Dessine-moi un bonhomme de neige – Amy et Greg Newbold


Titre : Dessine-moi un bonhomme de neige
Auteur : Amy et Greg Newbold
Titre original : If Picasso painted a snowman
Traducteur : Benjamin Kuntzer
Editeur : Palette
Nombre de pages : 44
Date de parution : 25 octobre 2017

Avec ce titre qui rappelle la phrase du Petit Prince à Saint-Exupéry, Amy et Greg Newbold invite le jeune lecteur à découvrir les techniques et particularités des maîtres de la peinture.

Cette leçon de dessin est donné par un petit cochon d’inde trop mignon. De page en page, il montre ce que serait un bonhomme de neige peint par Pablo Picasso, William Turner, Roy Lichtenstein, Georgia O’Keeffe, Gustav Klimt….

Bien sûr, aucun de ces peintres n’a peint de bonhomme de neige mais notre guide utilise le monde de l’enfance pour présenter le style de ces artistes célèbres ou moins connus.

 

Dans cet album, tout attire l’oeil, les formes, les couleurs, le graphisme, ce sympathique cochon d’inde. C’est une façon très vivante et amusante de faire découvrir l’Art aux plus jeunes.

L’attention est toujours sollicitée. «  Combien de bonhommes de neige se cachent parmi les meules de foin de Claude Monet? »

« Le bonhomme de neige de Piet Mondrian est carré. Vois-tu une carotte quelque part? »

En dernière page, l’enfant est invité à dessiner son propre bonhomme de neige. Peut-être le debut d’une grande carrière.

Un répertoire en fin de livre donne aux parents une présentation de chaque peintre.

J’ai reçu cet album dans le cadre de l’opération Masse critique de Babelio.

 

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La princesse de l’aube – Sophie Benastre et Sophie Lebot

Titre : La princesse de l’aube
Auteur : Sophie Benastre
Illustrateur : Sophie lebot
Éditeur : La Martinière
Nombre de pages : 32
Date de parution : 4 mai 2017

 

Quelle merveilleuse manière d’attirer l’attention des plus jeunes sur le « beau » !
La couverture laisse entrevoir la beauté des illustrations, la grandeur du récit avec un format inhabituel, le regard sur le monde avec cette opposition de la lumière et du sombre.

Elyséa, gouverné par le roi Alcménon et la reine Radamenta est un pays heureux, gâté par la nature et la lumière du ciel. Mais une catastrophe naturelle plonge ce royaume dans les ténèbres.
Contraints de vivre dans les entrailles sombres de la terre, le peuple s’adapte et la reine s’assombrit. Jusqu’à la naissance de sa fille, Lucia, aux « yeux de la teinte du ciel d’Elyséa au lever du jour« .

Pour tous, elle devient signe d’espérance, habillée de tenues d’organdi créées avec du fil de toiles d’araignée par le jeune tisserand Organd.

Sophie Benastre conte une très jolie fable écologique qui sensibilise les enfants au respect de la nature, à l’appréciation des belles choses qui nous entourent. Les illustrations de Sophie Lebot illumine ce récit, insistant sur l’esthétique, la lumière de la nature et de l’espoir sans jamais toutefois faire peur avec le côté sombre.

Il faut savoir saisir toutes les belles choses et les préserver. En lisant ce livre à un enfant, j’insisterai aussi sur la nécessité de préserver  l’objet livre, qui sous cette forme doit rester un véritable joyau pour les futures générations.

Balzac et la petite tailleuse chinoise en BD

Titre : Balzac et la petite tailleuse chinoise
D’après le roman de Dai Sijie
Auteur : Freddy Nadolny Poustochkine
Editeur : Futuropolis
Nombre de pages : 320
Date de parution : 12 octobre 2017

 


Mon intérêt pour les romans graphiques, adaptations de mes meilleures lectures va grandissant. J’aime retrouver mes romans cultes sous le biais d’un autre regard. Ma bibliothèque commence ainsi à s’étoffer avec Le soleil des Scorta, L’étranger, La forêt des renards pendus, La délicatesse, Exarcheia, Soie, et dorénavant Balzac et la petite tailleuse chinoise.

