Les Norvégiens pacifistes – Vibeke Knoop Rachline

Titre : Les Norvégiens, pacifistes
Auteur : Vibeke Knoop Rachline
Editeur : Ateliers Henry Dougier
Nombre de pages : 144
Date de parution : 1er octobre 2015

 

Suite à un récent voyage en Norvège, j’ai repris la lecture de quelques écrivains nordiques. A la parution d’une chronique, un lecteur ( je crois me souvenir que c’est Ecriture Factory) m’a conseillé ce petit livre, Les Norvégiens pacifistes de Vibeke Knoop Rachline.
La collection Lignes de vie d’un peuple des Ateliers Henry Dougier m’a de suite donné confiance et attirée avec cette photo de couverture, une carte du pays imprimée sur une main levée.
Et je n’ai aucun regret car ce livre est vraiment passionnant. En cinq chapitres, Vibeke Knoop Rachline dresse les caractéristiques connues de ce peuple, ses contradictions et son évolution à partir de rencontres avec des Norvégiens célèbres ( écrivains, sportif, cuisinier, professeurs, politiciens, anthropologue, première femme premier ministre ou contre-amirale, explorateur…).
Anecdotes, rencontres donnent du dynamisme à ce récit très clair, construit avec une grande logique.
De la Norvège, nous connaissons effectivement l’impression de bonheur lié à la nature aujourd’hui relayée dans la notion du hygge, les auteurs de polars nordiques, les champions de ski, quelques grandes figures comme Ibsen ou Munch mais l’auteur cible les détails, les contradictions qui, en toute honnêteté, nous donnent à mieux comprendre un pays en évolution.
Les Norvégiens ont une culture de pionniers. Dans ce pays, tout est mis en oeuvre pour gagner. On connaît la suprématie des fondeurs norvégiens, les architectes norvégiens sont bien placés mais la Norvège compte aussi par exemple Bent Stiansen, élu meilleur cuisinier du monde.
Pionnière aussi sur le féminisme. Gro Harlem Brundtland, première femme Premier Ministre ( parti travailliste 1986), a été la grande pionnière de l’entrée en politique des Norvégiennes.
 » Aujourd’hui encore, on affirme que les femmes constituent la deuxième ressource de la Norvège après le pétrole. Les trois-quart d’entre elles travaillent, et exigent un partage complet des tâches domestiques à la maison. »
Certes, le terme de « ressource » et la position de seconde place ne sont guère flatteurs. Disons que les femmes sont souveraines en ce royaume.

Riche du Fonds pétrolier et diplomate, la Norvège est un interlocuteur privilégié dans les accords de paix ( Israël, Colopbie, Syrie). Son second cheval de bataille est dans le domaine du climat. Et ce petit pays aura fort à faire si il sait prendre sa place en ce domaine.
L’auteur, en très bon journaliste n’omet toutefois pas de citer les contradictions du pays. Pacifistes et négociateurs de paix, la Norvège n’en est pas moins un des plus grands exportateurs d’armes. Seulement dans les pays qui doivent se défendre mais sans certificat d’utilisateur final.
 » La Norvège est un peu comme Janus, le dieu romain aux deux visages, selon certains chercheurs. On n’a pas l’un sans l’autre, même si le rôle des groupes d’armement norvégiens est nettement moins connu que les efforts de la diplomatie en matière de paix. »
Elle n’oublie pas non plus les premières polémiques au sujet des plongeurs sur les plateformes pétrolières.

Ce pays, où la nature a pris la place de la religion, où les hommes avaient cette volonté naturelle du dépassement de soi a été traumatisé par l’attentat de Anders Behring Breivik (un enfant du pays) en juillet 2011. Ce drame revient à plusieurs reprises dans l’analyse de l’auteur.
«  Celui qui, en tuant froidement 77 personnes en juillet 2011, a sorti le pays de sa bulle de bien-être. »
Les progrès de l’Internet, le consumérisme, l’ouverture sur l’Europe sans en faire partie, l’accession au pouvoir du Parti du Progrès, la fin possible des réserves en pétrole et gaz des fonds marins qui font la richesse exceptionnelle du pays pourraient remettre en cause les fondements naturels d’un peuple généreux, multi-ethnique, féministe, pacifiste.
«  Eva Joly voit une Norvège moins singulière dans l’avenir. »

Ce livre est vraiment très complet avec en plus d’un texte très fouillé, des annexes sur les personnalités norvégiennes et les chiffres clés du pays.

