sera le mois anglais (septième édition). Vous trouverez tout le programme sur le site de MyLouBook

J’envisage de sortir de ma PAL

  

Je commencerai à lire quelques romans de la rentrée littéraire en tant que jurée du  Prix du Roman Fnac 2018.

Et quelques titres qui m’attendent     

Romain Gary s’en va-t-en guerre – Laurent Seksik

Titre : Romain Gary s’en va-t-en guerre
Auteur : Laurent Seksik
Éditeur : Flammarion
Nombre de pages : 228
Date de parution : 18 janvier 2017

 Dans cette biographie romancée, Laurent Seksik nous fait vivre vingt-quatre heures de la vie de Roman Kacev, celui que nous connaîtrons plus tard sous le nom de Romain Gary. Nous sommes en 1925 dans le ghetto de Wilno. Roman a onze ans et il vit un moment crucial de son enfance, pris dans la tourmente des sentiments entre l’amour étouffant d’une mère explosive et son amour inconditionnel pour Arieh, un père absent.

«  Dans mes rêves, je marche à côté de mon père. »

Roman, Nina et Arieh prennent tour à tour la parole. 

Nina, modiste, est une femme de tempérament, possessive, passant du rire aux larmes, capable de haine et d’amour. Abandonnée par Arieh, parti vivre avec une femme plus jeune, peinée par la mort du fils de son premier mariage, dévalisée par les huissiers, elle reporte son besoin d’amour éternel sur son fils et rêve de partir en France. 

Roman est un enfant calme, il voudrait simplement voir son père rentrer à la maison. 

«  On lui reprochait parfois de ne pas avoir des préoccupations de son âge. Mais quand on a connu l’exil à six mois, la séparation de ses parents et la mort d’un frère, l’enfance était une terre inconnue, un continent lointain. »

Une journée d’école buissonnière et une sortie hors du ghetto lui montrent toute la violence d’un monde où l’antisémitisme se renforce.

Arieh ne veut pas décevoir son fils mais il ne supporte plus depuis son retour de la guerre le comportement de Nina. Il se sent apaisé auprès de la douce Frida. Mais aujourd’hui, il a un secret à avouer à son fils.

Le récit est peut-être trop court pour s’attacher pleinement aux personnages. J’ai simplement eu l’impression de les croiser. Quelques passages intéressants ont retenu mon attention comme la conversation entre Roman et le rabbin Abraham Ginzburg ou celle finale des années plus tard entre Arieh et un officier allemand. C’est ce qui donne un peu de substance, de réflexion sur cette période troublée pour les juifs du ghetto et sur le sens d’une religion parfois vécue comme une contrainte.

«  Pourquoi nous hait-on? »
 » La haine peut être l’expression d’une grande souffrance, mais elle renforce nos désespoirs, nous rend prisonniers du passé, fait de nous des spectateurs impuissants de nos actes. L’amour de nos proches est fait de sentiments contradictoires qu’il faut savoir admettre. Tu as le droit de haïr même ton père. Mais cette haine doit rapidement faire partie de tes plus mauvais souvenirs. Je suis sûr que tu te reproches déjà ces mauvaises pensées. »

Romain Gary s’est ensuite inventé un père. Ceci est expliqué en quatrième de couverture mais aurait pu aussi être abordé en épilogue afin d’ancrer davantage le récit  de ces vingt-quatre heures dans la vie de Romain Gary.

Je remercie Laure de m’avoir accompagnée pour cette lecture. Son avis est ici.

Rentrée Littéraire 2018, panorama par éditeurs

C’est reparti pour une nouvelle et grande rentrée littéraire. Cette année, j’aurais l’occasion d’en découvrir une toute petite partie en avant-première avec la Fnac en tant que jurée pour le 17e Grand Prix du Roman Fnac.

Plusieurs auteurs retiennent mon attention, mais si je ne devais lire qu’un seul livre de cette rentrée, ce serait celui de Maylis de Kerangal.

La liste s’enrichit au fil des jours. Et cette rentrée s’annonce de plus en plus belle. Gwenaëlle Aubry,  autre auteure que j’aime particulièrement publie un nouveau roman chez Mercure de France.

