Le cri de l’oiseau de pluie – Nadeem Aslam

aslamTitre : Le cri de l’oiseau de pluie
Auteur : Nadeem Aslam
Littérature pakistanaise
Traducteur : Claude Demanuelli, Jean Demanuelli
Éditeur : Seuil
Nombre de pages : 288
Date de parution : 5 février 2015

Auteur :
Nadeem Aslam, né au Pakistan en 1966, a quatorze ans lorsque sa famille fuit le régime du général Zia et s’installe en Angleterre. Après des études à l’université de Manchester, il se consacre à l’écriture. Avant Le Cri de l’oiseau de pluie, le Seuil a publié La Cité des amants perdus (2006), finaliste du Booker Prize, La Vaine Attente (2009) et Le Jardin de l’aveugle (2013), sélectionnés par plusieurs prix littéraires français et étrangers. L’œuvre de Nadeem Aslam est publiée dans une douzaine de pays. L’auteur partage aujourd’hui son temps entre l’Angleterre et le Pakistan.

Présentation de l’éditeur :
Une bourgade anonyme du Pakistan, à l’ombre de deux mosquées concurrentes, est secouée par deux événements simultanés : le meurtre du puissant juge Anwar, et la réapparition mystérieuse d’un sac postal égaré dix-neuf ans plus tôt dans un accident de chemin de fer. Quels secrets enfouis depuis longtemps ces lettres vont-elles révéler ? Alors que la mousson approche et que la touffeur moite devient de plus en plus écrasante, les passions se déchaînent au sein de la petite communauté, menaçant de la faire éclater, laissant ses différents acteurs troublés et désemparés.
Chronique sociale, portrait du paysage politique et religieux du Pakistan au début des années 1980, Le Cri de l’oiseau de pluie, premier roman de Nadeem Aslam, vient compléter l’œuvre publiée et saluée d’un auteur qui compte désormais parmi les grands de la littérature. On y trouve déjà la prose assurée et poétique, la voix forte d’un écrivain qui n’a de cesse de dénoncer l’intolérance.

Mon avis :
Ce premier roman de Nadeem Aslam comporte déjà les points forts qui me font apprécier ses récits. L’auteur met en valeur son pays en décrivant les lieux avec le climat (nous sommes ici en pleine mousson), la végétation, les oiseaux, la nourriture et nous immerge dans la vie au quotidien des personnages.
En citant James Joyce, un journaliste rappelle que  » le quotidien, c’est l’affaire du romancier…Le journaliste, lui, a pour tâche de traiter l’extraordinaire. »
Nous entrons dans ce quartier musulman ( ancien quartier hindou avant la partition) à la mort du juge Anwar, assassiné suite à la réception d’une lettre vieille de dix-neuf ans.
Lors d’un accident de chemin de fer, des sacs de courrier furent perdus. Des années plus tard, elles vont enfin être distribuées inquiétant ceux qui ont des choses à se reprocher.
Cette nouvelle échauffe un peu plus les esprits des habitants déjà brimés par les événements lors des précédentes élections qui a remis au poste de Premier Ministre ce général inquiétant, la peur que fait régner le puissant propriétaire terrien Mujeeb Ali, l’éclatement entre les deux mosquées et surtout la vie en concubinage du commissaire musulman Azhar avec une chrétienne, Elizabeth Massih.
Chacun vit mal cet outrage aux bonnes mœurs et à la religion, surtout venant d’un homme intelligent qui se doit de donner l’exemple.
Si l’imam Hafeez est prompt à reprendre les pauvres gens qui sortent du droit chemin en oubliant d’entretenir une sépulture, en regardant la télévision, il rechigne à s’opposer aux dérives du riche Mujeeb ou du commissaire.
«  Moi ce que j’aimerais savoir, dit M. Kasmi en lui coupant pratiquement la parole, c’est qui dirige en réalité le pays. L’armée? Les politiques? Les industriels? Les propriétaires terriens?…
A moins que ce soit Dieu? dit Yusuf Rao. »

Si ce premier roman excelle à nous décrire le quotidien d’un quartier musulman avec l’appel des mosquées, le rôle des femmes, les superstitions, les interdits de la religion et les pouvoirs de certains nantis, la censure de l’information, il peine un peu à maîtriser une réelle intrigue.
Des chapitres en italiques restent sibyllins, le sujet de fond reste partagé entre plusieurs événements sans vraiment prendre une dimension suffisante et la fin s’effiloche en créant un sentiment d’insatisfaction.

Le cri de l’oiseau de pluie est un premier roman qui installe l’univers de Nadeem Aslam. L’auteur a par la suite amélioré son sens de l’intrigue et du romanesque.

Je  remercie dialogues pour la lecture de ce roman.

bac2015

19 réflexions sur “Le cri de l’oiseau de pluie – Nadeem Aslam

  1. J’ai plusieurs fois lu des avis positifs sur cet auteur. Mais je ne sais si j’apprécierais. C’est comme pour d’autres auteurs, souvent asiatiques, dont la culture est si éloignée de la mienne que je pense qu’en les lisant, je passerais à côté de tant de références que je ne saurais bien les apprécier…

    • Tout dépend ce que l’on cherche en se tournant vers la littérature asiatique. Nadeem Aslam raconte des histoires de familles dans un environnement pakistanais. Cela me semble très accessible même avec la différence de culture.
      Celui-ci n’est pas le meilleur.

    • Ici ils éditent le premier roman de l’auteur après le succès d’autres titres écrits postérieurement. Même principe avec d’autres auteurs. Ce qui est intéressant pour suivre l’évolution d’un écrivain.

    • Je te conseille la chronique à lire sur Le monde de Tran. Elle en parle très bien.
      Si tu n’as jamais lu l’auteur, je te conseille plutôt Le jardin de l’aveugle ou La vaine attente.

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