Le prince à la petite tasse – Emilie de Turckheim

Titre : Le prince à la petite tasse
Auteur : Émilie de Turckheim
Éditeur : Calman-Levy
Nombre de pages : 216
Date de parution : 16 août 2018

 

D’Émilie de Turckheim, j’aime la puissance d’imagination, son originalité, sa perception sensuelle. Avec Le Prince à la petite tasse, je découvre la personne. Son ouverture d’esprit, sa générosité, sa passion des livres et ses talents de poète.

Pendant neuf mois, Émilie de Turckheim, son mari et leurs deux enfants ont accueilli dans leur appartement parisien, Reza, un migrant  afghan. Avec ce témoignage, pas de scènes choc des violences vécues sous le joug des Talibans, pas de longs récits des heures pénibles d’exode à travers les différents pays d’Europe. Le passé se lit surtout dans le comportement, le regard, les silences de Reza.

« Comme souvent avec Reza, j’entrevois sa vie par le trou d’une anecdote. »

Bien écrit, sincère, émouvant, il n’a pas cette dimension fantasque des romans de fiction typiques de l’auteur. Mais il éveille les consciences. Avec une grande simplicité, face à la naïveté des enfants encore ignorants des difficultés du monde ou celle de Reza qui découvre un autre univers où la langue est la première barrière, l’auteure montre toute la richesse humaine de cette rencontre.

«  Accueillir quelqu’un est un voyage joyeux. Être accueilli est un voyage sans repos. »

Pendant ce temps partagé, Reza se reconstruit grâce à la confiance, l’intérêt que cette famille lui apporte. Même si l’intégration reste fragile, il peut compter sur l’aide et la compréhension de ses hôtes. Entre lui et Émilie naît une belle connivence.

J’ai découvert et apprécié les goûts de l’auteure. Je la connaissais bonne romancière. Elle est aussi poète, passionnée de lecture et d’art.  Pour son anniversaire, elle offre à Reza «l’éblouissant balbutiant » un livre d’estampes de son peintre préféré, Hiroshige. Je me retrouve dans ses passions.

«  La lecture est une sorte de course d’endurance : au début, c’est difficile, ennuyeux et décourageant. Et puis, à force d’essayer, à force de mettre un pied devant l’autre, à force de pousser ses yeux de mot en mot le long des lignes, quelque chose jaillit. Le monde se rue à l’intérieur de soi. Et tout apparaît. Et toutes les voix s’élèvent. Et tout palpite. Tout tremble. »

Un récit lumineux où «  l’espoir est plus précieux que la réalité ». 

Autres Romans de l’auteur

La femme qui tuait les hommes- Eve de Castro

Titre : La femme qui tuait les hommes
Auteur : Eve de Castro
Editeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 288
Date de parution : 4 janvier 2018

Un siècle sépare les deux héroïnes de ce roman. 

Lena vit en Russie à la fin du XIXe siècle, elle a intimement connu le jeune Lénine. Nous la rencontrons en prison, à Saint- Petersbourg en 1909, elle attend son exécution.

Jeanne était couturière à l’Opéra de Paris. Retraitée , mise au rebut, oubliée de la société, elle s’ennuie dans sa vie routinière. Jeanne passe ses après-midi à attendre dans le métro. Un jour, elle y croise Lucie, une jeune trentenaire en pleurs. Lucie vient d’être abandonnée par Paul, son amant, un écrivain qui collectionne les aventures amoureuses. Elle voulait lui inspirer le roman qui lui vaudrait le Goncourt, devenir unique à ses yeux. Il ne la regarde plus. Lucie demande à Jeanne de rendre à Paul sa clé enveloppée dans un mouchoir bleu. 

Lena et Jeanne ont de nombreux points communs. Elles ne sont pas particulièrement belles, elles sont habituées à occuper la place qu’on leur assigne, à se contenter de peu.

Chacune, à un moment donné de leur vie, a atteint ce point de bascule, cet instant où lassée des insultes et des coups, elle décide de réagir, de changer de vie. Elles se sentent investies d’une mission de vengeance, s’inscrivent en sauveur des femmes bafouées.

