Cette nuit – Joachim Schnerf

Titre : Cette nuit
Auteur : Joachim Schnerf
Editeur : Zulma
Nombre de pages : 160
Date de parution : 4 janvier 2018

Au matin de la Pâque juive (Pessah), Salomon se réveille seul dans son lit. Sa femme Sarah est morte depuis deux mois.
«  Sarah que j’ai aimée chaque jour davantage depuis notre rencontre, un amour façonné au rythme des rides se creusant, gravé dans nos chairs comme un sillon qui prolonge le regard. Ses yeux bleus et ses longs cils dont Samuel a hérité. »

Ce soir, il devra accueillir ses deux filles, leurs maris et enfants, transmettre une fois de plus aux jeunes générations les rites du Seder ( témoignage de la sortie d’Egypte du peuple juif).
A cette perspective, il revit ces soirées des années précédentes avec Sarah et projettent ainsi ce qu’il ne manquera pas de se produire.
«  Toute la Knesset était représentée dans la salle à manger. »
L’an dernier, il y avait même une correspondante allemande d’origine turque, amie de sa petite fille.

Les blagues concentrationnaires de Salomon, seul rescapé de sa famille lors de la Shoah sont du plus bel effet.
Mais de cela, on en parle difficilement. L’humour est une armure.
«  Est-il seulement possible de faire le deuil d’une plaie mémorielle? »

L’ambiance est toujours explosive lors de ces nuits familiales. Si Denise est devenue radieuse depuis qu’elle a épousé le séfarade Pinhas, elle n’en reste pas moins brimée par son agressive soeur, Michelle.
«  Les verres d’alcool de Denise répondaient aux cris de Michelle. »

Les adolescents, enfants de Michelle, oscillent entre intérêt et opposition. Les années se suivent et se ressemblent sauf que, cette fois, Sarah sera absente.

Joachim Schnerf construit un roman instructif sur les rites de la Pâque juive, y glissant les émotions subtiles de ses personnages. Derrière l’humour grinçant et sa force apparente, Salomon cache cette blessure intime de rescapé des camps et cette douleur de vieil homme veuf réduit à la solitude et au manque cruel de l’être aimé. Un roman sensible et intéressant.

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Trio pour un monde égaré – Marie Redonnet

Titre : Trio pour un monde égaré
Auteur : Marie Redonnet
Editeur : Le Tripode
Nombre de pages : 196
Date de parution : 4 janvier 2018

Marie Redonnet est une auteure singulière. Son univers étrange, ses personnages insolites en quête d’une chose assez indéfinissable perturbent le lecteur. Ses livres témoignent à l’évidence de son héritage personnel. Héritière d’une famille en souffrance, elle a longtemps suivi une psychanalyse .
Dans ce nouvel opus, nous suivons trois personnages. Deux hommes et une femme en rupture d’identité.
Willy Chow a participé à un mouvement révolutionnaire. Il vit aujourd’hui reclus dans sa propriété à Salz ( chez Marie Redonnet les lieux sont souvent imaginaires).
«  L’égarement fait partie de mon chemin. »
Son passé et la violence resurgissent avec l’arrivée de Jimmy Fango, ancien frère d’armes.

Medi Soro, scientifique de haut-niveau, se retrouve en prison sous le nom de Douglas Marenko après son exil au-delà de la frontière. Qui est-il vraiment? Qui est Olga qui prétend être sa femme?

Tate Combo, jeune femme noire de Mokambé, vient de débarquer clandestinement à Piros. Bram Rift, photographe visionnaire voit en elle une déesse. En cinq ans, il la métamorphose à coup de chirurgie esthétique en idole blanche pour une revue au papier glacé.
«  Mais devenue blanche, ma couleur continuait de rayonner. Sur les photos de Bram Rift, elle triomphait alors même qu’elle avait disparu. C’était là ma victoire secrète! »
Après l’effondrement des tours, elle devient la mère adoptive d’un jeune adolescent dans le quartier des brumes.

