Au loin – Hernan Diaz

Titre : Au loin
Auteur : Hernan Diaz
Littérature américaine
Titre original : In the distance
Traducteur : Christine Barbaste
Editeur : Delcourt
Nombre de pages : 334
Date de parution :  5 septembre 2018

Prix du roman Page / Festival America 2018, premier roman encensé par de nombreux lecteurs, j’avais très envie de partir Au loin avec Hernan Diaz. La première rencontre avec le Hawk est impressionnante. Un géant à la barbe blanche, passager de l’Impeccable prisonnier des glaces en Alaska, plonge nu dans un trou percé sur la banquise.

Håkan Söderström est né en Suède. Ses parents, pauvres paysans parviennent à l’envoyer avec son frère aîné aux Etats-Unis. Dans la cohue de Portsmouth, les deux frères sont séparés. Håkan embarque seul sur bateau.

Trop jeune, il se laisse convaincre par les Brennan de débarquer à San Francisco. Le chercheur d’or voit en ce colosse une bonne aide à sa prospection d’or dans l’Ouest des Etats-Unis.

Mais pour Håkan, il n’y a qu’un seul objectif. Traverser le pays à contre-courant des colons pour rejoindre New-York en espérant y retrouver son frère, son seul protecteur, celui qui le faisait rêver avec ces histoires extravagantes sur ce grand pays. Des histoires que lui, le petit frère, va vivre.

Commence alors pour Hâkan une grande aventure, la plupart du temps en solitaire mais aussi accompagné successivement de tous les personnages de l’Amérique naissante. Chercheurs d’or, vieille maquerelle, biologiste farfelu, colons en route vers l’ouest, soldats de Jéhu, shérif véreux, hommes providentiels jalonnent le parcours de ce cavalier bariolé.

A l’origine, jeune, naïf, ne parlant pas la langue, le jeune suédois se laisse embarquer. Sa bonté lui fait défendre indiens ou colons jusqu’à tuer les méchants. Un acte de barbarie qui en fer Le Hawk, l’homme le plus recherché du pays, une légende mais aussi un être torturé par la culpabilité.

«  Jamais plus il ne serait capable d’affronter le regard de qui que ce soit. »

Une culpabilité qui le pousse à l’isolement, à la solitude absolue loin d’un monde qui devient cupide et pervers. 

Cette solitude dans les immenses étendues désertiques est parfois lourde à supporter. Pas facile de capter le lecteur pendant des pages et des pages de traversée en solitaire. Surtout avec ce personnage taiseux, peu attachant. Heureusement, l’auteur soulève parfois quelques états d’âme et surtout alterne les périodes de solitude avec des rencontres plutôt colorées. 

«  Ce pays l’avait fait sien, mais la réciproque n’était pas vraie – et ce malgré les innombrables pas parcourus et connaissances acquises, malgré les adversaires qu’il y avait vaincus et les amis qu’il y avait rencontrés, malgré l’amour éprouvé ou le sang versé. »

Si ce roman m’a vaguement fait penser au roman de Marcus Malte, Le garçon ( roman d’initiation d’un taiseux parti découvrir le monde et promis à de belles rencontres ), il n’en a pas la chaleur humaine. Hernan Diaz  crée son personnage sur l’aspect physique, ne laissant que très rarement surgir ses états d’âme. L’émotion ne peut venir que de son inadéquation au monde qu’il parcourt. C’était peut-être insuffisant pour capter mon empathie.

La grosse ou les tribulations d’une factrice – Raphaële Lacroix

Titre : La grosse ou les tribulations d’une factrice
Auteur : Rapahële Lacroix
Éditeur : L’Astre bleu
Nombre de pages : 305
Date de parution : 21/09/2018

De temps en temps, je laisse une place sur mon blog à des auteurs peu connus qui me contactent pour me présenter leur roman. Ce qui permet souvent par la même occasion de mettre en avant certaines maisons d’édition.