A Samara, la jeune Lena est mariée de force à Sergueï, un homme rustre qui boit et frappe fort. A la fin  du XIXe siècle en Russie, les coups ne sont rien à côté de la faim. Le jeune Lénine, terrassé par l’exécution de son frère et la mort de sa soeur apprend à Lena l’importance d’avoir une volonté de fer.

«  Tu vois: il suffit de choisir ce qu’on vise, puis d’assortir les moyens aux fins. Rien d’autre ne doit exister que le but à atteindre. »

Lena se répète cette leçon pour sauver femmes et enfants de la violence des hommes. Le meurtre de son mari sera le premier de deux cent soixante-douze vengeances. Dans sa prison, elle écrit le nom de ses victimes et se souvient de Lénine, son ambition politique, son exil, ses amours.

Jeanne est fascinée par les faits divers tragiques. Alors qu’elle travaillait dans un cirque, régulièrement violée par les mâles de la troupe (tout comme à l’Opéra de Paris), elle rencontre à Samara celui qui sera son protecteur et l’homme de sa vie. Toute sa vie, elle ne cessera de l’attendre. Sa rencontre avec Paul est fascinante. Suspicieux l’un envers l’autre, ils apprennent à se connaître. Il comble sa solitude, elle l’inspire.

En alternant les deux récits, Eve de Castro éclaire le destin des deux femmes. Deux femmes bafouées, humiliées, violentées qui atteignent leur point de bascule et agissent sans aucun scrupule, aucun sentiment de culpabilité. Les contextes sont ébauchés, de la situation en Russie à l’aube du XXe  au Paris contemporain, des vies de Lénine, des parents des uns et des autres. Peut-être trop rapidement pour s’immerger dans l’histoire. D’autant que le ton reste léger malgré les situations tragiques.

L’alternance des deux sujets m’a parfois perdue. Au départ, je me suis passionnée pour Lena, au détriment du passé de Jeanne. Puis la rencontre avec Paul a modifié l’équilibre de mes sentiments.

Si j’ai une petite réserve sur la construction, je suis toujours aussi conquise par le ton ( il est ici parfois ironique) et le style ( l’auteur est une excellente conteuse).

La tristesse des femmes en mousseline – Jean-Daniel Baltassat

Titre : La tristesse des femmes en mousseline
Auteur : Jean-Daniel Baltassat
Éditeur : Calman Levy
Nombre de pages : 330
Date de parution : 16 août 2018

Jean-Daniel Baltassat drape son récit d’une belle tristesse. Celle d’une époque puisque nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale, lorsque le monde découvre l’horreur des camps de concentration et celle qui émane d’une artiste peintre peu diserte, Berthe Morisot.

Paul Valéry rencontre pour la première fois Berthe Morisot aux Mardis de Mallarmé en 1894. Il avait tout juste vingt ans. Berthe, mariée à Eugène Manet était en deuil. Peu expressive, en dehors de son regard de malachite, elle ne peut répondre à la question de son hôte sur le sens de sa peinture.

«  Auriez-vous pour nous, m’aviez-vous demandé en mars, un mot, une phrase qui dirait le poème de votre peinture? »

Alors qu’il doit préparer un papier pour l’exposition des œuvres de Berthe Morisot au musée de l’Orangerie, Paul Valéry est absorbé par cet énigme au point de ne pas entendre les craintes de son amie Mathilde sur la situation des juifs.

«  L’art, selon le mot de Nietzsche, n’est-il pas la seule présence qui permit de survivre à la réalité? »

C’est en lisant les lignes que Berthe Morisot consignait dans un petit carnet à la couverture jaune offert par son amie, la Duchesse Adèle que Paul Valéry va tenter de comprendre la personnalité discrète et obscure de Berthe Morisot et peut-être trouver la lumière en cette période obscure de guerre.

