Je suis de celles qui restent – Bernadette Pecassou

PécassouTitre : Je suis de celles qui restent
Auteur : Bernadette Pecassou
Éditeur : Flammarion
Nombre de pages : 336
Date de parution: 13 avril 2016

Alice, la cinquantaine vient de perdre brutalement son mari, Michel, 62 ans, victime d’une crise cardiaque. A l’enterrement, la famille de Michel brille par son absence. Michel était brouillé avec son frère Yves depuis longtemps et sa jeune sœur, Laurence souffre de dépression.
En quittant sa région natale du Sud-Ouest, Michel l’intellectuel semblait avoir renié ses origines paysannes. Alice, en femme soumise, n’avait eu alors d’autres choix que de suivre son mari en région parisienne dans les années 70.
Quelques jours après l’enterrement, Alice reçoit un mystérieux colis pour son mari. La paquet contient un briquet Dupont de grande valeur, apparemment acheté d’occasion sur Le Bon Coin. En enquêtant sur cet achat, Alice découvrira une facette inconnue de son mari et le secret familial de son enfance.
Cet aspect du roman, avec une enquête sur un secret de famille, est certes le plus vendeur mais je le relègue volontairement au second plan.
Le fil conducteur qui oppose l’ancrage familial à l’époque moderne soumise à la mondialisation est, à mon sens bien plus intéressant. D’ailleurs, le titre du roman confirme que l’auteur voit en ce thème le sujet principal.
 » L’exil commence le premier jour où on quitte sa terre d’enfance. »
Alice tire une grande force de ses racines paysannes, notamment avec les leçons de sa grand-mère. Mais, de cette éducation, elle a aussi gardé un sens de la soumission au mari et une capacité d’abnégation. Dans son discours, parfois répétitif et plaintif, elle se raisonne en permanence face aux défauts de son mari. Michel était râleur MAIS Alice met en avant le bel équilibre et la joie de son foyer. Les soirées, chacun dans son coin, n’étaient pas bien terribles, MAIS ça lui convenait.
Michel, cadre supérieur dans la distribution, voulait absolument sortir de sa condition natale. En critiquant les réflexes de pauvre, Michel a poussé leurs deux enfants, Paul et Juliette vers de hautes études et des carrières internationales.  » on est ce qu’on a la volonté de devenir. »
Paul travaille à Boston et Juliette fait une croix sur ses amours pour obtenir un poste à Hong Kong.
Alice, en mère inquiète, souffre de cet éloignement. Et davantage encore depuis la mort de son mari. Le temps des familles où l’on ne quittait pas sa terre natale pour travailler est révolu.
Et pourtant, le monde semble changer. Aux États-Unis, les grands centre commerciaux déclinent. En France, de nombreux magasins remettent en avant le monde de l’intime avec des services et du linge de maison à l’ancienne. Le succès des maison d’hôtes n’est-il pas le reflet d’un besoin d’une harmonie familiale.
Juliette avait senti, elle aussi, un commencement de doute dans les derniers propos de son père.
 » Mais comment aurait-il pu prévoir que le monde perverti de la finance virtuelle l’emporterait sur celui des bâtisseurs qu’il avait connu, et que de jeunes et brillants inconscients, dont son propre fils, en changeraient la face en s’enfermant dans des hangars depuis lesquels ils piloteraient des sommes astronomiques qui mettraient les États à genoux? »
Sommes-nous arriver au moment où l’on commence à cerner le cynisme et l’ennui d’une société où tout est prétexte à s’évaluer?
Même, si il faut savoir se débarrasser des querelles du passé, l’importance des repères s’accroît dans le monde actuel qui bouge en permanence.

Derrière une intrigue de roman, que je qualifierais plutôt de grand public ( sans aspect péjoratif), Bernadette Pecassou ouvre une réflexion, un peu trop secondaire, sur la limite de notre société actuelle où le virtuel et la mondialisation perdent notre essence.

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8 réflexions sur “Je suis de celles qui restent – Bernadette Pecassou

  1. Je l’ai terminé la semaine dernier et j’en suis sortie déçue. Comme tu le dis, l’histoire du briquet n’est qu’un prétexte alors que j’attendais et je voulais justement qu’il soit en plein centre de ce roman. De plus, je n’ai pas du tout adhéré à Alice. Dommage !

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