Tous nos noms – Dinaw Mengestu

Titre : Tous nos noms
Auteur : Dinaw Mengestu
Littérature américaine
Titre original : All our names
Traducteur : Michèle Albaret-Maatsch
Éditeur :Albin Michel
Nombre de pages : 336
Date de parution : 19 août 2015

 

«  Deux êtres ne se seront jamais aimés autant que nous. »

Dans le troisième roman de Dinaw Mengestu, cette phrase peut s’appliquer à l’amitié de deux jeunes hommes qui ont quitté leur village pour venir étudier à la Capitale ou à l’amour d’une jeune américaine et d’un exilé ougandais.

C’est en alternant les récits d’Isaac et d’Helen, deux jeunes gens d’origine et de culture différentes, que nous découvrons la violence de la révolution en Ouganda et les difficultés d’intégration d’un jeune noir dans le Midwest, plus vraiment ségrégationniste mais encore bien raciste.

Le narrateur, passionné de romans anglais, quitte son village pour rejoindre l’université de Kampala, espérant rencontrer de grands écrivains. Il y rencontre Isaac, un jeune homme rêvant de se faire une place dans ce pays qui a vu mourir ses parents dans les combats juste avant l’Indépendance. Tous deux pauvres, ils habitent dans les bidonvilles et rôdent autour de l’université espérant s’y faire admettre. Mais  les étudiants sont surtout des fils de famille aisée.

Isaac est rusé et sait se faire remarquer. Il devient le protégé de Joseph, le propriétaire du café Flamingo. Après des études en Angleterre, Joseph est revenu en son pays pour mener la révolution contre le pouvoir en place. Si Isaac s’engage sans aucun scrupule dans cette lutte, D., le jeune narrateur auquel Isaac donne tous les noms, y compris le sien, ne trouve pas dans ce combat violent ses rêves de liberté.

En parallèle, nous écoutons Helen, une assistante sociale des services luthériens de Laurel, une petite ville du Midwest. Elle est chargée de conseiller Isaac, un ougandais, tout juste débarqué aux Etats-Unis. Elle tombe amoureuse de ce garçon qui parle peu de lui. Leur idylle doit rester secrète, mais Helen rêve de la vivre au grand jour. Ses tentatives sont cuisantes pour le jeune immigré.

« Maintenant, tu sais. C’est comme ça qu’ils te brisent, lentement, en petits morceaux

L’auteur alterne de manière très équilibrée le récit aux Etats-Unis et le récit antérieur en Ouganda. Le roman prend un nouveau rythme quand Helen soupçonne un secret dans la vie d’Isaac, alors qu’en parallèle le récit du jeune homme en Ouganda devient plus violent. Jusqu’à ce que les deux parties se rejoignent levant le flou maintenu à dessein sur le passé et l’identité du jeune exilé.

Un double roman, bien mené par une alternance qui dévoile peu à peu l’identité des personnages, centré sur les mouvements politiques et révolutionnaires dans l’Afrique des années 70 et sur la difficulté de l’exil et de l’intégration dans une Amérique tout juste sortie de la ségrégation.

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