L’insomnie – Tahar Ben Jelloun

Titre : l’insomnie
Auteur : Tahar Ben Jelloun
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 272
Date de parution : 10 janvier 2019

 

Certains auteurs laissent toujours en mémoire la qualité de leurs premiers romans. La vieillesse serait-elle si difficile à vivre qu’elle obnubilerait tant l’esprit?
Tahar Ben jelloun était déjà englué dans ses problèmes personnels  avec Le bonheur conjugal et  L’ablation.

Une fois de plus, le sujet de l’insomnie, traitée ici de manière ironique, me laisse assez indifférente.

Le narrateur, scénariste à Tanger souffre d’insomnie.

 » Ne pas dormir c’est être privé de rêve . Or, j’ai besoin de rêve pour alimenter mon imaginaire. »

En tuant sa vieille mère, il constate que le sommeil vient plus facilement. Comme ses troubles reviennent un an plus tard, il en conclut qu’il doit aider à mourir d’autres personnes afin de gagner des « points crédit sommeil. »

«  En tuant des salauds, tu réussiras à bien dormir. »
Le scénariste devient alors un « hâteur de morts ». Il précipite la mort de mécréants politiques emmené d’urgence à l’hôpital ou aide des agonisants à partir dans la dignité.
Bon, pourquoi pas!  Mais en s’associant à des personnages étranges, le narrateur récupère aussi des crédits libido. J’espérais une élévation du débat sur le vrai mal que pouvait être l’insomnie, la solitude, ou la perte de temps à sommeiller,  mais l’auteur reste au niveau du scénario burlesque.

L’auteur se veut plus léger. Personnellement, je préfère revenir à ses anciens romans.

 

Dérangé que je suis – Ali Zamir

Titre : Dérangé que je suis
Auteur : Ali Zamir
Éditions : Le Tripode
Nombre de pages : 192
Date de parution : 3 janvier 2019

Depuis la parution de Anguille sous roche ( Le Tripode, 2016) et la lecture de nombreuses chroniques élogieuses, j’avais très envie de découvrir l’univers d’Ali Zamir.
Vous ne serez pas étonnés de lire que je ne suis pas déçue.

Le style est un mélange harmonieux de vocabulaire étonnant, de formulations imagées, d’envolées lyriques. L’univers est à la fois dépaysant et terriblement humain et émouvant. Un mélange original, une patte remarquable.

Dérangé que je suis, c’est le nom du personnage principal et narrateur. Pauvre et simple d’esprit, on le raille quand on le croise avec son charriot et une de ses sept tenues marquées du jour de la semaine. Ce calendrier ambulant est docker sur le port de Mutsamudu. Avec trois de ses collègues, Pirate, Pistolet et Pitié surnommés les Pipipi, ils se battent à l’arrivée des navires pour gagner leur vie en chargeant dans leur charriot les colis débarqués sur le port.

Dérangé que je suis a l’innocence du simple d’esprit mais l’intelligence de l’humilité. Lorsqu’un couple avec un jeune enfant débarque  d’un bateau en provenance de Madagascar, la femme repère cet homme particulier et insiste auprès  de son mari pour qu’il prenne en charge le transport de leur affaires. Le jeune docker doit pourtant s’associer aux Pipipi afin de venir à bout de cette charge dans les délais impartis.

Vexés de ne pas avoir été choisis, le trio propose à ce « tardigrade » de jouer l’argent gagné en une seule course de chariots. La belle bourgeoise remettra l’argent au vainqueur. Les Pipipi, dockers « plein de hâblerie  » sont convaincus d’être les meilleurs.

 » Un docker digne de ce nom est toujours prêt à suer sang et eau pour gagner sa vie et sauver son honneur. »

La belle dame, un peu délaissée par son mari,  soutient celui dont elle aimerait bien profiter.

 » J’admire ton corps. C’est un magnifique chariot, parfait pour me transporter dans un monde merveilleux. »

Dérangé est bien perturbé par les avances pressantes de la jeune mère, l’enjeu de la course et la méchanceté de son voisin casse-pieds qui l’accuse de tous les maux.

Dérangé que je suis est une belle personne, particulièrement attachante. Ali Zamir le met en situation avec un style qui reflète sa personnalité. Le récit allie à la fois un fond dramatique et une apparence burlesque avec l’originalité d’un texte aux multiples effets.

 » L’astre de la nuit brillait à ravir sur nos têtes illuminées et le ciel était majestueusement diamanté jusqu’aux entrailles. Cela donnait envie de partir, de partir loin de ce monde plein de fange où tout perd sa valeur et devient objet matériel, où l’objet matériel se fait idolâtrer beaucoup plus que l’être humain et où l’humanité au milieu du tout et du néant ne pèse point un grain. »

Je remercie les Éditions le Tripode et Babelio pour la lecture de ce livre dans le cadre de la dernière opération Masse Critique.