Vibeke Knoop Rachline est journaliste norvégienne, basée à Paris. Elle travaille notamment pour Aftenposten, premier quotidien norvégien, mais aussi pour différents médias norvégiens et français

Je ne manquerai pas de lire d’autres livres de cette collection, en espérant qu’ils soient aussi intéressants, clairs et perspicaces que celui-ci.

Treize hommes – Sonia Faleiro

FaleiroTitre : Treize hommes
Auteur : Sonia Faleiro
Lettres indiennes
Titre original : 13 Men
Traducteur : Eric Auzoux
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 108
Date de parution : 6 avril 2016

Sonia Faleiro, née à Goa est une journaliste connue pour aborder des sujets dérangeants, contribuant ainsi à la prise de conscience et l’évolution des choses en Inde, notamment concernant la condition féminine.

En janvier 2014, une jeune femme que l’auteur appellera Baby porte plainte au poste de police de Labpur ( Bengale occidental) pour viol collectif perpétré par treize hommes.
En Inde, « selon les statistiques, une femme est violée toutes les demi-heures. Ces crimes sont pratiquement ignorés des médias depuis des décennies. » Mais, depuis la mort d’une jeune femme violée à Delhi en 2012, les journaux s’emparent plus facilement de ces affaires.
Sonia Faleiro enquête sur le cas de Baby afin de lever le voile sur certains éléments qui lui semblent peu cohérents. Et pour cela, elle nous explique les particularités de la tribu dont Baby fait partie, Les Santal.
Cette tribu indigène, encline à l’endogamie, est dirigée par un comité de village et n’accepte pas les alliances avec des personnes n’appartenant pas à la tribu ( outsider).
Baby a vécu quelques temps à Delhi et ses manières choquent les anciens. A vingt ans, elle a un portable et entretient une relation avec Khaleque, un musulman marié et père de deux enfants.
Surpris ensemble, les habitants les traîne devant le conseil du village. La nuit précédant le jugement, sous les ordres du chef du village, Balai Maddi, Baby sera violée par treize hommes de la communauté.
 » On fait ça pour te donner une leçon, pour que tu aies peur de t’approcher de n’importe quel homme »
Oubliant parfois l’outrage causé à Baby, des personnalités « Santal » mettent en doute les affirmations de la jeune femme en appelant à la manipulation politique de exploitants de carrière qui voudraient affaiblir les tribus afin de posséder leurs riches territoires.

Sonia Faleiro, dans un reportage clair et neutre, explique le fonctionnement de la tribu, leur manière de vivre, de s’organiser. Subalpur est un village très pauvre.
 » Sept Indiens sur dix résident dans des villages et des millions d’entre eux affluent vers les villes en quête d’un emploi, mais cette impulsion ne s’était pas encore emparée des habitants de Subalpur, en dépit du fait que pratiquement tous vivaient au-dessous du seuil de pauvreté de 30 roupies par jour ( moins de un demi-euro). »
Elle dénonce la brutalité de cet acte de viol et la façon dont l’enquête officielle se déroule. Sans oublier d’évoquer l’avenir à jamais meurtri d’une jeune femme souvent oubliée dans les règlements de compte officiels.
Grâce à ce court reportage d’une grande intensité, Sonia Faleiro alerte sur la banalité du viol comme sentence faite aux femmes indiennes. Mais elle ne s’arrête pas là et nous explique les habitudes ancestrales des tribus de l’Inde rurale et les manipulations politiques visant à les fragiliser afin de mieux les exploiter.

L’auteur adresse sa reconnaissance à Rajesh Sharma qui, grâce à ses constants encouragements, a permis que cette version française voit le jour aux Éditions Actes Sud, Lettres indiennes. La publication internationale de tels témoignages est importante pour que chacun comprenne le monde.

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Lazare, mon amour – Gwenaëlle Aubry

aubryTitre : Lazare, mon amour
Auteur : Gwenaëlle Aubry
Éditeur : L’iconoclaste
Nombre de pages : 75
Date de parution: 13 janvier 2016
Lorsqu’on demande à Gwenaëlle Aubry d’écrire sur une romancière ou poétesse, le nom de Sylvia Plath s’impose comme une évidence. Cette jeune femme à la destinée tragique qui voulait à la fois  » être tout, être rien et parfois se tuer » avait trouvé en l’écriture une manière de survivre.
 » Écrire est une autre solution. La seule qui permette d’être tout et rien à la fois : se débarrasser de soi,  » devenir le véhicule d’un monde, d’une langue, d’une voix » et depuis ce vide devenir les autres,  » apprendre d’autres vies et en faire des mondes imprimés qui tournent comme des planètes dans l’esprit des hommes. »
Oui, Sylvia Plath est  » une sur vivante: pas seulement une qui est revenue d’entre les morts ( Lady Lazare) mais aussi une qui a vécu à l’excès. »

