Les tout petits bonheurs – Henry Fraser

Titre : Les tout petits bonheurs
Auteur : Henry Fraser
Littérature anglaise
Éditeur : Larousse

Nombre de pages : 176
Date de parution :  11 avril 2018

Sentir le froid et le chaud sur les pores de la peau, goûter au plaisir de l’eau fraîche qui passe dans la gorge. Ouvrir sa fenêtre un matin de printemps, voir le bleu du ciel, écouter le chant des oiseaux. Sans parler de l’évidence de marcher, courir, aller où bon nous semble.

Ce sont tous les petits bonheurs de la vie que nous ne remarquons plus dans notre quotidien. Faut-il les perdre pour en saisir toute l’intensité? 

Henry Fraser est un jeune homme sportif de dix-sept ans. Troisième garçon d’une fratrie de quatre passionnés de rugby. A la fin de son année de College, il part au Portugal avec des copains. Un simple plongeon en mer lui endommage la colonne vertébrale. Paralysé depuis le cou jusqu’aux orteils, il passe des semaines en soins intensifs, incapable de respirer, boire, bouger autre chose que les yeux puis confiné en quarantaine pour maladies infectieuses. 

Henry ne sera conscient de son état qu’en voyant son reflet dans la vitre d’une porte. C’est alors qu’il craque pour la première fois. Heureusement, depuis le départ sa famille, ses amis et même des anonymes sont d’un grand réconfort.

D’une citation de Saint-François d’Assise, relevée dans un courrier, il fait sa devise.

«  Commence par faire ce qui est nécessaire, puis ce qu’il est possible de faire, et soudain, tu réaliseras l’impossible sans t’en apercevoir. »

Ensuite ce seront des mois d’hôpital et de rééducation, où la panique l’envahit à chaque petit changement bientôt calmée par le bonheur d’avoir progressé. 

Sportif, optimiste, Henry a une volonté hors norme.

«  La gratitude pour les choses que j’avais jusqu’à présent considérées comme acquises: l’air frais, le soleil, l’amour des proches, et la main de l’amitié tendue par des inconnus » lui donne le courage d’accepter sa situation et de s’adapter.

«  A mon avis, c’est seulement quand on accepte le diagnostic et les pronostics que l’on peut continuer d’avancer. »

Henry s’investit pleinement dans la rééducation. Il muscle son cou pour envisager une autonomie relative avec un fauteuil roulant. Il reprend ses études en internat, donne des conférences, écrit des articles pour des journaux sportifs. Puis découvre la possibilité de dessiner en utilisant des tiges buccales supportant crayons et pinceaux.

Aujourd’hui, Henry Fraser est un artiste de la bouche et un conférencier charismatique et légitime en développement personnel.

«  C’est fou ce qui peut arriver quand on sort de notre zone de confort. »

Son témoignage plutôt optimiste n’occulte ni les difficultés, ni les moments de doute. Même si j’imagine facilement qu’il ne s’est pas appesanti sur son désarroi et celui de ses proches. Non pas pour en tirer une leçon de morale mais bien pour donner la volonté et l’espoir à ceux qui perdent ainsi du jour au lendemain foi en la vie.  Son audace lui a valu le soutien de personnalités dans le monde du sport mais aussi de J.K.Rowling qui a préfacé cet essai biographique. Henry Fraser arrive même à reconnaître sa chance. « L’adversité m’a fait un beau cadeau » .

Sur les barricades – Léa Tourret et Eärendil Nubigena

Titre : Sur les barricades
Auteur : Léa Tourret
Illustrateur : Eärendil Nubigena
Éditeur : Le Laboratoire existentiel
Nombre de pages : 192
Date de parution : 18 octobre 2017

 

 

 

 

 

Istanbul, Erdem Gunduz, danseur et chorégraphe reste debout immobile sur la place Taksim en signe de protestation bientôt suivi par d’autres ici, ailleurs dans la ville, dans le pays et dans le monde.

« Les corps sont singuliers, certes, mais c’est la mise en commun des singularités et donc le tout qui fait la force d’une barricade. »

A l’heure où avec les véhicules souterrains, aériens, les drones et les réseaux sociaux, il est impossible de bloquer les flux qu’est devenue la barricade, construction urbaine délimitant les espaces entre l’opposition et le pouvoir?

La barricade, oeuvre technique éphémère réalisée avec les objets du lieu et de l’époque, reste un témoin historique des ruptures entre les mondes des insurgés et des forces de l’ordre. On se souvient surtout des barricades du XIXe siècle.

