Le grand jeu – Céline Minard

le grand jeu.inddTitre : Le grand jeu
Auteur : Céline Minard
Éditeur : Payot&Rivages
Nombre de pages : 192
Date de parution : août 2016

Une femme s’isole en pleine montagne, mais dans une construction moderne, autonome en énergie, accrochée à une paroi rocheuse à 3400 mètres d’altitude. Pourquoi? Par refus des promesses, des menaces, de l’autorité. Pour voir si on peut jouer seul, si on peut se surprendre soi-même?
 » Je veux imaginer une relation humaine qui n’aurait aucun rapport avec la promesse ou la menace. »
Le travail fait partie de son traitement. Elle coupe les arbres pour le bois de chauffage, fait un grand jardin pour les réserves en légumes, arpente la montagne, équipe des voies sur les parois rocheuses, établit un campement d’été sur une roche.
Elle ne rencontre que des animaux : les isards, les truites du lac, les insectes, les oiseaux.
Jusqu’au jour où elle aperçoit « un tas de laine » mouvant. Un être humain?
 » J’ai investi cet environnement et ces conditions qui me permettent de n’être pas dans l’obligation de croiser tous les matins un ingrat, un envieux, un imbécile. »
Réfugiée dans le confort protecteur de son tube qui lui sert d’habitation, la narratrice ne peut toutefois rester insensible à une autre présence humaine.
Une plongée en pleine nature tantôt reposante, tantôt déchaînée est toujours agréable à suivre surtout sous le style riche et descriptif de Céline Minard. Parfois, le vocabulaire du monde de l’escalade ne permettait pas de bien visualiser les effets, les lieux mais la plongée solitaire en pleine nature réserve de superbes moments de contemplation, des moments intenses d’effort, parfois des instants de peur.
«  Il y a des connaissances d’affût. Des patiences fructueuses. Des replis stratégiques. »
Mais je regrette que les passages de réflexion n’expliquent pas davantage les raisons de cet éloignement du monde. Certaines phrases m’ont paru ésotériques.
Est-ce l’alcool et le cannabis qui obscurcissent l’esprit de notre ermite? L’autre humain, ce moine ou général chinois, a de bien curieuses activités, perché sur un mât, un nuage ou rebondissant sur une sangle. Est-il vraiment réel ou n’est-il qu’un leurre qui pousse la narratrice a se lancer dans un jeu où la menace est sans domination et la promesse sans objet?

Si la réflexion de Sartre prise au premier degré ( « L’enfer c’est les autres« ) pousse des hommes à s’isoler dans la nature rédemptrice, l’Autre n’est-il pas parfois nécessaire pour nous pousser au-delà de nos limites? L’autre est celui qui nous force à nous connaître nous-mêmes. C’est le sens que je donne à ce roman mais j’avoue que j’aurais aimé avoir une base plus concrète afin de me sentir mieux en ce récit qui oscille entre descriptif et fantasmagorie.

Après plusieurs succès littéraires, j’avais hâte de découvrir la plume de Céline Minard. Elle est sans nul doute une auteure moderne qui s’inscrit dans un univers atypique et pousse le lecteur à la réflexion.

J’ai lu ce livre en tant qu’Explolecteurs pour Lecteurs.com. Et je serais curieuse de lire l’interview de l’auteur que mènera Karine Papillaud à partir des questions que nous lui avons proposées.

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13 réflexions sur “Le grand jeu – Céline Minard

  1. je n’ai tellement pas accroché à « Faillir être flingué » – même si je reconnais que l’auteure a du style et une très belle plume – que je vais passer mon tour pour celui-ci

  2. Pingback: Le grand jeu | Ma collection de livres

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