Balzac et la petite tailleuse chinoise en BD

Titre : Balzac et la petite tailleuse chinoise
D’après le roman de Dai Sijie
Auteur : Freddy Nadolny Poustochkine
Editeur : Futuropolis
Nombre de pages : 320
Date de parution : 12 octobre 2017

 


Mon intérêt pour les romans graphiques, adaptations de mes meilleures lectures va grandissant. J’aime retrouver mes romans cultes sous le biais d’un autre regard. Ma bibliothèque commence ainsi à s’étoffer avec Le soleil des Scorta, L’étranger, La forêt des renards pendus, La délicatesse, Exarcheia, Soie, et dorénavant Balzac et la petite tailleuse chinoise.

Premier roman de l’auteur franco-chinois Dai Sijie, paru chez Gallimard en 2000, Balzac et la petite tailleuse chinoise évoque la période de la révolution culturelle en Chine.  Deux adolescents, fils de médecin et dentiste se retrouvent dans la province de Sichuan comme ouvriers miniers dans la montagne. Dans cet environnement difficile deux découvertes vont changer leur vie. Tout d’abord, une valise de livres interdits leur permet de découvrir la littérature française. Puis la rencontre de la fille du tailleur du village voisin leur inspire leurs premiers sentiments amoureux. Avec l’oeuvre de Balzac, Luo entreprend d’éduquer la petite tailleuse chinoise, sous le regard jaloux de Ma.

J’ai beaucoup aimé l’originalité de la disposition des dessins.  Refusant la rigueur des cases, les images prennent toute leur valeur avec des personnages aux traits expressifs et des couleurs représentatives des ambiances du lieu ( le noir de la mine, l’ocre des paysages, le gris de l’ambiance et parfois le rouge du sang).

 

Poustochkine parle aussi avec ses dessins. Le rythme se trouve dans la progression. Plusieurs silhouettes sans traits sur le visage puis soudain, un visage en gros plan avec une expression. Ou des dessins en rafale qui montre l’urgence ou la rigueur des conditions de vie.

 

  

En restant fidèle au scénario du roman, en respectant tous ses points forts et moments clés, l’illustrateur livre la réelle ambiance du livre. Mais, face à la densité du récit de Dai Sijie, cette adaptation m’a semblé assez réductrice. Les textes sont très courts, parfois inexistants sur plusieurs planches et  ce sont essentiellement des dialogues. Des bulles de contextes auraient peut-être renseigné le lecteur qui ne connaît pas l’oeuvre originale.

Ce roman graphique peut donc être une première approche ou un regard nostalgique sur un roman culte devenu aussi un film réalisé par l’auteur et sorti en salles en 2002.  Mais, seul, il ne peut égaler l’importance du livre. C’est toutefois une très belle réalisation graphique.

 

 

 

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Tout plaquer et aller prendre un bain – Mathou


Titre : Tout plaquer et aller prendre un bain
Auteur : Mathou
Editeur : Monsieur Popcorn
Nombre de pages : 144
Date de parution : 24 novembre 2016

Le bonheur c’est simple comme un petit dessin coloré, évident comme une phrase toute simple. Inutile d’aller chercher or, diamant, plage de sable blanc, luxe, alors que le quotidien nous réserve tant de moments de bien-être pour le peu que l’on sache les identifier.

C’est  ce que fait Mathou en toute simplicité. Et je suis certaine que vous trouverez une ou plusieurs pages qui vous parlent.

Personnellement, voici les pages où je me suis reconnue.

 


 

Pas de doute, vous trouverez vos petits bonheurs.

J’ai lu cette BD dans le cadre de l’opération Price Minister, La BD fait son festival.