Premier roman de l’auteur franco-chinois Dai Sijie, paru chez Gallimard en 2000, Balzac et la petite tailleuse chinoise évoque la période de la révolution culturelle en Chine.  Deux adolescents, fils de médecin et dentiste se retrouvent dans la province de Sichuan comme ouvriers miniers dans la montagne. Dans cet environnement difficile deux découvertes vont changer leur vie. Tout d’abord, une valise de livres interdits leur permet de découvrir la littérature française. Puis la rencontre de la fille du tailleur du village voisin leur inspire leurs premiers sentiments amoureux. Avec l’oeuvre de Balzac, Luo entreprend d’éduquer la petite tailleuse chinoise, sous le regard jaloux de Ma.

J’ai beaucoup aimé l’originalité de la disposition des dessins.  Refusant la rigueur des cases, les images prennent toute leur valeur avec des personnages aux traits expressifs et des couleurs représentatives des ambiances du lieu ( le noir de la mine, l’ocre des paysages, le gris de l’ambiance et parfois le rouge du sang).

 

Poustochkine parle aussi avec ses dessins. Le rythme se trouve dans la progression. Plusieurs silhouettes sans traits sur le visage puis soudain, un visage en gros plan avec une expression. Ou des dessins en rafale qui montre l’urgence ou la rigueur des conditions de vie.

 

  

En restant fidèle au scénario du roman, en respectant tous ses points forts et moments clés, l’illustrateur livre la réelle ambiance du livre. Mais, face à la densité du récit de Dai Sijie, cette adaptation m’a semblé assez réductrice. Les textes sont très courts, parfois inexistants sur plusieurs planches et  ce sont essentiellement des dialogues. Des bulles de contextes auraient peut-être renseigné le lecteur qui ne connaît pas l’oeuvre originale.

Ce roman graphique peut donc être une première approche ou un regard nostalgique sur un roman culte devenu aussi un film réalisé par l’auteur et sorti en salles en 2002.  Mais, seul, il ne peut égaler l’importance du livre. C’est toutefois une très belle réalisation graphique.

 

 

 

Tout plaquer et aller prendre un bain – Mathou


Titre : Tout plaquer et aller prendre un bain
Auteur : Mathou
Editeur : Monsieur Popcorn
Nombre de pages : 144
Date de parution : 24 novembre 2016

Le bonheur c’est simple comme un petit dessin coloré, évident comme une phrase toute simple. Inutile d’aller chercher or, diamant, plage de sable blanc, luxe, alors que le quotidien nous réserve tant de moments de bien-être pour le peu que l’on sache les identifier.

C’est  ce que fait Mathou en toute simplicité. Et je suis certaine que vous trouverez une ou plusieurs pages qui vous parlent.

Personnellement, voici les pages où je me suis reconnue.

 


 

Pas de doute, vous trouverez vos petits bonheurs.

J’ai lu cette BD dans le cadre de l’opération Price Minister, La BD fait son festival.

La délicatesse – Cyril Bonin

img_1578Titre : La délicatesse
D’après le roman de David Foenkinos
Auteur : Cyril Bonin
Éditeur : Futuropolis
Nombre de pages : 96
Date de parution : 4 novembre 2016

 
Nombreux sont ceux qui connaissent l’histoire de Nathalie, cette jeune femme meurtrie par l’accident mortel de son mari François que l’on suit dans son univers professionnel dans une entreprise suédoise, le temps de sa reconstruction. Certains ont lu le roman de David Foenkinos, d’autres ont vu l’adaptation cinématographique avec Audrey Tautou et François Damiens.
Pour suivre une tendance très actuelle, Cyril Bonin propose aujourd’hui son adaptation en bande dessinée. Une adaptation très juste qui se focalise sur les choses simples et délicates de cette histoire. A l’image d’Audrey Tautou, le personnage de Cyril Bonin a cette fragilité, ce regard touchant qui exprime toute son histoire.
 » En se tuant, il avait figé leur amour. Il les avait propulsé dans une éternité fixe. »

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Les expressions des visages m’ont toutefois semblé assez lisses tout au long des dessins. Je peine à voir le bonheur de Nathalie et François sur les premières pages, le regain de vitalité de Nathalie et le « sourire suédois » de Markus et la complicité de la grand-mère qui m’avait touchée dans le roman.

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Mais l’essentiel est présent, cette délicatesse qui illumine la rencontre de Nathalie et d’un Markus à l’air dépressif mais doté d’un humour si simple et charmant contre cette goujaterie du patron de Nathalie.