A partir de fragments de ses écrits, de photos, Gwenaëlle Aubry survole les grands moments de la vie de Sylvia Plath, surtout ses douleurs : la mort de son père, sa première tentative de suicide, sa rencontre avec Ted Hughes puis sa trahison, ses revers littéraires face aux succès de son mari, sa façon de devenir comme sa mère une mère-épouse « douce amère résignée« , sa solitude dans l’appartement de Londres où vécut Yeats.

Elle aurait tant souhaité réussir comme mère, amante et écrivain. Faire de l’amour et de l’écriture deux choses indémêlables. Mais Ted Hughes,  » gouffre tentant mais désastreux » prend vite toute la place. Sylvia peine à trouver la sienne. Elle se lance dans la prose pour s’éloigner de la poésie de Hughes.
 » Je vis par lui en attendant d’avoir une vie à moi. »
Après la trahison, la solitude est insupportable même si les enfants obligent à aller bien.
Sylvia Plath parvient cette fois à mettre fin à sa vie le 11 février 1963.

Avec ce très beau texte, Gwenaëlle Aubry rend un vif hommage à cette poétesse mythique, qui, comme la machine de Tinguely s’autodétruit à vouloir vivre trop intensément. Si on survole les grandes étapes de la vie de Sylvia Plath, je conseille aux lecteurs curieux d’en savoir davantage sur la poétesse de commencer par un autre ouvrage.
Je vous conseille Les femmes du braconnier de Claude Pujade-Renaud, 7 femmes de Lydie Salvayre Vous trouverez aussi sur mon blog, La cloche de détresse de Sylvia Plath. Et ensuite, en complément, ce texte de Gwenaëlle Aubry.

J’aime chez Gwenaëlle Aubry un permanent côté novateur! Retrouvez la lecture de l’auteur en musique.

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Goliarda Sapienza telle que je l’ai connue – Angelo Maria Pellegrino

pellegrinoTitre : Goliarda Sapienza telle que je l’ai connue
Auteur : Angelo Maria Pellegrino
Littérature italienne
Traducteur : Nathalie Castagné
Éditeur : Le Tripode
Nombre de pages : 64
Date de parution : mars 2015

Auteur :
Angelo Maria Pellegrino a rencontré Goliarda Sapienza en 1975. Il avait 29 ans. Il fut son dernier compagnon et vécut avec elle jusqu’à sa mort en 1996. Lui-même, comédien, écrivain, traducteur et éditeur, il fut le témoin privilégié de la genèse d’une grande partie de son oeuvre et sauva notamment L’art de la joie de l’oubli. Il dirige désormais en Italie l’édition des oeuvres complètes de Goliarda Sapienza, au sein des prestigieuses éditions Einaudi.
Présentation de l’éditeur :
Dans ce texte émouvant, le dernier compagnon de Goliarda Sapienza nous livre un portrait inédit de l’auteur de L’art de la joie, de Moi, Jean Gabin et de L’université de Rebibbia. On y redécouvre les arcanes d’une de personnalités les plus singulières de la littérature contemporaine, depuis l’univers hors norme de son enfance en Sicile à ses errances romaines, ses contradictions et les mouvements d’une vie qui la plongèrent dans les désespoirs les plus profonds comme les joies les plus minérales.
Goliarda Sapienza voulait que la littérature et la vie se rejoignent, ne fassent qu’un. Grâce au témoignage amoureux d’Angelo Maria Pellegrino, il est possible de comprendre à quel point cette exigence la poussa au plus loin de l’existence.
Mon avis :
Angelo Maria Pellegrino reprend dans ce récit les points importants de la vie de Goliarda Sapienza, déjà bien connus de ses lecteurs puisque ses romans comportent une part autobiographique et que l’éditeur français Le Tripode joint couramment en fin de livre une biographie de l’auteur. Mais reprendre ces événements avec quelqu’un qui l’a bien connue et l’a aimée donne une dimension supplémentaire.
Goliarda Sapienza est née dans une famille recomposée avec des parents fort engagés politiquement et férus de théâtre grec ( pour son père) et de littérature politique et philosophique ( pour sa mère) . A 12 ans, elle avait lu tout Dostoïevski et Tolstoï. Sicilienne, l’Etna lui a donné son tempérament volcanique.
Élevée dans les ruelles de Catane, bercée par les récits d’humanité des clients de son père avocat, Goliarda a aussi profité du féminisme et de la liberté religieuse de sa mère.
Son voyage en Russie finira de l’opposer au PCI ( Parti Communiste Italien), rompant ainsi avec son compagnon le cinéaste Francesco Maselli et retrouvant les valeurs de ses parents avec le socialisme anarchiste et humaniste.
Après une courte carrière au théâtre et au vinéma, Goliarda Sapienza tente vainement de faire éditer L’art de la joie, mais la subversivité de son héroïne Modesta déplaît aux éditeurs.
Curieusement cette auteure aujourd’hui reconnue en Italie et publiée par les éditions Einaudi ( équivalent de La Pléiade), peine alors à se faire connaître. C’est peut-être cette indigence (  » un écrivain vole pour faire vivre son œuvre ») qui la poussera à voler des bijoux et à se retrouver à la prison de Rebibbia, lieu qu’elle rêvait tout de même de côtoyer pour se rapprocher du monde de la marginalité. Et cette expérience carcérale sera une révélation et  » marqua sa renaissance« .
Déjà marquée par des soucis de santé et plusieurs crises morales, Goliarda découvre à la quarantaine le tabac et l’alcool, deux abus qui causeront son arrêt cardiaque en 1996.
Même si j’ai appris peu de choses sur la vie de Goliarda Sapienza, j’ai apprécié la vision d’ Angelo Maria Pellegrino et je ne peux que le remercier d’avoir mis tant d’énergie à faire publier les écrits de sa compagne.
Il faut aussi remercier les Éditions Viviane Hamy qui publient en 2005 L’art de la joie. C’est ce succès français qui a permis aux éditeurs italiens de comprendre l’importance de cette auteure talentueuse.
Et maintenant les éditions Le Tripode pour la publication de toute son œuvre.

