Swing time – Zadie Smith

Titre : Swing time
Auteur : Zadie Smith
Littérature anglaise
Titre original : Swing time
Traducteur : Emmanuelle et Philippe Aronso

Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 480
Date de parution : 16 août 2018

Swing time, Sur les ailes de la danse est un film de George Stevens sorti en 1936, un hommage à Bojangles, danseur de claquettes noir américain, dans lequel jouait Fred Astaire, acteur américain qui a vécu plusieurs années à Londres. Danse, origines, Londres, sont les bases de ce roman d’initiation, ce roman sur l’amitié bouleversée par le destin, de deux jeunes filles métisses du nord-ouest multiculturel de Londres.

La narratrice, dont on ne connaîtra pas le prénom mais au passé proche de l’auteur, est la fille unique d’une femme ambitieuse d’origine jamaïcaine et d’un père blanc plutôt tranquille. En 1982, dans un cours de danse, elle rencontre Tracey, une fillette de son âge à la peau marron, fille d’une mère blanche plutôt sophistiquée et d’un père peu recommandable souvent absent. Les deux enfants deviennent des amies inséparables. 

Si la narratrice souffre de l’absence de sa mère trop occupée à devenir une intellectuelle et à s’investir en politique, Tracey vit dans le mensonge, s’inventant un père aimant, danseur auprès de Michael Jackson. Alors que Tracey entre dans une école d’arts du spectacle, la narratrice suit une formation dans la communication et devient l’assistante d’Aimée, une star mondiale de la chanson.

Zadie Smith alterne le présent de la narratrice auprès d’Aimée dans un monde où l’argent permet de se donner bonne conscience et le récit de sa jeunesse où les relations familiales et les retrouvailles épisodiques avec une Tracey sur la mauvaise pente expliquent son malaise.

Effectivement, et c’est peut-être ce qui m’a empêchée d’entrer pleinement dans ce récit, la narratrice ne semble ni heureuse, ni malheureuse. Elle vit auprès des gens, observe sans vraiment s’engager, aimer, s’opposer. Et pourtant,  elle vit une aventure fantastique puisque Aimée décide d’utiliser son succès pour construire une école de filles dans un village africain.

La narratrice passe son temps entre Londres, les États-Unis et l’Afrique. De quoi intensifier son questionnement sur ses origines.

Cette richesse multiculturelle liée à l’environnement des personnages puis au contraste saisissant entre la culture européenne et africaine donne tout l’intérêt à cette lecture. 

«  Chaque pays a ses propres luttes. »

L’ Occident a ses luttes de classes et la mère de la narratrice s’emploie à défendre les droits des plus démunis. L’Afrique a ses rivalités de castes, le joug de la dictature, la montée de l’islam radical. Mais elle parvient peut-être à y bannir le mépris.

J’ai particulièrement aimé rencontrer Hawa, africaine de classe moyenne, une femme dynamique toujours soucieuse des autres, souriante quelque soit son destin. Elle semble un point de repère pour la narratrice au caractère si différent. 

Le roman se veut aussi une réflexion sur le bonheur. Quel sens donner à sa vie pour y accéder. L’engagement politique comme la mère de la narratrice. Le succès, le bonheur d’être mère pour Aimée. 

La danse, passion initiale des deux jeunes filles est un fil conducteur de ce roman. En Afrique, tout est prétexte à la danse. La narratrice, douée pour le chant et le danse, n’y fait pas sa carrière mais c’est bien là qu’elle inscrit son identité en regardant danser Jeni LeGon et Bojangles.

Swing time est un roman dense, plutôt difficile à lire, sur la difficulté de trouver le bonheur dans un monde où chacun, dans sa bulle, lutte suivant sa condition, son éducation, son lieu de vie. Pour cette auteure féministe, l’éducation des femmes prend ici une part importante.

Finalement, un roman intermédiaire entre Swing time, très travaillé et le trop romanesque, L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante que Zadie Smith admire particulièrement aurait tout pour me plaire. Mais lire est une quête incessante de la perle rare, celle qui correspond parfaitement à nos univers très personnels.