Bien sûr, je ne peux pas répondre à toutes les demandes. Ce qui m’a ici incitée à accepter, c’est la petite frimousse sur la couverture et peut-être le métier de facteur. Le facteur, celui qu’on attend impatiemment, une personne proche des gens et de leurs petits secrets.

« Le courrier en dit long sur ce que sont les gens. »

Agnès Fourquier est «  grosse et pas vraiment jolie ». Elle manque de confiance en elle, défaut enraciné depuis son enfance. Née d’une rencontre d’un soir, elle ne connaît pas son père. Sa mère l’a rendue responsable du gâchis de sa jeunesse et elle l’a élevée dans la méfiance vis à vis des hommes.

Devenue factrice à Auxerre, elle apprécie d’être enfin celle que les autres attendent. Sa vie est tellement creuse qu’elle la comble avec les histoires des autres. Et notamment, celle d’Annabelle, une pédiatre de trente-deux ans, super-sexy et pourtant étrangement seule depuis quelques temps.

Agnès  est rapidement intriguée par une lettre dans une enveloppe carrée en papier velin qui est adressée à Annabelle chaque mardi. Curieuse, elle subtilise cette correspondance, la lit avant de la déposer le lendemain dans la boîte d’Annabelle. Découvrant une histoire d’amour insolite, elle se motive à devenir elle aussi désirable.

Apprenant à aimer son corps, elle s’inscrit sur un site de rencontres pour enfin connaître l’amour avec Alain. Mais les peurs, les doutes sont bien ancrés dans son esprit. Et elle préfère souvent « fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve. »

Son histoire et celle d’Annabelle illustrent toute la complexité d’aimer, de garder la confiance en l’autre. Mais « l’amour que l’on vit à l’instant présent, même s’il ne dure pas, vaut toutes les peines que l’on peut vivre après, lorsqu’il s’est envolé. »

J’ai aimé la volonté et l’humour d’Agnès. Ses tergiversations sont parfois un peu longues, mais il n’est pas simple de se libérer d’un passé qui génère un tel dégoût de soi, un tel manque de confiance.

Après tant de péripéties, la fin m’a semblé un peu rapide et lisse.

Un premier roman sympathique, bien écrit, qui manque, certes pour moi de matière, mais suffisamment drôle pour faire passer un bon moment. A lire si vous avez aimé ( Presque) Jeune, ( Presque) jolie et (de nouveau) célibataire de Stéphanie Pelerin.

Circulus – Marie Rouzin

Titre : Circulus
Auteur : Marie Rouzin
Éditeur : Serge Safran
Nombre de pages : 224
Date de parution : septembre 2018

Circulus commence et finit par une scène étrange où la narratrice, une femme solitaire privée de parole échoue comme attirée par son destin.

Avec elle, on entre silencieusement dans un bois à la périphérie d’une grande ville. Là, elle rencontre Andronica, une femme enceinte de jumeaux, pétrie de colère, des hommes désespérés et une vieille, morte et recroquevillée dans une caisse en bois. Après avoir brûlé le cadavre, tous s’enfuient. La narratrice suit Andronica dans la roulotte de la vieille Sybille où elle accouchera dans la douleur. Le premier enfant se nommera Achille. Alors qu’Andronica est évanouie, Sybille baptise le second Auguste. A son réveil, Andronica s’y oppose, préférant le prénom d’Ido. Seul le père, un compagnon de route qui l’a violée, peut valider le nom de ses fils. La muette accompagne Andronica dans sa recherche du père sur les chantiers de la ville.

