La servante écarlate – Margaret Atwood

Titre : La servante écarlate
Auteur : Margaret Atwood
Littérature canadienne
Titre original: The handmaid’s tale
Traducteur : Sylviane Rué
Éditeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 544
Date de parution : 1987, 2005, 8 juin 2017

Le roman de Margaret Atwood, écrit en 1985, revient en force dans les librairies grâce à la diffusion au printemps dernier de la série, The handmaid’s tale réalisée par Bruce Miller avec Elizabeth Moss dans le rôle principal.
Symbole de l’Amérique anti-Trump depuis que des contestataires habillées en Servantes Écarlates ont manifesté lors du débat au Texas sur la loi anti-avortement.
Récemment, Emma Watson, toujours prompte à réagir pour la cause féministe, a créé une belle opération commerciale en dissimulant des exemplaires du roman publié récemment par Pavillons Poche dans les rues de Paris.
Mais qu’en est-il de ce roman aussi avant-gardiste que le 1984 de George Orwell?

Le contexte n’est pas sans rappeler les éléments de certaines dystopies plus récentes. Nul doute que ce récit a inspiré plus d’un auteur. Pollution, médicaments, contraceptifs, avortements sont vraisemblablement les causes de la baisse de la natalité dans la République de Gilead, cette société dystopique et totalitaire. Les femmes sont divisées en castes, chacune respectant un code couleur vestimentaire.
Finie l’anarchie où «  notre société se mourait, disait Tante Lydia, à cause de trop de choix. ». Le pouvoir est aux mains des Commandants. Leurs Épouses, souvent stériles, emploient des Servantes  pour procréer avec leur mari.
«  Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout: vases sacrés, calices ambulants. »
En cas d’échec ou de rébellion, les punitions corporelles infligées par les Tantes, celles qui dirigent le Cercle Rouge peuvent aller jusqu’à l’exécution lors des journées de Rédemption ou à la déportation dans les colonies.
Defred est utilisée par le Commandant et sa femme, Serena Joy. Elle se souvient de sa vie précédente auprès de Luke et de sa petite fille. Que sont-ils devenus? Femme de divorcé, Defred fut pourchassée et ne put choisir que le moindre mal, devenir une Servante Écarlate.

La construction du récit rend la lecture addictive. Découverte de cette société dystopique avec ses règles et ses abus, flashs du passé de Defred, mystère de l’ancienne servante de Serena Joy, espoirs de la narratrice auprès de ses amies, du Commandant ou du chauffeur, pas de temps mort dans ce roman.

Dans une postface, l’auteur imagine un débat historique autour de la République de Gilead. Car si ce roman est une œuvre de science-fiction, chaque élément a existé ici ou ailleurs.
L’on comprend facilement pourquoi ce roman devient aujourd’hui un symbole pour les féministes.
«  Nolite te salopardes exterminorum »
«  Ne laissez pas les salauds vous tyranniser. »

Retrouvez d’autres avis pour cette lecture commune sur le site de Yuko.

21 réflexions sur “La servante écarlate – Margaret Atwood

  1. Je l’avais lu il y a 5 ans déjà mais j’en garde un profond souvenir et il fait partie de ces livres qu’il faudrait relire régulièrement. Je suis ravie de voir que ces derniers temps il ressort, qu’on en parle de plus en plus même si la raison de cette présence répond à l’urgence d’une situation qui est pire que celle d’il y a 5 ans quand j’en avais parlé sur mon blog.

    • Je ne connaissais pas l’auteur et je ne suis pas vraiment attirée par les dystopies mais malheureusement parfois le science fiction a des accents de vérité. Oui, c’est très bien de reparler de ce livre

  2. Je viens de terminer son dernier « C’est le coeur qui lâche en dernier ». Le thème est le même et j’avoue, bien que ce genre de livre ne soit pas ma tasse de thé, avoir aimé cette lecture. L’auteur sait lâcher ses cartes au bon moment.

  3. Je pense comprendre que tu as apprécié cette lecture. Ce fut une belle découverte pour moi. Une vraie plume.Et les idées, n’en parlons pas ! 🙂 J’ai noté le nouveau titre de l’auteur dont parle Zazy.

  4. Pingback: Lectures communes / 8 | Le blog de Yuko

  5. C’est sympa de lire les critiques de cette LC ! Je vois que tu lis le dernier Léonor de Recondo … je reviendrai lire ce que tu en as pensé, j’adore cette auteure.

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