«  Souvent, j’ai pensé que nos peintres (Degas, Renoir, Monet surtout) ne cherchaient qu’à lutter contre ce temps qui passe et nous accable de la ruine perpétuelle qui est à l’œuvre en nous comme en tout ce qui nous entoure. Mais cette peinture-ci ne lutte pas. Elle est la couleur du présent. Ou peut-être du passage, comme dit Monet. »

Ce carnet jaune, son contenu, les propos de Paul Valéry, Mallarmé, Degas ou autres sont de pure fiction. Il en reste l’atmosphère d’une époque mouvementée, d’un milieu d’artistes où les femmes peinaient à se faire une place, le portrait énigmatique de Berthe Morisot qui posa pour Édouard Manet mais épousa son frère. 

Et surtout, une réflexion sur l’art. 

La technique de Manet, bien évidemment, «  qui fait chatoyer ce qui ne peut être vu et ce que nous ne pouvons caresser de la main. » La théorie sexiste de Blanc qui associe le dessin à la virilité masculine et la couleur comme expression du féminin sans oublier tout ce qu’une femme ne doit pas peindre. L’opposition courtoise entre gens de lettres et peintres. On y croise Mallarmé, Baudelaire, Degas, Duret, Manet.

Les descriptions de tableaux combleront les amateurs d’art. Je suis pour ma part restée très dubitative sur l’analyse du tableau de Manet ( Le repos) où Berthe Morisot pose en robe de mousseline. 

L’ensemble du récit manque d’unité pour réellement capter mon intérêt. 

Si le roman commence et termine par l’effarante découverte de la condition des juifs pendant la seconde guerre mondiale, on effleure à peine ce thème lors du développement.

La vie passionnante de Berthe Morisot, certes personnage assez énigmatique, s’effiloche par bribes noyées dans les considérations assez pointues sur l’Art.

Tous les personnages, toutefois suffisamment connus, manquent pourtant d’ancrage dans ce récit.

Une lecture à réserver aux amateurs d’Art.

 

Ne préfère pas le sang à l’eau – Céline Lapertot

TItre : Ne préfère pas le sang à l’eau
Auteur : Céline Lapertot
Editeur : Viviane Hamy
Nombre de pages : 144
Date de parution : 2018

Il m’a fallu attendre son troisième roman pour découvrir cette jeune auteure, professeur de français à Strasbourg. Belle découverte! J’aime d’emblée son écriture incantatoire, son sens de la tragédie et son regard lucide sur les problèmes actuels de société.

Rien de tel pour ouvrir les yeux que de s’inscrire dans un roman d’anticipation, de travailler ses personnages au plus près en les icônisant, de fondre ses messages dans une fable bien construite, à la fois concise et profonde.

Tout commence avec le mouvement et le désir. Trois cent « nez-verts » assoiffés arrivent à Cartmandua, avec dans le coeur «  Cet espoir immense en la chance d’un autre destin, d’une opportunité, où tout sera aussi facile que le fait de tourner le robinet d’eau froide. Et boire. »

Mais le village tombe sous la dictature de Ragazzini, faisant exploser la citerne qui trônait  comme un trophée de nantis. Installés dans leur confort, personne, hormis Pia, la mère de Thiego, n’a rien vu venir. 

«  On n’écoute pas quand on est trop confortable dans son bien-être. »

Le corps noyé de la jeune Karole, qui avait tant chéri la citerne à son arrivée symbolise la perte de tout espoir. Morte par ce qui devait la sauver. Les images sont fortes pour dénoncer l’inhumanité.

En alternance, nous découvrons Thiego dans la prison de Cartmandua. Le jour de l’explosion de la citerne, il avait appris la maladie de sa mère et décidé de combattre l’injustice avec ses armes, les mots. Dans la tête de Thiego passent toutes les difficultés de la vie en prison, le manque, les regrets, les amitiés et les trahisons. Il résiste en pensant aux mots des livres, aux mots qu’il taguait sur les murs. Il survit en pensant à sa femme, en écrivant son nom sur les murs de sa prison. 