Si la rue reste toujours un « espace de mise en lumière des dysfonctionnements d’une société », c’est avec les manifestations, squats, barrages, blocages des flux que les insurgés luttent ensemble affichant souvent la même sociabilité que sur les barricades d’antan.

Léa Tourret, philosophe spécialisée en anthropologie de l’objet, propose ici une véritable thèse universitaire sur les barricades et autres formes de « théâtralisation » de l’opposition au pouvoir politique.

En respectant le principe de cette jeune maison d’édition qui veut, suivant la phrase de Jules Verne, que « l’illustration bonifie le récit », la plasticienne, Eärendil Nubigena, illustre avec talent corps et chaos des situations insurrectionnelles.

Pour drainer un plus large public, l’ancrage sur des situations ou personnages particuliers aurait pu alléger un essai qui reste très singulier et universitaire. Par exemple, insister davantage sur certaines figures des communards, sur Erdem Gunduz ou sur ces femmes de caractère rapidement évoquées dans ce monde viril de la contestation.

Le Laboratoire existentiel se démarque par des ouvrages de qualité, tant sur le fond que la forme. Ce sont des petits livres qui attirent l’oeil pour ensuite engager une réflexion sur le monde contemporain.

 

 

Reflets dans un oeil d’homme – Nancy Huston

Titre : Reflets dans un œil d’homme
Auteur : Nancy Huston
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages: 320
Date de parution : Mai 2012

 

Dans cet essai, Nancy Huston s’insurge contre la théorie du genre, ce qui peut étonner de la part d’une auteure que je pensais féministe.
«  La théorie du genre n’est pas seulement élitiste, elle est irresponsable. »
Le sexe semble prédestiner la femme à la procréation et l’homme à la démonstration de sa force. Il paraît dommage que cet essai puisse se résumer à conclure que filles et garçons deviennent respectivement putes et caïds.
En balayant la naissance, l’adolescence, la vie d’adulte puis la maturité, en s’appuyant sur sa propre expérience et celles de Nelly Arcan, Anaïs Nin, Jean Seberg, Lee Miller et Marylin Monroe, Nancy Huston insiste sur l’importance de l’image de soi pour la femme. Que ce soit en réaction à un père, en soumission à un homme, en réponse à l’avènement de la photographie ou au développement de la photographie, de manière choisie ou contrainte, les femmes ont besoin du regard des autres et se laisse séduire par le désir constant des hommes. N’est-ce pas un peu caricatural?
L’auteur s’étonne que la femme, après avoir durement acquis des droits, se laisse enfermer par le mythe de la beauté. La cosmétique, la chirurgie esthétique augmentent sans cesse leur chiffre d’affaire. Les magazines féminins se vendent bien.
 » Suis-je mon corps, ou mon esprit? »
La pilule a fait fuir la terreur ancestrale de la grossesse non désirée. Les femmes se lâchent, oubliant leur mission première de la procréation!
L’émancipation de la femme ne la conduirait-elle donc qu’à deux alternatives: pute ou mannequin.
Les théories exposées ici semblent assez caricaturales, éloignées des théories féministes et peu réjouissantes pour les femmes ramenées à leur lignée animale.

Fort heureusement, les quelques expériences de femmes célèbres donnent un peu d’air à cet essai qui tournent un peu en rond autour du même concept. Dommage, Nancy Huston avait sûrement plus à dire sur le sujet.

Je remercie Voyage au bout de mes livres qui m’a accompagnée pour cette lecture commune.

Hygge, l’art du bonheur à la danoise – Louisa Thomsen Brits

img_1540Titre : Hygge L’art du bonheur à la danoise
Auteur : Louisa Thomsen Brits
Littérature danoise
Traducteur : Isabelle Chelley
Editeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 190
Date de parution : 3 novembre 2016

