Riposte – David Albertyn

Titre : Riposte
Auteur : David Albertyn
Littérature canadienne
Titre original : Undercard
Traducteur : Karine Lalechère
Editeur : Harper Collins
Nombre de pages : 288
Date de parution : 11 mars 2020

Las Vegas, il est 12 heures 34 minutes, Antoine Deco, boxeur latino classé dans le top 15 mondial, se concentre. Ce soir, il va affronter Kolya Konystin, un joueur particulièrement brutal classé parmi les cinq meilleurs mondiaux. Qu’est-ce qui lui donne le courage d’affronter cette brute que tout boxeur évite?

Quelques instants plus tard, Tyron Shaw, retrouve sa tante Trudy et sa fille Tara. Ex-marine, il vient de quitter l’armée, la tête toujours hantée de ses combats en Irak. Chacun lui donne les nouvelles de ses amis, Antoine, Keenan et Naomi.

Keenan, policier comme son père connaît une mauvaise passe. Traduit en justice pour avoir tué un jeune noir lors d’une interpellation, il travaille désormais pour le service de sécurité du Reef, salle de casino où aura lieu le match de boxe. La police, la  communauté noire et même sa femme, Naomi le rejettent et l’accusent.

Quinze ans plus tôt, Tyron, Keenan, Antoine et Naomi, la seule fille du groupe dont chacun était amoureux s’entraînaient ensemble. Seul Antoine a continué la boxe. La mort violente de son père, un assassinat dont il fut témoin,  lui donne la rage de se battre. Une rage exacerbée lorsque les parents de Tyron, deux activistes noirs qui l’avaient recueilli meurent à leur tour de manière brutale. Si les parents de Keenan hébergent Tyron, ils ne veulent pas s’occuper d’Antoine, adolescent rebelle. Livré à lui-même, Antoine vit dans la rue, s’associe à un gang et fera même de la prison. Aujourd’hui, c’est l’heure de la vengeance.

Pendant ces vingt-quatre heures sous haute tension, David Albertyn ménage son suspense en nous dévoilant au fil de l’eau mais chrono en main ce qui s’est réellement passé autour des morts du père d’Antoine et des parents de Tyron. Naomi, Keenan et Tyron se retrouvent involontairement au coeur de la vengeance d’Antoine dans ce milieu des casinos où milliardaires s’octroient tous les droits, protégés par des flics corrompus.

Riposte est une lecture distrayante grâce à un scénario plutôt bien ficelé et des personnages sympathiques. Mon seul bémol serait peut-être sur le style qui laisse une place importante aux dialogues parfois un peu primaires.

Un premier roman sportif et prometteur pour cet écrivain né à Durban, en 1983. A suivre

 

L’école du ciel – Elisabeth Barillé

Titre : L’école du ciel
Auteur : Elisabeth Barillé
Editeur : Grasset
Nombre de pages : 234
Date de parution : 11 mars 2020

«  De lieux en lieux, d’êtres en êtres, de moments en moments, nous sommes guidés. »

Il est peut-être des lieux pour lesquels nous sommes prédestinés. Elisabeth et Daniel, avocat, vivent à Paris. Depuis les attentats, l’insécurité remet en question les charmes de la capitale.

Daniel, passionné par la peinture de Nicolas de Staël, suit ses traces en espérant y trouver un refuge pour ses vieux jours. Elisabeth, elle aussi, ressent le besoin de quelque chose de durable, une maison avec un jardin où enraciner ce qui lui survivra. Les recherches en Si ile tournent court quand le couple apprend que les permis de construire ne tiennent pas compte des dangers des zones sismiques.

C’est une opportunité professionnelle qui guide Daniel dans la région de Marseille. Elisabeth se souvient d’un petit village où son cousin avait déménagé, trouvé ses repères mais aussi la mort au sommet de Lure.

« Jean-François m’avait attirée jusque chez lui, Jean-François me  dévoilait la beauté qui l’avait saisi et sauvé, il me la dévoilait pour me l’offrir

Le couple trouve la maison de leur rêve dans un village adossé aux collines. Une maison face au ciel, celle où Aimée Castain, une bergère, est devenue peintre. Daniel tombe amoureux de ses tableaux.

La procession à Notre-Dame des Anges. 1978

L’auteur mêle sa quête intime d’un lieu, de l’oeuvre de cette artiste méconnue avec le récit de la vie de la bergère.

Aimée était une enfant sensible, ingénieuse, attirée par la nature et ses bienfaits.

« Ta véritable école reste l’université des collines. Et ton savoir, l’émerveillement

Mariée à un paysan, mère de plusieurs enfants, Aimée peine à se résoudre à cette vie de ménagère. Elle a du caractère. C’est en regardant son voisin, peintre issu des Beaux-arts de Paris, qu’elle commence à dessiner sur des tuiles puis sur des tableaux. Repérée par Serge Fioro, elle fait sa première exposition à Roussillon en 1979.