Cet univers imaginaire parle pourtant de notre monde avec ses frontières, ses quartiers délaissés, le trafic d’armes ou de cerveaux, la dictature et l’affrontement de bandes rivales. Mais il faut savoir se laisser transporter par l’imaginaire de l’auteure. Et ce n’est pas chose facile.

Fort heureusement, le livre comprend une postface que j’ai trouvé très intéressante. L’auteure y aborde son difficile parcours d’écrivain. Elle nous donne ainsi la clé de ses inspirations et de la construction de son oeuvre. Cette confession est à la fois passionnante et émouvante.

Du même auteur, La femme au colt 45

Un personnage de roman – Philippe Besson

Titre : Un personnage de roman
Auteur : Philippe Besson
Editeur : Julliard
Nombre de pages : 216
Date de parution : 7 septembre 2017

«  Cet homme sera président un jour. Et ce n’est pas à cause de ce qu’il dit, non c’est à cause de l’image, de ce qui se dégage de l’image, en cet instant précis. »

De ce jour où le jeune ministre se rend à l’Elysée pour donner sa démission jusqu’à celui où l’homme solennel marche seul sur l’esplanade du Louvre à la rencontre du peuple qui vient de l’élire président de la République, il s’est passé neuf mois.
Neuf mois que nous fait vivre Philippe Besson.
Cette campagne, nous l’avons tous suivie. Agacés par les affaires, les primaires à droite comme à gauche, effrayés par ce choix par défaut qu’il nous faudrait faire.

Quelque soit nos convictions, il faut reconnaître que le titre du livre de Philippe Besson, est fort pertinent et que l’homme est exceptionnel.

«  Décidément, cet homme qui sourit devant moi, parce qu’il est heureux mais dont le regard se voile, parce qu’il est grave, cet homme-là est un personnage de roman. Celui qui incarne l’ambition dans les récits d’aventures et d’action, celui qui cherche à affronter le monde dans le roman réaliste, celui qui, soumis aux élans et aux affres de la passion, s’invente un destin dans le grand mouvement du romantisme. »
Emmanuel M. ( c’est ainsi qu’il le nommera à la durassienne) a cette aura de héros fitzgéraldien. Beau, intelligent, déterminé, passionné, l’homme semble en plus béni des Dieux et profite souvent d’une chance inouïe.

Ce qu’apporte Philippe Besson en observant, en saisissant des paroles à la volée, en veillant à ne pas être manipulé par la séduction d’Emmanuel M. et la proximité amicale de sa femme, c’est le dynamisme de cette force qui va, la sentimentalité enfouie de l’homme qui garde toujours une part de mystère, son humour de « sale gosse », sa spontanéité, l’invincibilité du couple.
En passionnés de littérature, Philippe Besson et Brigitte se connaissent et s’estiment. Elle se confie souvent à l’auteur qui la rassure. Evoquant même une « fêlure existentielle », son rôle ne sera pas facile. «  Je recommande à Brigitte d’être fière de ce qu’elle est. »

Les médias nous abreuvent de tant de détails qu’il reste peu de choses à découvrir sur la campagne présidentielle et Emmanuel Macron. Philippe Besson, en ami du couple et en auteur romanesque n’a aucune peine à soigner ce roman. Même si il s’oblige à une grande lucidité, pointant ici un discours trop long, là un excès de confiance, l’auteur ne peut cacher sa proximité avec le couple. Je retiendrais donc quelques petites phrases, quelques échanges sympathiques de ce récit largement sublimé par le style de l’auteur.

 

Asylum – Denis Brillet

Titre : Asylum
Auteur : Denis Brillet
Editeur : Cogito
Nombre de pages: 291
Date de parution : février 2017

Curieuse de découvrir des parutions moins médiatisées, j’avais lu il y a quelques temps un recueil de nouvelles ( Arc atlantique) de Denis Brillet, un enseignant normand passionné de voyage et de littérature. Le Prix Gustave Flaubert 2013 lui a été attribué pour son recueil de nouvelles Lignes de vie. L’auteur avait envie de s’essayer à un autre genre. Inspiré par un film de Fritz Lang, Denis Brillet propose ici un thriller.