moisitalien bac2015

Île de Ré

réTitre : Île de Ré
Auteur : Mickaël Augeron, Jacques Boucard
Éditeur : Glénat
Nombre de pages : 192
Date de parution : avril 2015

Auteur :
Mickaël Augeron est maître de conférences à l’université de La Rochelle, où il dirige les formations Patrimoines et Tourismes. Spécialiste des sociétés littorales et de l’expansion maritime européenne, il a rédigé ou codirigé une douzaine d’ouvrages, dont Les Huguenots et l’Atlantique (2009 et 2012), Histoire de La Rochelle (2012), La Rochelle, l’Aunis et la Saintonge face à l’esclavage (2012) et Floride, un rêve français, 1562-1565 (2012). De par ses origines familiales, il est très attaché à l’île de Ré, qu’il fréquente assidûment depuis l’enfance.
Issu d’une vieille famille rétaise, Jacques Boucard est ingénieur en électronique et docteur en histoire moderne. Il étudie avec passion le monde peu connu des « paysans de la mer » et les populations littorales. Il a fondé la revue les Cahiers de la Mémoire (1980), écrit de nombreux articles et rédigé – ou codirigé – plusieurs ouvrages dont Les Écluses à poissons dans l’île de Ré (1984) et La Tempête Xynthia face à l’histoire (2011).
Présentation de l’éditeur :
Île déco ou île nature, rendez-vous chic ou rendez-vous famille : Ré sait séduire tous les publics. Escale en 100 photos sur l’un des joyaux de l’Atlantique.
Celle qu’on baptise « Ré la blanche » est l’une des îles les plus courtisées de France. Il faut dire qu’il s’en dégage un charme unique. Qu’on se balade à bicyclette le long du littoral jusqu’au phare des Baleines, au milieu des bois de pins, des champs de coquelicots et des vignes ou bien au bord des marais salants où la mer se marie à la terre, on ne peut être que frappé par la beauté préservée des paysages rétais et l’harmonie de ses villages. Saint-Martin, Loix, Ars, La Flotte, Sainte-Marie, Rivedoux, Les Portes, Saint-Clément, La Couarde, Le Bois : grâce à des règles d’urbanisme strictes, ces dix villages ont su garder intacte leur authenticité.
Île ou presqu’île ? Terre de paysans-pêcheurs ou villégiature pour stars ? Ré est tout cela à la fois. C’est cette double identité, maritime et rurale, que montre ce beau livre écrit par deux spécialistes de l’histoire rétaise. Les textes comme les très belles photos qui les accompagnent mettent en valeur le patrimoine naturel et culturel de l’île. En fin d’ouvrage, un carnet de voyage donne toutes les informations nécessaires sur les lieux à visiter.
Mon avis :
Ballades en vélo, pêche à pied, gastronomie, plages…L’île de Ré, je la connais bien. Depuis des années, je traverse ses villages et apprécie cet environnement que les règles d’architecture et de couleur ont su préserver.
Ce livre m’a toutefois beaucoup appris sur l’histoire de l’île. De sa sortie des eaux, de l’unification des quatre îlots, des invasions barbares, des guerres de la Révolution et de l’Empire à nos jours, l’île se peuple forte de son commerce du sel et de la vigne. Puis régresse avec les épidémies du XVIe siècle, la concurrence des sels de l’est au milieu du XIXe siècle, puis avec l’exode rural de 1950.
Mais cette île a toujours su se diversifier en reprenant des activités dans l’élevage et la céréaliculture puis avec l’ostréiculture et enfin avec le tourisme classique et balnéaire.
Depuis 1910, l’île vante « sa quiétude et sa simplicité rétaise » pour développer le tourisme de masse. Aujourd’hui les résidences secondaires constituent 60% de l’habitat et la population se multiplie par 10 chaque été.
