Reporters culinaires – Emmanuelle Jary et J.F. Mallet

Titre : Reporters culinaires
Auteurs : Emmanuelle Jary et J.F. Mallet
Éditeur :La Martinière
Nombre de pages : 384
Date de parution : 9 mai 2019

 

«  Nous avons une même sensibilité pour la cuisine, avec cette envie d’en parler autrement. Les recettes ne nous intéressent que parce qu’elles racontent quelque chose d’une culture. »

Cette phrase illustre parfaitement l’esprit de ce livre, qui se veut autant un livre de voyages que de cuisine. Lorsque nous voyageons, notre mémoire visuelle s’imprègne de sites fabuleux mais notre mémoire sensorielle intègre l’ambiance et les saveurs du pays.

Emmanuelle Jary et J.-F. Mallet nous emmènent pour un tour du monde de 24 pays, à Alentejo, en Argentine, à Bangkok, en Birmanie, à Bornéo, au Cambodge, à Copenhague, en Corée du Sud, en Galice, à Gênes, en Iran, à Java, au Kerala, en Louisiane, au Mexique, à Naples, à New York, à Pékin, au Pérou, en Polynésie française, à San Francisco, au Sénégal, à Taïwan et à Tokyo.

Des destinations variées toutes sublimées de remarquables photographies du pays et de recettes typiques qui vous restent en mémoire quand vous revenez d’un de ces voyages. Du pesto gênois aux empanadas argentins, de la soupe de raviolis wonton chinoise au dahl de lentilles corail du Kerala, des arancinis napolitains au kimchi coréen. Des recettes emblématiques ou étonnantes!


Mais aussi des récits de voyage qui partant d’un point de vue rapide géopolitique, s’attardent ensuite sur les produits locaux, les traditions culinaires.

Les recettes sont bien présentées et les photos de voyage sont magnifiques.

Sous une couverture bien sobre, ce livre cache des trésors pour les yeux et les papilles. Régalez-vous sans modération!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tangerine – Christine Mangan

Titre : Tangerine
Auteur : Christine Mangan
Littérature américaine
Titre original : Tangerine
Traducteur : Laure Manceau
Editeur : Harper et Collins
Nombre de pages : 320
Date de parution : 2 mai 2019

 

Alice et Lucy se sont connues à l’internat de Bennington dans le Vermont. Toutes deux orphelines, elles se sont rapprochées. Leur caractère est toutefois bien différent.

Alice souffre d’angoisses depuis la mort de ses parents dont elle se sent responsable. C’est une fille peu sûre d’elle, très dépendante. Sous tutelle, sa fortune est gérée par tante Maude jusqu’à sa majorité. Lucy semble beaucoup plus mature et insaisissable. Les deux filles se quittent fâchées suite à un étrange accident qui laisse Alice soupçonneuse.

Nous retrouvons Alice à Tanger en 1956. Toujours perturbée et assistée, elle a suivi son mari, John, un homme arriviste qui est surtout intéressé par sa fortune. Alice s’isole de plus en plus dans cette ville qui l’effraie. Jusqu’au jour où Lucy débarque chez elle. Très vite, l’américaine se coule dans l’ambiance de cette ville surchauffée, dangereuse qui s’apprête à accéder à l’indépendance.

Lucy ouvre les yeux d’Alice tant sur le véritable comportement de son mari que sur la beauté de Tanger. Une ville mystérieuse comme Lucy, qui se cache sous plusieurs noms. Tingis cache en sous-sol le cimetière de la cité phénicienne. Que cache l’énigmatique Alice derrière son passé et ses manigances?

Dans un va et vient perturbant entre les pensées d’Alice et de Lucy, Christine Mangan crée une atmosphère hitchcokienne dans la touffeur d’une Tanger en ébullition. Les sentiments d’Alice sont assez  insaisissables : manipulation, amour, jalousie. Lucy nous entraîne elle aussi dans le doute au fur et à mesure que l’étau se resserre autour d’elle.

