Quand j’étais Jane Eyre – Sheila Kohler

kohlerTitre : Quand j’étais Jane Eyre
Auteur : Sheila Kohler
Titre original : Becoming Jane Eyre
Traducteur : Michèle Hechter
Éditeur : La Table Ronde Quai Voltaire
Nombre de pages : 262
Date de parution : 5 janvier 2012
Paru en poche, édition 10/18 en août 2013

Auteur :
Née en 1942 à Johannesburg, Sheila Kohler, après des études à Saint Andrews, quitte son pays pour rejoindre l’Europe, puis, en 1981, s’installe aux États-Unis. Elle enseigne aujourd’hui à Bennington et à Princeton. Elle est l’auteur de huit romans, dont Quand j’étais Jane Eyre et L’enfant de l’amour (éditions Quai Voltaire, 2013), et trois recueils de nouvelles. Elle a été récompensée à deux reprises par le O’Henry Prize, ainsi que par l’Open Fiction Award, le Villa Cather Prize et le Smart Family Foundation Prize.

Présentation de l’éditeur :
Dans le calme et la pénombre, au chevet de son père qui vient de se faire opérer des yeux, Charlotte Brontë écrit, se remémore sa vie, la transfigure. Elle devient Jane Eyre dans la rage et la fièvre, et prend toutes les revanches : sur ce père, pasteur rigide, désormais à sa merci, sur les souffrances de son enfance marquée par la mort de sa mère et de deux sœurs aînées, sur sa passion malheureuse pour un professeur de français à Bruxelles, sur son désespoir face à son frère rongé par l’alcool et la drogue, sur le refus des éditeurs qui retournent systématiquement aux trois sœurs Brontë leurs premiers romans, envoyés sous pseudonyme.
Sheila Kohler se glisse dans la tête de Charlotte Brontë et de son entourage afin de décrire les méandres de la création. Sans se départir du style cristallin de ses précédents ouvrages, elles restitue avec finesse le climat qui a donné naissance aux œuvres des sœurs Brontë : Jane Eyre, bien sûr, mais aussi Les Hauts de Hurlevent et Agnes Grey, trois joyaux de la littérature anglaise.

Mon avis :
Sheila Kohler se plonge dans l’époque des soeurs Brontë pour en illustrer les points essentiels.
C’est tout d’abord le temps où les femmes sont cantonnées à leur rôle d’épouse, même si elles apprécient peu le sexe et souffrent de grossesses multiples. La mère des sœurs Brontë, mariée à vingt neuf à un pasteur en est le premier symbole. Le pasteur entretient cette différence, même si il a donné une certaine éducation à ses filles,il vénère son seul fils, pourtant égoïste et incapable.
«  son frère a été et reste l’obsession de son père, la plaie qu’il ne cesse de lécher comme un chien. Jamais il n’a éprouvé les mêmes sentiments pour ses filles attentionnées, qui se sont battues avec courage, qui ont pris soin de lui et de sa maison, malgré leurs poumons malades. »
Alors pour faire valoir leurs talents littéraires les sœurs Brontë envoient leurs manuscrits aux éditeurs sous des pseudonymes masculins.
«  La littérature ne saurait être l’affaire d’une femme. » juge un célèbre poète de l’époque.
Persévérantes et convaincues de leur talent, Emily et Anne verront leur patience récompensée pour les manuscrits des Hauts du Hurlevent et Agnès Grey alors que Charlotte, qui avait envoyé Le professeur) devra attendre un peu plus pour toutefois devancer ensuite ses sœurs en triomphant avec Jane Eyre.
Sheila Kohler devient alors plus psychologue alors que l’ambiance entre les trois soeurs de caractère bien différent se détériore.
Le roman de Sheila Kohler expose les sources d’inspiration des sœurs Brontë à la lueur de leur quotidien, et illustre cette passion de l’écriture qui anime ces filles peu heureuses en amour.
 » Écrire est sa façon de s’évader, de fuir cette cellule de solitude, d’obscurité et de désespoir. »
Ce roman retrace aussi le destin tragique d’une famille dont le rêve a souvent été « 
d’aspirer à la célébrité et à la gloire« . A part le père mort à près de quatre vingt ans, les membres de la famille disparaissent rapidement après des vies tourmentées et des amours contrariées.
Condition féminine, destin familial et création littéraire sont les trois points intéressants de ce roman qui nous replonge avec plaisir dans l’œuvre des soeurs Brontë.
La première partie où Charlotte écrit auprès de son père m’a toutefois semblé manquer de rythme. L’auteur évoque les différentes facettes du caractère de Charlotte ( dévotion au père, sensibilité, jalousie, ambition, sentiments pour des hommes inaccessibles), effleure les personnalités d’Emily et Anne, insiste sur le problème d’alcool et de drogue de Barnwell mais ne parvient pas à me faire ressentir de l’empathie pour ses personnages.
Pourtant ce roman me permettra sûrement une meilleure relecture de Jane Eyre, en connaissant davantage la vie de Charlotte Brontë.

Je remercie Nathalie qui m’a propose ce titre en lecture commune. Vous retrouvez son avis ici.

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15 réflexions sur “Quand j’étais Jane Eyre – Sheila Kohler

  1. oups je l’ai zappé celui-là désolée je viendrais mettre mon avis dès que possible mais j’avoue avoir été débordée par d’autres demandes, par contre j’ai commencé Meursault contre enquête c’est pour le 04 avril je pense.

    • J’ai réservé Meursault à la bibliothèque depuis quinze jours mais j’attends que la personne précédente le ramène ( et ce depuis fin février). J’espère pouvoir l’avoir à temps. Il n’est pas très long à lire mais quand même.

  2. Et bien, tu donnes vraiment envie de lire ce roman! D’autant plus que mon roman préféré est Jane Eyre et que j’aime beaucoup les sœurs Brontë. Je note le titre en tout cas, pour mon retour en bibliothèque!

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