Actes Sud :
A son image de Jérôme Ferrari
La belle de Casa de In Koli Jean Bofane
Les nuits d’Ava de Thierry Froger
Le grand Nord-Ouest d’Anne-Marie Garat
Lèvres de pierre de Nancy Huston
Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu
Ne m’appelle pas Capitaine de Lyonel Trouillot
Kanaky de Joseph Andras
Le monarque des ombres de Javier Cercas
Une république comme si de Alaa El Aswany
Première personne de Richard Flanagan
Fermer les yeux de Jan Guillou
La ville au milieu des eaux de Milton Hatoum
La maison Golden de Salman Rushdie

Albin Michel :
Le retour du phenix de Ralph Toledano
L’affaire Sparsholt d’Alan Hollinghurst
La toile du monde de Antonin Varenne
Les belles ambitieuses de Stephan Hoffmann
Nous, les vivants de Olivier Bleys
Le concours pour le paradis de Clélia Renucci
Une douce lueur de malveillance de Dan Chaon
Une vie de pierres chaudes de Aurélie Razimbaud
Quatre vingt dix secondes de Daniel Picouly
Ce cœur qui haïssait la guerre de Michel Heurtault
Les prénoms épicènes de Amélie Nothomb
Fracking de François Roux
Modèle vivant de Joan Sfar
Le malheur du bas de Inès Bayard
Anatomie de l’horreur de Stephen King
Les lois de la mer de Davide Enia
L’unité alphabet de Jussi Adler-Olsen
Dans la cage de Kevin Hardcastle
Contre la  perte et l’oubli de tout de George-Olivier Chateaureynaud

Alma:
Einstein, le sexe et moi de Olivier Liron
La guérilla des animaux de Camille Brunel
La musique naît du silence de Andras Schiff

Éditions de l’Antilope :
Prisons de Ludovic-Hermann Wanda (premier roman)

Éditions de l’Archipel :
La rose et le bourreau de Patrick Pesnot
La fille du maître de chai de Kristen Harnisch (premier roman)

Arlea:
Les naufragés du Batavia de Simon Leys

Autrement :
Wild side de Michael Imperioli
Mourir n’est pas de mise de David Hennebelle
Boy erased de Garrard Conley

Belfond :
Les  jours de silence de Philipp Lewis
Sous les branches de l’udala de Chinelo Okparanta
La maison de ruines de Ruby Namdar
Cher ami, de ma vie je vous écris dans votre vie de Yiyun Li
Faux amis de Linwood Barclay

François Bourin :
Je,tu,elle de Adeline Fleury

Buchet-Chastel:
Les nougats de Paul Béhergé
K.O. de Hector Mathis
Miss Sarajevo de Ingrid Thobois
Le chien rouge de Philippe Ségur
Un homme aborde une femme de Fabienne Jacob
Personne n’est obligé de me croire de Juan Pablo Villalobos

Calman-Levy :
La tristesse des femmes en mousseline de Jean-Daniel Baltassat
Sergent Papa de Marc Citti
Cette maison est la tienne de Fatima Farheen Mirza
Naissance d’un Goncourt de Yann Quéfélec
Le prince à la petite tasse de Émilie de Turckheim

Éditions Champ Vallon:
Le Dieu Kairos de Didier Laroque
Chokolov City de Jonathan Baranger (premier roman)

Anne Carrière :
Ma vie de Saint de François-Xavier Delmas
Objet trouvé de Matthias Jambon-Puillet
Le bruit de la lumière de Katharina Hagena
La transition de Luke Kennard
Les heures indociles de Eric Marchal
Alex verus-tome3 de Benedict Jacka

Au Diable Vauvert :
Encore une histoire d’amour de Thomas Gunzig
La peste et la vigne de Patrick K. Dewdney
Manolete de Anne Plantagenet
Le corps est une chimère de Wendy Delorme

Le Castor astral , Denoël, Elyzad :
( à venir)

Les Escales :
Les enfants de ma mère de Jérôme Chantreau
Fais de moi la colère de Vincent Villeminot
L’ange de l’histoire de Rabih Alameddine

Fayard :
Le sauvetage de Bruce Bégout
Les idéaux d’Aurore Filipetti
Une vie en l’air de Philippe Vasset
Un problème avec la beauté de Jean-Marc Parisis
Comme un seul homme de Daniel Magariel
Un gentleman à Moscou de Amor Towles