Lu dans le cadre du mois anglais.

Salina – Laurent Gaudé

Titre : Salina, les trois exils
Auteur : Laurent Gaude
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 160
Date de parution : octobre 2018

Avec l’histoire de Salina, je retrouve la puissance tragique, la dimension mythologique de l’écriture de Laurent Gaudé.

Un cavalier dépose au village un nourrisson braillant.

«  Par le sel de ces larmes dont tu as couvert la terre, je t’appelle Salina. »

Son fils, Malaka, nous conte l’histoire de Salina, cette femme vouée à un grand et tragique destin. Il ne lui reste aujourd’hui que son corps qu’il a passé des nuits à laver. Il porte ce cadavre sur son dos pour l’emmener vers l’île cimetière. 

Mais le cimetière n’ouvre pas ses portes à tout le monde. Sur une barque, accompagné d’un passeur, Malaka doit raconter la vie de la défunte le temps de la traversée. L’île au cimetière décidera alors si elle ouvre ses portes et accepte le corps de Salina.

«  Moi, Malaka, fils élevé dans le désert par une mère qui parlait aux pierres, je vais raconter Salina, la femme aux trois exils. »

Choisie par le fils aîné du chef du village alors qu’elle préférait la douceur de Kano, le cadet, Salina est violée dès l’écoulement de son premier sang. Veuve, on lui refuse le droit d’épouser le frère de son mari et on l’exclut du village. Elle erre dans le désert, se venge en soumettant l’âme de son beau-père à l’errance éternelle. 

Toujours, elle souhaite revenir vers Kano, mais tel n’est pas son destin.

Avec Salina, Laurent Gaudé confirme son talent de dramaturge français. Le récit contient tous les ingrédients du roman mythologique avec les lois des clans guerriers, la vengeance, les cultes liés aux morts. Sous le regard aimant de Malaka, Salina, vengeresse, devient une héroïne mythique intouchable mais toujours chargée de mystère.

La spirale – Sophie Benastre

Titre : La spirale
Auteur : Sophie Benastre
Éditeur : Oskar
Nombre de pages : 88
Date de parution : octobre 2018

Avec ce petit roman, Sophie Benastre rappelle qu’il faut toujours être à l’écoute des changements comportementaux des enfants. Ils cachent bien souvent une blessure qui, sans la vigilance de chacun, sans la parole, pourrait être fatale.

Depuis quelques temps, Joshua a changé. Lou, sa meilleure amie, a l’impression que, parfois, il sent mauvais. elle sait que ses parents ont récemment divorcé mais n’est-ce pas le cas de beaucoup d’autres élèves?

Pascal, le maître de CM2, constate aussi la fatigue et la distraction inhabituelles de son élève.

Lou veut en avoir le cœur net. Elle suit le garçon, le soir, après l’école et découvre sa façon de vivre une semaine sur deux avec son père.
Loufait preuve de beaucoup de maturité. Elle sait qu’il faut en parler à un adulte.

«  C’est vraiment difficile de choisir l’adulte qui saura l’aider et surtout aider Joshua sans faire exploser sa vie déjà bien abîmée. »

Les adultes sont souvent trop fiers pour affronter leur échec. Malheureusement, parfois, ils entraînent leur famille dans une spirale dangereuse. Chacun a besoin d’aide pour sortir d’une mauvaise passe.

Ce court roman convient aux jeunes enfants à partir de huit ans. Le style est facile, la typographie idéale pour faciliter la lecture des plus jeunes. Le dénouement du récit rassure l’enfant dans la nécessité de se tourner vers un adulte quand une situation les dépasse.

 

Désirée Fe – Zoé Valdés

Titre : Désirée Fe
Auteur : Zoé Valdés
Littérature cubaine
Titre original : La salvaje inocencia
Traducteur : Aymeric Rollet
Editeur : Arthaud
Nombre de pages : 360
Date de parution: 5 septembre 2018

Zoé Valdés est une auteure qui accorde une place importante au corps, au sexe, au désir et voue un amour contrarié pour La Havane. Avec Désirée Fe, sa jeune héroïne, elle nous entraîne vers les ébats sexuels d’une adolescente, dans le plaisir charnel, dernier espace de liberté dans un pays aux nombreuses interdictions.

