Même Dieu ne veut pas s’en mêler – Annick Kayitezi-Jozan

Titre : Même Dieu ne veut pas s’en mêler
Auteur : Annick Kayitesi-Jozan
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 230
Date de parution : 14 septembre 2017

Annick Kayitesi-Jozan avait quinze ans lors du génocide des Tutsis en 1994. Sa mère fut matraquée, son corps jeté aux chiens. Sa soeur et son petit frère tués à coups de machette et jetés dans la fosse commune. Son autre soeur s’en sort malgré un corps et un visage lacérés. Comment survivre à de telles atrocités, sans même pouvoir se recueillir sur une sépulture ? Comment être présente aujourd’hui pour ses deux enfants, Cyaka et Cyeza?
Impossible de répondre à leurs questions!
«  Comment vivre sa vie quand, à la place des parents, on a des cadavres qui collent à la peau. »

Ce livre témoignage est sans doute le meilleur moyen de donner une voix à sa famille, de libérer cette boule de peur, de rage qui l’étouffe, de transmettre à ses enfants la mémoire de leurs racines.

Pour le lecteur, cette confession est difficile car l’auteur revient en boucle sur les massacres parfaitement insoutenables. Malheureusement, sa jeunesse n’est que peine et terreur. Son père et sa soeur ont péri dans un incendie en Belgique. Sa grand-mère est la seule personne de sa famille à mourir de sa belle mort.
Annick Kayitesi-Jozan peine à se reconstruire malgré l’amour de Raphaël et la présence de ses enfants. Cela se ressent dans la construction du témoignage, qui, à l’image des cauchemars qui bousculent le quotidien, mêle présent et passé, revient sans cesse sur les atrocités. Les naissances, les commémorations des vingt ans du génocide ne sont que de cruels rappels de la mort.
Le témoignage, incluant toutefois les brefs éléments historiques indispensables à la compréhension, reste trop personnel. Cette lecture me touche mais me met aussi mal à l’aise devant tant d’atrocités. La distance romanesque apporte davantage d’universalité et les romans de Gaël Faye ( Petit Pays), de Scholastique Mukasonga ( Notre Dame du Nil), de Yasmine Ghata ( J’ai longtemps eu peur de la nuit) ou de Naomi Benaron ( Courir sur la faille) m’ont davantage concernée.

J’ai lu ce document dans le cadre du Jury du Grand Prix des Lectrices Elle 2018.

 

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