«  Elle sera le témoin de tout ce que je vais faire pour que mon enfant ait un nom digne, un nom d’homme. »

S’ensuit alors comme une comptine où chaque personne croisée se joint à Andronica, cette beauté en colère portant fièrement ses fils. Teli est la veuve d’un immigré mort sur un chantier. Tara, migrante qui a fui la guerre pour retrouver les combats d’un pays qui la rejette, déclame ses paroles violentes, maudissant le monde entier. On s’arrête un instant sous la tente des frères Odyn et Faustin, des SDF installés sur le bord du périphérique.
« Aucun d’entre nous ne devraient être dehors. »
Sans eux, les nombreux chantiers de la ville ne se feraient pas. 

Ouvriers, gens du cirque, femmes, tous forment un cortège pour faire valoir leurs droits, celui de rester sur le sol de ceux qui les exploitent dans les chantiers. Cette réunion devient presque festive, matérialisation de quelque chose de beau. Enfin!

Andronica, femme majestueuse, itinérante depuis sa naissance, se veut en guerre pour avoir le droit de dire non. Elle entraîne dans sa fougue tous ces laissés pour compte qui n’ont parfois d’autre issue que l’immolation, la violence ou la fuite.

Ce voyage initiatique dans le monde des migrants, itinérants, en combat permanent pour leur survie est beau, porté par le personnage courageux d’Andronica. J’aurais toutefois aimé en savoir davantage sur le personnage de celle qui nous donne à voir, sans parole, ce monde à notre périphérie. Elle peut sans doute nous représenter, nous qui sommes souvent sans voix face à ces malheureux, incapable d’agir. Peut-être simplement leur donner une existence, une écoute le temps d’une ronde, d’un cercle, d’une figure acrobatique en attendant un nouveau soleil.

Un bon premier roman.

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles – Mick Kitson

Titre : Manuel de survie à l’usage des jeunes filles
Auteur :Mick Kitson
Littérature écossaise
Titre original : Sal
Traducteur : Céline Schwaller
Éditeur :  Métailié
Nombre de pages : 256
Date de parution : 30 août 2018

Sal, jeune fille de treize ans, restera longtemps dans ma mémoire. Bien trop jeune pour prendre en charge le bien-être de sa jeune sœur, pour sauver sa mère, pour se défendre contre la noirceur d’un homme sans scrupules ou la rudesse de la nature sauvage. Et pourtant, intelligente et pragmatique,  instruite par des vidéos YouTube, elle prend le destin de sa famille en main, oubliant son propre épanouissement.

Sal vit avec Claire, sa mère alcoolique, sa sœur Peppa âgée de dix ans et robert, le dernier copain de sa mère. claire a eu son premier enfant très tôt, le père de Sal est mort dans un accident de voiture. Elle a ensuite rencontré un jeune étudiant nigérien qui sera le père de Peppa. Puis elle s’est perdue dans l’alcool et la drogue, entraînée par Robert, un homme violent et malsain.
 » Boire vous fait accepter l’inacceptable »
Claire ne voit pas la souffrance de ses filles

Sal subit la violence de Robert, sans rien dire pour ne pas être séparée de sa sœur. Mais le jour où il menace de s’en prendre à Peppa, elle décide de le tuer et de fuir avec sa sœur dans la forêt de Galloway.
Ce qui ressemble à un jeu pour la drôle et pétillante Peppa, est pourtant une aventure dangereuse. Elles construisent une hutte dans les bois et tentent de survivre en appliquant les conseils du guide de survie des forces spéciales et des vidéos YouTube mémorisées avant le départ.
 » Je panique seulement quand je n’arrive pas à me rappeler des choses que j’ai besoin de savoir… »

Heureusement, les filles font une belle rencontre. Si Ingrid, femme médecin allemande ressemble plutôt à une sorcière aux foulards de soie colorée, elle est riche d’une vie mouvementée qui l’ a aussi propulsée vers le recueillement de la nature. Pour Sal, Ingrid est peut-être la première personne qui l’écoute et l’aime tout simplement. De quoi faire le chemin vers la rédemption et accepter de vivre enfin comme une adolescente de treize ans?