«  Il en aura fallu du sang pour qu’on comprenne que l’eau ça se partage. »

Avec ce roman d’anticipation, Céline Lapertot traduit remarquablement l’espoir et la peur des migrants, l’égoïsme des nantis. La force des mots évoque des images choc, symboliques. Le regard sur notre société est percutant, intelligemment glissé dans cette fable aux personnages d’une grande sensibilité.

 

Je remercie la Librairie Dialogues pour cette lecture de ce superbe roman.

Fugitive parce que reine – Violaine Huisman

Titre : Fugitive parce que reine
Auteur : Violaine Huisman
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 246
Date de parution : 11 janvier 2018

Avec ce premier roman, Violaine Huisman offre un bel hommage à sa mère. Une fugitive, une femme insaisissable, « une sirène qui ne sait pas comment vivre dans le monde des humains », mais finalement, une reine, un saxifrage ( «  une fleur qui explose la roche ») tant elle dispose d’une force de vie malgré son parcours difficile.

Enfant non désirée, fruit d’un viol,  Catherine voit le jour en 1947. A la suite d’une méningite à l’âge de dix-huit mois, elle vit à l’hôpital jusqu’à l’âge de cinq ans. 

«  Pour fabriquer de l’humain, il faut le contact du corps, sa chaleur, son odeur, le bruit de son souffle… »

Rien de tout cela pour Catherine. Lorsqu’elle retrouve son père biologique, il se glisse dans son lit. Elle aurait pu trouver le bonheur auprès de Paul, un homme du Sud qui l’adore et l’aide à réaliser son projet d’ouverture d’une école de danse.

Mais Catherine, d’une beauté stupéfiante attire l’oeil des hommes. Elle tombe dans les filets d’un mondain intellectuel richissime. Elle, qui vient du Carreau du Temple, ne résiste pas au luxe et quitte le gentil Paul pour l’extravagant Antoine.

«  Avec Antoine la vie va devenir ce grand n’importe quoi dont elle a toujours rêvé, parce qu’ils peuvent se payer le luxe de faire du quotidien un bordel permanent… »

Même avec ses deux filles, Elsa et Violaine, Catherine mène la grande vie. L’alcool et les amphétamines la rendent violente. Elle enchaîne les aventures et les mariages ratés jusqu’à l’internement à Sainte -Anne.

C’est pourtant ses filles qui lui donneront la force de continuer.

« On n’a pas le droit de baisser les bras, ces bras qui entourent pour donner de l’amour à nos enfants quand ils appellent au secours. »

Le récit se découpe en trois parties. 

Violaine Huisman ouvre le roman avec sa perception en tant qu’enfant de dix ans alors que sa mère maniaco-dépressive est au creux de la vague. Au final, cette partie me semble un peu superflue.

La puissance narrative est surtout dans la partie centrale que j’ai préférée, celle qui déroule la vie de cette femme qui n’a jamais su choisir entre son rôle de mère et celui de l’amante.

La dernière partie concrétise l’hommage des filles devenues des jeunes femmes à une mère qui a voulu vivre son destin dans l’excès, le risque s’affranchissant de toutes les normes.

Ce premier roman, bel hommage  sensible d’une fille à sa mère, me laissera le souvenir d’une femme exceptionnelle, sulfureuse, se brûlant les ailes pour oublier ses blessures d’enfance.

Perséphone 2014 – Gwenaëlle Aubry

Titre : Perséphone 2014
Auteur : Gwenaëlle Aubry
Éditeur : Mercure de France
Nombre de pages : 120
Date de parution : janvier 2016

J’aime particulièrement l’univers, le style et les constructions des romans de Gwenaëlle Aubry. Ces textes profonds, poétiques s’adaptent facilement à la mise en scène, ils gagnent à être lus à voix haute. L’auteur s’attache à créer dans chaque roman de nouvelles formes. Construction en miroir pour Partages, abécédaire pour Personne, bascule entre prose et poésie pour celui-ci. 