Ma lecture actuelle ( La femme et le sacrifice d’Anne Dufourmantelle) rappelle que les pères sont pour beaucoup dans les provocations, les volontés sacrificielles de leur fille. Désirée Fe doit sa naissance aux torrides ébats sexuels de ses parents. Quand elle suit un père pèlerin imaginaire, elle est sous le choc de l’arrestation de son père.

« Parce que tu es une petite fille qui a besoin d’être mise en garde et tenue à l’écart des tentations. »

Adolescente, elle cherche la liberté auprès de Roman, son petit ami de dix-sept ans. Deux par deux, garçons et filles dansent sur les terrasses au son d’une musique interdite, fument, frottent leur corps sans jamais aller jusqu’au bout car chacun tient à respecter la virginité des filles.

Désirée Fe voudrait bien pourtant aller plus loin, elle aime Roman. 

«  Germaine de Staël avait raison : «  l’amour est l’histoire de la vie des femmes, c’est un épisode dans la vie des hommes. »

C’est avec Otto, un étudiant en génie civil dont le père est exilé aux Etats-Unis, qu’elle va aller plus loin dans la découverte des corps. 

Avec ces jeunes filles en fleur pas si innocentes que ça et ces garçons débordant de testostérone, le récit de cette jeunesse est souvent torride. Âme pudibonde s’abstenir. 

« J’ai besoin de la mer pour faire tomber la crasse, la saleté de mon corps et celle du « corps social » ».

Mais la sexualité débordante de cette jeune fille s’affiche comme un dernier espace de liberté dans un pays où tout est ennemi, tout est interdit. Et c’est avec une Désirée Fe tiraillée entre amour et plaisir, attachée à son pays, celui qui retient son père, une jeune fille touchante et attachante que nous découvrons toutes les aberrations d’un régime politique. Les deux facettes s’imbriquent parfaitement pour donner un roman charnel et politique. L’environnement prend une place importante, justifiant les actes des uns et des autres. 

Un très bon roman que je recommande à condition d’accepter les nombreuses scènes érotiques ( mais jamais vulgaires me semble-t-il) d’une jeunesse qui veut vivre pleinement en toute liberté. 

Je remercie la librairie Dialogues pour cette excellente lecture.

Au loin – Hernan Diaz

Titre : Au loin
Auteur : Hernan Diaz
Littérature américaine
Titre original : In the distance
Traducteur : Christine Barbaste
Editeur : Delcourt
Nombre de pages : 334
Date de parution :  5 septembre 2018

Prix du roman Page / Festival America 2018, premier roman encensé par de nombreux lecteurs, j’avais très envie de partir Au loin avec Hernan Diaz. La première rencontre avec le Hawk est impressionnante. Un géant à la barbe blanche, passager de l’Impeccable prisonnier des glaces en Alaska, plonge nu dans un trou percé sur la banquise.

Håkan Söderström est né en Suède. Ses parents, pauvres paysans parviennent à l’envoyer avec son frère aîné aux Etats-Unis. Dans la cohue de Portsmouth, les deux frères sont séparés. Håkan embarque seul sur bateau.

Trop jeune, il se laisse convaincre par les Brennan de débarquer à San Francisco. Le chercheur d’or voit en ce colosse une bonne aide à sa prospection d’or dans l’Ouest des Etats-Unis.

Mais pour Håkan, il n’y a qu’un seul objectif. Traverser le pays à contre-courant des colons pour rejoindre New-York en espérant y retrouver son frère, son seul protecteur, celui qui le faisait rêver avec ces histoires extravagantes sur ce grand pays. Des histoires que lui, le petit frère, va vivre.

