Les douze tribus d’Hattie -Ayana Mathis

mathisTitre : Les douze tribus d’Hattie
Auteur : Ayana Mathis
Littérature américaine
Traducteur : François Happe
Editeur : Gallmeister
Nombre de pages : 320
Date de parution : janvier 2014

Auteur :
Ayana Mathis a grandi dans les quartiers nord de Philadelphie. Férue de poésie, elle suit plusieurs cursus universitaires sans en terminer aucun, travaille comme serveuse puis fact-checker dans divers magazines. Elle voyage pendant plusieurs années en Europe, s’installant quelque temps à Florence où elle travaille dans une agence de voyages. Débuté comme un recueil de nouvelles, Les douze tribus d’Hattie sera en faut son premier roman.

Présentation de l’éditeur :
Gare de Philadelphie, 1923. La jeune Hattie arrive de Géorgie en compagnie de sa mère et de ses sœurs pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l’énergie de ses seize ans, Hattie épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants, douze tribus qui égrèneront leur parcours au fil de l’histoire américaine du XXe siècle. Cette famille se dévoile peu à peu à travers l’existence de ces fils et de ces filles marqués chacun à leur manière par le fort tempérament d’Hattie, sa froide combativité et ses secrètes failles.
Les Douze Tribus d’Hattie, premier roman éblouissant déjà traduit en seize langues, a bouleversé l’Amérique. Telles les pièces d’un puzzle, ces douze tribus dessinent le portrait en creux d’une mère insaisissable et le parcours d’une nation en devenir.

Mon avis :
Hattie s’impose comme une figure forte de ce premier roman d’Ayana Mathis.
Cette jeune femme a dû fuir la Georgie et la ségrégation qui a tué son père. Lorsqu’elle arrive à Philadelphie avec sa mère et ses sœurs, elle a déjà compris que la vie n’est pas simple pour le peuple noir.
Méfiante en la médecine des hommes, Hattie, déjà brimée par la haine des Blancs, va aussi devoir faire face plus d’une fois au sombre destin. En 1925, mère de deux jumeaux à l’âge de dix-sept ans, elle va lutter avec amour contre la pneumonie qui emportera ses enfants.
Ce premier coup du sort marque sa vie. Hattie devient une femme  » sombre et déprimée« , incapable d’exprimer sa tendresse maternelle. Son mari August, comme d’autres figures masculines du récit, est attiré par la vie facile, privilégiant son plaisir au financement de son foyer. Il passe ses soirées en discothèque, ses nuits avec des maîtresses.
Hattie aura neuf autres enfants, sûrement blessés par le manque de tendresse et pour certains, marqués par l’aventure que leur mère vivra avec Lawrence.
Chaque chapitre, comme une petite nouvelle, nous parle d’un des enfants. Des caractères, des failles, des destins marqués par des cicatrices d’enfance. Si certains font de riches mariages comme Alice, ont de bons métiers comme Floyd le trompettiste, ont fait des études comme Bell, tous se perdent dans leurs tourments ou leur folie comme Cassie.
Mais si Hattie n’a jamais eu le temps pour les sentiments, elle a au fond d’elle même un profond instinct maternel. Il se révèle pour Ruthie, la fille de son amant ou pour Ella, ce bébé donné à sa sœur stérile mais riche. Hattie sera là aussi lorsque Bell aura besoin d’elle.
Ayana Mathis s’inscrit naturellement dans l’univers de Toni Morrison. La ségrégation, la vie sociale américaine au XXe siècle ( prédicateurs, quartiers pauvres, monde du jeu et des paris clandestins, alcool) sont omniprésents.
Les gens du Sud gardent cette terreur, cette nostalgie et cette rage qui les empêchent de s’intégrer facilement dans le Nord.
 » Ces gens-là se connaissaient depuis leur enfance, et pourtant les uns avaient suffisamment de pouvoir pour obliger les autres à descendre du trottoir et leur laisser le passage, et ces autres étaient suffisamment intimidés pour le faire. »
Les douze tribus d’Hattie
est un roman dense qui aurait peut-être gagné en profondeur avec une autre construction en prenant le risque d’être toutefois moins fluide.

Je remercie Ariane, Illeva,Rosemonde, Allizaryn.pour cette lecture commune.
Vous pouvez aussi retrouver l’avais d’Albertine.

romancières New Pal 2015 orsec

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27 réflexions sur “Les douze tribus d’Hattie -Ayana Mathis

  1. Ton avis me donne encore plus envie de le lire. Et comble du comble je viens de recevoir un message de la médiathèque m’avertissant que le lecteur a enfin rapporté l’exemplaire !

  2. Je l’ai terminé ce week-end et j’ai beaucoup aimé, même si je ne m’attendais pas à une lecture aussi sombre…
    En effet, cela m’a bien fait penser à Toni Morrison vu les thèmes abordés! Elle commence fort pour un premier roman. Je compte bien suivre ses futurs romans de près en tout cas.

    • La construction ne m’a pas dérangée mais je pensais qu’un récit plus linéaire m’aurait apporté d’autres angles ( peut-être un lien entre les enfants) mais ce serait un autre livre.

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