 

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Nous aurons été vivants – Laurence Tardieu

Titre : Nous aurons été vivants
Auteur : Laurence Tardieu
Éditeur : Stock
Nombre de pages : 272
Date de parution  : 2 janvier 2019

 

Au mitan d’une vie qui passe de plus en plus vite,Hannah, un matin, croit apercevoir, de l’autre côté de la rue, la silhouette de sa fille, lorette, disparue depuis sept ans. Quelques secondes d’espoir, vite effacées par le passage d’un bus. Les souvenirs viennent alors envahir l’esprit d’Hannah. Pour enfin, s’autoriser à se souvenir.

Laurence Tardieu sait parfaitement s’installer dans les pensées mélancoliques des femmes. Pour elle, l’écriture comme la peinture pour Hannah, est une forme de thérapie. La création permet d’évacuer les peurs,les souvenirs sont un refuge. J’ai apprécié retrouver ici cette maison familiale, point d’ancrage nécessaire au beau milieu de la vague d’attentats, dans A la fin le silence.

Cette vision fugitive de Lorette,réelle ou imaginaire est le point de départ d’une ultime rencontre avec le passé.

 » Depuis toujours,  la peur est son empreinte au monde. »

Déjà enfant, Hannah avait des états d’âme, peur de la mort. Elle aimait se réfugier dans le lit de son frère aîné, aujourd’hui cancérologue. La mort et le néant appartenait aussi à l’histoire de son père,  cet homme secret qui s’enfermait de plus en plus dans le silence.

C’est au moment de la chute du mur de Berlin, qu’Hannah prend conscience de sa grossesse et de sa crainte de devenir mère. La petite Lorette saura pourtant faire découvrir à la jeune femme l’amour maternel, celui qui vous fait craindre à chaque instant la perte.
A dix-neuf ans, Lorette a choisi de  partir sans un mot, de quitter le cocon familial.
 » Que sait-on de ce qui se passe dans la tête d’un adolescent, que sait-on de ses révoltes, de sa faculté d’empathie, de son sentiment de peur… »

Depuis, Hannah ne peint plus. Pourtant, la peinture a été le combat et la joie de trente années de sa vie. Son mari, Philippe, l’a quittée, son père est mort. Il ne reste plus que la fidèle Lydie, son amie depuis trente ans.

Cette vision fugace de Lorette qui lui manque tant, l’anéantit mais elle convoque dans son esprit les morts,  les instants de bonheur passé, la conscience du temps qui passe, peut-être de plus en plus vite quand on vieillit. Pour assumer la réalité du monde,  chacun a besoin de sentir qu’il appartient à une histoire, à une famille.

Des états d’âme que Laurence Tardieu sait si bien partager depuis La confusion des peines, roman plus autobiographique. Des pensées qui révèlent la souffrance des corps, qui vont chercher au plus profond de soi cette part d’invincibilité qui aide à surmonter toutes les épreuves.

Dans cette quête intime, l’auteur a toujours un regard éclairé sur notre environnement, sur les inquiétudes qui nous poursuivent au quotidien, sur notre rapport au temps et aux différentes étapes de la vie.

C’est en puisant dans l’intime que Laurence Tardieu donne toute la puissance à ses romans.

Je remercie Myriam de m’avoir accompagnée pour cette lecture. Retrouvez ici son avis.

Laleh – Olivier Dromel

Titre : Laleh
Auteur : Olivier Dromel
Éditeur : Éditions du Panthéon
Nombre de pages : 336
Date de parution : 14 décembre 2018

 

Victime d’un attenta terroriste à la terrasse d’un café parisien qui coûte la vie à deux de ses meilleurs amis, le narrateur, un artiste peintre, peine à comprendre ce qu’il lui arrive.
Comme anesthésié, il se laisse porter de mission en pays. A Venise, il travaille à la restauration du retable de la Chiesa di San Barnaba. Puis il accepte une mission  archéologique de l’Unesco en Irak.
Dans un petit village, à la recherche de pièces volées par Daech,  il est enlevé par un groupe terroriste.  C’est Laleh, une jeune femme sumérienne qui le découvre quelques jours plus tard évanoui dans le sable du désert. Avec elle et sa famille,  narrateur se retrouve en pleine guérilla.
Réfugiés dans un camp d’irakiens à la frontière turque, le narrateur est rapatrié sur Paris. Il se bat pour que Laleh, la femme qu’il aime, obtienne l’asile politique et le rejoigne en France. Mais une fois à l’abri, Laleh subit les injures racistes dans le métro parisien. Le couple ne rêve que de repartir à Hawizeh, village natal de Laleh, dans les marais sumériens, berceau de notre civilisation.

