Le Paris des curieux – Michel Dansel

Titre : Le Paris des curieux
Auteur : Michel Dansel
Éditeur : Larousse
Nombre de pages : 320
Date de parution :   16 mai 2018

 

On croit connaître une ville mais il y a toujours des coins, des explications historiques à découvrir. Michel Dansel, de sa plume très littéraire nous confie les secrets d’une ville qu’il connaît parfaitement.

Les trésors d’architecture, le Paris des artistes, les secrets d’histoire et le Paris insolite sont les différents chapitres de ce beau livre qui se termine par quelques itinéraires à suivre et les phrases des plus grands artistes sur Paris.

 

Avez-vous déjà visité les toilettes publiques de la place de la Madeleine, elles sont « artistiquement uniques »? Saviez-vous que Le Pont traversé est la seule librairie spécialisée exclusivement en poésie? Connaissez-vous la plus vieille pharmacie ou le plus vieil arbre de Paris? Savez-vous qu’il existe trois fontaines  avec de l’eau de source, qu’il y a deux voies souterraines dans le XIIIe arrondissement? Connaissez-vous l’Artois Club, le plus chic établissement où parier aux courses? 

Les cimetières ( il en existe dix neuf sur Paris), les célèbres cafés ou restaurants de Paris comme le Procope, le Wepler , la Closerie des Lilas, les statues de Danton ou du Maréchal Ney sont l’occasion de revenir sur des anecdotes historiques. C’est passionnant, instructif et agréablement mis en page.

 

Comme le laisse entrevoir la couverture, ce livre vous permet de découvrir Paris par le petit bout de la lorgnette, par un trou de serrure. Michel Dansel en a la clé, celle qui ouvre les portes sur un Paris insolite. Cette belle édition vous permet aussi de noter vos propres curiosités parisiennes sur une dizaine de pages de bloc-notes en fin de livre.
Un livre qui ne quittera plus les amoureux de Paris.

Publicités

New York mis en scènes – Jean-Michel Frodon

Titre : New York mis en scènes
Auteur : Jean-Michel Frodon
Editeur : Espaces & Signes
Nombre de pages : 128
Date de parution : novembre 2016

Une grande ville inspire les cinéastes. Si les grands espaces américains se sont étalés au fil des meilleurs westerns, New York se voit au cinéma dans sa verticalité. Il suffit de voir la statue de la liberté ou l’Empire State Building pour savoir que l’action se passe à New York.

Woody Allen et Martin Scorcese ont consacré une grande partie de leur filmographie à cette ville, apportant leur lumière sur les ponts, lieux et quartiers.

Il y a peu de films sur l’histoire fondatrice de New York, il ne faut pas écorner le mythe. New York est une ville du XXe siècle. L’histoire commence avec l’arrivée des migrants à Ellis Island, la promesse du rêve américain qui tourne vite à la désillusion puis très vite la violence engendrée par les antagonismes sociaux et ethniques. Le gangstérisme et la mafia italienne vue par Scorcese et Coppola, la mafia chinoise ( L’année du dragon de Michael Cimino), juive ( Il était une fois en Amérique de Sergio Leone) puis la condition des Noirs ( Ragtime de Milos Forman…)

Le cinéma s’est ensuite tourné vers l’impitoyable finance avec Wall Street ( Un roi à New York de Charlie Chaplin, Wall Street d’Oliver Stone…)
Jusqu’au jour où cette ville violente fut elle-même la cible des violences avec l’attentat du onze septembre, « l’évènement le plus vu de toute l’humanité » qui continue de hanter l’univers du cinéma.

Mais, à contrario, le cinéma inspire aussi ceux qui découvrent la ville. Qui ne se souvient pas d’une scène d’un film que l’on a aimé devant un pont, un bâtiment, un lieu ou un jardin? Même si certains endroits n’existent plus, et c’est cela aussi la magie du cinéma, se souvenir et constater l’évolution d’une ville, certaines scènes sont inoubliables.
L’arrivée aux Etats Unis du personnage de L’émigrant ( Charlie Chaplin 1917) avec la statue de la liberté. King Kong ( Cooper et Schoedsack 1933) perché en haut de l’Empire State Building. Le quartier de Greenwich Village dans Inside Llewyn Davis ( Frères Cohen 2013). Central Park avec Marathon Man ( John Schlesinger 1976). Et pour terminer en beauté, Marilyn Monroe dans Sept ans de réflexion ( Billy Wilder 1955) sur la bouche d’aération situé sur le trottoir au coin de Lexington et de la 52nd Street.