Avec le pont construit en 1988, l’île est relié au continent. Rivedoux est le premier village en arrivant de La Rochelle, puis s’ensuit La Flotte qui fait partie des plus beaux villages de France. Saint-Martin est la « capitale » de l’île avec ses fortifications. De ce port partait La Martinière ( aujourd’hui c’est le nom du meilleur glacier de Saint Martin), un navire qui emmenait les prisonniers en Guyane. Après la suppression du bagne de Guyane en 1938, Saint Martin ouvre son centre pénitentiaire en 1946.
Avec Loix, séparé du reste de l’île par un bras de mer, vous êtes au cœur de la faune et la flore du Fier d’Ars.
Les Portes-en-Ré, autrefois le plus pauvre des villages de l’île est aujourd’hui le siège de la jet-set avec le célèbre bois de Trousse-Chemise.
Saint-Clément-des-Baleines est célèbre pour son phare et la plage de la Conche. Les vents favorisent les sports de voile, le bout de l’île réserve de superbes couchers de soleil.
Ars en Ré, port qui permettait autrefois d’accueillir des navires est aujourd’hui un port de plaisance et centre de création artistique, toujours célèbre pour son clocher.
La Couarde, centrée sur le tourisme balnéaire est désormais la commune la plus huppée.
Le Bois Plage conserve son attrait familial avec de superbes plages de sable.
Sainte-Marie-de-Ré avec son clocher gothique est un village rural entre terre et mer.
Avec les risques de raz-de-marée, la montée du tourisme, l’île se doit de protéger ses dunes, sa faune et sa flore. Île de passage pour de nombreux oiseaux migrateurs, la réserve nationale de Lilleau des Niges recense plus de 320 espèces différentes. L’écosystème est protégé, les écogardes veillent à la protection de l’environnement.
Cet album est une agréable ballade dans l’histoire, les villages et les paysages avec de superbes photos d’un bout à l’autre de cette île préservée.

Je remercie Babelio et les Éditions Glénat pour cette découverte.

 

tous les livres sur Babelio.com

 

 

Les lettres oubliées: Lettre à Virginia Woolf

lettreQuelque soit notre âge, nous avons souvent la nostalgie des belles lettres reçues autrefois, avant l’apparition du téléphone (bon d’accord, je ne suis pas si vieille) ou d’Internet. Pour beaucoup d’entre nous, le facteur est encore souvent attendu comme un messager de bonheur (je sais que vous attendez impatiemment vos livres dans votre boîte aux lettres).
Ma fille m’a étonnée en projetant d’écrire des messages poétiques à son amie pendant les vacances, un défi au professeur de français qui regrettait que les jeunes ne sachent plus écrire de belles lettres en poésie. Elle se réjouit de recevoir ces petits bouts de papier, ces nouvelles attendues d’un autre lieu (sûrement en plus d’une centaine de SMS).
Aussi lorsque Georgia m’a parlé de son idée d’envoyer de belles lettres extraites de correspondances plus ou moins célèbres, j’ai accepté sa proposition de tester ce service.
C’est effectivement un vrai plaisir de recevoir ce message car Georgia a pris soin de prendre du beau papier parcheminé, de taper sa lettre avec une vieille machine à écrire Underwood et qu’elle nous fait ainsi retrouver l’intimité des correspondances célèbres.
J’ai donc reçu une lettre adressée à Virginia Woolf par Lytton Strachey, écrivain et critique britannique ( 1880- 1932). L’écrivain s’apercevant que Virginia a oublié son gant, pense à elle et lui écrit ses craintes, lui dévoile les dernières inventions de son roman en cours. C’est une lettre brève qui attend une réponse comme un échange rapide mais avec la lenteur du courrier et la pérennité du papier.