La construction entremêlée du roman peut dérouter. L’auteur a un double objectif. D’une part, nous faire découvrir une artiste peu connue, un parcours singulier. D’autre part, mener sa quête personnelle, partager son itinéraire pour se débarrasser du superflu et retrouver l’essentiel dans une vie enfin choisie au plus près de la nature, un endroit où l’on peut enraciner une trace de son passage sur terre.

J’ai particulièrement aimé le style lyrique, la découverte de ce peintre naïf. J’aime aussi cette idée de rencontre providentielle, de cheminement vers un lieu auquel on est prédestiné. En cours de lecture, j’ai d’ailleurs pensé au roman de Stefan Hertmans, Le coeur converti auquel j’avais toutefois peu adhéré. Bien plus ancré dans l’histoire d’une région, il laissait aussi la part belle au pensées intimes de l’auteur.

 

 

 

La science de l’esquive – Nicolas Maleski

Titre : La science de l’esquive
Auteur : Nicolas Maleski
Editeur : Harper Collins
Nombre de pages : 224
Date de parution : 8 janvier 2020

 

Que nous cache Kamel Wozniak? Le mystère plane sur l’ensemble du roman.

Ancien boxeur, homme mystérieux, il débarque dans un petit village du sud de la France. Tout comme il esquivait les coups de son adversaire, il fuit son passé, vient se terrer dans ce village, étape avant un potentiel départ en Tanzanie.

Mais en s’installant dans la maison de Richard Villersexel, Kamel ne se doute pas qu’il va échapper à la tranquillité et devenir le point d’intérêt d’habitants en manque de nouvelles têtes.

En sauvant le jeune Kevin de la noyade, Kamel attire les regards. En plus de son propriétaire envahissant, homme hypocondriaque, déboussolé suite à son divorce, Kamel attire l’attention de Soraya Brahimi, officier de gendarmerie. Venue l’interroger sur le sauvetage de Kevin, Soraya se lie d’amitié avec cet homme qui, comme elle, a grandi dans les mauvaises banlieues.

Cet homme tatoué, mystérieux attire les amitiés.

« Sous le roc, on sent qu’il y a une personnalité d’hypersensible

Il participe au projet de Kevin et ses amis, ces jeunes ruraux, « petits terroristes agraires », prêts à tout pour financer leur rêve.

Il tombe amoureux de Laure, sa voisine mariée, peintre mystérieuse, méfiante et solitaire, elle aussi, spécialiste des mélanges des genres. Autant de rencontres qui l’attachent à ce village, qui, peut-être le ramènera sur la trajectoire qu’il voulait fuir.

Nicolas Maleski privilégie l’écriture, l’ambiance à l’histoire. Le suspense est garanti par cette ombre qui plane sur le passé du boxeur. Ses nouvelles rencontres et activités le placent en situation de risque. Mais cette menace reste au second plan grâce à la nature humaine du personnage. Les relations sociales, les échanges humains créent du lien, de l’affect. Le personnage de Kamel Wozniak, amical et juste assez ténébreux, séduit aussi le lecteur.

 

Nos espérances – Anna Hope

Titre : Nos espérances
Auteur : Anna Hope
Littérature britannique
Titre original : Expectation
Traducteur : Elodie Leplat
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 357
Date de parution : 12 mars 2020

Hannah, Cate et Lissa, trentenaires, se connaissent depuis toujours. Nous faisons leur connaissance à un moment charnière de leur vie d’adulte. Si la jeunesse est le temps des rêves, des idéaux, la maturité oblige à composer avec la réalité.

Hannah a un bon boulot, elle est sous directrice d’une grosse ONG mondiale. Mariée à Nathan, maître de conférence, elle mène une vie aisée. Pourtant, il lui manque quelque chose, un enfant. Après plusieurs essais ratés, elle se lance dans une nouvelle aventure de fécondation in vitro.

Cate, elle, a la chance d’être mère d’un petit garçon. Enfin, pour elle, cela semble plutôt une épreuve. Son mari, Sam travaille comme second dans un restaurant et elle gère seule les journées et les nuits difficiles.

Lissa n’a ni enfant, ni métier. Après quelques petits rôles, la trentenaire est contrainte de poser nue pour des écoles de dessin ou de passer des castings pour des publicités.

Entre flash-backs et galères du quotidien, Anna Hope dissèque les rouages de l’amitié de ces trois personnages. Se connaissant depuis l’enfance, elles ont ont vécu ensemble de bons moments, se sont épaulées devant les épreuves. Petit à petit, nous découvrons leurs failles, leurs regrets éclairant ainsi leurs comportements actuels.

