Ni poète, ni animal – Irina Teodorescu

Titre : Ni poète, ni animal
Auteur : Irina Teodorescu
Éditeur : Flammarion
Nombre de pages : 224
Date de parution : 28 août 2019

Il me reste un souvenir amusé de la lecture du premier roman d’Irina Teodorescu, La malédiction du bandit moustachu. Le titre et la couverture de ce nouveau livre ont amplifié mon envie de renouer avec cette auteure espiègle. Et finalement, nous restons dans cet univers où les images d’enfance cachent la réalité sombre de la vie.

Carmen, double de l’auteur, est née à Bucarest en 1979. Elle vit aujourd’hui à Paris où elle est avocate. Lorsqu’elle apprend la mort du Grand Poète dissident qui fut son ami, elle noie son chagrin au volant de sa voiture, fonçant au travers de la forêt de Sologne. Elle percute alors un renard, « mort par un éblouissement ». La poésie et le monde animal propulsent son esprit en 1989, année de la chute du mur de Berlin et des mouvements à l’Est, année où ce poète joua un rôle important dans sa vie. 

En 1989, Carmen a dix an. Elle vit dans un appartement à Bucarest avec ses parents, proche de la nature apaisante de ses grands-parents paternels et de la folie de sa grand-mère maternelle. Elle est la dernière, tardivement née après cinq ou six frères et soeurs. 

Pendant que sa mère enregistre des K7, moins contrôlées que les courriers, racontant à son amie partie vivre aux Etats-Unis toutes les banalités de sa vie et quelques propos subversifs, que son père, directeur financier dans une usine de savons se fait peur dans son bolide, que sa grand-mère déraille dans un hôpital psychiatrique et que son grand-père vole des chats, Carmen écrit des poèmes pour sa maîtresse et se lamente au sujet de cigognes gelées sur le lac du Moulin.

Derrière les évènements anodins perçus par une petite fille, la révolution est en marche. Nous la suivrons avec Carmen de mars à décembre 1989 avec cette image télévisée qui marque encore les esprits, la fusillade du couple Ceausescu.

A l’image du titre de ce roman, le récit oscille entre poésie et réalité historique, naïveté de l’enfance et prise de conscience de l’adulte. Sensible à la poésie et au monde animal, Carmen grandit en cette année charnière qui la propulse de l’enfance à la réalité adulte.

J’aime beaucoup le côté décalé d’Irina Teodorescu. Sa vitalité, son espièglerie donnent du souffle, de la luminosité à ses récits. Le regard de l’enfance, le biais tragicomique donnent en apparence moins de profondeur au témoignage de l’auteur. Mais faut-il toujours être sombre et pesant pour évoquer les dictatures ?

9 réflexions sur “Ni poète, ni animal – Irina Teodorescu

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.