Curieux de toutes les  religions, sa visite à Jérusalem est particulièrement intéressante, mais attaché à son indépendance matérielle et intellectuelle, le peintre a un regard éclairé sur le bouddhisme, l’islam et les écrits sumériens particulièrement visionnaires.

Laleh est un roman au style assez basique (avec des phrases courtes et simples) qui mélange les genres. Le lecteur voyage beaucoup, découvre l’histoire, les religions. C’est aussi un roman d’amour et d’aventures ( peut-être parfois un peu incroyables mais je suppose que le quotidien n’est pas simple en zone de guerre).

 » Ce qui me frappe dans les croyances des Sumériens, c’est la simplicité du processus d’acceptation de mort. »
Le narrateur, qui ne semble pas avoir réalisé la mort de ses amis, avait sans doute besoin de cet environnement pour accepter et vivre à nouveau. L’intérêt du récit me semble dans cette recherche mais elle n’est pas évidente à percevoir tant l’auteur enchaîne les  drames de la vie en pays de guerre.

Quelques découvertes insuffisamment explorées ( notamment sur la civilisation des Sumériens) mais le style et l’histoire me laissent un peu perplexe.

 

Le cri de l’aurore – Hoai Huong Nguyen

Titre : Le cri de l’aurore
Auteur : Hoai Huong Nguyen
Éditeur : Viviane Hamy
Nombre de pages : 250
Date de parution : 7 février 2019

Voile rouge ou noire sur cette barque qui transpercera l’aurore de son cri de vie ou de mort?
Dans le royaume imaginaire d’An Linh,  Thanh est arrêté puis emmené à la prison du Phare pour « participation à des activités visant à renverser l’État. » Sa femme, Isey, enceinte de plusieurs mois est désemparée. Elle parvient, avec l’aide des relations d’une ancienne nourrice à faire parvenir des lettres à son époux.

«  Grâce à cet enfant, je n’ai pas le droit au désespoir. »

Le cri de l’aurore est un roman épistolaire. Se succèdent les missives secrètes des deux époux séparés et les lettres d’Isey à sa mère retirée dans un monastère, à Mê lan,une ancienne amie de pensionnat et à Nam, l’amant de son frère disparu qui fait aussi partie des opposants de l’État.

Thanh, jeune professeur,  orphelin élevé par des moines, servira d’exemple pour mater la rébellion. Le gouvernement veut forcer le tribunal d’exception à condamner à mort le  dissident.
Nam propose à Isey de faire évader Thanh pour ensuite l’exiler sur l’île démocratique d’Helthen. Pour le couple, cette solution dangereuse est une promesse de vie mais aussi une séparation définitive.

Les échanges épistolaires entre Thanh et Isey traduisent la passion amoureuse qui les brûle et l’urgence à témoigner de leur amour absolu. Isey,  grâce à ses descriptions précises et vivantes donne au prisonnier des sensations de liberté.

 » Comme il ne nous est pas permis de nous voir, je m’invente en rêve un lieu où je peux venir te retrouver. Je l’ai placé sur une montagne inaccessible, dans une clairière où s’écoule un ruisseau qui serpente sur un lit de pierres. »

Elle lui permet aussi de voir son enfant, sa petite fille, Liley, née peu de temps après son arrestation.

 » Il n’y aura pas un jour où je ne lui parlerai de son père. »

Thanh aime écrire des poèmes à son épouse.

 »       Là nous mêlerons notre sang à la neige
nos âmes à la mer –
aimer et mourir
 sera notre seul langage –
      mourir et renaître
 sera notre seul voyage

Vers ce pays qui n’existe pas
  mais fièrement se dresse
          Palais de mots,  nuage de lettres
                   où palpitent le mystère des jours
                            les musiques inouïes

Le pays qui a ton visage, Isey,
             et l’odeur
                   des plaisirs
            de la nuit. »

D’une grande qualité littéraire, leurs lettres sont émouvantes tant l’intensité de leurs sentiments est perceptible.

 » Les mots sont pauvres, mais ils sont tout ce que j’ai pour aller jusqu’à toi. Ils nous relient; ce n’est pas tant qu’ils servent à dire les choses,mais ils les rendent présentes d’une mystérieuse façon. »
La correspondance entre Isey et ses amis, Mê Lan et Nam, donnent du rythme, du suspense en réservant de nombreux rebondissements dans les tentatives d’évasion.

Hoai Huong Nguyen ( déjà remarquée dans Sous le ciel qui brûle) parvient avec ce genre difficile du roman épistolaire à traduire tant de sentiments. par le biais de cette correspondance, l’auteur transmet un regard avisé sur un pays gangréné par le gouvernement en place, une société où les femmes sont davantage des ornements que des têtes pensantes comme Isey. Les lettres associent poésie, narration descriptive, action, suspense, passion amoureuse exacerbée par la séparation et la proximité de la mort.