Portraits de femmes modernes découvrant que la vie n’est pas toujours celle dont elles rêvaient. Des filles libres et insouciantes, opposées aux idées de leurs parents qui pourraient, une fois adultes,  accepter ce que le destin impose au grand regret de leurs mères. Après la jeunesse, on fait des compromis.

« Bon Dieu, on est allées changer le monde pour vous. Pour nos filles.  Et qu’est-ce que vous en avez fait? »

Après La salle de bal qui mêlait romantisme et Histoire, Nos espérances manque pour moi d’un contexte structurant. Si j’ai aimé passer quelques temps avec Hannah, Cate et Lissa, leurs déboires ne m’ont pas spécialement touchée.

 

La sagesse du koala – Will Jelbert

Titre : La sagesse du koala
Auteur : Will Jelbert
Littérature américaine
Titre original : The happiness animal
Traducteur : Françoise Fortoul
Editeur : Editions de la Martinière
Nombre de pages : 256
Date de parution : 9 janvier 2020

Will Jelbert a connu une période difficile, une descente aux enfers suite à son divorce. Alcoolique, un accident quasi-mortel a nécessité reconstruction physique et mentale.

En 2001, un livre de Paul Dubois, L’éducation de soi-même, faisant référence à la philosophie de Senèque, lui a fait ressentir le besoin d’écrire La sagesse du koala. C’est une méthode actuelle destinée à muscler son bonheur.

« Tout est affaire d’apprentissage. Le bonheur s’acquiert de la même façon que la force musculaire. »

Pour illustrer son discours, Will Jelbert choisit cinq animaux totem, leur attribuant des qualités mentales à conquérir. La sincérité du chien, la gentillesse du dauphin, la tolérance et la curiosité du pingouin, la conscience du koala et le courage du lion.

Sur le fond, rien de révolutionnaire pour moi. Être soi-même, honnête avec les autres et soi. Éprouver de la gratitude, du respect, de l compassion. Être tolérant. Tolérer la peur, la douleur, les événements extérieurs et surtout, une fois de plus, se tolérer soi-même. Faire preuve de modération.

J’y ai appris tout de même quelques petites choses comme le rôle différent de la narine droite ou gauche, par exemple. Et j’ai apprécié les citations, notamment de Senèque et Osho, un gourou indien.

Par contre, sur la forme, je trouve ce livre très pratique. Chaque chapitre développe la théorie de l’auteur. Elle est entrecoupée de propositions d’exercices sous forme de mise en situation ou de questionnaire. Des encadrés viennent élargir la vision de l’auteur en amusant avec une définition ou un éclairage externe. Un résumé finit chaque chapitre avec les conseils de l’auteur. La forme est ainsi aérée, esthétique et pratique. Ce livre ne nécessite pas une lecture continue mais se veut un cahier d’apprentissage sur lequel on peut revenir en cas de besoin.

En ces temps de confinement, le lecteur ne peut s’empêcher d’interpréter en fonction d’un filtre particulier et personnel. J’avoue  qu’il est particulièrement difficile d’appliquer ces théories, notamment d’assumer ses peurs.

« Les contacts physiques font augmenter la quantité d’hémoglobine présente dans le sang, d’où un meilleur apport d’oxygène au coeur et au cerveau, un système immunitaire performant et, cerise sur le gâteau, un risque moindre de dépression. Selon plusieurs études, huit embrassades par jour sont gages de stabilité mentale tandis que douze favorisent le développement psychique

Les câlins et bisous vont nous manquer. Pour compenser, suivons un autre conseil de ce livre, sachons exprimer notre gratitude ( la gratitude, paramètre du bonheur) envers les soignants. Gagnons l’euphorie de l’aidant, à distance bien évidemment, en prenant des nouvelles des uns et des autres et surtout en respectant les consignes de confinement afin d’aider les soignants et de sortir au plus vite de cette situation. Prenez soin de vous!

Je remercie Les Editions de la Martinière et Babelio pour l’attribution de ce livre lors de l’opération Masse critique non fiction.

 

Kim Jiyoung, née en 1982 – Cho Nam-joo

Titre : Kim Jiyoung, née en 1982
Auteur : Cho Nam-joo
Littérature sud-coréenne
Titre original : Palsip yi nyeon saeng Kim Jiyeong
Traducteurs : Kyungran Choi et Pierre Bisiou
Editeur : Nil
Nombre de pages : 206
Date de parution : 2 janvier 2020

Mariée depuis trois ans à Jeong Daehyeon, Kim Jiyoung, trente-cinq ans, a une petite fille d’un an. Depuis quelques jours, elle semble perdre la raison.

Cho Nam-joo balaie les différentes étapes de la vie de Kim Jiyoung de sa naissance en 1982 à ces jours de 2015 afin de comprendre la genèse de son mal-être. La maternité n’est que le déclencheur du poids que la société coréenne fait peser sur les femmes depuis des décennies.