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Cyril Bonin réalise une bonne adaptation tout en simplicité, gentillesse et humour. Le dessinateur privilégie la douceur avec des teintes pastel, des expressions tendres, des textes simples ce qui correspond parfaitement à la délicatesse de ce roman aux nombreux prix littéraires!

Ceux qui ont aimé le roman auront plaisir à lire cette adaptation fidèle et soignée.

Exarcheia L’orange amère – Mastoros & Wouters

DimitrosTitre : Exarcheia, L’orange amère
Auteur : Dimitros Mastoros & Nicolas Wouters
Éditeur: Futuropolis
Nombre de pages : 200
Date de parution : 25 août 2016

 

 

 

 

 

Exarcheia est un quartier d’Athènes, bastion anarchiste où débutèrent le soulèvement contre la dictature des colonels en 1973 et les émeutes de décembre 2008.
Nikos revient dans ce quartier d’enfance où son oncle et sa tante tiennent un bistro anarchiste. Contraint d’y rester plus longtemps que prévu suite à l’hospitalisation de son oncle, il découvre l’ambiance du quartier.

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Toujours un haut-lieu culturel où l’art et la musique s’expriment librement, le quartier est toutefois frappé par la crise économique. Violence et drogue font partie du quotidien.
Nikos rencontre aussi de nombreux immigrés qui squattent un appartement de son oncle.
Bienveillant, prêt à aider et écouter tous les laissés-pour-compte, même ce chien anarchiste handicapé qui continue sa lutte avec son appareillage du train arrière, Nikos semble toutefois très abattu par la situation.
Les dessins sombres sont d’une remarquable intensité. Les visages des personnages expriment tant d’émotions que les textes sont idéalement laconiques.

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Même si le positionnement des bulles ne permet pas parfois de bien identifier l’interlocuteur, le texte prend son sens, appuyé par une image percutante.
J’aurais aimé avoir en préambule un rappel de l’histoire de ce quartier afin de mieux appréhender certaines situations.

Un très bel album qui suggère habilement l’ambiance d’un quartier en proie à la crise économique et l’immigration, face à une île comme Hydra, à peine suggérée, haut-lieu du tourisme luxueux.

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«  Au moment de la construction d’Athènes, il y avait un plan pour remplir la ville d’arbres fruitiers…Quand les agriculteurs ont appris ça, ça a été le bordel. Au final il ne nous reste que des oranges amères. »

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Bart is back – Soledad Bravi

braviTitre : Bart is back
Auteur : Soledad Bravi
Éditeur : Denoël
Nombre de pages : 128
Date de parution: 11 mai 2016

C’est bien connu, les chats ont neuf vies. Ce roman graphique aura donc neuf chapitres.

En Floride, Bart assommé par la chaleur veut aller se rafraîchir à la plage. Malheureusement, la traversée de la route lui est fatale. Son maître l’enterre. Mais cinq jours après, le chat sort de sa tombe ( il paraît que c’est un fait divers avéré) et agresse une dame et une petite fille. Il est devenu Zombie cat, un chat défiguré et rebelle.
Après avoir enclenché la révolte des chats contre la domestication, il rêve de devenir chanteur. Après une séance de chirurgie esthétique, il part pour la Chine.
Mauvaise idée. Au Vietnam, on met les chats dans la soupe et à Canton, le chat est un mets apprécié. Les vies défilent avec parfois une simple phrase de regret par chapitre.pérennité
Et l’envie de rentrer en Floride et de retrouver le confort d’une maison est forte.

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Le graphisme est celui des dessins de journaux ou magazines ( Soledad Bravi a une page sur Elle). Mais si le texte de ces encarts journalistiques, souvent caustique et en phase avec l’actualité, relève la rapidité ( mais efficacité) du tracé, cela n’est pas forcément le cas sur une histoire plus longue. A part la mise en évidence des mauvais traitements des animaux dans certains pays, l’histoire n’apporte ici que peu d’informations.
Le texte et le graphisme ne m’ont pas semblé en cohérence avec cette superbe reliure. Comme l’alliance de l’éphémère du contenu avec la pérennité d’un bel album.

Mon amour des animaux n’était pas en phase avec ce style de graphisme et le texte n’a pas réussi à le faire oublier ce décalage. Dommage

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