Commence alors pour Hâkan une grande aventure, la plupart du temps en solitaire mais aussi accompagné successivement de tous les personnages de l’Amérique naissante. Chercheurs d’or, vieille maquerelle, biologiste farfelu, colons en route vers l’ouest, soldats de Jéhu, shérif véreux, hommes providentiels jalonnent le parcours de ce cavalier bariolé.

A l’origine, jeune, naïf, ne parlant pas la langue, le jeune suédois se laisse embarquer. Sa bonté lui fait défendre indiens ou colons jusqu’à tuer les méchants. Un acte de barbarie qui en fer Le Hawk, l’homme le plus recherché du pays, une légende mais aussi un être torturé par la culpabilité.

«  Jamais plus il ne serait capable d’affronter le regard de qui que ce soit. »

Une culpabilité qui le pousse à l’isolement, à la solitude absolue loin d’un monde qui devient cupide et pervers. 

Cette solitude dans les immenses étendues désertiques est parfois lourde à supporter. Pas facile de capter le lecteur pendant des pages et des pages de traversée en solitaire. Surtout avec ce personnage taiseux, peu attachant. Heureusement, l’auteur soulève parfois quelques états d’âme et surtout alterne les périodes de solitude avec des rencontres plutôt colorées. 

«  Ce pays l’avait fait sien, mais la réciproque n’était pas vraie – et ce malgré les innombrables pas parcourus et connaissances acquises, malgré les adversaires qu’il y avait vaincus et les amis qu’il y avait rencontrés, malgré l’amour éprouvé ou le sang versé. »

Si ce roman m’a vaguement fait penser au roman de Marcus Malte, Le garçon ( roman d’initiation d’un taiseux parti découvrir le monde et promis à de belles rencontres ), il n’en a pas la chaleur humaine. Hernan Diaz  crée son personnage sur l’aspect physique, ne laissant que très rarement surgir ses états d’âme. L’émotion ne peut venir que de son inadéquation au monde qu’il parcourt. C’était peut-être insuffisant pour capter mon empathie.

Prendre refuge – Mathias Enard et Zeina Abiracheb

Titre : Prendre refuge
Auteur : Mathias Enard
Illustrateur : Zeina Abirached
Editeur : Casterman
Nombre de pages : 344
Date de parution : 5 septembre 2018

Prendre refuge en ces moments où les choses basculent tant au niveau personnel que dans l’ordre mondial. Voici ce qui a inspiré Mathias Enard et Zeina Abirached lorsqu’ils se sont rencontrés à Beyrouth puis plus tard, à Berlin lors de l’arrivée de réfugiés syriens.

Avec de tels auteurs engagés, il ne s’agit pas de chercher ou trouver un refuge mais bien de le prendre. Et ils le déclinent sous trois angles.

La lecture par Karsten, un jeune architecte berlinois, d’un livre qui montre que l’on ne se convertit pas au bouddhisme mais que l’on y prend refuge. En 1939, deux femmes sont en route pour le Kafiristan, le pays des infidèles. Elles prennent refuge dans la trace des Bouddhas de Bâmiyan, un site magique au creux des montagnes de l’Aghanistan.

L’histoire de Neyla, une jeune syrienne qui vient d’arriver à Berlin. Elle est de suite confrontée aux galères pour obtenir un toit et des papiers, aux barrières de la langue malgré sa grande culture. Mais le plus difficile reste toujours de se construire loin de son pays de coeur. 

Puis le lien entre ces deux femmes et ces deux jeunes gens qui prennent aussi refuge dans l’amour. La réunion difficile de l’orient et de l’occident, de deux constellations qui se font face comme Orion et Scorpion.

C’est le nom de Mathias Enard qui m’a poussée vers cette bande dessinée. Si on y retrouve son thème de prédilection, il y a très peu de textes. Et j’avoue ne pas adhérer à cette avalanche d’onomatopées. 

L’illustration très particulière en noir et blanc prend la parole. Même si je le trouve très efficace, je ne suis pas attirée par ce genre de graphisme. Par contre, j’apprécie la composition de certaines planches, illustrant le rapprochement de deux langues, deux pays, deux constellations.