Flammarion :
Un tournant de la vie de Christine Angot
Trancher de Amélie Cordonnier
Elsa mon amour de Simonetta Greggio
Chien-Loup de Serge Joncour
La bonne vie de Matthieu Mégevand
L’hiver du mécontentement de Thomas B. reverdy
Un fils obéissant de Laurent Seksik
Balles perdues de Jennifer Clement
A ce point de folie de Franzobel
Pêche de Emma Glass
Bientôt viendront les jours sans toi de David Trueba
Tu n’habiteras jamais Paris de Omar Benlaala
Aurel et la  piscine verte de Jean-Christophe Rufin (oct)
Nanofictions de Patrick Baud (oct)
3e droite de François Descraques (oct)
The corporation de T.J. English (oct)
Madame, vous allez m’émouvoir de Lucie  Tesnière (oct. récit)
J’ai encore menti de Gilles Legardinier (oct)
Autoportrait de Dominique Ané (oct)
J’irais tuer pour vous de Henri Loevenbruck (oct.)
Un bonheur que je ne souhaite à personne de Samuel Le Bihan(oct.)

Aux Forges de Vulcain :
Et j’abattrai l’arrogance des tyrans de Marie-Fleur Abecker (premier roman)

Gaïa :
Le roi chocolat de Thierry Montoriol

Gallimard:
Je suis quelqu’un de Aminata Aidara
La vérité sort de la bouche du cheval de Meryem Alaoui
La grande idée de Anton Beraber
L’avalanche de Laurence Cossé
Le bûcher de György Dragoman
François,portrait d’un absent de Michaël Ferrier
Tenir jusqu’à l’aube de Carole Fives
Dix-sept ans de Eric Fottorino
Maîtres et esclaves de Paul Grevaillac
Mauvaise passe de Clémentine Haenel
Asymétrie de Lisa Halliday
Deux mètres dix de Jean Hatzfeld
Le cœur converti de Stefan Hertmans
Miracles du sang de Lisa Mcinerney
Le train d’Erlingen ou la métamorphose de Dieu de Boualem Sansal
Swing time de Zadie Smith
Une année lumière de Nathacha Appanah (octobre)

Gallmeister:
Une maison parmi les arbres de Julia Glass
Les spectres de la terre brisée de S. Craig Zalher
Onze jours de Léa Carpenter
Évasion de Benjamin Whitmer

Globe :
L’écart de Amy Liptrot
La chute des frères Lehman de Stefano Massini

Grasset :
Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider
L’ère des suspects de Gilles Martin- Chauffier
Reviens de Samuel Benchetrit
Carnaval noir de Metin Arditi
Ce que l’homme a cru voir de Gautier Battistella
Les exilés meurent aussi d’amour de Abnousse Shalmani
Pervers de Jean-Luc Barré
Au clair de la lune de Christophe Donner
Frederica Ber de Marc Green
Quand Dieu boxait en amateur de Guy Boley
Depuis la terre, regarder les naufrages de Jeanne Labrune
Idiotie de Pierre Guyotat
Asta de Jón Kalman Stefánsson
Où vivre de Carole Zalberg (oct.)

Héloïse d’Ormesson:
Les mains dans les poches de Bernard Chenez
Pleurer des rivières de Alain Jaspard
Taxi curaçao de Stefan Brijs
L’esprit organisé de Daniel Levitin (essai)
Couleur pivoine de Schünemann & Volic

L’Iconoclaste :
La vraie vie de Adeline Dieudonné (premier roman)
Bazaar de Julien Cabocel
En nous beaucoup d’hommes respirent de Marie-Aude Murail
La blessure de Jean-Baptiste Naudet

Julliard:
Sujet inconnu de Loulou Robert
La purge de Arthur Nesnidal
Khalil de Yasmina Khadra

Robert Laffont :
37 étoiles filantes de Jérôme Attal
Que va-t-on faire de Knut Hamsun? de Christine Barthe
Le calame noir de Yasmine Ghata
Arthur et Paul, la déchirure de René Guitton
Rue du triomphe de Dov Hoenig
Le dernier bain de Gwenaëlle Robert
Sadorski et l’ange du péché de Romain Slocombe
Moonglow de Michael Chabon
Manhattan beach de Jennifer Egan
La tête sous l’eau de Olivier Adam
Occupation de Pierre Assouline

JC Lattès :
Tous les hommes désirent naturellement savoir de Nina Bouraoui
Empreintes de crabe de Patrice Nganang
L’âge d’or de Diane Mazloum
Pour Sensi de Serge Bramly
Janet de Michèle Fitoussi
Il est déjà demain de Henri Lopes
En dérivant avec Ulysse de Jean-Paul Mari
Les fureurs invisibles du cœur de John Boyne
Représailles de Scott Turow
La nuit des blouses grises de Jean Contrucci