La délicatesse – Cyril Bonin

img_1578Titre : La délicatesse
D’après le roman de David Foenkinos
Auteur : Cyril Bonin
Éditeur : Futuropolis
Nombre de pages : 96
Date de parution : 4 novembre 2016

 
Nombreux sont ceux qui connaissent l’histoire de Nathalie, cette jeune femme meurtrie par l’accident mortel de son mari François que l’on suit dans son univers professionnel dans une entreprise suédoise, le temps de sa reconstruction. Certains ont lu le roman de David Foenkinos, d’autres ont vu l’adaptation cinématographique avec Audrey Tautou et François Damiens.
Pour suivre une tendance très actuelle, Cyril Bonin propose aujourd’hui son adaptation en bande dessinée. Une adaptation très juste qui se focalise sur les choses simples et délicates de cette histoire. A l’image d’Audrey Tautou, le personnage de Cyril Bonin a cette fragilité, ce regard touchant qui exprime toute son histoire.
 » En se tuant, il avait figé leur amour. Il les avait propulsé dans une éternité fixe. »

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Les expressions des visages m’ont toutefois semblé assez lisses tout au long des dessins. Je peine à voir le bonheur de Nathalie et François sur les premières pages, le regain de vitalité de Nathalie et le « sourire suédois » de Markus et la complicité de la grand-mère qui m’avait touchée dans le roman.

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Mais l’essentiel est présent, cette délicatesse qui illumine la rencontre de Nathalie et d’un Markus à l’air dépressif mais doté d’un humour si simple et charmant contre cette goujaterie du patron de Nathalie.

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Cyril Bonin réalise une bonne adaptation tout en simplicité, gentillesse et humour. Le dessinateur privilégie la douceur avec des teintes pastel, des expressions tendres, des textes simples ce qui correspond parfaitement à la délicatesse de ce roman aux nombreux prix littéraires!

Ceux qui ont aimé le roman auront plaisir à lire cette adaptation fidèle et soignée.

Exarcheia L’orange amère – Mastoros & Wouters

DimitrosTitre : Exarcheia, L’orange amère
Auteur : Dimitros Mastoros & Nicolas Wouters
Éditeur: Futuropolis
Nombre de pages : 200
Date de parution : 25 août 2016

 

 

 

 

 

Exarcheia est un quartier d’Athènes, bastion anarchiste où débutèrent le soulèvement contre la dictature des colonels en 1973 et les émeutes de décembre 2008.
Nikos revient dans ce quartier d’enfance où son oncle et sa tante tiennent un bistro anarchiste. Contraint d’y rester plus longtemps que prévu suite à l’hospitalisation de son oncle, il découvre l’ambiance du quartier.

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Toujours un haut-lieu culturel où l’art et la musique s’expriment librement, le quartier est toutefois frappé par la crise économique. Violence et drogue font partie du quotidien.
Nikos rencontre aussi de nombreux immigrés qui squattent un appartement de son oncle.
Bienveillant, prêt à aider et écouter tous les laissés-pour-compte, même ce chien anarchiste handicapé qui continue sa lutte avec son appareillage du train arrière, Nikos semble toutefois très abattu par la situation.
Les dessins sombres sont d’une remarquable intensité. Les visages des personnages expriment tant d’émotions que les textes sont idéalement laconiques.

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Même si le positionnement des bulles ne permet pas parfois de bien identifier l’interlocuteur, le texte prend son sens, appuyé par une image percutante.
J’aurais aimé avoir en préambule un rappel de l’histoire de ce quartier afin de mieux appréhender certaines situations.

Un très bel album qui suggère habilement l’ambiance d’un quartier en proie à la crise économique et l’immigration, face à une île comme Hydra, à peine suggérée, haut-lieu du tourisme luxueux.

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«  Au moment de la construction d’Athènes, il y avait un plan pour remplir la ville d’arbres fruitiers…Quand les agriculteurs ont appris ça, ça a été le bordel. Au final il ne nous reste que des oranges amères. »

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Bart is back – Soledad Bravi

braviTitre : Bart is back
Auteur : Soledad Bravi
Éditeur : Denoël
Nombre de pages : 128
Date de parution: 11 mai 2016

C’est bien connu, les chats ont neuf vies. Ce roman graphique aura donc neuf chapitres.