 Perséphone 2014, le titre reflète la jonction entre la légende ancienne et le contemporain. Gwenaëlle Aubry commence à écrire ce texte à l’âge de dix-huit, l’âge où elle entre dans la vie. En 2013, elle y revient, consciente que le mythe de Perséphone structure sa vie.

«  Je suis entrée dans le mythe en même temps que dans la vie. »

Perséphone, fille de Zeus et Déméter est enlevée par Hadès, le dieu des Enfers. Elle vivra ensuite deux saisons en enfer et deux saisons auprès de sa mère. 

La romancière philosophe transpose le  mythe sur une vie de jeune fille contemporaine prise entre la vie ordinaire et la vie nocturne de la jouissance. Tout se joue sur cette bascule.

«  Tu sais que derrière la façade ensoleillée des rituels quotidiens se joue une tragédie implacable et sanglante. »

La construction enchevêtrée entre mythe et contemporain est perturbante. Seuls des éléments de contexte nous permettent de saisir si nous sommes avec la figure mythique ou la jeune fille contemporaine.

Perséphone 2014 est un texte intime, ardu qu’il faut lire et relire à voix haute pour en saisir le sens et la puissance. Le style et la construction sont remarquables, jouant sans cesse de la bascule, ce moment du rapt amoureux, de « la terre qui s’ouvre, la faille », ce moment où la jeune fille, source de convoitise, s’élance dans la vie, découvre le désir, la jouissance et s’interroge sur sa capacité à revenir du monde des Enfers.

Gwenaëlle Aubry sera au Livre sur la Place de Nancy pour la présentation de son nouveau roman La folie Elisa.

Roulio fauche le poil – Julia

Titre : Roulio Fauche le poil
Auteur : Julia
Editeur : Le Tripode
Nombre de pages : 240
Date de parution : 3 mai 2018

Le Tripode nous habitue aux styles atypiques, aux univers fantaisistes, aux ovnis littéraires. Avec son premier roman, Julia est entrée dans la bonne maison d’édition. 

Un titre étrange, une couverture illustrée par Jerry Pigeon qui montre la détermination et l’étrangeté du personnage attirent de suite l’attention. 

Roinita de Printemps alias Roulio a la manie de traquer tous les poils des épidermes. Elle travaille d’ailleurs comme esthéticienne au Fauche le Poil. 

Née à Marseille, elle a quitté le Canada suite à une déception amoureuse pour travailler à Paris. Elle vit dans un petit appartement avec les quatre chats de sa grand-mère placée en maison de retraite, collectionne les mauvais coups tout en rêvant de Charly Bagels, le beau voisin qui la surveille de la fenêtre d’en face. 

« Charly Bagels, te taire de ce pas, tu vas. »

Ses journées sont mouvementées et seuls Nathalie, sa meilleure amie et Marcel, un clochard lui remontent parfois le moral.

Et elle en a de plus en plus besoin. Elle se fait virer une nouvelle fois de son travail, la maison de retraite veut lui rendre sa mémé intenable et son dentiste s’acharne sur ses caries.

«  Pourquoi, lorsque je suis chez le dentiste, ai-je toujours l’impression d’assister au tournage d’un film porno et somme toute hardcore, telle est la question. »

Mais Roulio est volontaire. Elle compte les points de ses erreurs et se lance aussitôt dans des programmes de rattrapage. Inscription sur Miss-tiques, passage à Pôle Emploi, rendez-vous chez le psy.

Le bon coeur et l’amitié, guidant ses pas, elle trouvera la solution à ses problèmes.

«  Je suis et resterai cette grande gigue aux sourcils improbables, aux idées tordues qui a une peur bleue du monde et manque cruellement de confiance en elle. »

Quel plaisir de suivre ces « siphonnés du bulbe », cette triplette de Belleville composée de Roulio, Jeannette la mémé au « langage de poissonnière de Marseille » et Marcel, ce septuagénaire au « verbe haut ». Et derrière cette agressivité verbale se cachent des êtres fragiles capables de tant de bonté et de tolérance.

Servi avec un rouleau de zan, une friandise réservée aux amateurs pour un très agréable moment de détente.