Liana Levi :

Joëlle Losfeld :
Smile de Roddy Doyle
Miracles du sang de Lisa McInerney

La Martinière :
La Massaia de Paola Masino
Sott de Ragnar Jonasson

Le Masque :
Dîner secret de Raphaël Montes
Crime en toutes lettres de Sophie Hannah

Mercure de France :
La folie Elisa de Gwenaëlle Aubry
L’atelier de Sarah Magnine
Trois enfants du tumulte de Yves Bichet
Le parfum des sirènes de Gisèle Pineau
La seule histoire de Julian Barnes

Métailié:
Moronga de Horacio Castellanos Moya
Le bruit du dégel de John Burnside
Manuel de survie à l’égard des jeunes filles de Mick Kitson
Sympathie pour le démon de Bernardo Carvalho
Secrets de Marcel Beyer
La fille du cryptographe de Pablo de Santis

Éditions de Minuit:
Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard

NIL :
Atlantic City de Joy Raffin

Noir sur Blanc :
La planète des champignons de Elena Tchijova
Trois fois la fin du monde de Sophie Divry
Onzième roman, livre 18 de Dag Solstad
Les livres de Jakob de Olga Tokarczuc

Le Nouvel Attila:
Camarade papa de Gauz
Omar et Greg de François Beaune

Éditions de l’Observatoire :
La saison des fleurs de flamme de Abubakar Adam Ibrahim
Réelle de Guillaume Sire
Les enfants frapperont-ils encore? de Laure Catherine

Éditions de l’Olivier :
La chance de leur vie d’Agnès Desarthe
Forêt obscure de Nicole Krauss
Le complexe d’Hoffman de Colas Gutman
Désintégration d’Emmanuelle Richard
Des raisons de se plaindre de Jeffrey Eugenides
La souplesse des os de D.W. Wilson

Éditions Le Passeur :
Un homme sans identité de Charles Berling

Pauvert :
Toutes les femmes sauf une de Maria Pourchet
Des routes de Philippe Artières

PLON :
Jacques à la guerre de Philippe Torreton
Harry et Franz de Alexandre Najjar
L’été des quatre rois de Camille Pascal
Maggie, une vie pour en finir de Patrick Weber

Philippe Rey :
Je reste ici de Marco Balzano
Au grand lavoir de Sophie Daull
Queer City de Peter Ackroyd

P.O.L. :

Presses de la Cité :

Le Rouergue:
Les bracassées de Marie-Sabine Roger
Ma dévotion de Julia Kerninon

Léo Scheer :
Silence, radieux de Alexandra Dezzi (premier roman)
L’ivraie de Bruno Lafourcade
Ma part d’animal de Muriel de Rengervé
Sans le baroque, la musique serait une erreur de Thomas A. Ravier

Le Serpent à Plumes :
Techno freaks de Morgane Caussarieu
Règles douloureuses de Kopano Matlwa
Absolutely golden de D. Foy

Seuil :
Frères d’âme de David Diop
Midi de Cloé Korman
Les cigognes sont immortelles de Alain Mabanckou
Le paradoxe d’Anderson de Pascal Manoukian
La vallée des dix mille fumées de Patrice Pluyette
Par les écrans du monde de Fanny Taillandier
L’abattoir de verre de J.M. Coetzee
Les enfants de coeur de Heather O’neill
Voyou de Itamar Orlev
Saisir de Jean-Christophe Bailly
Le dynamiteur de Henning Mankell ( premier roman inédit)
Le monde selon Garp de John Irving (édition collector)
Dégradation de Benjamin Myers
Moscou 61 de Joseph Kanon

Sonatine :
La disparition d’Adèle Bedeau de Graeme Macrae Burnet
Séance infernale de Jonathan Skariton
Les illusions de Jane Robins
L’affrontement de Tim Willocks

Stock :
Simple de Julie Estève
Vivre ensemble d’Emilie Frèche
Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie
La révolte de Clara Dupont-Monod
Capitaine de Adrien Bosc
Confessions d’une cleptomane de Florence Noiville
Le guetteur de Christophe Boltanski
L’évangile selon Youri de Tobie Nathan
Écoute de Boris Razon
La marcheuse de Samar Yazbek
Le Mars Club de Rachel Kushner
La femme de Dieu de Judith Sibony