C’est une premier roman tendre et touchant dans un style simple et fluide puisque c’est Sal qui raconte son histoire. Cette innocence vaut parfois quelques répétitions mais l’ensemble est particulièrement équilibré avec la richesse de la nature, l’histoire personnelle d’Ingrid, le sérieux de Sal et le naturel joyeux et bavard de Peppa. Une très belle histoire malgré la noirceur de la situation de départ.

 

K.O. – Hector Mathis

Titre : K.O.
Auteur : Hector Mathis
Éditeur : Buchet-Chastel
Nombre de pages : 201
Date de parution :  août 2018

Misère des délaissés de la capitale, angoisse des attaques terroristes, Sitam, amoureux de littérature et de musique fuit Paris  avec son amoureuse la Môme Capu. En chemin, il croise Benji, un ancien camarade qui lui propose un travail au bar Canon. Les affaires tournent mal, le couple se dirige vers Amsterdam. 

Un semblant de repos…Sitam trouve un travail dans une imprimerie avec Lariol, un français spécialiste des charades à tiroir. Il parvient même à faire venir Benji dans ce lieu qui pourrait être parfait avec son amante, ses amis et les mots.

Parfois la vie s’acharne sur ceux qui n’ont déjà plus rien. 

«  La maladie vous avale le rêve »

Sitam ne veut pas être une charge pour ceux qu’il aime. Il disparaît sans un mot.

« C’est par les mots qu’arrivent les plus grandes catastrophes. »

Retour aux sources, on ferme la boucle. En fait, le récit commence par la fin. Sitam revient sur les lieux de l’enfance, dans le parc d’un château, carte postale de rêve de Max, un boulanger rencontré à Amsterdam. Là, dans la maison du garde-chasse, il rencontre le vieux Archibald. Clochard farfelu, malade, délirant, l’ancien musicien de jazz ne possède plus que son saxophone, seul objet de valeur qu’il veut léguer à sa fille qu’il n’a jamais vue. Il ne faudrait jamais s’éloigner de ceux qu’on aime.

Dans ce monde désenchanté où le terrorisme sème la panique et la crainte, l’auteur n’use pas de la sensiblerie ou de la course à l’émotion. Avec une extrême pudeur, Sitam ou Archibald gardent une grande noblesse d’âme et surtout la foi en leurs passions, la musique et l’écriture. 

Dans un style bien personnel, Hector met en musique la force et l’humanité débordante de ceux qui sombrent sous les drames collectifs et personnels mais gardent toujours foi en leur avenir.

Presque une nuit d’été – Thi Thu

Titre : Presque une nuit d’été
Auteur : Thi Thu
Éditeur : Rivages
Nombre de pages : 208
Date de parution : 22 août 2018

Elle est photographe, elle aime déambuler dans les rues pour saisir l’instant, rencontrer des personnages pleins d’humanité et d’histoires à raconter.

«  Ce jour-là, j’ai compris ce que je voulais fixer dans ma mémoire : l’instant. Je voulais capter ce qui fait de l’homme un homme… »

Elle sait voir mais surtout écouter. Tout d’abord Ibtissem, avec laquelle elle a travaillé dans un restaurant. Née dans une cité, la jeune femme se bat contre l’emprise d’une famille, un frère en prison, cela n’aide pas pour se construire un avenir. La peine qui la torture, c’est de savoir sa nièce abandonnée dans un orphelinat. 

Et puis, il y a Joh qui n’en finit pas de raconter l’histoire de Loan. A chaque rencontre, il invente une suite, une histoire d’enfance entre trois garçons.

Cette vieille dame au châle noir est peut-être la plus touchante. Les visites de la photographe comblent sa solitude. Alors, elle raconte ses amours d’antan avec Yoru ou cette légende d’Amaterasu (le soleil) et de son frère Tsukuyomi ( la lune).