Je n’ai cité ici que quelques titres de films mais l’index final comprend 13 pages de références avec tous les genres et les époques. J’ai apprécié aussi les treize planches finales qui posent quelques scènes de films sur des quartiers de New York.
Si le format poche est appréciable pour emmener ce livre en voyage, je regrette qu’il ne mette pas suffisamment en valeur les photos.
En tout cas, cette petite collection Ciné Voyage est une approche originale pour découvrir une ville. Elle plaira tant aux cinéphiles qu’aux amateurs de voyages.

Je remercie Babelio ( Masse critique) et l’éditeur Espaces & Signes pour ce beau voyage à New York et dans le monde du cinéma.

 

 

Cinquante ans de mode illustrée par Mouchy

Titre : Cinquante ans de mode illustrée par Mouchy
Auteur : Anne Chabrol et Marie Simon
Editeur : Editions du Chêne
Nombre de pages : 190
Date de parution : 15 novembre 2017

« Mouchy a illustré la mode en l’immortalisant à coups de crayon pendant 50 ans. »

Anna-Katharina Daisenberg, dite Mouchy, est née en 1932 dans les Alpes bavaroises d’une famille de mélomanes et manuels talentueux. L’occupation de son village natal par les GI’s lui permet de découvrir les magazines de mode américains, faisant ainsi naître sa passion.
Diplômée d’une école de mode de Munich, elle chante pendant un an dans un quintet de jazz en attendant son premier travail. Sa rencontre avec le directeur artistique du Printemps lui permet de commencer sa carrière de dessinatrice de mode.
«  Elle a l’oeil, le trait parfait. »


En 1958, Mouchy part aux Etats-Unis où elle mène deux grosses campagnes de publicité et dessine pour Vogue et Mademoiselle. Puis, ce sera le Japon où elle dessine une petite collection de sportswear. En Allemagne, elle sera professeure et exposera ses dessins de mode et de chats.

Ce superbe album retrace rapidement cinquante ans de mode en consacrant un chapitre par décennie. Années 60, la mode doit se moderniser face à la crise de la Haute Couture. Années 70, la notion du style supplante celle de l’élégance. Années 80, les stylistes deviennent des créateurs au service d’une femme sexy devenue active et conquérante. Années 90,de nouveaux venus contribuent à la renaissance de la Haute Couture, de nouveau en crise. Les années 2000 affichent le chic confortable.
Les grandes tendances du moment alternent avec les témoignages de couturiers, créateurs, directeurs artistiques et rédactrices de mode sur le talent et les illustrations de Mouchy. Tous s’accordent à louer la sensibilité exceptionnelle de l’artiste qui comprend si bien le corps.
«  Je pense que les dessins de Mouchy sont le reflet d’une sensibilité exceptionnelle. Son trait vif, rapide, attentif, saisit le moindre détail. Il s’impose par sa rigueur. Et dans le même temps, il charme par sa légèreté et sa fraîcheur. »


Si dans les années 2000 le métier d’illustrateur de mode n’existe plus, Mouchy propose des images originales et percutantes pour le magazine en ligne Sub Yu.

L’album se termine sur quelques travaux personnels de Mouchy, notamment des chats, des portraits d’amis.

 

Un très beau livre pour balayer l’évolution de la mode sur un demi siècle et surtout découvrir le coup de crayon exceptionnel d’une passionnée de mode. Les textes sont assez succincts et rapides, les citations unanimes mais les dessins sont sublimes.

Je remercie Babelio et Les Editions du Chêne pour l’attribution de ce bel album dans le cadre de l’opération Masse critique.

 

La princesse de l’aube – Sophie Benastre et Sophie Lebot

Titre : La princesse de l’aube
Auteur : Sophie Benastre
Illustrateur : Sophie lebot
Éditeur : La Martinière
Nombre de pages : 32
Date de parution : 4 mai 2017

 

Quelle merveilleuse manière d’attirer l’attention des plus jeunes sur le « beau » !
La couverture laisse entrevoir la beauté des illustrations, la grandeur du récit avec un format inhabituel, le regard sur le monde avec cette opposition de la lumière et du sombre.

Elyséa, gouverné par le roi Alcménon et la reine Radamenta est un pays heureux, gâté par la nature et la lumière du ciel. Mais une catastrophe naturelle plonge ce royaume dans les ténèbres.
Contraints de vivre dans les entrailles sombres de la terre, le peuple s’adapte et la reine s’assombrit. Jusqu’à la naissance de sa fille, Lucia, aux « yeux de la teinte du ciel d’Elyséa au lever du jour« .