Quel est le secret de ce peuple danois considéré comme le plus heureux du monde? Le hygge ( prononcez [heu-gue]) paraît-il. Mais qu’est-ce que le Hygge? Louisa Thomsen Brits, mi-danoise, mi-anglaise va tenter de nous y sensibiliser.
Certes le peuple danois a dans sa culture, son histoire, son environnement naturel, son architecture de très bonnes dispositions au Hygge mais, de plus en plus, nous nous tournons aussi vers ces moments relaxants anodins qui nous permettent d’être bien.
Etre plutôt qu’avoir, rester a l’écoute de ce qui nous entoure, privilégier tous les sens, savoir de temps en temps mettre ses problèmes de côté, profiter de l’instant présent, créer  » des moments extraordinaires dans nos vies ordinaires« , vivre avec les saisons.
Il me semble que tout comme Monsieur Jourdain, je « hyggais » sans le savoir. Et les grands lecteurs, si j’en crois les photos, les messages me semblent particulièrement disposés à cette pratique. Quand je prends mon bouquin, que je me love dans le canapé avec mon plaid, près de la cheminée et que je me complais dans des heures de lecture, je « hygge »
Quand je me promène dans les bois, observant la nature, les oiseaux, discutant avec un autre promeneur, je « hygge »
Quand je prends plaisir avec faire un gâteau qui va embaumer toute la maison et ravir les gourmands, je « hygge »
Quand vous acceptez que vos enfants vous rejoignent le dimanche matin dans le lit parental pour un gros câlin, lorsque vous recevez la famille ou les amis pour un bon repas, vous « hyggez »

Les Danois, proche de la nature, ont cet esprit calme, accueillant dans le sang. Une bougie sur le bord de la fenêtre pour souhaiter la bienvenue, un panier de chaussons tricotés pour que les invités se mettent à l’aise dans ces intérieurs aux matériaux naturels, aux lignes pures, au confort simple et rustique.
Souvent je pensais que cela était facile pour eux, mais l’auteur venait toutefois rappeler que le foyer pouvait aussi être un état d’esprit, que la technologie aurait pu les pervertir, que les difficultés existent et que justement ces pauses peuvent aider à les affronter. Cela reste toutefois dans un milieu assez protégé.

Je n’ai pas fait de grandes découvertes en lisant ce livre et les quelques notions simples sont largement répétées ( en principe, après avoir lu ce livre, vous courez chez Ikea acheter un stock de bougies). Toutefois, dans nos vies trépidantes, il n’est jamais inutile de rappeler qu’il faut savoir capitaliser sur les petits moments simples de détente et de partage.
Si j’ai souvent eu l’impression que l’on hyggait comme on schtroumpfait, j’ai apprécié les photos et les citations d’écrivains ( Soren Kierkegaard, Thomas Moore, Nietzsche, Oscar Wilde, Sylvia Plath…) qui viennent prouver une fois de plus que cette philosophie n’a rien inventé.

Un moment relaxant

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Génération Gueule de bois – Raphaël Glucksmann

GlucksmannTitre : Génération gueule de bois
Auteur : Raphaël Glucksmann
Éditeur : Allary Editions
Nombre de pages : 170
Date de parution : 26 février 2015

J’essaie de regarder aussi régulièrement que possible le Petit Journal sur Canal+ et c’est là que j’ai découvert Raphaël Glucksmann. Invité après le succès du FN au premier tour des élections régionales, son livre s’inscrivait parfaitement dans l’actualité.
Dans un chapitre de Génération Gueule de bois, l’auteur imagine l’élection de Marine Le Pen à la Présidence de la République suite aux deux attentats kamikazes de février 2017.
Scénario futuriste qui peut paraître très plausible et ressemble étrangement aux événements de la fin 2015.
Avec une clarté d’élocution remarquable, des idées intéressantes, un parcours international sur des zones de conflit ( Algérie, Rwanda, Ukraine), une formation politique, Raphaël Glucksmann m’a donné envie de creuser ses propos en lisant Génération Gueule de Bois.

Son analyse part de la fin de la guerre froide avec la chute du mur de Berlin, époque où chacun aspire à un monde de progrès et de jouissance.
Lorsque se manifestent les signes annonciateurs d’une atteinte à la liberté, au vivre ensemble avec l’entrée des tanks russes en Ukraine, les décapitations sur Youtube, les attentats contre la société multiculturelle comme en Scandinavie, les politiques dans leur constante stratégie verticale ne savent pas répondre à cet élan nécessaire des peuples vers un ordre horizontal, celui où l’on est « Tous un ».
C’est pourtant cet élan qui se manifestait en Égypte, en Ukraine en 2013, à Paris sur la Place de la République.

 » L’élan horizontal de Maïdan, de Tahrir et de la République n’a pas encore produit de concept clair, de discours cohérent, de modèle politique. »

L’auteur reconnaît que seule Marine Le Pen a compris la pensée du philosophe communiste italien, Gramsci  » Il n’y a pas de prise de pouvoir politique possible sans prise préalable du pouvoir idéologique et culturel. »
Le vacillement des bases de la société peut venir de la déception des gens face à un gouvernement qui reste dans l’élite conservatrice malgré mai 68, d’une Europe qui sous l’égide de Bruxelles, d’une super structure bureaucratique se contente de gérer les marchés et non d’édifier une démocratie européenne.