Breyan Mordjick, président d’un pays de l’est imaginaire convie une centaine d’écrivains européens au Salon des Littératures contemporaines de Tredjeck. L’homme autoritaire entend montrer son envie d’ouverture à la communauté européenne. Il a même fait construire spécialement pour l’occasion une immense tour de quarante deux étages.
La manifestation festive tourne vite à la catastrophe. Un orage suivi d’un tremblement de terre créent la panique. Une soixantaine d’invités se retrouvent piégés dans les sous-sols. Mordjick les maintient confinés pour assurer leur protection contre les dangers extérieurs. Mais l’homme autoritaire leur impose des règles de vie très strictes, proches de la prison ou même du camp de concentration, pour le bien de la communauté.

«  Soumission à la fatalité ou capacité d’adaptation? »

Ce qui reste plausible quelques jours devient vite invivable pour ce groupe d’écrivains. Au fil des jours, les caractères se dévoilent. Certains se rebellent, d’autres craquent. Les plus faibles trépassent.
Si mon esprit cartésien se débloque parfois en touchant à la poésie ou l’imaginaire, je suis davantage sceptique sur les scènes de romans noirs. J’ai déjà peiné à imaginer la situation de départ mais certaines réactions ne sont pas vraiment dans ma logique de pensée et plusieurs passages me laissent assez dubitatives.

Toutefois, le plan de destruction établi par les geôliers pour briser l’espoir intime et mettre les détenus dans des conditions de dépendance annihilant toute volonté de rébellion est assez bien exposé. Le huis-clos force les personnages à se révéler et interagir.

« Les écrivains ne se distinguent en rien des autres personnes, songeait-il. Tout aussi agités de pensées névrotiques, de souvenirs douloureux, de conflits entamés et jamais résolus. »

Le style est fluide, la construction est travaillée ( incursion dans le passé de certains écrivains, jalons bien posés pour de futurs rebondissements, un dénouement bien amené même si il me me laisse un peu sur ma faim) et l’auteur utilise assez naturellement le ton spécifique du roman noir (un humour et des dialogues assez primaires qui m’agacent souvent dans ce style de littérature).

Les romans noirs sont rarement pour moi des lectures mémorables et je le constate chaque mois avec ma participation au Grand Prix des Lectrices Elle.
Peu d’auteurs osent la diversité des genres. Je salue l’audace de Denis Brillet et le remercie pour cette lecture mais ma préférence se porte sur ses recueils de nouvelles.

Un dieu un animal – Jérôme Ferrari

Titre : Un Dieu un animal
Auteur : Jérôme Ferrari
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 112
Date de parution : janvier 2009

 

 

 

Ce court roman sans chapitre, sans coupure évoque la jeunesse désoeuvrée dans un petit village où lon s’ennuie.

Après un engagement militaire de deux ans à Djibouti, le narrateur traîne comme videur dans une boîte de nuit avec son ami Jean-Do. Alcool, drogue, bagarres, il faut trouver l’adrénaline qui remplace le combat.

« Les hommes ont besoin de plus grand pour vivre»

Ce que le narrateur a trouvé dans l’armée, Magali, son amour de jeunesse le cherche dans une grande entreprise. Etre le meilleur, dépasser ses objectif, voilà ce que l’on demande à ces jeunes consultants.

Pour le narrateur, revenir de l’enfer, se réinsérer dans son village natal, celui que l’on voulait quitter à tout prix pour vivre la grande aventure n’est pas chose facile. Seule Magali pourrait apporter un peu de douceur à l’âme meurtrie du mercenaire hanté par la mort de son ami dans un attentat kamikaze.