Cet album signe une belle rencontre, distille un message important. C’est une proposition originale qui permet d’aborder un mode d’expression différent. En saisir la beauté n’est pas une chose naturelle pour un lecteur occidental. Mais là aussi, il faut un engagement personnel. Il faut PRENDRE refuge et se laisser approcher par un autre style. 

L’abattoir de verre – J.M. Coetzee

Titre : L’abattoir de verre
Auteur : J.M. Coetzee
Littérature sud africaine
Titre original : Moral tales
Traducteur : Georges Lory
Éditeur : Seuil
Nombre de pages : 166
Date de parution :  2018

J.M. Coetzee choisit Elizabeth Costello,  son héroïne d’un roman éponyme écrit en 2004 pour créer sept nouvelles autour du vieillissement de cette écrivaine australienne et de son rapport à la cause animale.

Qui sommes-nous par rapport à l’animal? La première nouvelle montre la réaction incontrôlable de peur face à un chien agressif. La femme qui passe deux fois par jour devant cette maison voudrait bien contrôler son rapport à l’animal.

«  la meilleure preuve que nous sommes des créatures déchues tient au fait que nous ne pouvons pas contrôler les mouvements de notre propre corps. »

Quelle genre de femme est celle qui n’éprouve aucune culpabilité à être infidèle? Elle est pourtant jalouse de son mari. Que cherche-t-elle?

«  Une femme comblée ne saurait être jalouse. »

Les cinq autres nouvelles se rapprochent autour du vieillissement progressif de l’écrivaine. 

A soixante-cinq ans, Mrs Costello se refait un look. Elle veut qu’on la regarde encore une fois comme une femme. Ses enfants n’osent pas lui dire que c’est peut-être inadapté et qu’elle risque d’être mortifiée si on l’humilie.

A soixante-douze ans, de Melbourne, elle se rend à Nice chez sa fille. Elle doit aussi y rencontrer son fils qui vit aux États-Unis. Réunion de famille! Elle se doute qu’ils veulent la convaincre de venir vivre plus près d’eux.

Ensuite, elle n’est plus qu’une vieille dame qui recueille les chats errants et un pauvre homme exhibitionniste. Lorsque son fils lui rend visite, ils s’affrontent sur un terrain philosophique avec beaucoup de respect et de pudeur. 

Son fils n’ose pas lui dire que la vieillesse va empirer, qu’elle glisse progressivement vers la mort et qu’il serait sage de déménager auprès de sa famille.

«  Qu’est-ce que, selon toi nous nions quand nous refusons l’appel de la bête souffrante? ». «  notre animalité commune ».

Le thème de la dernière nouvelle est lancé. La vieille dame voudrait construire un abattoir de verre pour montrer aux gens ce qui se passe à l’intérieur. Le thème très actuel de la souffrance animale est au coeur de cette nouvelle. 

«  Aimeriez-vous que vos derniers instants sur terre soient pleins de douleur et de terreur? »

Elisabeth Costello convoque Heidegger, Descartes et d’autres philosophes pour saisir les différences ou les parallèles entre l’animal et l’homme. 

«  Pour l’essentiel, je ne sais plus à quoi je crois. » mais il faut se souvenir de ceux qui n’ont fait que passer. L’écrivaine envoie à son fils le résultat de ses recherches pour un ultime témoignage.

Dans un style très épuré, J.M. Coetzee aborde des thèmes qui lui sont chers. Tout d’abord le rapport à l’animal qui constitue une manière de considérer son rapport aux autres. Et le regard intime sur le vieillissement, ce refus de ne plus avoir des autres qu’un regard de pitié, de compassion, une volonté de protection. 

Il n’est pas facile d’aborder ce recueil de nouvelles qui, sous un semblant de grande simplicité s’avère être un sujet de grande réflexion. Un livre qu’il convient peut-être de lire plusieurs fois pour en appréhender toute la profondeur.

Retrouvez l’avis de Mimi qui m’a accompagnée pour cette lecture.