La salle de bal – Anna Hope

Titre : La salle de bal
Auteur : Anna Hope
Littérature anglaise
Titre original: The ballroom
Traducteur : Elodie Leplat
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 390
Date de parution : 17 août 2017

Anna Hope plante son décor dans l’asile de Sharston près de Leeds dans le Yorkshire. Cet établissement vivant en autosuffisance comprend un millier d’hommes utilisés aux travaux des champs et de fossoyage et un millier de femmes interdites d’extérieur, certaines travaillant à la blanchisserie. Leur seule distraction tourne autour de la musique, traitement utilisé par le Docteur Fuller, fier de son orchestre qui, chaque vendredi invite certains pensionnaires à danser dans l’impressionnante salle de bal.
Ella Fay, jeune fileuse, vient d’être internée à Sharston pour avoir brisé une vitre de la filature où elle travaille depuis son plus jeune âge.
«  Etait-elle donc folle parce qu’elle avait brisé une vitre? Folle parce qu’elle avait donné des coups de pied et mordu ces hommes? »
Non, la majorité des pensionnaires ne sont pas des fous mais plutôt des personnes qui se rebellent face à leur misérable condition. Clem, une fille de famille bourgeoise, qui deviendra l’amie d’Ella, a été placée à l’asile pour avoir refusé de s’alimenter, seul moyen de réaction contre un mariage programmé avec un vieil ami de son père.
Sous une très belle histoire d’amour entre Ella et John Mulligan, un irlandais ténébreux interné suite à un drame personnel, Anna Hope décrit les heures sombres de l’Angleterre du début du XXe siècle. Si les mauvaises conditions de travail du peuple, la famine, les grèves sont rapidement évoquées, Anna Hope nous rappelle que l’Angleterre fut un des premiers pays à réfléchir sur l’amélioration de la race avec la Société d’éducation eugénique fondée en 1907. Si le Docteur Fuller prône dans un premier temps la ségrégation et la réadaptation par la musique, Churchill, alors ministre de l’Intérieur suit les avis de Galton et Darwin en défendant la stérilisation des inaptes.
Déception personnelle concernant Winston Churchill, surtout après Les heures sombres, le dernier film de Joe Wright.

Anna Hope est une auteure très romanesque qui sait aussi utiliser la force d’un contexte social pour incarner ses personnages. Les sentiments de Clem, Ella ou John sont parfaitement partagés. J’ai notamment apprécié la complexité du Docteur Fuller. Initialement blessé de ne pas avoir pu suivre la carrière de son père, préférant la musique à la médecine, Fuller est plutôt enclin à l’humanité. Puis découvrant sa vraie nature, il reporte sa haine sur ceux qu’il juge finalement plus heureux que lui.

Avec un meilleur équilibre entre romance et contexte, je frôlai le coup de coeur.

J’ai lu ce roman dans le cadre du Jury pour le Grand Prix des Lectrices  Elle 2018.

 

29 réflexions sur “La salle de bal – Anna Hope

  1. A certains moments, j’ai trouvé un relâchement dans la narration. Parfois le traitement de l’histoire des personnages et aussi la fin laissent sur ma faim. Dans l’ensemble, je trouve que pour ce deuxième roman, elle flirte avec la mièvrerie. Personnellement je préfère « Le chagrin des vivants », son premier roman.

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