 » Quand la dynamique collective disparaît, il ne reste que les inerties. »

Le récit de l’auteur est  riche d’enseignement avec ses engagements personnels notamment aux côtés du président Saakachvili en Géorgie, de son séjour à Kiev en 2014 pour aider l’insurrection ukrainienne. Raphaël Glucksmann n’hésite pas à dénoncer le soutien financier des oligarques russes dans la montée des partis d’extrême-droite européens.

Écrit après les attentats de janvier 2015, l’essai traite aussi de la montée de l’islamisme avec ceux qui « veulent enlaidir le monde« . Si Al Qaïda était une organisation structurée, le terrorisme actuel répond à une idéologie diffuse plus difficile à remonter.

J’ai apprécié que l’auteur ne se contente pas de faire un état des lieux, de proposer ses analyses, de partager ses expériences mais qu’il propose aussi des « solutions ». Rien de sensationnel mais au moins un appel à aller au-delà du simple « non ».

 » Nous combattons pour la société ouverte issue des Lumières. Nous vivons dans une nation et une république qui sont en elles-mêmes un discours. Il nous faut revisiter, actualiser, reprendre ce récit. La France de Voltaire, de la Révolution, de La Boétie, de Montaigne, de Rabelais, de Charlie ne peut devenir le terrain de jeu des haines identitaires si l’on recommence à la dire et à la vivre. »

Un livre à lire pour un bel élan vers l’édification d’une démocratie européenne, enjeu des années à venir.

bac

Elle est pas belle la vie ? – Kurt Vonnegut

vonnegutTitre : Elle est pas belle la vie?
Auteur : Kurt Vonnegut
Littérature américaine
Traducteur : Guillaume-Jean Milan
Éditeur : Denoël
Nombre de pages : 160
Date de parution : 8 janvier 2015

Auteur :
Kurt Vonnegut naît en 1922 à Indianapolis (États-Unis). Des romans comme Les sirènes de Titan, Le berceau du chat, Abattoir 5, Le breakfast des champions l’ont placé parmi les maîtres de la littérature américaine contemporaine. Il meurt en 2007 à New-York.

Présentation de l’éditeur :
Kurt Vonnegut, romancier et satiriste d’exception, était en son temps l’un des orateurs les plus demandés pour les cérémonies de remise de diplômes. Chaque fois, il savait trouver des mots originaux, pertinents et drôles, dont les étudiants se souvenaient longtemps. Elle est pas belle, la vie? rassemble des discours que l’écrivain a prononcés dans neuf universités entre 1978 et 2004. Tantôt hilarantes, tantôt incisives, en roue libre ou du plus profond sérieux, ces réflexions sont parfaites pour quiconque fait l’expérience de ce que Vonnegut appelle «la cérémonie tant attendue de la puberté», marquant la transition entre les études et la vie d’adulte.
Un cadeau sans pareil pour tous ceux qui souhaitent découvrir un point de vue différent, atypique, cerné par le sens de l’humour grinçant de Vonnegut, mais aussi par son humanité et la foi qu’il porte en notre morale fondamentale. Un livre prophétique et exaltant dont chaque mot résonne avec une modernité cinglante.

Mon avis :
 » Combien d’entre vous, durant leur scolarité, ont eu un professeur qui les rendait heureux d’être vivants, fiers d’être vivants comme jamais ils n’auraient pensé l’être? »