Le récit est plutôt bien men sur le plan de l’analyse psychologique. Si la ville de Tanger est un personnage à part entière, j’aurais aimé qu’elle prenne encore davantage d’espace. Les personnages secondaires restent trop insaisissables. Est-ce une façon de surenchérir sur le mystère? C’est peut-être ce qui m’a gênée dans ce face à face sulfureux.

Mais pour un premier roman, c’est une belle maîtrise de la tension psychologique entre plusieurs personnages. Les studios de cinéma ne se sont pas trompés et nous promettent une belle adaptatIon avec Scarlett Johansson dans le rôle d’Alice.

L’âme du violon – Marie Charvet

Titre : L’âme du violon
Auteur : Marie Charvet
Éditeur : Grasset
Nombre de pages : 272
Date de parution : 3 avril 2019

 

Pour son premier roman, Marie Charvet construit de manière subtile un récit autour d’un violon, cheminant à travers les siècles avec plusieurs personnages.

Logiquement, c’est Giuseppe, luthier du XVIIe siècle qui ouvre la danse avec la fougue de son petit apprenti. Artisan de grande valeur, Giuseppe signe des instruments de musique de grande valeur.

«  Une âme parfaitement ajustée peut changer la sonorité d’un violon. »

Lazlo est un paria dans la communauté tzigane où il vit, simplement défendu par son oncle. Peu doué pour le commerce, il est un rêveur passionné de musique. Son rêve est de faire danser les foules et surtout la belle Mina au rythme de son violon.

Les deux personnages contemporains sont Lucie, une jeune femme peu sûre d’elle et un peu paumée et Charles, le directeur d’une société  internationale spécialisée dans les fusions et acquisitions d’entreprises.
Pour ses parents, Lucie est une jeune femme instable. Elle se perd dans les sorties,l’alcool,les amours instables comme pour fuir son manque de confiance en elle.  Seule, sa grand-mère lyonnaise, ancienne musicienne, croit au talent de la jeune peintre. Elle garde depuis des années l’instrument de musique de son père, premier violon de l’opéra de Lyon. Elle propose à Lucie de le vendre pour financer sa première exposition.
Charles ne vit que pour son travail. Il aime  la musique classique mais il ne retrouve plus le frisson qui l’avait parcouru en écoutant un concert en 1998 à l’Église Saint-Eustache de Paris. Jusqu’au jour où il entend la violoniste, Aure Van der Eysel à la cathédrale de Stasbourg. La presse prétend que l’artiste joue sur un violon exceptionnel signé d’un célèbre luthier de Brescia.

En suivant de chapitre en chapitre les vies très romancées de Giuseppe, Lazlo, Lucie et Charles, nous déchiffrons les indices, les liens afin de suivre le parcours du fameux violon de Giuseppe.

Le style est fluide, l’intrigue plaisante, la construction originale et bien menée. J’ai passé un bon moment avec ces quatre personnages. Marie Charvet nous fait profiter de sa connaissance sur les bois, les outils utilisés par les luthiers. Elle décrit avec précision le travail de Giuseppe, véhiculant aisément sa passion.

Un roman un peu trop sentimental pour me séduire mais un premier roman honnête et travaillé qui pourra plaire à un large public.

Amour…rouge – Pénélope

Titre : Amour …rouge
Auteur : Pénélope et Levent Beskardes
Éditeur : Les grandes personnes
Nombre de pages : 52
Date de parution : 7 mars 2019

Récemment, je me suis retrouvée à la caisse d’un grand magasin de bricolage derrière une personne sourde et muette qui tentait d’entrer en communication avec moi. Je me suis trouvée bien désemparée, essayant ridiculement de répondre à sa gentillesse.
Curieusement, quelques jours auparavant, j’avais reçu un message de Pénélope qui me parlait de cet ouvrage en langage des signes, promesse d’un terrain commun entre sourds et entendants.