Beaucoup de belles histoires d’amour, de frères et de sœurs qui comme la lune et le soleil ne peuvent exister l’un sans l’autre. Yoru et Kaguya en sont le plus bel exemple.

Il n’est pas facile de s’ancrer dans cette histoire. Dans ces récits enchevêtrés se mêlent aussi les souvenirs et les rêves de la narratrice.

Cela reste une promenade dépaysante, nostalgique, humaine au gré des chapitres dont les titres sont tirés d’un ouvrage d’Emil Cioran.

L’auteure séduit par son écriture, elle sait créer une belle et douce ambiance. Le choix d’une construction enchevêtrée ne m’a pas permis d’en ressentir toute la magie. 

Mais je retiens le nom de l’auteure pour une prochaine lecture.

L’écart – Amy Liptrot

Titre : L’écart
Auteur : Amy Liptrot
Littérature anglaise
Traducteur : Karine Reignier-Guerre
Éditeur : Globe
Nombre de pages : 336
Date de parution : 29 août 2018

Amy est née aux Orcades, un archipel d’îles au Nord de l’Écosse. Son père, souffrant de troubles bipolaires y exploite une grande ferme comportant plusieurs terrains et pacages au bord d’une falaise. 

Vers vingt ans, Amy enchaîne les petits boulots et commence à boire. Lorsqu’elle s’installe à Londres, elle commence une descente aux enfers dans l’alcool et la drogue.

«  J’étais partie, et je l’avais voulu, mais les Orcades et les falaises continuaient de me hanter. Chaque fois que je m’éloignais, j’éprouvais un profond sentiment de perte – une sorte de vibration dérangeante et continue dont je ne parvenais pas à me défaire. Je portais en moi ces mers déchaînées, ces ciels infinis et une facilité à apprivoiser la peur du vide. »

Après une litanie d’échecs, de projets avortés et d’amours perdues, Amy commence une cure de désintoxication. Puis elle retourne aux Orcades. 

«  Je serais toujours aux prises avec deux questions essentielles : pourquoi ai-je ressenti le besoin de m’enivrer pendant des années? Et comment combler le vide causé par l’abstinence. »

Tout d’abord, elle s’installe chez son père. Depuis le divorce, sa mère s’est installée à Kirkwall. Elle répare les murets en pierre sèche et aide à l’agnelage. 

«  Je répare ces murets en pierre sèche en même temps que je rassemble les morceaux de moi-même pour me reconstruire. »

Puis, elle travaille tout l’été pour la Société Royale de protection des oiseaux. Elle recense un oiseau rare au cri étrange appelé le « roi caille ».

Elle passera l’hiver sur Papa Westway, une des plus petites îles habitées de l’archipel des Orcades. Elle y découvre des habitants accueillants, participent aux diverses traditions et s’immergent dans cette nature sauvage, rude mais ressourçante.

«  Chaque fois que je flanche, je n’ai qu’à regarder le ciel et son spectacle permanent pour me redonner du cœur à l’ouvrage. »

Amy Liptrot nous emmène dans un double voyage. Celui qu’elle creuse à l’intérieur d’elle même pour comprendre ses réactions et celui qu’elle entreprend en parcourant cet archipel, une terre de légende riche en faune et flore, une terre qui lui ressemble, une terre au bord  de l’abîme qu’il faut protéger des assauts du vent et de la modernité.

Ce premier roman est un document puissant, un témoignage poignant d’une alcoolique prête à suivre le programme en douze étapes des Alcooliques Anonymes. Mais c’est aussi et surtout une plongée vivifiante, poétique, inoubliable dans les paysages des Orcades avec un guide particulièrement curieux et intéressant. Amy Liptrot compense son addiction à l’alcool par une addiction au savoir. Sa curiosité, aidée des pouvoirs de l’ère numérique nous entraîne à déchiffrer le ciel, à s’émouvoir de l’observation d’espèces animales, à arpenter les terres rugueuses, à plonger dans les mers froides.