Si ce projet vous intéresse, vous trouverez bientôt un article sur le blog de Georgia.

La lettre reçue s’insère parfaitement dans le mois anglais.

mois anglais

Confidences passagères – Toufik Abou-Haydar

Abou-HaydarTitre : Confidences passagères
Auteur : Toufik Abou-Haydar
Editeur : Max Milo
Nombre de pages : 188
Date de parution : 12 février 2015

Auteur :
Toufik Abou-Haydar est un auteur libanais. Il a travaillé dans le monde de la presse et de la photo avant de changer de vie et de se reconvertir en chauffeur de taxi parisien.

Présentation de l’éditeur :
Nuit et jour, Toufik sillonne les rues de Paris. Un oeil sur la route, l’autre dans le rétroviseur, ses journées se déroulent au rythme de la poésie du bitume et des rencontres éphémères, ces milliers d’âmes qui arpentent les trottoirs à la recherche d’une banquette salvatrice. À travers la vitre, comme dans le salon d’un psy, on découvre une pléiade de personnages sympathiques, goujats, bourgeois, cadres, sans-dents, voyous, prostituées, touristes en goguette, people, politiques qui viennent s’épancher dans l’oreille rassurante et bienveillante de leur chauffeur.

Pendant que les chiffres du compteur défilent et que vibre l’écho de la circulation, Toufik nous offre une magnifique balade onirique, entre monuments historiques, quartiers populaires et lieux insolites, le tout sur fond de jazz…

Mon avis :
Toufik a quitté ses terres du Liban au début des années 80 pour faire des études de droit en France. Très vite, il a abandonné le choix de sa mère pour sa vraie passion, les études de cinéma. La crise, le mariage et une première naissance lui ont fait lâcher son premier travail pour quelque chose de plus alimentaire, chauffeur de taxi.
 » Pour supporter ce métier, il faut être philosophe ou poète…ou les deux. »
 » Pour ma part, seules trois choses m’aident à rester dans le métier : les couloirs de bus, la radio G7 et le livre de poche. »
Dans sa boîte à gants, il dispose d’une petite bibliothèque. Et, lors des attentes, il nous fait profiter de quelques extraits. Sa deuxième soupape de décompression, c’est le jazz et les CD de Sinatra.
Certes, les horaires et le nombre d’heures de travail sont affolants, mais que de riches rencontres! Des personnages touchants, des célébrités, des hommes politiques, des écrivains sont autant d’occasions d’anecdotes partagées.
Parce que ce chauffeur de taxi est particulièrement humain, il aide les petites vieilles perdues, les balayeurs fatigués, les jeunes filles apeurées, les amoureux transis se retrouvant souvent mêlé aux affaires personnelles de ses clients.
Il ne rate pas une occasion de discuter littérature avec des écrivains ( Andréï Makine, la fille de Nathalie Sarraute, de titiller les hommes politiques, de donner son avis sur le comportement hautain de certaines célébrités ou d’ en apprécier d’autres.
L’auteur est un personnage entier, honnête et intègre et il n’hésite pas à donner les noms des personnages connus, à affirmer leur gentillesse ou leur mépris.
Certains métiers vous mettent parfois face à des situations complètement invraisemblables. Dans ma petite vie bien tranquille, je peine à l’imaginer. Et pourtant, être en contact permanent, parfois à des heures tardives et nocturnes avec cette population parisienne si variée laisse effectivement la possibilité de croiser tous les fantasmes.
Certes, Toufik Abou-Haydar n’est pas un grand littéraire, mais il nous confie le quotidien de son métier en nous faisant partager ses rencontres éphémères. J’ai d’ailleurs trouver plus d’intérêt dans la brièveté des confidences que dans la tentative de conter une histoire lors de cette plus longue course vers Brest.
A lire peut-être si vous souhaitez comprendre la vie des chauffeurs de taxi souvent décriés par les parisiens ou si vous souhaitez vous aussi rencontrer quelques anonymes farfelus ou quelques célébrités.

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