Pénélope est directrice artistique publicitaire chez TBWA et auteure-illustratrice pour de grandes maisons d’édition. Elle travaille pour l’Institut National des Jeunes Sourds ( INJS) de Paris à l’intégration de nouveaux mots en langage des signes.
Dans la lignée des Des mains pour te dire Je t’aime, elle publie ici un livre accordéon avec un côté rouge et l’autre bleu, réunissant deux poèmes écrits avec Laurent Beskardès, poète, comédien et metteur en scène sourd.

 

L’intention est louable, l’enjeu difficile. Car la langue des signes est une langue spatiale qui se couche difficilement sur du papier. Les poèmes se réduisent  à quelques mots associés à chacune des couleurs. Ils semblent figés jusqu’à ce que vous les mettiez en mouvement.
La structure du livre s’avère alors une belle idée. En dépliant entièrement un côté ( il faut beaucoup d’espace, c’est très long!), vous pouvez enchaîner les mouvements donnant ainsi grâce à un petit poème.

Une lecture qui demande un peu d’investissement mais c’est pour une belle cause, celle de réunir sourds et entendants. Pour engager la conversation, il va tout de même  falloir que j’aille un peu plus loin!

Heureusement, Pénélope ne s’arrête pas là. Spectacles, ateliers, expositions sont prévues de mars à juin, notamment à l’INJS de Metz.

Ce livre tout public peut aussi être lu pour et avec de très jeunes enfants.

Graine de sorcière – Margaret Atwood

Titre : Graine de sorcière
Auteur : Margaret Atwood
Littérature canadienne
Titre original : Hag-seed
Traducteur : Michèle Albaret- Maatsch
Éditeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 360
Date de parution : 11 avril 2019

 

Felix Phillips est directeur artistique du festival de Makeshiwep. Au sommet de son art, il s’apprête à monter une énième pièce de Shakespeare, La tempête. Déjà un peu farfelu, la mort récente de sa femme puis de sa fille de trois ans le poussent encore plus vers la provocation et le mauvais goût.
Tony, son adjoint arriviste, parvient à le faire destituer par le conseil d’administration  afin de prendre sa place.

Neuf ans plus tard, installé dans une vieille bicoque à flanc de coteau, parlant au fantôme de sa fille, Miranda, Felix accepte de remplacer un professeur en charge d’un cours d’alphabétisation au centre pénitentiaire Fletcher. Bien Évidemment, Felix suggère d’éduquer les prisonniers par le théâtre. Il y voit deux objectifs majeurs : monter enfin La tempête et se venger de Tony devenu député et de Sal O’ Nally, ministre du patrimoine à l’époque de son licenciement.

Exil, vengeance, nous sommes au cœur de l’univers de Shakespeare. Sauf à être un fervent lecteur du célèbre dramaturge anglais, on se perd un peu dans les intrigues de La Tempête. Mais Margaret Atwood a un style assez limpide et elle me convainc sur le travail de Felix. Les échanges entre un professeur idéaliste et ambitieux et ses élèves d’un milieu bien différent sont d’une grande richesse, signe d’un partage possible et inattendu autour de la culture et d’un défi commun.

«  Ce sont des gamins paumés, tous autant qu’ils sont, encore que ce ne soient pas vraiment des gamins : ils ont entre dix-neuf et quarante-cinq ans. Ils affichent de multiples teintes de peau, du blanc au noir en passant par le jaune, le rouge et le brun; les ethnies sont nombreuses. Pareil pour les délits pour lesquels ils ont été condamnés. La seule chose qu’ils ont en commun, en dehors de leur condition de prisonniers, c’est le désir d’intégrer la troupe de Felix. leurs motifs, présume-t-il sont divers et variés. »

En les impliquant, Felix parvient à les intéresser à ce qui est pourtant aux antipodes de leurs intérêts. Si Felix leur interdit d’utiliser d’autres gros mots que ceux relevés dans la pièce, il accepte leurs adaptations. Le rap de leur texte donne assurément une belle modernité qui n’est pas pour déplaire au farfelu metteur en scène.