« Tu essaies de rentrer chez toi, tu essaies de recréer un chez-toi »

Jérôme Ferrari déroule les pensées sombres de son personnage, évoque une ultime rencontre avec une Magali perdue dans sa vie amoureuse, un attachement à la terre natale, un questionnement divin. Mais la rédemption est-elle encore possible?

Avec une écriture sèche, des longues phrases travaillées pour rendre plus concrète les émotions des personnages, Un dieu un animal est un roman fort. De ceux qu’ont pu susciter les attentats du 11 septembre. Ce récit passe de l’horreur de la guerre à la solitude des hommes traumatisés,  et évoque le questionnement sur l’engagement d’une vie, la perte de repère sur la puissance d’un Dieu qui façonnent des êtres « qu’il tire du néant et renvoie, sans fin, au néant. »

La beauté des jours – Claudie Gallay

Titre : La beauté des jours
Auteur : Claudie Gallay
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages: 416
Date de parution : 16 août 2017

Selon Platon, nous étions à l’origine des êtres complets, séparés ensuite par la colère de Zeus. Depuis chaque moitié recherche inlassablement son autre part. Autre part qui se matérialise en l’être aimé mais pourquoi pas aussi dans cette autre facette d’une personnalité. La plénitude ne peut être atteinte qu’à la réunion harmonieuse des deux parties originelles.

Lorsque les enfants quittent le nid, que la moitié d’une vie s’est écoulée avec satisfaction et entrain, on peut se demander ce que l’on va faire maintenant de l’autre moitié.
Jeanne est une femme d’habitudes. Vacances annuelles à Dunkerque, un mari adorable qui lui ramène un macaron chaque mardi, un travail routinier à la Poste, une seule amie, Suzanne en pleine crise de divorce et une famille à proximité.
Elle est aussi une femme sensible, elle « subissait sa vie plus qu’elle ne la décidait ». Un manque de confiance qui vient de l’enfance. Du regard que le père n’a jamais posé sur elle, une « fendue » née après son seul fils mort-né.
Elle met un peu de piment dans sa routine, en imaginant une rencontre possible entre un homme aux cheveux gris assis dans le train de 18h01 qui passe au bout de son jardin et une dame au chapeau bleu assise dans le train suivant. Elle attend le soir la venue d’un renard, elle suit des inconnus dans la rue et retrouve ainsi Martin, un amour de jeunesse.
«  Faut-il revenir sur ce qui avait été raté? »
Et surtout, elle se passionne pour une artiste serbe, Marina Abramovic, une femme qui défie toutes ses peurs. Elle, ne se contente pas de vivre.
«  J’ai eu peur de tout. Tout le temps. J’ai toujours tout pris au sérieux, mon mariage, la maison, les filles. Tu vois bien comme je suis! J’ai des filtres. Abramovic m’ai de à me sentir plus légère. »

A cet instant de sa vie, Jeanne sent que si elle ne bouge pas, elle va tomber. Doit-elle oser vivre ses rêves? Peut-elle donner une vraie place à cette autre facette d’elle-même?

Jeanne, cérébrale, mélancolique, désoeuvrée pourra déplaire à certains. La simplicité de la vie, cette douceur à la Rohmer, peut lasser les amateurs d’action.
Mais « c’est les petits riens sans importance qui font les vies superbes » ….et les romans d’une grande sensibilité.

Claudie Gallay retrouve enfin, depuis Les déferlantes, la juste mesure de l’émotion en gardant cette force qui lui vient de ses origines paysannes et la grandeur de ses personnages secondaires ( Suzanne et la petite Zoé notamment). Elle insère dans la beauté des choses simples l’originalité de l’artiste avec cette figure exceptionnelle de Marina Abramovic ( peut-être pas suffisamment présente pour moi) et cette évocation de la création de Christian Boltanski ( Les archives du coeur) sur l’île japonaise de Teshima.

Si Claudie Gallay écrit un essai sur Marina Abramovic, dans la veine de Détails d’Opalka ( qui sortira en format Babel en mars 2018, ne le ratez pas!), je suis cliente.