Un moment de passion, de pure littérature  , d’évasion avec ce texte de toute beauté qui restera sans aucun doute une de mes meilleures lectures de l’année.

Que faites-vous de vos morts? – Sophie Calle

Titre : Que faites-vous de vos morts?
Auteur : Sophie Calle
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 272
Date de parution : 23 janvier 2019

 

J’ai découvert Sophie Calle grâce à ma fille. Attirée par une de ses œuvres exposée à Beaubourg, elle s’est intéressée à l’artiste et à ses livres. Bien évidemment, elle m’a vite convaincue sur l’originalité de la démarche artistique et la  qualité du style littéraire. Sophie Calle, artiste plasticienne, photographe, réalisatrice et écrivaine fait de sa vie quotidienne un art.

Son originalité paraît parfois extravagante. Récemment, elle a dédié un album et une exposition à son chat mort à l’âge de dix-sept ans. Mais il faut dire que pour cette artiste, le monde animal et la poursuite amoureuse sont primordiales. Il était donc tout naturel de faire aussi cette exposition, Beau doublé M. le marquis au musée de la Chasse et de la Nature en 2017. C’est à cette occasion qu’elle eut l’idée de laisser un livre d’or à disposition des visiteurs afin qu’ils consignent leur réponse à cette question « Que faites-vous de vos morts? »

 » Que faites-vous de vos morts? Dans votre agenda vous écrivez « mort » à côté du nom? Vous dessinez une croix, une tombe? Vous ajoutez la date du décès? Vous raturez? Vous recouvrez le nom avec du Tipp-Ex? Vous ne faites rien?… »

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce superbe album à la couverture rigide tissée grise enluminée de caractères argentés, à la tranche argentée est l’écrin des photos de l’artiste, étranges dans leur sobriété et répétitives,  commencées au cimetière de Bolinas en Californie, de textes de l’auteure empreints d’humour, d’ironie, d’humanité, et surtout de réponses de visiteurs de tous âges. Sans filtre, sans correction d’orthographe, manuscrites, au crayon de papier, les phrases de ces anonymes nous interpellent par leur humour, leur gravité, leur respect, leur désinvolture.

 

 

 

 

 

 

 

 

J’avoue m’être posé la question au décès de ma mère. Retirer son numéro de téléphone de mon agenda était une façon de la faire disparaître une seconde fois. Beaucoup garde un objet du proche disparu. Certains les oublient, d’autres les portent au quotidien. J’ai beaucoup aimé cette phrase «  une courroie de transmission » laissée par un anonyme.

Sophie Calle est une artiste et une écrivaine à découvrir.  Si vous aimez l’originalité, vous ne serez pas déçu et cet album est esthétiquement très réussi.

Ce qui nous revient – Corinne Royer

Titre : Ce qui nous revient
Auteur : Corinne Royer
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 270
Date de parution : janvier 2019

 

Marthe Gautier, surnommée la découvreuse oubliée a mis en évidence en 1958 le chromosome surnuméraire responsable de la trisomie 21. Alors qu’elle a investi argent et temps pour la mise en culture de cellules, c’est Jérôme Lejeune qui, en lui proposant de photographier la lame expérimentale grâce à un photomicroscope qu’elle ne possédait pas qui lui vole la vedette en s’appropriant toute la paternité de cette découverte.

Je trouvais ce sujet très intéressant mais Corinne Royer construit une fiction autour de ce personnage remarquable qui illustre une fois de plus l’effet Mathilda ( fait de minimiser la contribution des femmes scientifiques). Ce biais plus romanesque me déçoit un peu mais il est plutôt bien amené et construit.

Pour rehabiliter le rôle de Martha, l’auteur crée le personnage de Louisa, une jeune femme médecin qui a de nombreux points communs avec la vieille dame qu’elle rencontre à Paris.

Louisa est la fille unique d’un couple farfelu squattant dans des maisons à vendre et tirant au sort le mois où ils fêteront Noël. Nicolaï Gorki, le père, est un peintre faussaire, qui, sous l’influence de l’oncle Ferguson, crée de faux tableaux de Cocteau. Elena Paredes, la mère, est une cantatrice d’origine espagnole. Nicolaï perd les pédales le jour où sa femme disparaît. Enceinte d’un bébé trisomique, elle partit pour se faire avorter, en accord avec son mari mais elle ne revint jamais.

Etudiante en médecine, Louisa prépare une thèse sur la mise en évidence d’un chromosome surnuméraire dans le syndrome de Down. Ce travail la conduira sur le chemin de Martha et de son passé.

Corinne Royer possède un style particulier avec une grande richesse de vocabulaire. Cette qualité tient un peu les sentiments à distance. La famille de Louisa éclipse la grandeur du personnage de Martha. C’est un peu dommage mais plus romanesque.