Margaret Atwood apporte aussi un zeste de suspense en nous laissant entrevoir une fusillade lors de la représentation au début du roman. En copiant Shakespeare, en imbriquant le scénario de La tempête sur trois niveaux, l’exercice devient ambitieux mais intéressant.

Felix, tel Prospero, pourra-t-il renoncer à son illusion qui maintient sa fille Miranda en vie, oublier les traîtres qui veulent s’emparer de son royaume et s’échapper de sa prison?

Une mise en abyme qui sera peut-être mieux appréciée par les connaisseurs de Shakespeare. Personnellement, je retiens la très belle rencontre entre Felix et sa troupe de comédiens pas comme les autres.

 

 

Ce qui est monstrueux est normal – Céline Lapertot

Titre : ce qui est monstrueux est normal
Auteur : Céline Lapertot
Éditeur : Viviane Hamy
Nombre de pages : 96
Date de parution : 9 mai 2019

 

J’ai découvert assez récemment la plume nerveuse, torturée, touchante de Céline Lapertot dans Ne préfère pas le sang à l’eau. Ce récit autobiographique dévoile en partie la genèse de cette rage qui transparaît dans les romans de cette jeune auteure, professeure de français à Strasbourg.

«  Quelle part d’eux-mêmes les bourreaux laissent-ils en nous? »

Née au sein d’un milieu pauvre, sans connaître la douceur de l’amour maternel mais plutôt les assauts d’un beau-père pédophile, Céline trouve sa « madeleine dévastatrice de Proust » et sublime ses blessures par la littérature.

 » La rue du Pont-Rouge, c’est un lieu de paradoxes, de lumière et de noirceur, un lieu d’initiation. »

Pour elle, la maison d’enfants, la famille d’accueil sont une chance. c’est enfin une porte ouverte vers la culture sans pourtant jamais pouvoir oublier le passé.

 » Chaque livre qu’on lit,  chaque film qu’on regarde, chaque chanson qu’on écoute est un pont vers le passé. »

En terminant un récit autobiographique, je pense souvent que l’exercice sert davantage l’écrivain que le lecteur. Il n’en est rien ici.
D’une part, ce récit permet de comprendre l’univers de Céline Lapertot, de déchiffrer son œuvre, qui certes, ne comporte encore que trois romans mais suffisamment marquants et empreints de singularité pour en mériter ce nom.
D’autre part, sa confession permet aussi de comprendre certaines réflexions actuelles que stigmatisent parfois la presse ou les réseaux sociaux, notamment sur la difficulté de dire NON.

«  On peut envoyer tous les signaux pour se laisser approcher, alors même qu’on ne le souhaite pas, parce qu’on n’a pas encore appris à faire autrement. »

Céline n’omet rien ni le besoin vital d’amour d’un enfant, ni la compréhension des mères emprisonnées dans un rôle abject voyant  » le célibat et l’absence de revenus » comme une condamnation , persuadées de ne rien mériter de mieux que cette merde quotidienne.
Elle sait l’inutilité de questionner les enfants mais préfère les aider à se confier par l’écriture.

 » Ce qui ne se dit pas s’exprime autrement; au moyen d’un stylo ou d’un clavier d’ordinateur, du chant, de la danse, de la peinture, du théâtre, du cinéma. Mais il n’y a rien de plus ridicule, rien de plus inefficace et dépassé, que le fait de s’installer en face de quelqu’un pour lui demander de parler ouvertement de ses plaies. »

Ce qui est monstrueux est normal sera sans aucun doute un livre marquant, un tournant dans la carrière et la vie de l’auteure. Sa mémoire a longtemps refoulé ce qui ne pouvait se dire clairement, juste transparaître dans la violence de ses romans.

«  Il faut des décennies d’existence pour approcher un tant soit peu la vérité à propos de ce que nous sommes. »

Aujourd’hui professeur, un métier dont elle fait un juste éloge, elle mesure son rôle d’accompagnement d’une jeunesse multiculturelle qui a besoin de repères, de guides comme elle a eu la chance d’en rencontrer, notamment avec Catherine, sa mère d’accueil. Parce que la culture, la découverte de la lecture et de l’écriture, les rencontres sont essentielles pour briser les solitudes d’enfants oubliés, leur redonner l’espoir d’un bonheur possible.