Légende d’un dormeur éveillé – Gaëlle Nohant

Titre : Légende d’un dormeur éveillé
Auteur : Gaëlle Nohant
Éditeur : Héloïse d’Ormesson
Nombre de pages: 544
Date de parution : 17 août 2017

Du couple de Gabriële Buffet et Francis Picabia dans le monde des artistes avant-gardistes du début du XXe siècle, je continue jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale avec le poète surréaliste, Robert Desnos si bien conté par Gaëlle Nohant dans Légende d’un dormeur éveillé.

Ce roman est celui d’une époque, d’un monde artistique, d’un amour absolu, d’un homme libre, tendre et impétueux.

Nous découvrons Desnos à son retour de Cuba en 1928 et le livre se referme sur la fin de la seconde guerre mondiale. Si les artistes continuent à hanter les lieux de plaisir comme le bal nègre de la rue Blomet, la France connaît la famine, la misère, les épidémies. Très vite, le contexte s’oriente vers la montée du fascisme, la victoire du front populaire puis le gouvernement de Vichy et les abus de la collaboration. Prison, camp de concentration, camp de travail, rafle, Desnos nous entraîne vers l’horreur de la seconde guerre mondiale.

Si cette époque est sordide, la vivre dans ce monde artistique est une porte sur autre vision du monde. Qui lui aussi comporte ses trahisons et ses amitiés. Le récit s’ouvre sur la scission du groupe des surréalistes dirigé par André Breton qui devient de plus en plus moraliste . Desnos est exclu pour refus de rejoindre le parti communiste et parce qu’il écrit des articles pour les journaux bourgeois. Desnos fait ses débuts à la radio où il crée le feuilleton radiophonique Fantomas avec Antonin Artaud. Il rencontre Luis Buñuel, Jean-Louis Barrault, Pablo Neruda, Garcia Lorca.

Dans ce riche contexte historique et artistique, le récit est aussi l’histoire d’un amour. Lié à Yvonne George, une actrice atteinte de tuberculose, Robert Desnos tombe sous le charme de Youki, la femme du peintre japonais Foujita. Son amour indéfectible pour cette femme légère, avide de luxe, de faste, de plaisirs hante désormais l’entièreté du récit. D’une relation sensuelle, libre et chaotique, leur lien évolue vers un besoin et un respect réciproque.

Au fil des pages, nous apprenons à connaître ce poète « aux yeux d’huître », attaché à sa liberté qui ne se marchande pas, impétueux et tendre. Il aime protéger, donner des rêves aux enfants par ses contes et ces poèmes. Il n’hésite pas à boxer les collabos, à s’engager dans la résistance. La culture devient un enjeu.
«  Tout œuvre d’art porte une vision du monde…Les despotes entendent imposer la leur, et nous leur opposons une multiplicité de regards et de points de vue qui leur est odieuse. Pour eux, il ne peut y avoir qu’une seule vérité, qui devient un catéchisme. La culture est un enjeu. Quand on permet à ceux qui en sont exclus d’accéder à l’art et à la connaissance, on sème une graine de liberté qui peut les soustraire à la toute puissance des tyrans. »

En début de lecture, la richesse du style avec ses nombreuses comparaisons me déplaisait.
«  Ils ont étiré la nuit comme on déroule une soie miroitante dans l’atelier d’un grand couturier... ». Me suis-je ensuite laissée emporter par l’intérêt du récit ou le style s’est-il ensuite épuré ( j’en ai bien l’impression), mais je me suis passionnée pour cette histoire romancée mais bien documentée et pour cet homme que je connaissais peu mais qui est ici érigé en un artiste complet, un héros, un homme humain et intègre.

Un très beau roman qui rend un hommage inoubliable à ce dormeur éveillé.

«  Tu avances, ouvert à tout ce qui peut se présenter, persuadé que le mauvais ne peut pas durer, que tôt ou tard l’horizon finira par s’éclaircir. »