La Table Ronde :
Monsieur Viannet de Véronique Le Goaziou
La neuvième heure de Alice McDermott
Pardon pour l’Amérique de Philippe Rahmy
Trajectoire de Richard Russo

Éditions TohuBohu:
Station service de Olivier Demangel
Moteur! de Pascal Louvrier

Le Tripode :
Le sillon de Valérie Manteau

Verticales :
En guerre de François Bégaudeau
Un monde à portée de main de Maylis de Kerangal

Viviane Hamy :
Hôtel Waldheim de François Vallejo

Sabine Wespieser :
Roissy de Tiffany Tavernier
Rien d’autre sur terre de Conor O’Callaghan
La vigne écarlate de Vincent Borel

 

 

 

 

 

Zulma:
Mais leurs yeux dardaient sur Dieu de Zora Neale Hurston
La somme de nos folies de Shih-Li Kow

Tout cela je te le donnerai – Dolores Redondo

Titre : Tout cela je te le donnerai
Auteur : Dolores Redondo
Littérature espagnole
Titre original : Todo esto te daré
Traducteur : Judith Vernant
Editeur : Fleuve Editions
Nombre de pages : 649
Date de parution :   avril 2018

Manuel Ortigosa est en train d’écrire la fin de son roman lorsque la police vient lui annoncer l’accident mortel de son mari, Alvaro Muñiz de Davila dans la province de Lugo. Manuel le pensait en réunion avec un client à Barcelone. Celui en qui il avait une confiance aveugle, celui qui l’avait séduit en le harcelant chaque jour pour recueillir des autographes lors de la parution de son succès littéraire, celui qu’il avait épousé, avait-il une double vie?

Griñan, l’exécuteur testamentaire d’Alvaro apprend à Manuel qu’Alvaro était en fait l’aîné et l’héritier du marquis de Santo Tomé décédé trois ans plus tôt. La famille est un des lignages les plus anciens de Galice.

Manuel ne connaissait rien de la famille de son mari, une famille toxique dont il ne voulait plus entendre parler. Alvaro dirigeait une entreprise prospère dans la publicité. Manuel était un écrivain reconnu. Les deux hommes se suffisaient à leur bonheur. 

Pour oublier son enfance malheureuse, la mort récente de sa soeur, l’écrivain s’immergeait-il trop dans sa tour d’ivoire au point de ne plus connaître son compagnon?

«  Il s’était infantilisé en laissant Alvaro se charger des moindres détails de leur quotidien, lui abandonnant la responsabilité de la vraie vie tandis que lui-même trouvait refuge dans son palais de verre, auprès de cette source inépuisable où coulaient les mots, loin d’un univers routinier maintenu par son mari en un miraculeux équilibre. »

Manuel part en Galice dans le domaine des Santo Tomé, y découvre la famille de son défunt mari. Avec l’aide de Nogueira, un lieutenant de la garde civile à la retraite, un être homophobe à l’obscénité sous-jacente que nous apprendrons pourtant à connaître en découvrant son passé, Manuel déterre les secrets de cette famille prête à tout pour sauvegarder leur renom. 

« Une traversée du désert où chaque découverte apportait son lot d’ignominie, de douleur et les preuves d’une trahison qu’il finissait presque par accepter. »

Manuel sombre dans le doute puis retrouve dans la douceur des lieux le caractère de l’homme qu’il croyait connaître. Il prend de plein fouet la haine de la marquise, le corbeau qui humilie tous ceux qui la croisent. Il affronte la colère et l’homophobie du frère d’Alvaro. Mais il trouve aussi le soutien maternel d’Herminia, la nourrice des fils Santo Tomé, l’amour du jeune Samuel, la gentillesse de Daniel, l’oenologue qui lui fait découvrir la vigne et les projets d’Alvaro, l’amitié indéfectible de Lucas.

Je ne me serais pas intéressée à ce livre en le voyant en librairie. Titre et couverture me laissent entrevoir une romance sans grand intérêt. Certes, à part une évocation des charmes de la Galicie, le récit s’ancre plutôt dans le domaine romanesque. Et pourtant, Dolores Redondo est parvenue à capter mon intérêt du début à la fin. Facilité de narration, simplicité apparente de la construction, l’auteur n’en joue pas moins avec l’ambivalence de ses personnages, la résurgence des faits passés pour accrocher son lecteur. Et cela fonctionne parfaitement. J’ai tourné les pages avec l’envie de savoir, complètement immergée dans l’ambiance créée par cette auteure que je ne connaissais pas.