Kurt Vonnegut, romancier américain, consacré après la publication d’Abattoir 5 en 1969, est de ceux dont les étudiants se souviennent. Il devint ainsi un des orateurs les plus appréciés pour la remise de diplômes dans les universités américaines.
Très proche de cette jeunesse, avec une bonne dose d’humour, de délire verbal et de simplicité, ce brillant orateur n’en dénonce pas moins quelques dérives de la société américaine. Les gouvernements, journaux télévisés, les profiteurs de la guerre, les vedettes de télévision ou l’Eglise sont parfois critiqués au détour d’une phrase.
Il critique les outils modernes et la dépendance aux énergies fossiles.
 » Et de grâce éloignez-moi cet enfant des ordinateurs, de la télé, à moins que vous ne vouliez en faire un imbécile solitaire. »
 » Nous sommes tous accroc aux énergies fossiles et, sans nous l’avouer, à deux doigts d’être en manque. »
Humaniste, Kurt Vonnegut prône le pardon et la nécessité de savoir apprécier les moments simples de bonheur. Et pour cela, il cite son oncle Alex, qui, heureux de boire une limonade sous un pommier l’été disait :  » Elle est pas belle la vie? »
« Remarquez quand vous êtes heureux, et sachez quand vous êtes satisfaits. »
 » Quand les choses se passent en douceur et de façon paisible, arrêtez-vous un instant, de grâce, et dites à voix haute :  » Elle est pas belle, la vie? » »
Il refuse que la haine soit le moteur d’une génération.
 » Trop de gens, dont les lycéens et les chefs d’Etat, obéissent au code d’ Hammourabi…oeil pour oeil, dent pour dent. »
Né à Indianapolis, il rappelle aux étudiants que de grandes choses sont aussi possible dans leur lieu de vie  »
N’oubliez pas d’où vous venez »
Et pour faire le mieux, là où on est, il est nécessaire de participer aux communautés. Savoir élargir sa famille au delà d’un couple. Et comme les artistes, savoir faire d’un petit bout de l’univers ce qu’il devrait être.
A ce moment crucial, où de jeunes passent un des rites de passage vers l’âge adulte, un tel orateur qui sait captiver son public avec un rythme dynamique, un humour grinçant, un charisme exceptionnel ouvre les yeux de futurs responsables aux dérives de la société et aux moyens de garder les pieds sur terre.
 » Si d’aventure vous avez un discours à faire, commencez par une blague, si vous en connaissez une. »
Et les messages, qui sont toujours d’actualité, font ainsi leur chemin.

Ce recueil m’a donné envie de découvrir les romans de cet auteur.

bac2015

 

Pensées éparses d’un rabat-joie – Abel Castel

castelTitre : Pensées éparses d’un rabat-joie
Auteur : Abel Castel
Éditeur : Max Milo
Nombre de pages : 128
Date de parution : 26 juin 2014

Auteur :
Abel Castel est un amoureux des mots. Il exerce en tant que médecin depuis près de 30 ans. Pensées constitue son premier recueil d’aphorismes.

Présentation de l’éditeur :
Mes largesses contre vos rondeurs.
Ma vie est un no woman’s land.
Méfiez-vous du temps : il n’a l’air de rien.
Instruisez-vous, cultivez-vous, mais surtout :
vivez ! Ça vous apprendra !
– Tu m’as manqué.
– Beaucoup ?
– De peu.
Je me fais vieux :
je me raconte, je me répands, j’évioque.

Mon avis :
Difficile de résumer un tel recueil. J’ai donc préféré choisir une pensée par thème afin de vous montrer l’ironie, la cocasserie, le jeu des mots, le cynisme, la goujaterie  parfois, la poésie et la finesse, le tout dans l’humour et le sourire.
Les phrases ne sont pas forcément celles que je préfère mais elle illustre l’étendue du registre de l’auteur.
L’amour :  » Sortir en célibataire, c’est partir en pique-nique sans emporter de provisions »
Le passage à l’acte :  » Mes désirs font désordre. »
Une vie :  » A mon père, je dois d’avoir connu ma mère. »
Le bonheur :  » Je plains les gens heureux, ils n’ont plus rien à espérer. »
La conversation :  » On dit qu’il est des pays merveilleux où l’on torture les gens pour les faire parler…Ici, on les tuerait plutôt pour ne plus les entendre. »
Le désir :  » La nostalgie, c’est comme un désir rétrospectif. »
Dialogues :  » – C’est une femme réservée
– A qui ? »
Dictionnaire :  » Avare (adj. et n.) : Dur d’oseille »
La femme :  » Sur le fond, madame, tout nous sépare. Mais je vous rejoins sur la forme. »
Le mariage :  » Avec le temps ma chère et tendre…de plus en plus chère, de moins en moins tendre. »
L’homme :  » Des hommes on peut tout obtenir, mais on ne doit rien attendre. »
L’humour :  » Je ne suis pas d’humour à plaisanter. »
La liberté :  » Il en est mort d’innombrables pour la liberté…qui, peut-être l’ont trouvée. »
Le savoir :  » Sans les jeux télévisés et radiophoniques, combien de leçons apprises pour rien. »
Le temps qui passe :  » On veut tuer le temps, mais ce n’est pas le temps qui nous manque, c’est nous qui le manquons. »
La vieillesse :  » Elle aura bientôt enterré toute sa vie dans ses trous de mémoire. »

J’espère vous avoir mis l’eau à la bouche et que vous aurez envie de sourire en lecture cet été.

bac2014