En Floride, Bart assommé par la chaleur veut aller se rafraîchir à la plage. Malheureusement, la traversée de la route lui est fatale. Son maître l’enterre. Mais cinq jours après, le chat sort de sa tombe ( il paraît que c’est un fait divers avéré) et agresse une dame et une petite fille. Il est devenu Zombie cat, un chat défiguré et rebelle.
Après avoir enclenché la révolte des chats contre la domestication, il rêve de devenir chanteur. Après une séance de chirurgie esthétique, il part pour la Chine.
Mauvaise idée. Au Vietnam, on met les chats dans la soupe et à Canton, le chat est un mets apprécié. Les vies défilent avec parfois une simple phrase de regret par chapitre.pérennité
Et l’envie de rentrer en Floride et de retrouver le confort d’une maison est forte.

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Le graphisme est celui des dessins de journaux ou magazines ( Soledad Bravi a une page sur Elle). Mais si le texte de ces encarts journalistiques, souvent caustique et en phase avec l’actualité, relève la rapidité ( mais efficacité) du tracé, cela n’est pas forcément le cas sur une histoire plus longue. A part la mise en évidence des mauvais traitements des animaux dans certains pays, l’histoire n’apporte ici que peu d’informations.
Le texte et le graphisme ne m’ont pas semblé en cohérence avec cette superbe reliure. Comme l’alliance de l’éphémère du contenu avec la pérennité d’un bel album.

Mon amour des animaux n’était pas en phase avec ce style de graphisme et le texte n’a pas réussi à le faire oublier ce décalage. Dommage

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Comment écrire un polar suédois sans se fatiguer – Henrik Lange

LangeTitre : Comment écrire un polar suédois sans se fatiguer
Auteur : Henrik Lange
Littérature suédoise
Traducteur : Hélène Duhamel
Titre original : Lektioler i mord
Éditeur : Ça et Là
Nombre de pages : 158
Date de parution : 22 octobre 2015

Lorsque Augustin Trappenard déclare au Grand Journal qu’un livre est  » absolument génial » et qu’une opération Masse Critique de Babelio me donne l’occasion de le découvrir, je n’hésite pas une seconde.
Et me voici avec ce petit bouquin illustré qui m’a bien fait sourire et m’a rappelé mes quelques lectures de polars nordiques.
 » Prenez une douce bourgade rurale et ajoutez-y un crime bien aigre« . Comme pour la cuisine, les suédois aiment l’aigre doux.
Nous sommes donc à Bollebygd et le commissaire Ake Larsson, divorcé, amateur de whisky et de musique classique au regard de chiot mouillé enquête sur une série de crimes.

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Quelques scènes de remplissage sur la nature,un peu de poésie le regard perdu face à la fenêtre, un doigt de critique sociale, on garde bien à l’esprit que ce roman sera un film.
Règle simple comme pour les mariages à l’américaine  » Something old, something new, something borrowed, something blue. » Le « blue » faisant ici allusion au déprimant. Et le tour est joué, l’auteur se retrouve invité chez « François Busnel« .
Entrecoupé de résumés de classiques du polar suédois en 4 vignettes, la démonstration fait sourire. Fort heureusement, les polars suédois que j’ai pu lire sont un peu plus que cela. Mais je dois avouer que le résumé des caractéristiques de ce type de romans est assez bien vu.

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Une lecture détente qui fait du bien.

Henrik Lange est né en 1972 en Suède. Il commence sa carrière dans l’illustration et la bande dessinée au cours des années 1990. Il a réalisé de nombreux livres pour enfants et plusieurs bandes dessinées. Il vit à Bollebygd.

 

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Adam Clarks- Hautière et Lapone

501 ADAM CLARKS[BD].inddTitre : Adam Clarks
Auteur scénario : Régis Hautière
Dessinateur : Antonio Lapone
Éditeur : Glénat
Nombre de pages : 64
Date de parution : octobre 2014

Auteurs (source Éditeur):
Né en Bretagne en 1969, Régis Hautière passe une bonne partie de son enfance le nez plongé dans les livres (que ce soient des romans ou des bandes dessinées) et se découvre très tôt un goût prononcé pour l’écriture.
En 1995, il s’installe en Picardie où il devient membre des AJT, une association informelle qui réunit des auteurs amateurs de bandes dessinées. C’est au sein de cette association qu’il rencontre quelques uns des dessinateurs avec lesquels il publie ses premiers albums (Hardoc, Fraco, David François). Il travaille en parallèle pour une structure associative.
En 2005, il démissionne pour se consacrer exclusivement à l’écriture de scénarios pour la bande dessinée.

