Les fiancés de Déborah Levy-Bertherat

jaquette les fiances ok.inddTitre : Les fiancés
Auteur : Deborah Lévy-Bertherat
Éditeur : Payot
Nombre de pages : 230
Date de parution : avril 2015

Auteur :
Déborah Lévy-Bertherat vit à Paris et enseigne la littérature comparée à l’École Normale Supérieure. Son premier roman Les voyages de Daniel Ascher a connu un vif succès et a été traduit en plusieurs langues.
Présentation de l’éditeur :
Un roman d’une grande efficacité narrative, qui mêle avec brio, sur fond d’évocations de souvenirs d’enfance et de guerre, le motif romanesque des retrouvailles amoureuses et celui de l’usurpation (involontaire) d’identité. Madeleine retrouve soixante ans après son premier fiancé qu’elle croyait mort à la guerre d’Indochine, mais il s’avère que le vieux René qu’elle serre dans ses bras est un autre… Un traitement très fin et subtil du malentendu tragique entre des êtres qui étaient voués à s’aimer et que la vie a destiné à se perdre.
Mon avis :
La vieillesse semble souvent un retour à l’enfance. René Loriot, résident de la maison de l’Espérance et ancien marchand de jouets et de modèles réduits occupe ses journées en rêvant devant la maquette de son village d’enfance (  » un petit monde parfait où la mort n’existait plus« ), écrivant des lettres à sa fille partie au Groenland et discutant avec les sœurs ou les aides soignantes.
L’arrivée de Madeleine, petite vieille aux souliers rouges et à la mémoire défaillante va bouleverser son quotidien lorsqu’elle le prend pour son ancien amant de jeunesse, Maximilien, mort à la guerre d’Indochine. Tout de suite, il a envie de la protéger, de la suivre et d’entrer dans son jeu. D’ailleurs les yeux vairons de Madeleine semblent rappeler des souvenirs enfouis de sa mémoire.
De discussions en rencontres, Madeleine et René retrouvent des bribes de leur passé. Un passé marqué par la guerre qu’ils ont à peine entrevue dans leur enfance car les parents tentaient de les protéger mais qui les a inconsciemment troublés.
 » Pendant ce temps, leurs oreilles butinaient la moindre parcelle de violence et de cruauté et en faisaient un terrible miel, mêlant le plaisir du mal pour le mal, la mort lente et le rire du bourreau. »
Madeleine et René semblent être restés au milieu d’un pont, peut-être celui de Navilly, symbole de la ligne de démarcation. Celui-là même où le grand-père de sœur Célestine, tirailleur sénégalais a été tué en 40 par un nazi. Un pont entre la vie qui leur a été préservée et la mort de leurs proches, tout comme Célestine est en France du côté de la vie alors que sa sœur au Burkina Faso semble être du côté de la mort.
Il faut alors retraverser ce pont pour retrouver les souvenirs, replonger dans le passé pour faire face aux drames oubliés et enfin pouvoir affronter la réalité.
Les fiancés est un roman bien construit et touchant. Si l’on côtoie la tristesse de la vieillesse, on sent aussi toute la richesse des souvenirs, seuls morceaux de chaleur dans une vie devenue bien monotone. Parfois l’esprit, pour éviter la souffrance occulte les moments difficiles. Déborah Lévy-Bertherat nous intrigue avec ce mystérieux passé et nous donne envie de suivre les vieux amants pour trouver la vérité dans leur mémoire recomposée.
Le scénario et le style ne peuvent que toucher les amateurs de belles histoires tendres. Personnellement, je me suis parfois trouvée à la limite du style un peu trop léché.
 » Il retire son appareil auditif et sombre dans le sommeil, persuadé que le lendemain sera une journée aussi prévisible que toutes les précédentes. Il se trompe. Un discret sabotage a déjà desserré quelques boulons, bientôt les tire-fond vont lâcher les traverses, ouvrir les butées, et libérer l’âme des rails. Inéluctablement, son petit train quotidien va dérailler et se mettre à rouler au hasard, sans crier gare. »

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18 réflexions sur “Les fiancés de Déborah Levy-Bertherat

  1. Du fait de mon expérience professionnelle je suis toujours très touchée par les romans mettant en scène des personnages âgées. Je pense que celui-ci devrait me plaire.

  2. ce n’est pas un roman , je dirais de trés jolis miscellanées , des petits contes faits de souvenirs enchantés mis bout à bout . j’ai aimé les références aux contes d’Andersen.

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