Pour une femme, mener de front vie professionnelle et vie familiale s’avère parfois compliqué. Et peut-être davantage en Corée du Sud, pays où dans les années 80, les mères enceintes de filles avortaient en masse. Ce fut le cas de la mère de Kim Jiyoung. Mère de deux filles, elle avorta pendant sa troisième grossesse avant de donner naissance au fils tant désiré. Et pourtant, elle-même a souffert de cette domination masculine, contrainte de travailler en usine pour payer les études de son frère.

Si le pays évolue rapidement ( loi contre la discrimination hommes/femmes en 1999, création du ministère de l’égalité des sexes en 2001, abolition du système patriarcal en février 2002 avec mise en application en 2008), les mentalités peinent à suivre.

« Comment les filles sont-elles devenues ainsi, cette part de l’humanité qui se charge de toutes ces choses sans qu’on ait besoin de leur expliquer quoi que ce soit? »

Kim Jiyoung, diplômée, est refusée dans les grandes entreprises. En 2005, année où la narratrice se retrouve sur le marché du travail, le taux de femmes embauchées dans celles-ci était de 29,6%.

« Pour l’entreprise, une femme trop intelligente est un problème. »

Beaucoup d’employées n’imaginent même pas penser à un potentiel congé de maternité, privant ainsi de tout espoir les futures générations.

Lorsque les parents peuvent choisir le nom de famille à donner à leurs enfants, les barrières mentales restent fortes. Mais n’est-ce pas la même situation dans d’autres pays? En 2014, Kim Jiyoung, sur le point d’accoucher, est contrainte de quitter son travail. Débute alors pour elle, tous les schémas classiques et universels de la femme au foyer.

Le roman de Cho Nam-joo nous offre une vision plutôt inédite et intéressante de la vie quotidienne en Corée du Sud. Phénomène dans ce pays, ce premier roman expose sans tabous les conditions de vie de la femme dans un pays traditionaliste. Si, au travers de ce récit, le pays me semble évoluer rapidement, les barrières mentales sont fortes et les femmes se contraignent à un rôle primaire. Mais, dans une moindre mesure, n’est-ce-pas aussi le cas dans de nombreux pays?

 

Quand je te frappe – Meena Kandasamy

Titre : Quand je te frappe
Auteur : Meena Kandasamy
Lettres indiennes
Titre original : When I hit you
Traducteur : Myriam Bellehigue
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 256
Date de parution : 4 mars 2020

 

La narratrice, écrivaine de gauche, a passé une enfance et une adolescence sans heurts à Chennai. Son seul souci était de trouver le grand amour.

Elle le trouve lorsqu’elle est étudiante dans le Kerala auprès d’un homme politique de vingt ans son aîné. En Inde, les hommes politiques aiment se revendiquer célibataires. La jeune femme renonce à un homme qui ne pourra jamais le prendre en compte dans sa vie. Elle retourne à Chennai pour oublier.

Bénévole pour des campagnes en ligne, elle fait la connaissance de son futur mari, un ancien guérillero marxiste. Ils se marient très vite et déménagent à Bangalore. Rapidement, dès la seconde semaine de mariage, son époux lui demande de quitter ses réseaux sociaux. Puis il répond à ses mails et ne lui accorde que trois heures par semaine sur Internet.

« Ma carrière d’écrivaine est foutue

Ce pervers narcissique la cantonne à la cuisine, lui interdit de se faire belle. Vient ensuite la violence physique puis sexuelle.

On se demande toujours ce qui empêche une femme de sortir d’une relation violente. En se confiant à ses parents, la narratrice n’obtient que des incitations à la patience et l’indulgence. De manière plus universelle, elle pense que l’espoir bien plus que la honte, enchaîne les femmes à ce genre de mariage.
Le doute, aussi, peut-être. Son mari la convainc qu’elle n’est qu’une écrivaine bourgeoise féministe. Que son écriture peut le mettre en danger.

« Mon mari est le sorcier de notre couple. Il veut éliminer les démons qui, selon lui, me possèdent. »

En variant les genres, Meena Kandasamy atténue la violence du sujet. En écrivaine, elle jongle avec les formes de narration. Plans de cinéma, lettres à des amants fictifs, compositions orales. C’est une manière de prendre du recul, de voir les choses autrement, de s’offrir de courtes pauses de respiration pendant ces quatre mois de mariage et de souffrance.

« En Inde, une épouse est brûlée toutes les quatre-vingt-dix minutes.» Mais le drame des violences conjugales est universel. Meena Kandasamy le confirme en ajoutant en exergue de ses chapitres des citations d’auteurs de tous les pays.

Avec un regard étranger, dans un pays où les femmes sont particulièrement en danger, l’auteur traite avec originalité d’un drame universel. Un témoignage toujours essentiel littérairement mis en valeur en évitant l’écueil du pathétisme.