Simone Veil, mille vies, un destin – Amandine Deslandes

Titre : Simone Veil, mille vies, un destin

Auteur : Amandine Deslandes

Editeur : city

Nombre de pages : 304

Date de parution : 3 février 2021

Simone Veil, née à Nice en 1927, a quitté ce monde le 30 juin 2017. Le Président de la République a salué sa volonté et son humanité.

Mais jamais non plus de cette vie nous pourrons peser exactement l’invincible ardeur, l’élan profond vers ce qui est juste et bien, et l’énergie inlassable à la faire triompher. Oui, cette vie de femme offre à notre regard des abîmes dont elle aurait dû ne pas revenir et des victoires qu’aucune autre qu’elle n’aurait su remporter.

Jean d’Ormesson fait aussi un éloge remarquable lors de l’admission de cette grande dame à l’Académie française en 2010.

Femme politique très aimée des français, elle fut une pionnière dans bien des domaines politiques. Si nous connaissons surtout la loi sur l’avortement qui porte son nom ( à son grand regret. Elle aurait préféré que son nom soit associé à sa loi sur l’adoption), elle s’est battue comme magistrate pour davantage d’humanité dans les prisons, comme ministre pour le droit des femmes. Sa vision politique est marquée par son humanisme, son rejet du manichéisme et des extrêmes et son éthique .

Ces qualités sont le fruit d’un long et difficile parcours. Tout d’abord, une éducation reçue par des parents justes mais stricts qui ont toujours insisté sur le respect d’autrui. Les quatre enfants d’André et Yvonne Jacob, une famille juive plus par tradition que par religion, ont été scouts.

Bonté d’âme, attention aux autres, dignité, ces valeurs ont guidé sa vie de sa plus tendre enfance à sa mort.

Déportée à Auschwitz en 1944 avec sa mère et sa soeur Milou, Simone connaît l’enfer. Les prisonniers sont acculés à un degré extrême de souffrance et de misère. Simone Veil se dressera tout au long de sa vie contre les systèmes qui humilient ou annihilent la pensée. Dans cet état proche de la bestialité, Simone admire la dignité de sa mère. Elle gardera en mémoire la dernière phrase de celle qui a lutté jusqu’au bout.

Ne souhaitez jamais le mal aux autres, nous savons trop ce que c’est.

Les deux soeurs devront leur survie à une kapo qui les aide à quitter Auschwitz pour un camp de travail. L’adolescente retiendra toute sa vie que les gens ne sont jamais ni tout à fait bons, ni tout à fait mauvais. Chacun a en soi une part de bête et de saint.

A la libération, Simone ressent le sentiment de culpabilité d’avoir survécu. Si les déportés politiques sont écoutés, personne ne veut entendre les souffrances des revenants. Elle ne parlera publiquement de sa déportation que tardivement, en 1976.

Elle se marie à dix-neuf ans avec Antoine Veil, un assistant parlementaire issu d’une famille bourgeoise juive. Si dans un premier temps, elle s’efface pour s’occuper de sa famille (elle aura trois garçons) et suivre Antoine en Allemagne, le décès de sa soeur Milou qu’elle considérait comme sa mère et confidente, la plonge dans une forte dépression dont elle ne peut sortir que par le travail. Elle sera magistrate et ne comptera jamais ses heures. Pour museler sa douleur, Simone ne peut être heureuse que lorsqu’elle est très occupée.

Si elle n’a jamais rencontré Simone Veil, Amandine Deslandes montre ici toute l’admiration qu’elle voue à cette grande dame qui a marqué la société française. Rien ne vient ternir son image.

Grâce à une grande fluidité dans l’écriture, ce récit, première biographie complète de Simone Veil se lit comme un roman. De sa naissance, son adolescence meurtrie par l’enfer de la déportation, sa vie de famille, ses deuils, ses joies, en suivant ses carrières de magistrate, ministre, Présidente du Parlement européen, membre du Conseil Institutionnel, membre de l‘Académie française jusqu’à son entrée au Panthéon, l’auteure détaille les évènements qui ont créé cette force de caractère et de droiture. A une époque où l’éthique manque cruellement en politique, ce portrait laisse croire qu’il encore possible d’allier pouvoir et respect.

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