«  Être professeur n’est pas un métier décidé au hasard dans la peur de ne pas vivre de sa plume. Être professeur, c’est essayer au maximum, avec le peu de moyens que l’on a, la médiocrité du quotidien et l’envie, parfois, de baisser les bras, c’est essayer, donc, de rendre ce que l’on a reçu. »

Je ne peux que conseiller la lecture de ce petit récit qui, loin de l’apitoiement, se révèle une confession cathartique utile à tous.

 

Le cinquième bateau – Monika Kompanikova

Titre  :Le cinquième bateau
Auteur : Monika Kompanikova
Littérature slovaque
Titre original : Piata lod’
Traducteur : Vivien Cosculluela
Éditeur : Belleville Éditions
Nombre de pages : 215
Date de parution : mars 2019

Jarka ne connaît pas la douceur bienveillante d’un foyer. Sa mère, Lucia, n’avait que seize ans à sa naissance. Elle-même était un fardeau pour sa mère, Irena, qui lui reprochait d’être responsable de sa chute sociale lors du départ de son mari.

 » Les relations de Lucia avec nous étaient commerciales et non familiales. »

Entre une grand-mère qui l’utilise pour les tâches ménagères et une mère irresponsable qui lui répète sans cesse de ne pas causer de problèmes, Jarka rêve de bateaux. Elle se soumet aux signes du hasard pour prendre des décisions ou des directions. Elle aime se réfugier dans le jardin de son grand-père disparu, près de la gare de Vinohrady ( Bratislava), où une cabane est son royaume.

 » La cabane bleue avec ses volets blancs ressemblait à un petit bateau à vapeur perdu dans une mer d’herbe. »

Personne ne prépare rien pour elle. Elle est seule quand elle découvre le corps de sa grand-mère, quand elle subit les violences des amis ivres de sa mère, quand elle s’ennuie dans l’appartement vide où sa mère ne lui laisse qu’un mot sur une feuille de papier à cigarette et quelques pièces de monnaie pour manger.

 » Je cherche un cinquième bateau, un bateau qui serait vide. Un bateau préparé pour moi, avec une cabine aux murs solides et une serrure ouverte par la clé de la cabane du jardin. Mais il n’y a pas de cinquième bateau dans ce rêve. »

Alors, Jarka va créer sa  famille parfaite. A la gare, elle propose à une mère inquiète de surveiller ses  jumeaux braillant dans leur poussette. Ne la voyant pas revenir, elle emmène les bébés à la cabane, bientôt rejointe par Kristian, un garçon de sept ans qui vient de fuguer de chez lui. N’est-il pas trop jeune pour jouer le rôle du père?

 » Les jumeaux étaient allongés à côté de moi, sans défense. Ils ne disaient rien. Je n’étais pas un problème pour eux. Je n’étais pas idiote à leurs yeux. »

Aussi adulte qu’on l’a poussée à être, Jarka n’en est pas moins une enfant, inconsciente de la fragilité des bébés.

La petite Jarka est particulièrement touchante, une gamine en manque d’amour qui aborde la vie, sans complexes, avec beaucoup de maturité. La vie l’oblige à être forte, autonome, indépendante mais elle n’est qu’une enfant portée par ses rêves d’une vie meilleure.

Le récit manque un peu de cohésion. Il y a certes l’imagination enfantine mais l’auteur mêle aussi des périodes différentes. Les quelques passages de la liaison entre Jarka et Peter, le père d’une amie ne sont pas bien cadrés dans le temps. L’histoire avec Kristian et les jumeaux, celle qui donne du rythme et du concret au roman, semble voguer entre le passé et sa vie d’adulte. Elle reste assez floue sur son commencement et son dénouement.

Un peu de flou qui n’altère pas le charme de ce premier roman slovaque.