Pour tous, elle devient signe d’espérance, habillée de tenues d’organdi créées avec du fil de toiles d’araignée par le jeune tisserand Organd.

Sophie Benastre conte une très jolie fable écologique qui sensibilise les enfants au respect de la nature, à l’appréciation des belles choses qui nous entourent. Les illustrations de Sophie Lebot illumine ce récit, insistant sur l’esthétique, la lumière de la nature et de l’espoir sans jamais toutefois faire peur avec le côté sombre.

Il faut savoir saisir toutes les belles choses et les préserver. En lisant ce livre à un enfant, j’insisterai aussi sur la nécessité de préserver  l’objet livre, qui sous cette forme doit rester un véritable joyau pour les futures générations.

New York – Agnès de Gorter

Titre : New York
Auteur : Agnès de Gorter
Editeur : Vilo
Nombre de pages : 196
Date de parution : 20 mars 2017

New York, la ville cosmopolite aux 734 gratte-ciels fait toujours rêver comme un eldorado, un lieu dynamique et créatif. Agnès de Gorter, éditrice de livres d’art se laisse porter par sa passion de la photographie et de l’écriture pour créer cet ouvrage qui est une très bonne approche de la ville avant un voyage.

Particulièrement bien construit, ce livre part du plan de la ville pour dérouler quartier par quartier les immeubles majeurs de New York.

 

Découpé en onze chapitres ( Deux îles de Liberty island et Ellis Island, Lower Manhattan, Greenwich village, Chelsea, Midtown, Upper Midtown East, West-side, Central Park, Upper East Side, Harlem, le Hors Manhattan c’est à dire Brooklyn, Staten Island, Queens et Bronx), le texte présente l’histoire et les spécificités de chaque quartier, les bâtiments les plus remarquables assorti de plus de 150 photos.

« On le sait, New York a été en partie bâtie par des entrepreneurs millionnaires. On doit à John Rockfeller l’édification de buildings qui demeurent la marque réelle du quartier. »

L’auteur capte l’intérêt du lecteur en équilibrant parfaitement les données historiques ( architectes, évènements), les données techniques ( matériaux, ornements, spécificités) et de petites anecdotes. Les explications sont brèves, précises et intéressantes.

«  Le quartier de Chelsea porte le nom de la maison natale de Clement Clarke Moore, professeur de théologie. Moore est l’auteur présumé du poème sur Saint Nicolas qui aurait contribué à forger la légende du Père Noël dans sa version américaine. »

Les photos mettent en valeur la grandeur et les détails de ces majestueuses constructions. Les couleurs très contrastées, les dimensions surprennent comme pourrait le faire, je suppose une visite réelle. Je regrette une photo un peu ratée de la plus grande bibliothèque de New York.

Manhattan Bridge et Brooklyn Bridge

Greenwich Village, enclave avant-gardiste, bastion de la culture artistique et de la Bohême.

Flatiron Building dans le Midtown

Central Park, 4 km de long sur 800 mètres de large, a nécessité 16 ans de travaux et 20 000 ouvriers.

Le Brooklyn Botanic Garden abrite des essences tropicales rares et des jadins japonais.

Le quartier coloré de Soho, initialement le quartier des artistes qui, depuis l’augmentation des prix des lofts, migrent vers Tribeca.

Ce beau livre est une très bonne approche pour préparer un voyage sur New-York. Pour les moins chanceux, il permet de mieux connaître et de visiter en photos une ville aux bâtiments grandioses devenus mythiques.

L’invention du désir – Carole Zalberg

ZalbergTitre : L’invention du désir
Auteur : Carole Zalberg
Illustrations : Frédéric Poincelet
Éditeur: Éditions du Chemin de Fer
Nombre de pages : 71
Date de parution : novembre 2010