Antonio Lapone est né à Turin en Italie en 1970. Grand amateur des années 50 et de la ligne claire, il travaille comme graphiste et illustrateur, notamment sur la série A.D.A (Antique Detective Agency), trois tomes paru chez Paquet. En 2002 et en 2003 il a réalisé les portfolii Girl Atomik et Club Colonial pour les éditions Le 9e Monde. Pour les éditions Nocturne, il a réalisé Les Platters et Stravinsky dans la collection BD Musique. En 2008, il publie l’artbook Cars and Girls chez Paquet. Antonio Lapone vit et travaille a Andenne en Belgique.

Présentation de l’éditeur :
Chroniqueur mondain, espion ou cambrioleur… difficile de cerner Adam Clarks !
Dans un XXIe siècle fantasmé où la guerre froide sévit toujours et où la conquête de Mars est en marche, c’est lors d’une soirée mondaine où les « grands » de ce monde ont l’habitude de se retrouver que l’énigmatique Adam Clarks montre son vrai visage. On pourrait le croire trop occupé à faire des courbettes aux puissants et à séduire des beautés fatales. Mais il ne perd pas de vue son véritable objectif : un rubis de 100 carats d’une valeur inestimable, exposé à la vue de tous : le Long Star. La nuit, Adam fait montre de ses talents de monte-en-l’air pour subtiliser le bijou. Personne n’a rien vu, rien entendu. Personne ? Pas si sûr… Devenu à la fois la cible du KGB et de la CIA, Adam va devoir jouer sur les deux tableaux s’il veut s’en sortir.
Avec Adam Clarks, Régis Hautière nous fait découvrir un héros classe et charismatique, entre Arsène Lupin et Mad Men, évoluant dans un univers proche des films d’espionnage d’antan. En digne représentant de l’école « atome », le trait stylisé et élégant d’Antonio Lapone restitue à merveille cette savoureuse ambiance uchronique, mêlant le futurisme à l’esthétisme des années 1960.

Mon avis :
Adam Clarks est le parfait gentleman cambrioleur, aussi bien à l’aise dans la jet-set que dans le milieu de la mafia. Il n’est pas un Robin des Bois mais plutôt un cambrioleur d’ordre philosophique, ne supportant pas que de jolies choses appartiennent à ceux qui n’y voient qu’un placement financier. Ses compétences lui vaut l’attention d’Irina, fille d’aristocrates russes, agent du KGB. Les Russes souhaitent prendre de vitesse les Américains dans la conquête des ressources minières de la planète Mars.
Le scénario est rapide et relativement classique. J’ai apprécié l’œil externe d’un narrateur qui nous décrit Adam Clarks et permet ainsi de temps en temps de prendre du recul et d’avoir un avis un peu ironique.
Si je regrette que de nombreuses planches soient bien trop sombres pour parfaitement visualiser l’action, il me semble que l’intérêt de cette bande dessinée est vraiment dans le graphisme, l’illustration.
Les décors d’une époque futuriste sont dynamiques avec gadgets et voitures volantes. Des petits flash publicité nous placent dans une époque moderne et commerciale.
Le coup de crayon est très stylisé, anguleux. Le dessinateur joue sur les mouvements, les couleurs.
Antonio Lapone donne modernité, luxe et glamour à une intrigue un peu trop classique.
Il faut aussi signaler le format particulier de cette bande dessinée (289*368) qui valorise l’objet mais en fait aussi un album un peu encombrant.

Je remercie Babelio, les Éditions Glénat et la SNCF pour la découverte de cette bande dessinée dans le cadre de la masse critique spéciale Prix du Polar SNCF.

Retrouvez aussi l’avis de Mimi.

 

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