Lorsque j’ai lu les propositions de lecture de La voie des Indés de décembre chez Libfly, je n’ai pu résister au désir de relire la plume poétique de Carole Zalberg, découverte avec Feu pour feu.
Avec le titre et les photos, je craignais de tomber dans la vulgarité mais c’eût été douter de la poésie de l’auteur.
L’invention du désir est un long monologue ( enfin presque puisque l’homme intervient quelque peu en fin de récit) d’une femme amoureuse, passionnée, éprise de désir.
 » Je veux te mordre, t’étouffer, te battre. Te garder empêché dans l’étau de les jambes et marteler ta chair de tout ce désir dont je ne sais que faire.
Je veux enfermer ton visage entre mes mains et serrer à peine, sentir palpiter ton envie, l’écouter frapper à ra peau, ta déclaration. Embrasser partout son écho.
Je veux ta tendresse posée sur ce creux à la base du nez que seule ta bouche peut épouser dans la cérémonie de mes yeux clos. »
Je pourrais vous citer tout le livre tant la poésie de l’auteur sert parfaitement cet amour profond exacerbé par l’éloignement inhérent à l’adultère.
Les dessins de Frédéric Poncelet cadrent parfaitement avec la sensualité féminine. Les lignes verticales donnent de la longueur aux formes féminines, les traits sont fins et précis, les poses délicates. Toutefois, le dessinateur semble se limiter aux plaisirs solitaires oubliant que le désir de la narratrice est essentiellement tourné vers l’autre.
Le recueil est lui aussi délicat avec des dessins de première et de quatrième de couverture suggestifs, une harmonie de couleurs et de ligne et un rabat qui enserre les pages comme dans un écrin.
Une fois de plus, j’ai été éblouie par le lyrisme, le style, la force et la poésie de l’auteur. Un recueil à lire et à relire comme un beau poème.
Nul doute, je ne passerai pas à côté du prochain roman de l’auteur, Je dansais à paraître le 1er février 2017 aux Éditions Grasset.

Merci à Libfly et aux Éditions de Chemin de fer pour cette superbe lecture.

Dessins – Sylvia Plath

plathTitre : Dessins
Auteur : Sylvia Plath
Préface : Frieda Hughes
Traducteur : Valérie Rouzeau
Éditeur : La Table Ronde
Nombre de pages : 88
Date de parution : 20 octobre 2016

 

 

 

 

Préfacé par sa fille, Frieda Hughes, ce recueil comprend des lettres, extrait de journal et surtout des dessins de Sylvia Plath réalisés entre 1955 et 1957, premières années avec Ted Hugues.
Je ne connaissais pas cette expression artistique de l’auteur. Le dessin lui procurait beaucoup d’apaisement. Sensible à toute forme d’art visuel, Sylvia Plath s’inspirait de grands peintres pour écrire ses poèmes. Mais son sens de l’observation, sa sensibilité en font aussi une très bonne illustratrice.
Nous commençons avec des dessins de l’Angleterre. Bénéficiant d’une bourse, Sylvia est étudiante à Cambridge, loin de Ted qui est à Londres. Elle lui écrit une longue lettre qui témoigne de l’amour exclusif qu’elle voue à cet homme dont elle est si fière.
En introduction des dessins de France, une lettre à sa mère témoigne de la fougue de Sylvia et de son amour pour Paris.
 » De toutes les villes que j’ai visitées, je n’aime véritablement que Paris. »

C’est une fois de plus à sa mère qu’elle confie sa joie d’être publiée dans The Christian Science Monitor. Ils lui ont acheté un texte bref et quatre dessins sur Benidorm, ville espagnole où elle a passé sa lune de miel avec Ted. Modeste, elle attribue ce succès à Ted qui la rend créative.
 » Cela montre ce que j’accomplis depuis que je fréquente Ted. Dans mon esprit et dans mon coeur, chacun de ses dessins est lié à un émerveillement passé ensemble sous le soleil brûlant. »
Parmi ces dessins, celui de la falaise avec ses maisons est son préféré.

img_1494

Un extrait de son journal introduit quelques dessins des États-Unis. « Quelque chose s’achève, quelque chose commence. » Elle prépare ses cours et continue ses travaux de dactylographie pour Ted. Les dessins me semblent de plus en plus travaillés.

 

img_1493

Ce livre rappelle l’intelligence et la fragilité d’une femme au destin tragique. Son lien avec sa mère, son amour fou pour Ted, sa dévotion à travailler pour lui, sa joie à partager ses succès au détriment de son propre travail. Cet ouvrage confirme, si cela était nécessaire combien Sylvia Plath était talentueuse et touchante.
Sylvia Plath, née à Boston en 1932, s’est suicidée en février 1963, quelques mois après sa séparation définitive avec Ted Hugues.

img_1495

 » J’écris, je pense, j’apprends à merveille auprès de lui; loin de lui, je me sens coupée en deux et ne peux travailler convenablement que lors de brefs sursauts de stoïcisme… »